Le pays arabe : régime fort, Etat faible…

Qu’est-ce qui empêche les pays arabes de s’adapter au monde moderne ? Selon The Economist, de multiples facteurs, en particulier l’Islam. Mais surtout l’adoption d’idéologies rétrogrades (Salafisme). Ce qui aurait mis, dernièrement, le feu aux poudres serait le développement des inégalités. (Au moins en Syrie, cela aurait été dû à une libéralisation économique.) Caractéristique ? « Régimes forts, Etats faibles ». (Et Al Qaïda prend le relais des régimes faibles ?) En Irak, confronté au dit Al Qaïda, les troupes gouvernementales font preuve d’un peu de vigueur, les Russes envoient des avions de combat, et les Américains aimeraient que le gouvernement devienne plus démocratique avant d’intervenir en force.
En Ukraine, M.Poutine utiliserait ce qu’il perçoit comme une technique américaine : créer une succession de crises, par manipulation en sous-main. En France, M.Sarkozy est arrêté. « Il aime tellement la compétition », dit un dirigeant de l’UMP, « que quand il n’y en a pas, il l’invente ». L’Italie est submergée d’immigrés et pourrait utiliser sa présidence de l’UE pour en obtenir de l’aide. L’Allemagne a conservé un système éducatif à trois vitesses. Une tentative de réforme de celle qui prépare à l’université, ne passe pas. M.Cameron aime désormais M.Juncker. Et attend son salut de Mme Merkel. Aux USA, plus M.Obama cherche à contourner le parlement et le Sénat, qui lui sont hostiles, plus ceux-ci le bloquent. (Peut-être faudrait-il qu’il apprenne à aimer la démocratie ?) En Inde, M.Modi fait face à la réalité du pouvoir. Plus compliqué que prévu. Idem en Thaïlande. Les généraux et le populisme sont aux commandes de l’économie. Le Japon veut réformer sa constitution pour qu’elle devienne plus guerrière. Ses pacifistes s’insurgent. Mais sa jeunesse est lasse de la culpabilité qu’on lui fait porter depuis la guerre. La campagne anti corruption de M.Xi Jinping fait tomber des pontes du régime. Ce qui révèle sa volonté d’exercer seul le pouvoir, mais aussi à quel point « le cœur du système est pourri ». La population de Hongkong tente de repousser une OPA sur son île par la Chine continentale, et ses oligarques.
« Cela ressemble au problème de l’œuf et de la poule. Sans forte reprise, les entreprises ne veulent pas dépenser. Mais si elles ne dépensent pas, il n’y aura pas de forte reprise. » Dernière mode de management : holacratie. L’entreprise doit être faite d’équipes qui s’assemblent spontanément pour mener une mission. Sévère amende pour BNP. Les USA mettent le monopole du dollar au service de leurs intérêts. Les obligations vertes font un malheur, bien qu’on ne sache pas trop de quoi il s’agit. Le commerce équitable serait un attrape-nigaud. Il ne rapporte quasiment rien à ceux qu’il était supposé aider. L’Afrique construit son infrastructure, en particulier ses réseaux de fibre optique. Un métier d’aventuriers. L’économie israélienne est dominée par une vingtaine de familles. Elles s’enrichissent au détriment de la population. Mais il est difficile de desserrer leur étau.
Les Tibétains devraient leur capacité à vivre dans des conditions difficiles à un croisement entre homo sapiens et une variante humaine disparue depuis longtemps. La conquête du monde par l’homme aurait été essentiellement une question de chasse à l’eau. 

Mr Juncker und Dr Merkel

M.Juncker est président de la commission européenne. Sa désignation a fait l’objet d’une bataille, dont il n’est pas facile de comprendre les enjeux réels. 
M.Cameron s’en est pris personnellement à M.Juncker. Il avait deux griefs. Tout d’abord, M.Juncker est un fédéraliste. Or, M.Cameron pense que l’UE est une bureaucratie inefficace. Il estime que les dernières élections européennes lui donnent raison. Le peuple a exprimé un jugement sur l’Europe. Ensuite, M.Juncker est le choix du parlement européen. Jusqu’ici, le président de la commission était désigné par les chefs d’Etats. Or, pour M.Cameron, seuls eux sont légitimement élus pour prendre ce type de décision. Le parlement européen, lui, ne l’est pas. A tout ceci, M.Cameron a ajouté le chantage. Si vous ne démantelez pas l’UE, alors les Eurosceptiques vont sortir l’Angleterre de l’UE. Et ça, ça ce serait un retour à l’âge des ténèbres. L’obscurantisme français n’aurait plus de contre-poids. 
A cela, il faut ajouter que l’opinion anglaise approuve ce tissu de sophismes. En particulier, une BBC qui n’est plus que l’ombre de sa rigueur journalistique passée.
Résultat. M.Cameron s’est retrouvé isolé, seul aux côtés d’une Hongrie qui sent quelque peu le soufre, contre le reste de l’UE. En particulier, il a été lâché par ses alliés usuels. Ils ont considéré ses gesticulations malséantes. 
Que va-t-il arriver maintenant ? Probablement rien. M.Cameron voulait sans doute se faire aimer de son opinion publique. Il lui a donné un beau spectacle. Il peut lui dire qu’il s’est bien battu. En fait, seule Mme Merkel compte. Non seulement parce qu’elle dirige le pays le plus fort, mais aussi parce que l’UE est une démocratie allemande. Donc, que pense Mme Merkel ? Les journaux anglais estiment qu’elle veut une Europe libérale, comme M.Cameron. L’impuissante France, qui attend tout des autres sans avoir le courage de ne rien faire, craint probablement que ce soit vrai. Or, je soupçonne que le principe de gouvernement de Mme Merkel est le consensus. Elle veut que l’Angleterre et la France, et les autres, trouvent leur place dans une Europe qui respecte les intérêts allemands. C’est cela le modèle allemand. Si j’ai raison, elle va donc essayer de faire ce qu’il faut pour conserver l’Angleterre dans l’UE. Elle pardonnera même à M.Cameron de s’être comporté comme un ministre français.
(Un compte-rendu de l’affaire. Quant à M.Renzi n’aurait-il pas tout compris à cette logique germanique ? Il demande un aménagement du pacte de stabilité qui permettrait une relance keynésienne, sans faire perdre la face aux intégristes de la rigueur.
PS. Un complément venu de Jean Quatremer : L’Union bascule dans la démocratie parlementaire.)

Une nouvelle semaine de surplace mondial

Rien ne semble pouvoir sauver le pauvre Hollande. Collé à 18% d’opinions favorables. Dommage, il fait une bonne politique. L’Espagne change de roi. Le précédent n’avait pas su comprendre les évolutions de la société. Miracle allemand sans lendemain ? Déficit démographique, que le pays ne cherche pas à compenser par le gain de productivité. Investissements en baisse, éducation peu performante… La croisade anti Juncker de M.Cameron serait-elle allée trop loin ? L’omnipotente Mme Merkel partage ses vues sur l’avenir libéral de l’Europe, mais est agacée. Il est bien que l’Angleterre veuille faire triompher ses intérêts au détriment de l’intérêt général. Mais pas qu’elle le fasse au détriment des apparences d’entente cordiale. En réalité, pour Cameron, la menace n’est pas l’Europe, on l’aime trop, mais l’Angleterre. Il y fait monter un espoir qu’il est incapable de satisfaire. Dans leur lutte contre les Russes, les Polonais, déçus par la tiédeur européenne, se tournent vers les Américains. L’Europe est-elle antisémite ?A moins de vouloir fuir les taxes françaises, The Economist estime qu’Israël demeure moins sûr que l’UE. La Chine stimule une croissance qui faiblit. Le Brésil est parvenu à stopper la déforestation par la contrainte. La contrainte marche, finalement. Fin de règne de M.Obama. Il soigne sa place dans l’histoire. Il a relâché 5 Talibans de Guantanamo, contre un Américain, passé à l’ennemi de son plein gré. La seconde partie de l’affaire n’était pas prévue. La première si. Malin. Les Talibans étaient des prisonniers de guerre. Ils auraient été relâchés quoi qu’il arrive. En outre, l’Amérique va devoir négocier avec les Talibans. M.Obama s’intéresse maintenant au changement climatique. Il promulgue des lois néfastes à la production de charbon. Réaction hostile des Etats producteurs, et des hommes politiques, y compris de son camps (ils risquent de perdre de ce fait les prochaines élections). En fait, manœuvre pour forcer les Indiens et les Chinois à suivre son exemple. D’autant que le gaz de schiste, guère plus cher que le charbon et moins polluant, est en passe d’inonder le marché américain. La croissance chinoise faiblit. Le gouvernement procède à une relance.
Et si les services secrets américains avaient infiltré la communauté Internet ? Toujours est-il qu’il n’y a pas encore de marché pour la protection des données. Comment faire du business en France ?Mettez un énarque dans votre équipe. Ses copains du gouvernement n’ont rien à lui refuser. Voilà l’histoire de Clara Gaymard et de GE, dans l’affaire Alstom. La force d’Apple ? Son écosystème de produits. Il en renforce l’interopérabilité. Les producteurs d’énergie allemands relèvent la tête. Torpillés par des surinvestissements, l’arrêt du programme nucléaire national, les subventions aux énergies renouvelables, les tribunaux pourraient leur accorder de grosses compensations. Malheureusement, ils sont en panne de stratégie. Automobile, haut de gamme japonais. Dans les années 90, on disait qu’il allait balayer le monde. Or, il a été ridiculisé par les Allemands, et même par les Anglais (aux mains des Indiens). Les Japonais n’y croient plus. Seul Lexus en a encore un peu sous la pédale.
Où il est démontré que le marché a pris le relai du public en termes d’innovation. La nanoparticule contre la bactérie ? Mieux que les antibiotiques en perte d’efficacité ? Peut-être, pour certaines applications. Mais il demeure des dangers. Le micro satellite, bâti sur la technologie smartphone est en passe de transformer l’industrie spatiale, y compris du propulseur. On fabrique des microscopes en papier, pour les pauvres. La montre mécanique innove. Comme elle se vend très cher, elle a de l’argent à investir dans la recherche.
Football. Coupe du monde au Qatar. Le Qatar aurait acheté quelques pays africains ainsi que Platini et Sarkozy. (Voilà un type de manœuvre qui serait inconcevable en Angleterre, ou aux USA.)

Apprenez les langues ?

M.Cameron incite les Anglais à étudier le chinois et pas le français. The Economist, article après article, montre une globalisation qui change. Les pays ne cèdent pas à l’autarcie, mais ils se replient sur eux-mêmes et instrumentalisent les échanges internationaux.
Tout ceci va probablement dans une même direction. Les pays forts ont avantage à garder une langue qui leur est propre. C’est une barrière à l’accès à leur savoir et à leur marché. Je suis frappé, par exemple, à quel point c’est le cas pour l’Allemagne. C’est un pays beaucoup moins polyglotte qu’on ne le croit. D’ailleurs toutes les entreprises qui ont de gros marchés allemands ont des dirigeants bilingues. Je le constate régulièrement.

Alors, apprenons les langues étrangères et défendons le français, en ayant des idées (billet précédent) ?

Gouvernements, investissez ?

Il n’y a pas de bulle spéculative. Juste une déprime post crise, comme en 30. Il faut relancer l’économie. Investir. En particulier, dans de grands travaux. Voilà ce que dit The Economist. (Je note qu’en 30, il y a eu la guerre, source d’une créativité technologique hors du commun. Où trouver l’équivalent ? Effet de serre ?) Il y a tout de même quelques dangers. BlackRock, le plus gros fonds d’investissement mondial, possède un système d’analyse de risques, utilisé par beaucoup. Risque que l’investissement mondial ne fasse, comme un seul homme, une erreur de jugement fatale ?
L’Ukraine est en ébullition. « Au lieu de moderniser le pays et de construire ses institutions, ses élites ont pillé ses ressources laissant le pays vulnérable aux influences extérieures ». (Et l’on en parle toujours aussi peu en France.) Le milieu des affaires allemand s’inquiète des fréquentations de Mme Merkel. Mais avec elle, on n’est sûr de rien. Les lois française contre la prostitution, révèlent les tendances « anti libérales » de notre gouvernement. Nouvelle mode (occidentale) ? Le votant ne changeant plus de camp, les politiques anglais veulent séduire les abstentionnistes. Retape à la Obama. Risque de populisme ? Idem aux USA : jamais les électeurs n’ont été aussi murés dans leurs certitudes. La France intervient en Afrique. Si le Mali est représentatif, elle y est pour longtemps. (Pour ses anciennes colonies, l’armée française avait-elle une fonction, qu’elles n’ont pas sur remplacer ? me suis-je demandé.) Quant à M.Cameron, perçu comme « détaché de la réalité », et ayant la réputation « de ne pas écouter », ce que renforce celle de son partie, qui est d’être « coupé des préoccupations ordinaires », il me fait un peu penser à MM.Obama et Hollande. L’Irlande est sous la coupe de seulement deux banques. Et elles sont contrôlées par l’Etat. Autrement dit leurs intérêts priment ceux du pays. « Les ramener à la santé pourrait peser lourdement sur le reste de l’économie irlandaise. » Les institutions de l’UE sont à la fois un « canard boiteux » et « vitales » pour l’avenir de la région. Aux USA, Detroit est en faillite. Il semble avoir été victime d’une crise de la pension de retraite. Il a promis plus qu’il ne pouvait tenir. Apparemment, les retraités vont devoir se serrer la ceinture. Le mal pourrait gagner l’Amérique. L’Amérique quitte l’Asie Centrale. Est-ce un bien ? « Le problème est que l’aide militaire américaine permet aux dictateurs de consolider leur pouvoir, d’où des régimes autoritaires dirigeant des Etats mal fichus, non des pays pouvant résister au danger afghan. » La Chine occuperait le vide avec ses intérêts économiques. L’Afrique de l’Ouest tente d’établir une union monétaire sur le modèle de l’euro et de la zone franc CFA (relié à l’euro par le biais de la France, qui garantit la convertibilité). Mais vues les caractéristiques quasi opposées des constituants du groupe, la mission semble impossible.
L’étude Pisa, une fois de plus. Comment avoir un système éducatif qui fonctionne ? « qualité de l’enseignement » et « détermination à faire réussir le jeune ». Elles manquent en Europe. Et de plus en plus en Finlande.
Le « digital » et l’entreprise. Le DSI, homme de processus fiables, mais lent, affronte le directeur du marketing adepte de toutes les modes. Le DSI ne doit pas refuser le changement. Il doit en prendre le contrôle. Pour le bien de l’entreprise.
Aura-t-il fallu 10 ans pour que les conseils d’administration trouvent leurs marques ? Ils deviennent de plus en plus interventionnistes (ce que je constate aussi). Le bon conseil d’administration ? Il doit être un faiseur de dirigeants. Il doit gérer, en quelque sorte, la fonction direction. En la conseillant. Mais aussi en en renouvelant le titulaire à bon escient.

Les cerveaux de l’homme et de la femme ne sont pas câblés de la même façon. Ce qui explique pourquoi « l’homme a de meilleures capacités motrices et spatiales que la femme et des schémas de pensée plus monomaniaques. La femme a une meilleure mémoire, est plus socialement efficace et meilleure à traiter plusieurs choses à la fois ». Ces capacités semblent acquises plutôt qu’innées. (Je note au passage que la femme semble mieux armée que l’homme pour maîtriser la complexité du monde moderne…)

Co production du service public

L’Institut de l’Entreprise publie une « note » sur la co production du service public (un travail d’Elisabeth Lulin), « un partage des rôles entre l’usager et l’administration dans la production de service public« . (NB le service militaire, et la collecte de la TVA par l’entreprise me semblent en être des exemples.) Cette note montre que les réseaux sociaux se prêtent particulièrement bien à une telle réinvention d’un service public « à bout de souffle« .

Ce travail a l’intérêt énorme de soulever une question fondamentale. Le service public ne devrait-il pas être « réinventé » en demandant au citoyen d’y collaborer ? Accessoirement, cela ne serait-il pas un moyen de recréer une forme de lien social qui a disparu ces derniers temps ? De produire un peu d’une chaleur humaine dont nous avons tant besoin ? De nous sortir de notre égoïsme ?… Mais cette question en pose d’autres, qui mériteraient une autre étude :

  • La « co production » du service public c’est la Big Society de M.Cameron. Cela me semble avoir fait un flop. Pourquoi ? 
  • En France, il y a une classe de protégés (héritiers, fonctionnaires…) et une classe flexible qui prend tous les chocs (chômage, impôts, panne de l’ascenseur social…). Cette dernière va comprendre ce projet comme une injustice supplémentaire. L’équivalent des workhouses anglaises dans lesquelles on faisait travailler les pauvres (assimilés à des criminels). Comment répondre à cette crainte ?
  • Le livre dit que, de plus en plus, l’Etat nous demande un effort. Comme s’il s’agissait d’une tendance acceptée par le citoyen. Ce qui n’est pas le cas. Je crois qu’il estime, comme Stéphane Hessel, que la France n’a jamais été aussi riche. En conséquence de quoi elle devrait pouvoir se payer aujourd’hui ce dont elle avait les moyens hier. 
  • Un argument qui mériterait d’être creusé est que, justement, nous demandons aujourd’hui à l’Etat ce qu’il ne nous donnait pas hier. Or, ce faire est non seulement coûteux, mais surtout inefficace. Illustration : la santé dépendrait, selon une étude, à 15% des soins, et à 85% des conditions de vie. Ce qui laisse penser qu’une société un peu plus solidaire améliorerait notre santé tout en réduisant nettement nos dépenses médicales. D’autres sujets évoqués par cette note sont l’accompagnement des personnes âgées et le décrochage scolaire. 

Bref, et s’il fallait recentrer l’Etat sur ses « compétences clés » ? Et s’il fallait faire un « reengineering » du fonctionnement de la société ?

La Syrie révèle les divisions occidentales

La Syrie divise. Aux USA et en Angleterre, elle révèle que la politique n’est plus une affaire de partis mais d’individus. Le cas le plus intéressant est l’anglais. M. Cameron pensait avoir un accord avec M.Miliband, mais ce dernier l’a trahi en dernière minute. D’où refus du parlement d’une intervention en Syrie. En fait, les Anglais approuveraient dans leur majorité une frappe des USA contre la Syrie. Mais ils ne tiennent pas à être mêlés à l’affaire. (Quant à M. Miliband il donne un bien triste spectacle : premier ministre désastreux en perspective ?) Aux USA, il semble que M.Obama rassemble autour de son projet d’intervention un morceau de son parti, et des Républicains. Quant à la France, elle est dans une situation déplaisante, d’autant que sa population est plutôt opposée à une frappe en Syrie. Curieusement, de bonnes nouvelles pourraient venir d’Iran. Le nouveau président doit réparer les relations de son pays avec l’Occident, s’il veut remettre son économie en marche. Et il n’a aucun intérêt à une dégradation de la situation syrienne. Des contacts seraient pris avec l’administration américaine.

Reste du monde. Election à Moscou. M. Poutine a sorti un opposant de ses geôles. Il veut donner à la dite élection un air démocratique. « Après le mouvement révolutionnaire égyptien, un Etat autoritaire reprend les pouvoirs qu’il a brièvement laissés au peuple », apparemment sans que cela émeuve ce peuple. Changement en Chine. M.Xi élimine une puissante faction d’ancien régime.

Economie. Le marché de l’énergie européen devrait être intégré, et posséder une stratégie commune (par exemple en mettant ses panneaux solaires en Espagne plutôt qu’en Allemagne). Cela ferait de grosses économies (65md par an). Mais cela entraîne des changements difficiles. Une fois de plus, « beaucoup va dépendre de l’Allemagne ». Aux USA, le bus a le vent en poupe. Faute d’un réseau de transport en commun moderne. Les USA et l’UE subventionnent leurs agriculteurs. Ils le font pour des raisons différentes. « Les contribuables européens paient souvent pour bloquer le marché (…) Les subventions américaines donnent aux agriculteurs un avantage sur le marché des matières premières. » La téléphonie mobile se simplifie. Vodafone et Verizon se séparent ; Microsoft achète les terminaux mobiles de Nokia ; l’UE serait partie pour une consolidation de ses « marchés fragmentés ». Certains analystes prévoient une « nouvelle récession mondiale avec des vagues de déflation allant vers l’Ouest, venant d’Asie, la Chine devant dévaluer du fait d’une perte continue de compétitivité », mais la faiblesse émergente fait baisser les prix des matières premières. C’est bon pour l’Ouest. Incertitude donc. Mais les marchés sont optimistes. Les gouvernements suisse et américain se sont mis d’accord pour que les banques suisses transmettent des informations sur les comptes des fraudeurs américains qu’elles abritent (et paient des amendes). Apparemment, ces informations permettraient de savoir vers quels autres paradis part l’argent de la fraude lorsqu’il quitte la Suisse. Ces paradis pourraient à leur tour subir le traitement suisse. Le fraudeur ne serait, alors, plus en sécurité nulle part. Changement chez les avionneurs. Hier les nouvelles compagnies des pays du Golf demandaient des longs courriers. Aujourd’hui, le marché va vers des moyens courriers (moteurs moins puissants, moins de carburant). Les constructeurs modifient leurs appareils.

Science. Ronald Coase, un économiste, est mort. Il avait montré « pourquoi les entreprises existent ». Qu’il puisse exister des entreprises a extraordinairement surpris les autres économistes. La sélection naturelle permet aux oiseaux de Tchernobyl de s’adapter à la perte de la vue. 

Renaissance de l’impérialisme japonais ? Europe, au bord de la dislocation ?

Le Japon, paralysé et malade, devient brutalement le meilleur élève du libéralisme. Et ses réformes à la cosaque semblent réussir. Que lui est-il arrivé ? Qu’est-il arrivé à son premier ministre ? Son précédent mandat n’avait-il pas été pitoyable ? Sursaut d’orgueil. La Chine menace le Japon de disparition. Alors, le Japon veut en revenir à ce qui a fait sa gloire. Ce qui signifie tenter le tout pour le tout, pour se tirer de son marasme économique. Et éliminer de sa constitution l’influence occidentale. Inquiétant ?

Quant à l’Europe, elle passe un mauvais quart d’heure. L’Angleterre est sur la pente glissante de la sortie. David Cameron est de plus en plus fermement contraint par le jeu politique à tenir ses promesses de référendum. D’ailleurs, les liens commerciaux du pays avec l’Europe s’affaiblissent (mais représentent encore 50% de ses exportations). En Allemagne, la coalition qui pourrait sortir des élections est incertaine. Un nouveau parti vient d’émerger, à droite de Mme Merkel. Il demande la fin de l’euro (mais pas de l’UE). L’idée pourrait marquer l’opinion, et le dit parti empêcher les alliés naturels de Mme Merkel d’obtenir les minima pour être représentés. Et les pays européens vont-ils longtemps tolérer leur perte de souveraineté ? Ici, la BCE propose son « aide en échange d’une approbation de l’austérité et de réformes structurelles. » « Cela semble du chantage à certains électeurs de nations débitrices. » Là, le gouvernement d’Andalousie découvre qu’il ne peut pas aider des sans-logis, du fait de l’accord de renflouement des banques espagnoles. L’Europe est partout en récession. Elle est à l’image de son marché de l’immobilier : « les performances contrastées du marché de l’immobilier reflètent et renforcent la tendance générale vers une économie mondiale à trois vitesses. Les marchés sont généralement forts dans les économies émergentes, en rapide développement. Le redressement du marché immobilier américain va contribuer à soutenir la reprise engagée par ailleurs. Le mal affectant de nombreux marchés immobiliers européens est une raison supplémentaire pour laquelle l’Europe est à la traîne. » Aurait-elle été plombée par la BCE de M.Trichet ? Une comparaison avec Fed et Banque d’Angleterre, montre que la BCE a curieusement voulu combattre une inflation inexistante, par des taux élevés. Et a insisté pour « demander que les gouvernements réduisent leurs déficits en échange de son assistance ».

Rien ne va plus en Iran. Lors des prochaines élections, le clan du président va devoir faire face à deux gêneurs. M. Rafsanjani et un poulain de M.Amadinejad. L’Amérique latine se divise entre les bons, l’Union du Pacifique, libres-échangistes, et les mauvais, membres du Mercosur, socialistes. La piraterie se déplacerait, de la Somalie, tenue en respect par l’armada de l’économie mondiale, au delta du Niger. Aux USA, les Républicains cherchent de mauvaises querelles à M.Obama. Histoire, à nouveau, de le paralyser. L’international n’est pas porteur. L’interventionnisme de l’Etat, si.

Il y a tout de même de bonnes nouvelles. Les élections pakistanaises semblent éloigner le risque de chaos (en particulier terroriste). Le parti de la famille Bhutto serait en perdition.

Poussées par les politiques monétaristes des banques centrales, les actions s’envolent. L’entreprise Sony perd beaucoup d’argent. Elle est attaquée par un activiste américain. Il veut lui faire vendre ses studios. Mais ses difficultés viennent de la perte de sa créativité. Drame japonais. La commission européenne part en guerre contre les panneaux solaires et les équipementiers télécom chinois. (Je m’interroge: manœuvre de l’Allemagne et de la France ?) Une étonnante histoire de changement. Le conteneur aurait été une révolution ! Il aurait transformé l’économie mondiale, en facilitant le transport des biens : « plus gros bateaux (…) réduction massive du temps passé dans les ports (…) réduction par deux du voyage porte à porte (…) réduction du pouvoir de négociation des dockers, et du nombre de grèves (et) des pertes pour vol (…) De plus grands ports, moins nombreux (…) il a été possible d’échanger économiquement un plus grand nombre de biens (…) les chaînes d’approvisionnement ont pu devenir plus complexes et plus généralistes. » Et cela aurait permis le miracle des pays émergents : ils n’auraient eu qu’à utiliser ces nouvelles routes, pas à en construire de nouvelles.  
Revue de livres. L’humour juif serait récent, associé à la culture Yiddish, et politesse du désespoir. Ce n’est pas les tensions internationales qui disloqueront la Corée du nord, mais la différence de niveau de vie avec le sud. Alors, attention au chaos (au moins régional) qui va s’ensuivre. Peut-être faudrait-il hâter la dislocation, par la technique utilisée contre l’URSS ? Personne n’est intéressé. L’Egypte ancienne, société stable et hiérarchisée, n’avait pas besoin de monnaie. « La monnaie a été l’instrument qui a permis aux sociétés postérieures de se libérer de l’ordre social et de devenir individualistes. Avec l’argent est arrivée la spéculation et ses crises financières endémiques. » Solution ? Les Etats ne devraient plus assurer les flux financiers. Payer pour ses erreurs éliminerait spéculation et crise. 

L’Angleterre sombre ?

L’Angleterre a été le pionnier de la rigueur. A quoi elle a ajouté une vigoureuse dévaluation de sa monnaie. Pourtant, elle n’arrête pas de couler.

Où est le problème ? Thatcher and sons dit que le Thatchérisme a construit un « nanny state ». Très curieusement, en voulant réformer la fonction publique Thatcher, Major, Blair et Brown en ont fait une sorte de moteur de l’économie. Elle a pris des proportions à la française et a nourri toute une industrie (notamment des cabinets de conseil).

David Cameron, anti Thatcher ?, réduit l’Etat et essaie de redonner du pouvoir à la démocratie locale, asséchée par Thatcher and sons. Malheureusement, j’ai l’impression qu’il ne reste plus grand-chose sur lequel construire

Le Cameron pour les nuls

Négociation du budget européen, David Cameron ridiculise François Hollande. Je ne sais pas si l’enjeu était important, mais il me semble que c’est le procédé qui compte. Comment M.Cameron, qui veut partir de l’Europe et dirige un pays en virtuelle faillite, peut-il ainsi rouler la France dans la farine ? Grande leçon de négociation. Des siècles de pratique.

The Economist explique qu’il n’a rien à perdre, ce qui est la meilleure situation de négociation. D’ailleurs, il ne faut pas beaucoup pousser l’Allemagne pour qu’elle tape sur la France. Ce qui est une très vieille recette anglaise (entre les deux guerres, l’Angleterre jouait déjà l’Allemagne contre la France).
Il y a peut être encore plus fin. En lisant Thatcher and sons, j’ai découvert pourquoi la France avait accepté l’élargissement de l’Europe en 2004. En échange de la politique agricole commune ! Il suffit que l’Angleterre menace nos agriculteurs pour que le gouvernement français cède sans conditions.
La force de l’Angleterre, c’est diviser pour régner. Il lui suffit d’utiliser les haines internes à l’Europe et à la France pour obtenir ce qu’elle désire.