Allez les petits ?

Je parlerai aujourd’hui de la rupture de l’ordre mondial, de la fin d’une fiction agréable et du débutd’une réalité brutale où la géopolitique des grandes puissances n’est soumise à aucune contrainte.

Mais je vous soumets par ailleurs que les autres pays, en particulier les puissances moyennes comme le Canada, ne sont pas impuissants. Ils possèdent la capacité de construire un nouvel ordre qui intègre nos valeurs, comme le respect des droits humains, le développement durable, la solidarité, la souveraineté et l’intégrité territoriale des états.

Discours du président canadien à Davos ou comment commence la (toute) résistance ?

En osant regarder le danger en face, et en découvrant qu’il n’est pas sans atouts ? Le Canada est riche et beaucoup de pays ont intérêt à entrer dans des « coalitions » avec lui. Et ces coalitions peuvent être plus fortes que les puissances qui veulent lui imposer leur loi.

Il ne s’agit pas d’un multilatéralisme naïf. Notre approche ne s’appuie pas non plus sur des institutions affaiblies. Elle consiste à établir des coalitions efficaces, en fonction des enjeux, entre partenaires qui partagent suffisamment de points communs pour agir ensemble. Dans certains cas, ce sera la grande majorité des pays.

J’ai découvert récemment, chez les entreprises, que ces coalitions de petits pouvaient avoir un intérêt dont ne parle pas Mark Carney. La grande entreprise tend à être rigide, peu créative (ou pas du tout créative). Comme les USA, elle ne compte que sur le rapport de force. Le groupe de petits peut être collectivement aussi gros, mais, s’il « joue en équipe », il est beaucoup plus rapide, inventif, efficace.

Nouveau principe d’organisation mondiale ?

Mode Poutine ?

Paradoxal Canada. Pacifique aux limites de l’ennui. Pourtant les USA lui déclarent la guerre. Syndrome ukrainien ?

Peut-être. L’émission de Christine Ockrent expliquait que si la prise du Canada semblait une idée propre à Trump, les conservateurs américains avaient des plans agressifs. Changement aux USA ? Après avoir été les leaders du « monde libre », ils se replient sur leur Lenbensraum, qui, comme celui d’Hitler, inclut ses voisins ? (D’après une étude citée par ce blog, ce mouvement de va et vient entre le prosélytisme et l’autarcie serait une caractéristique d’un peuple puritain hésitant entre le désir de convertir le monde et celui de ne pas être contaminé par l’impur.)

En tous cas, l’action de Trump aurait provoqué le plus important renversement de tendance qu’ait connu une élection démocratique, selon la BBC. Les invités de Christine Ockrent croyaient pouvoir dire que Trump était une mauvaise affaire pour les partis d’extrême droite. Il démontre leur incompétence. Le peuple recherche maintenant des gens « sérieux ».

L’un d’entre eux semblait appliquer ce qualificatif à M.Macron. L’électeur français partage-t-il son opinion ? Que signifie « sérieux » ? Un homme politique professionnel est-il un « homme sérieux » ? Mark Carney, le premier ministre canadien, est un banquier, qui a vécu la crise de 2008 et le Brexit. Un genre de De Gaulle ?

Le plus surprenant peut-être est que le Canada, si riche et calme, nous ressemble. Il connaît une crise du pouvoir d’achat depuis longtemps, ce qu’un « pseudo Trump » était en train d’exploiter. Apparemment, il y aurait des dysfonctionnements au sein de l’Etat et entre provinces, qui ne commercent pas ensemble. Le message de Trump : remettons nos affaires en ordre ? (Et l’enseignement qu’il nous donne : et ce pour mieux coopérer avec le reste du monde ?)