Mode Poutine ?

Paradoxal Canada. Pacifique aux limites de l’ennui. Pourtant les USA lui déclarent la guerre. Syndrome ukrainien ?

Peut-être. L’émission de Christine Ockrent expliquait que si la prise du Canada semblait une idée propre à Trump, les conservateurs américains avaient des plans agressifs. Changement aux USA ? Après avoir été les leaders du « monde libre », ils se replient sur leur Lenbensraum, qui, comme celui d’Hitler, inclut ses voisins ? (D’après une étude citée par ce blog, ce mouvement de va et vient entre le prosélytisme et l’autarcie serait une caractéristique d’un peuple puritain hésitant entre le désir de convertir le monde et celui de ne pas être contaminé par l’impur.)

En tous cas, l’action de Trump aurait provoqué le plus important renversement de tendance qu’ait connu une élection démocratique, selon la BBC. Les invités de Christine Ockrent croyaient pouvoir dire que Trump était une mauvaise affaire pour les partis d’extrême droite. Il démontre leur incompétence. Le peuple recherche maintenant des gens « sérieux ».

L’un d’entre eux semblait appliquer ce qualificatif à M.Macron. L’électeur français partage-t-il son opinion ? Que signifie « sérieux » ? Un homme politique professionnel est-il un « homme sérieux » ? Mark Carney, le premier ministre canadien, est un banquier, qui a vécu la crise de 2008 et le Brexit. Un genre de De Gaulle ?

Le plus surprenant peut-être est que le Canada, si riche et calme, nous ressemble. Il connaît une crise du pouvoir d’achat depuis longtemps, ce qu’un « pseudo Trump » était en train d’exploiter. Apparemment, il y aurait des dysfonctionnements au sein de l’Etat et entre provinces, qui ne commercent pas ensemble. Le message de Trump : remettons nos affaires en ordre ? (Et l’enseignement qu’il nous donne : et ce pour mieux coopérer avec le reste du monde ?)

Culture positive

J’ai découvert récemment que certaines cultures (nord américaines ?) se veulent « positives » (le terme est-il bien français ?).

Elles condamnent notre esprit critique. Critiquer n’est pas bien !

Paradoxalement, ce faisant elles sont elles-mêmes extraordinairement négatives, critiques et décourageantes !

Il me semble qu’elles sont le signe d’une culture qui ne comprend rien à la complexité. Elles voient l’arbre et non la forêt. Elles en restent aux apparences, et ne comprennent pas le potentiel d’une personne ou d’une situation. Surtout, la critique, à condition que l’on ne s’y arrête pas, est le propre d’une pensée droite.

Plus grave, c’est une culture de la censure et du statu-quo, qui nie le changement. Faut-il y voir une tentative de défense d’avantages acquis ?

Le déclin de l’empire britannique

Vive le Québec libre ! a dû penser le roi Charles. J’ai lu que les trois députés indépendantistes québécois ont refusé de lui prêter serment, et que le parlement canadien leur a signé une dérogation.

Depuis des années, je lis que l’empire britannique se disloquera au décès de la reine. Peut-être est-ce une occasion de voir un changement en formation ? Les trois Québécois libres sont peut-être le début d’une boule de neige…

Les gens en ont marre

« Les gens en ont marre » (des restrictions) me dit un ami, qui vit au Canada (anglais). 

D’ailleurs, on entend depuis quelques temps que les routiers canadiens sont en grève, en protestation contre les mesures sanitaires prises par leur gouvernement. Et que cela insupporte le gouvernement américain, car les échanges entre USA et Canada sont bloqués.

Ce qui est surprenant, car on nous donne souvent les Canadiens comme des modèles de civisme et de bonne éducation. 

D’ailleurs, on pourrait dire la même chose des Allemands, dont le mécontentement a été bien plus violent que le nôtre. 

Et quid de l’Angleterre, où le personnel médical réticent à la vaccination semble faire plier le gouvernement ?

Quant à la Russie, dictatoriale, finalement bien peu de gens se sont fait vacciner, dit-on.

Qu’en déduire ? Peut-être que les restrictions de liberté sont allées un peu loin ? Peut-être aussi que le désir de liberté individuelle n’est pas le même dans chaque pays. Et qu’il est relativement faible en France. Au fond, nous sommes des assistés ? 

Réconciliation au Canada

Les Canadiens se réconcilient avec leurs aborigènes. Dans les années 50, ils ont voulu les assimiler de force. Pour cela les enfants étaient retirés de leurs familles. Absorption forcée des valeurs dominantes. Résultat : dépression et alcoolisme. Aujourd’hui, le gouvernement Trudeau veut réparer ces mauvais traitements. Voici ce que disait une émission de France Culture.
Curieusement, cette histoire ressemble à ce que m’ont raconté mes parents. Ils étaient corréziens et ont subi une assimilation musclée. Tous les deux ont souffert, mon père des mauvaises conditions de vie, ma mère d’être une mauvaise élève que l’on traitait comme un sous-être. Mais, contrairement aux Indiens du Canada, cette assimilation était voulue par leurs parents. C’était le progrès. C’était un projet collectif.
Le problème indien est peut être là. C’est méritant de reconnaître que les Indiens ont été victimes de « génocide », comme le disait l’émission, mais vont-ils prospérer dans notre monde ? Dans des réserves, comme aux USA ? Ils seront encore alcoolique mais, au moins, ils parleront la langue de leurs pères ? Et si cette « réconciliation » n’était là que pour donner bonne conscience à ceux dont elle ne menace plus les intérêts ?

Justin Trudeau : enfin le changement ?

Encore un qui parle de changement ! me suis-je dit en entendant annoncer l’élection de Justin Trudeau. 
Mais si, cette fois, c’était un vrai changement ? Alors que tout le monde parle de rigueur, et économise, lui annonce relance maîtrisée et la construction d’infrastructures ; alors que partout le politique est haï, et les urnes boycottées, lui suscite l’espoir et une augmentation du nombre de votants… (Et alors que nos politiques sont vieux, lui est tout neuf.)
Un phénomène identique pourrait-il arriver en Europe ? me suis-je demandé. Difficilement. D’abord, Justin Trudeau appartient à une sorte de parti d’extra terrestres : les Libéraux. Le Canada semble avoir des partis de gauche, socio-démocrates, et de droite, conservateurs, aussi coincés que les nôtres. Mais, il existe aussi un troisième parti que nous n’avons pas. Ensuite, l’Europe est solidaire par nature avec l’Allemagne. Tant que l’Allemagne ne change pas ou qu’une masse agissante de nations ne la contraint pas à changer, probablement, rien ne se passera. 

Lutte (désespérée) entre M.Poutine et les forces du marché ?

La Russie serait dans une mauvaise passe. Ses capitaux la fuient. Libérez les forces du marché ! dit The Economist à M.Poutine. Mais, il semble vouloir empêcher l’aliénation de son pays par le dit marché. Pour le contrôler il utilise une clique de copains. Ils sont inefficaces et corrompus. On ne peut rien contre le marché ? Rendez-vous, vous êtes cerné ?
Les sénateurs américains voudraient priver la Russie de SWIFT, le système d’échange interbancaire. Arme extrêmement efficace. Mais The Economist craint qu’en montrant trop ouvertement qu’il est aux mains des forces du bien, celles du mal, Chine et autres émergents ainsi que mafieux et terroristes, n’utilisent d’autres voies. Elles deviendraient alors incontrôlables et inespionnables.
Au sujet de la corruption. Elle toucherait le Portugal. Comme beaucoup d’autres pays en difficulté, il vendrait sa citoyenneté en échange d’investissement dans l’économie locale. Cela conduirait naturellement à la malversation. Vous voulez une augmentation de salaire ? Offrez-vous un consultant spécialisé dans la paie. Uber est un digne représentant des nouvelles sociétés technologiques : tous les coups sont permis pour réussir. Maintenant, il cherche à intimider les journalistes qui ne disent pas de bien de lui. (Demain, il placera un contrat sur leur tête ?) Mais le marché vote avec son argent. L’esprit Silicon Valley a de beaux jours devant lui.
« Plus d’un tiers des sociétés minières et d’exploration sont canadiennes ». Mais leur comportement à l’étranger suscite des mécontentements, ternissant l’image du pays. Son gouvernement est leur ami, parviendra-t-il à les ramener à la vertu ?
En Allemagne, l’heure n’est toujours pas à la dépense. En France, M.Sarkozy refait surface. Mais il a perdu beaucoup de supporters. Mme Mogherini, remplaçante de Mme Ashton, se révèle une femme à poigne. L’Etat Islamique se ferait plus d’ennemis que d’amis. Aux USA, la dépendance à l’héroïnese répandrait. Ce serait les traitements médicaux qui créeraient l’habitude. Le fléau ne touchant plus uniquement les pauvres, le gouvernement va réagir. Après de multiples revers, les transports en communs s’implanteraient au sud des USA. Cela permettrait aux pauvres d’avoir accès à l’emploi. Les institutions tendent à avoir des couleurs politiques. Goldman Sachs est massivement républicain et Harvard massivement démocrate. M.Obama lance un défi aux Républicains, qui le haïssent. Il décide de légaliser 5m d’immigrés illégaux. (Démocratie bloquée = pouvoir dictatorial ?)
L’avenir de l’Amérique latine est sombre. Elle aurait dû profiter de son boom économique pour investir et construire une capacité de production propre. Elle ne l’a pas fait. Maintenant, il est peut-être trop tard. Mais sa population s’est habituée à une vie facile… M.Abe procède à une élection anticipée. Apparemment pour reprendre en main son propre parti, qui résiste au changement, et avoir les moyens de réformer le pays. La Chine a du mal avec ses étudiants. Elle les expédie à l’étranger, mais ils ne reviennent pas. Ou vieux, leur capacité productive derrière eux. Par ailleurs, sa banque centrale imprime beaucoup d’argent, pour relancer l’économie. Mais sans le dire. Les banques centrales, devenues toutes puissantes, ne sont pas plus clairvoyantes que le reste de la population. Comment éviter le panurgisme ?
Les Entreprises polonaises s’étendent à l’étranger. Mais elles sont petites et manquent de recherche et développement pour pouvoir encore avoir beaucoup d’ambitions. Les grandes entreprises montent des fonds d’investissement. Ce qui leur permet d’absorber leurs concurrents potentiels. Les banques devant être prudentes, elles ne prêtent plus. De nouveaux acteurs apparaissent, les fonds mutuels, qui pourraient prendre la partie risquée des emprunts d’entreprise.
La fin de la carte SIM ? C’est ce qu’envisage Apple, depuis quelques temps. Cela permettrait de choisir son opérateur en temps réel. Cela permettrait à Apple de les écrémer et de les remplacer par son monopole. (Décidément, nous vivons à l’heure des trusts ?) Le paiement par terminal mobile semble avoir le vent en poupe. Tout le monde s’y met. La rentabilité de la chose ne paraît pas encore évidente. Les fournisseurs de services aux compagnies pétrolières se concentrent. La baisse du prix du pétrole devrait les affecter. Mais, à long terme, la complexité croissante de l’exploitation pétrolière pourrait leur être favorable. (Sans compter que moins on est nombreux, mieux on peut s’entendre pour rançonner son marché.)
Et si la stagnation mondiale venait du manque de jeunes ? « L’effort simultané de tant de pays de constituer des réserves pour les retraites, combiné à un faible investissement, une baisse de la croissance potentielle, l’austérité fiscale, l’accumulation de cash par les entreprises et l’inégalité (qui laisse une part croissante du revenu national entre les mains des riches, gros épargnants) déprime le taux d’intérêt  qui permet l’équilibre entre investissement et épargne. » Il faudrait mettre les retraités au travail. Il se trouve aussi qu’il arrive un moment où le retraité brûle la chandelle par les deux bouts. Ce qui est bon pour l’économie.
Médecine. On cherche à utiliser les anticorps, en appui aux antibiotiques défaillants, dans la lutte contre les bactéries. 

Quelle formation choisir ?

Les enfants de mes proches arrivent à l’âge des études supérieures. Ils s’interrogent. Quelques idées, en vrac :

  • Le monde est en plein changement et il est difficile de savoir à quoi il ressemblera demain. Point essentiel.
  • La France est une sorte de Grèce. Elle n’est plus grand-chose, elle s’entredéchire, et elle s’offre divisée et hurlant ses faiblesses à la haine des pays étrangers, qui, eux, poussent leur intérêt. Ce qui encouragerait à rechercher une formation internationale, pour éviter le naufrage national. Mais, en même temps, il est probable que les différentes parties du monde vont se replier sur elles-mêmes. Ce qui ne sera pas très bon pour les ex élites globalisées, imbues d’une supériorité que rien ne justifie.
  • La France a longtemps cru à l’excellence de ses grandes écoles. Ce n’est plus le cas. En outre, elles demandent généralement de passer par une phase de préparation, qui est un abrutissement. De plus, elles ne préparent pas à un métier. Elles n’apprennent rien. Elles sélectionnent sur la capacité à l’abstraction, et placent ensuite dans une entreprise, supposée former la personne. Les universités anglo-saxonnes, par contraste, recherchent l’épanouissement de l’individu. A noter que les bons chercheurs y sont extrêmement bien payés.
  • En termes d’épanouissement, l’entreprise ne me semble pas le fournir. D’un côté se trouve une classe d’oligarques, très riches, mais qui passe sa vie au travail, à faire de la politique, de l’autre des perdants, licenciables à merci. La fonction publique est devenue pire que tout. La protection qu’offre son statut est un véritable piège, ses employés étant prêts à toutes les ignominies pour ne pas la perdre. A côté de cela, il y a des indépendants, des professions libérales. Mais rien n’y est certain. Globalement, la France est devenue un panier de crabes, où chacun défend ses intérêts catégoriels, au détriment de l’intérêt général, et, pire, en le faisant petitement.

En résumé, j’aurais tendance à penser qu’il faut chercher une formation qui permette de s’adapter, pas une planque qui transforme en dinosaure.

  • Peut-être faudrait-il regarder vers l’étranger ? Il y a l’université anglo-saxonne reconnue universellement. Il y a aussi l’Allemagne, qui va connaître un problème démographique, et où, traditionnellement, on fait bien son travail, et on paie bien les bons employés.
  • Les formations anglo-saxonnes sont très chères. Mais le Canada a de bonnes universités, qui font des prix aux Français, et qui permettent aux meilleurs élèves d’aller ensuite dans les meilleures universités américaines (s’ils sont excellents, leur formation est payée). Il est aussi possible de choisir des écoles de commerce ou d’ingénieur, en France, avec préparation intégrée, de partir à l’étranger en cours d’études, et de poursuivre sa formation là-bas.
  • Enfin, il faut se méfier des formations les plus prestigieuses ou des métiers qui attirent beaucoup de monde. Elles reflètent généralement des modes sans lendemain. Il peut être malin de viser une « niche » ayant peu de spécialistes. Car ils seront très demandés. Je pense que parler couramment (pas baragouiner) au moins deux langues peut être un avantage décisif. Les entreprises d’une nationalité ont besoin de gens qui leur ressemblent, mais qui connaissent d’autres cultures. Et la France demeurera toujours un marché important et compliqué à pénétrer par les étrangers, du fait de sa culture.
  • Il faudra aussi se constituer des réseaux d’entraide. Comme dans tout changement. 

Printemps érable et frais d'université

Le Printemps Érable parle du Québec et des mouvements étudiants récents. J’y ai vu, peut-être à tort, un parallèle fort avec le printemps arabe : des deux côtés un mouvement spontané de mécontentement qui profite à des partis, indépendantistes ou islamistes, qui ont quelque chose de fondamentaliste. Ce qui donne un assemblage un peu fragile, car la raison sociale de ces partis ne les prédispose pas à répondre aux problèmes qui sont à l’origine des mouvements.

Le billet pose aussi la question du coût des études supérieures. La montée des prix n’est-elle pas inéluctable ? Il y a effectivement ici un effet curieux que j’ai observé à l’université.
L’université française avait la particularité d’avoir des coûts faibles. Ses titulaires de chaire étaient extrêmement mal payés, et elle s’appuyait sur des quasi bénévoles venus de l’entreprise et tout un sous prolétariat d’assistants. Elle adopte maintenant les pratiques et salaires anglo-saxons. Est-ce un gain ? Je n’en suis pas sûr.

L’agrément du cours y gagnera probablement. Il sera mieux organisé et moins amateur qu’aujourd’hui. Mais son contenu ne changera pas. Un cours de mécanique classique sera toujours un cours de mécanique classique. La vidéo de promo ci-dessous, qui vient du MIT, illustre ce que je pense. 

Or, la conséquence de la montée des coûts ne peut qu’aller de pair avec celui des études. Aura-t-on demain des licences à 200.000$? Seuls les riches auront le droit d’être éduqués ?

D’ailleurs, l’explosion du prix de la formation universitaire est-il logique ? Pourquoi l’université ne fait-elle pas comme l’entreprise, c’est-à-dire ne baisse-t-elle pas ses coûts par gain de productivité ? Il n’y a pas besoin d’être un génie pour donner un cours de licence. D’autant que l’élève est supposé avoir une autonomie grandissante, et qu’il bénéficie de l’aide de plus en plus efficace de la technologie

Québec en grève

Depuis pas mal de temps les étudiants québécois protestent contre la hausse des frais scolaires (de 60% !).

The Economist s’en offusque. Pourquoi l’éducation serait-elle un droit ? Curieusement, pour une fois, il n’est pas choqué par une hausse d’impôts, et ne demande pas, à la place, une plus grande efficacité de l’État.
Curieux, aussi : victimes d’une université dont les coûts ont vertigineusement grimpé (et la qualité chuté), les étudiants américains se trouvent surchargés de dettes (10% en défaut de paiement) mais ne disent rien, alors que les Québécois, qui paient beaucoup moins, sont dans la rue. On ne se débarrasse jamais de ses atavismes, surtout lorsqu’ils sont français, dirait The Economist ?