Qu’est-ce que l’aventure ?

Et si j’étais un aventurier ? dis-je à un ami, qui s’est établi au Canada.

Mon métier, en particulier, ne ressemble à rien d’existant. Il cherche même à ne pas être aspiré par les fonctions que j’ai exercées : manager, consultant, universitaire, écrivain. En fait, il se construit au hasard des événements et des rencontres.
Et si c’était cela l’aventure ? Une vie qui n’est pas totalement guidée par des règles sociales ?  

Du bonheur de vivre au Canada

J’ai failli vivre à l’est du Canada, mais j’ai craint de ne pas passer l’hiver. J’avais tort, je n’avais pas perçu les joies de la neige… Ce que m’en dit un émigré français de Waterloo :

[Cette année, il n’y a pas eu vraiment de neige.] Il n’y a pas non plus eu de journée de fermeture des écoles à cause de la neige. Moi j’aime bien ces journées là, quand il y a une bonne tempête de neige qui déverse 15 ou 20 cm de neige pendant la nuit. On se réveille le matin et sans bouger du lit on sait déjà que dehors c’est différent: les bruits sont comme assourdis, tout est plus calme. Puis quand on met le visage à la fenêtre on voit que c’est bien ça, puis la radio ou internet nous confirment l’annulation des classes, et tout le monde peut tranquillement passer la journée en pyjama, bien au chaud

Il poursuit en éclairant un des rites de la culture américaine, grand sujet d’interrogation pour l’ethnologue :

(sauf la demi-heure pour aller déblayer le trottoir et l’allée; avant de déménager au Canada je m’esclaffais chaque fois qu’il y avait une tempête de neige aux USA et que je ne sais combien de personnes mouraient d’une crise cardiaque en déneigeant leur trottoir, mais depuis j’ai compris pourquoi).

Monde de sucre

La culture du sucre a été le moteur de l’économie et de l’Europe du 17ème au début du 19ème siècle.

à la fin du 17ème siècle, les revenus tirés d’une plantation de cane à sucre de 80 hectares, et de son usine, suffisait au train de vie d’un duc anglais. (…) un siècle plus tard le commerce avec la seule Jamaïque valait plus que tout le commerce avec l’Amérique du Nord.

C’est pour cela que la France a abandonné le Canada et que l’Angleterre ne s’est pas accrochée aux USA… (Sweet and rich)

Incendies

Film de Denis Villeneuve, 2010.
De jeunes Libanais à l’accent québécois enquêtent sur le passé de leur mère, et de son pays.
Où l’on voit à quel point la raison humaine est fragile, et combien il en faut peu pour que l’individu le plus respectable et la société la plus civilisée (le Liban était la « Suisse du Moyen-Orient ») sombrent dans la haine et le chaos. 

Hôpital modèle

Des jeunes économistes prometteurs analysent la performance des hôpitaux. Ce sont les américains et les anglais qui sont les meilleurs.  La France, l’Italie et le Canada devraient les copier.
Comment ces économistes définissent-ils la performance ? Leurs critères :

Gestion opérationnelle. Degré de standardisation des procédures cliniques, et qualité de la formation du personnel à ces procédures.

Gestion des objectifs et de la performance. Comment l’hôpital se donne-t-il et suit-il ses objectifs ? Revue de ces indicateurs ? Quelles sont les conséquences de ne pas atteindre les objectifs ?

Gestion du personnel. Quel est le système de recrutement du personnel ? Est-ce que l’hôpital évalue ses employés et les rémunère par rapport à leur performance ? Existe-t-il un système de promotion qui cherche à conserver et à motiver les employés ?

Mais ce sont des critères culturels ! Pas étonnant qu’ils classent l’Amérique au premier rang ! Qu’est-ce qui les justifie ?

Dans de précédentes études nous avons montré comme les pratiques de gestion sont associées à la productivité et des indicateurs de performance tels que le taux de retour sur capital, la croissance des ventes et le taux de survie de l’entreprise.

Visiblement l’homme n’est pas une préoccupation de l’économiste supérieur. Devons-nous nous précipiter pour imiter l’excellence américaine ?
Compléments :
  • Je doute de ce qu’a montré la précédente étude des auteurs de l’article. L’excellence américaine semble plus médiocre que la médiocrité française sur le plan économique. (Mais peut-être que nos économistes nous disent simplement que l’hôpital français gagnerait beaucoup d’argent s’il était américain ?) Et l’espérance de vie américaine est faible pour un pays « développé ». Mais pourquoi donc les économistes se compliquent-ils la vie avec des équations. Pourquoi ne nous disent-ils pas simplement que l’Amérique c’est le bien ? Et que le reste du monde, c’est le mal ?
  • Une raison possible du désastre américain : le marché.

Emploi des diplômés

Il semblerait que les moyennement diplômés aient de plus en plus de mal à trouver du travail. Mais il semblerait aussi que beaucoup de « bien » diplômés soient sous employés.
Notamment en Espagne (plus de 40%), au Canada et aux USA (un tiers).
Probablement la crise est la cause de ce déclassement. Peut-être d’ailleurs que ce sont les diplômés qui chassent les qualifications intermédiaires. Serait-on dans la logique d’étudier plus pour gagner moins ?
D’ailleurs est-ce la qualité de la personne qui est jugée, ou le diplôme est-il un moyen de discrimination ? 

Sable bitumineux

Le sable bitumineux est une source de pétrole qui s’est développée récemment. Il fait la fortune du Canada, dont le pétrole constitue 22% des importations des USA (le Canada a la seconde réserve de pétrole au monde).
Mais le traitement de ce sable est redoutablement polluant : il « produit 82% de gaz à effet de serre de plus que le baril moyen raffiné aux USA », et expliquerait pourquoi le Canada est très au dessus de ses engagements de Kyoto. Et les intérêts en jeu sont trop importants pour qu’il y ait un quelconque changement : cela rapporte beaucoup à l’Alberta, les exploitants sont Américains… Seul espoir : que le prix de l’énergie passe au dessous du seuil de rentabilité du dit sable.

Vive l’Écosse libre

Je croyais que la crise avait enterré les velléités indépendantistes écossaises. Il semblerait qu’il n’en soit rien, même si la scission a peu de chances de réussir. (The conjuror’s bluff)

L’avantage du mouvement nationaliste continental, au 19ème, c’est qu’il a imprimé dans les populations locales un fort sentiment d’identité nationale. La Grande Bretagne a été épargnée par ce phénomène, mais, en conséquence, son unité ne semble pas totalement assurée. Comme celle du Canada, d’ailleurs.