Attaque de la banque centrale

Amusante vidéo. La politique de la banque centrale américaine nuit à tous. Elle est dirigée par Goldman Sachs. Obama diffère de Bush en ce qu’il veut couler le monde, pas seulement les USA. 
Y aurait-il un mouvement de rejet de la banque centrale indépendante, une des grandes inventions de la mode monétariste ? (Fin de siecle.)
Compléments :

Qu’est-ce qui fait perdre les socialistes ?

Surprise : le modèle social-démocrate suédois va mal (The strange death of social-democratic Sweden).

Le socialisme, parti des intellectuels
Parmi les raisons évoquées, l’une me frappe : partout le socialisme est mal aimé. La crise, qui aurait dû le requinquer, a profité à la droite. Qu’est-il arrivé aux socialistes, me suis-je demandé ? Voici où m’a mené un enchaînement de pensées :
  • Michel Winock (Le socialisme en France et en Europe), distingue deux courants socialistes : populaire et intellectuel. En Europe du nord, ils se sont fondus dans la sociale-démocratie, en Europe du sud, ils se sont divisés entre communisme et socialisme.
  • J’ai l’impression que, progressivement, le courant intellectuel a pris la main sur l’ensemble du mouvement, et que la droite a récupéré une partie au moins du courant populaire. Aux USA, Reagan, Bush ou Palin représentent le peuple, pas Obama. Il en est certainement de même en France. Aussi curieux que c’ait pu me paraître le Mouvement Populaire porte probablement bien son nom.
Opposition entre intellectuels et peuple

Ce qui différencie les pensées intellectuelle et populaire est une question de valeurs.

  • L’intellectuel est individualiste et universaliste. Sa bible, c’est les droits de l’homme. Pour lui il existe une seule « culture » (cf. France Culture ou Ministère de LA Culture). Elle est mondiale. 
  • Le populaire croit qu’être Français ou Américain est une réalité (dont on peut être fier). Sur ce point il se rapproche de l’ethnologue : il pense qu’il y a des cultures, une par groupe humain. (Ce qui signifie que chacun d’entre nous appartient à plusieurs cultures, notamment à celle de l’entreprise qui l’emploie.)
Ce sont probablement les Allemands de l’avant seconde guerre mondiale qui ont le mieux marqué cette distinction. Ils appelaient la « culture » des intellectuels « civilisation ». C’était un monde déshumanisé d’électrons libres régulés par contrat. En face se trouvait la « culture » à proprement parler, le groupe humain uni, solidaire et amical.
On en arrive donc à un socialisme qui considère une partie de son électorat traditionnel comme le « mal ». Michel Winock va même jusqu’à dire que le socialisme est à tendance totalitaire (il nous dénie le droit de ne pas penser comme lui). Pas étonnant dans ces conditions qu’il tende à perdre les élections.  
Tactiques pour une conquête du pouvoir
Techniquement, les socialistes ont probablement deux possibilités de reprendre l’avantage :
  1. Laisser renaître un mouvement puissant à leur gauche. (Et le flouer lors des élections façon « union de la gauche »).
  2. Utiliser la méthode Blair et devenir le parti de l’individualisme et du libéralisme éthique. (Option DSK ?) Ce qui leur permet à la fois de ratisser le bobo à gauche et le libéral à visage humain de droite, plus les marges qui pensent en être. De manière équivalente, ce serait le parti du diplôme – le point commun de ces deux électorats. La droite devenant le parti de ceux qui ne se définissent pas, avant tout, par leurs études : l’ouvrier et le self made man, notamment.
Compléments :
  • Sur culture et civilisation (par exemple) : Mosse, George L., Les racines intellectuelles du Troisième Reich, Points 2008.

Stratégie d’Obama (suite)

La tactique des Républicains étant la contestation systématique, j’ai l’impression que celle de B.Obama consiste à promettre des solutions séduisantes aux problèmes qui préoccupent le pays (le chômage), en sachant qu’elles ne passeront pas. Ainsi, les Républicains se feront des ennemis.
Une question intéressante est celle de la réduction d’impôts accordée par M.Bush. À l’époque on disait que moins il y aurait d’impôts, plus le pays s’enrichirait. L’État retrouverait donc sa mise au centuple. Le miracle n’a visiblement pas eu lieu et la mesure aurait coûté 1700md$ à l’État. Le plus curieux est qu’il n’est pas exclu de la prolonger (coût : 3300md$). (A slight reprieve?)
Ce qui semble peu intelligent est le mépris que B.Obama paraît avoir pour les Européens. Pourtant, ils ont fait beaucoup pour lui être agréable, et c’est probablement chez eux qu’il pourrait le plus facilement trouver de l’aide…

Blair l’américain

Tony Blair a écrit ses mémoires. Curiosité : il parle comme un PDG américain. En particulier, il considère les électeurs comme des consommateurs, qui ne peuvent donc jamais se tromper. De ce fait, il est ridicule d’avoir des partis politiques : il faut évidemment des produits qui répondent à la globalité du marché.
M.Blair, ou sa femme, n’avait pas besoin d’être un agent de la CIA pour faire la politique de George Bush : il est pénétré des valeurs de l’élite des affaires. Peut-être est-ce la séduction qu’elle opère sur ses homologues étrangers (et en particulier sur notre président) qui explique que les théories libérales ont eu un tel succès ces dernières décennies ? A quoi ressemblerait notre planète si les gouvernants chinois avaient écouté ce chant de sirènes ?

Sarkozy et l’immigration

Et si ses déclarations concernant les immigrés naturalisés mais mal intégrés n’étaient pas que simple politique ? Influencé par les idées de Michel Onfray sur Freud, j’en viens à les appliquer à N.Sarkozy :
Son père est un immigré de première génération qui aimerait que ses enfants se souviennent de leur passé hongrois (cf. présentation de ses mémoires), donc pas intégré du tout. Son grand-père maternel est originaire de Salonique. Sa femme est arrivée en France parce que, selon un film de sa sœur, leur père trouvait l’Italie peu sûre pour les milliardaires. Et elle a été naturalisée après leur mariage. Et lui-même n’a-t-il pas déclaré sa passion à George Bush et à l’Amérique, en début de mandat ? L’Amérique ne serait-elle pas un pays plus favorable à ses valeurs que le nôtre ? Aspirations refoulées à l’émigration ?
Politique comme rationalisation (?) d’un amour / haine pour l’immigré ? En particulier vis-à-vis de son père ?
Ceci n’a rien de scientifique, mais c’est curieux tout de même.
Compléments :
  • Mes renseignements viennent de Wikipedia

Guerres de Sarkozy

J’entends le président de la République parler de « guerre ». De nouveau je suis frappé qu’il utilise une expression habituelle aux USA. Depuis la dernière guerre, les Américains appellent toute réforme ou toute action un peu marquante une « guerre » (G.Bush livrait encore récemment la « guerre à la terreur »).

Un article, d’ailleurs, dit que, depuis 10 ans, c’est une des expressions favorites de notre président.
Redécouverte indépendante ou passion dévorante pour l’Amérique ? Dans ce dernier cas, comment notre président a-t-il pu acquérir cette culture américaine, lui qui ne semble avoir eu que l’obsession du pouvoir ?
Compléments :

Hypocrisie des puissants

Une étude montre pourquoi les puissants sont hypocrites :

  1. Ils pensent qu’ils ont le droit de faire ce qu’ils trouvent mal chez les autres.
  2. De manière plus inattendue, ceux qui occupent une position de pouvoir mais croient que ce n’est pas mérité font le contraire : ils sont plus exigeants envers eux-mêmes qu’envers les autres.

Étude riche d’implications :

  • En disant à des gamins qu’ils étaient des génies de la finance, seuls maîtres après Dieu, on peut les avoir poussés à trafiquer, en toute bonne conscience, les règles de la société. Idem pour le gouvernement Bush et Guantanamo. Idem pour nos gouvernants et hauts fonctionnaires, qui n’hésitent jamais devant un coup tordu pour faire passer des mesures auxquelles résiste la démocratie.
  • Comment donner le pouvoir à ceux qui pensent ne pas le mériter ? Sortir de la sélection par le succès et faire éprouver aux apprentis la petitesse de leurs capacités ?
  • Ce biais n’a peut-être pas que des inconvénients. Il est possible qu’il soit lié à la question de l’optimisme. Pour des raisons évidentes, il est utile à la société que ceux qui exercent ses métiers les plus risqués se croient surhommes.

Stratégie du PS

Un haut dignitaire du PS entendu à la radio ce matin déclarait que les Français sont las de leur hyperprésident. S’ils ne le veulent pas, en plus, dans leur région, qu’ils votent PS.

Imaginons que ce dignitaire ait raison et que la France soit irritée par son président, ne serait-il pas plus malin que le dit président gagne toutes les régions françaises, afin qu’il se rende tellement insupportable à la population que celle-ci ne veuille plus de lui ?

Compléments :

Afghanistan, Amérique, Europe

Dans une revue de presse, je trouve cette déclaration d’un journaliste du Wall Street Journal :

It appears Europe’s preference for American casualties over their own does not really depend on who occupies the White House.

Autrement dit, le changement de président à la tête des USA n’a rien changé à la lâcheté des Européens, qui ne veulent toujours pas prendre leur part dans la guerre d’Afghanistan.

Un rapport du Sénat américain cité par Bush and Rumsfeld Let Osama Escape donne un curieux complément à cette déclaration :

“The review of existing literature, unclassified government records and interviews with central participants underlying this report removes any lingering doubts and makes it clear that Osama bin Laden was within our grasp at Tora Bora.”

Le gouvernement Bush a laissé Ben Laden se tirer d’affaires alors qu’il savait où il était. Mieux, il a délibérément choisi de ne pas envoyer des troupes en nombre suffisant sur le terrain.

Il est tentant d’y voir une volonté de laisser ainsi vivre un « axe du mal », dont les attentats justifieraient une politique américaine agressive.

Dans ces conditions, n’est-il pas compréhensible que les Européens aient une certaine réticence à s’engager dans une guerre aussi bizarrement menée ? De même que la Chine a quelques difficultés à comprendre qu’elle doive aider les USA à sortir le monde d’une crise qu’ils ont créée ?

N.Sarkozy dernier des libéraux?

Une curieuse pensée m’est venue en lisant Poudre de Berlin pinpin d’Hervé Kabla :

D’après ce que j’ai cru entendre N.Sarkozy aurait été au pied du mur de Berlin quand il est tombé. Beaucoup en doutent (l’événement a surpris jusqu’à H.Kohl). Ce n’est pas cela qui me frappe, mais l’importance que M.Sarkozy donne à cette chute.

En ce temps, égoïstement, je pensais déjà que notre problème était les crises successives que nous rencontrions, la médiocrité des relations de travail auquel je n’étais pas préparé, et, plus généralement, l’absence de quelque chose qui puisse faire croire à un avenir radieux. La fin du communisme n’apportait pas de solution.

Ce que l’on a du mal à imaginer en Europe, c’est que les libéraux américains, et Nicolas Sarkozy ?, ont vu là un moment unique de l’histoire mondiale : la défaite du mal, la promesse de l’arrivée du Christ sur terre, et du millénaire de bonheur qui doit le suivre, comme chacun sait.

Le comportement de M.Sarkozy me fait m’interroger : serait-il le dernier des Mohicans, le plus Américain des Américains ? Son insistance d’avoir été là le jour J, quitte à être ridicule, la célébration du dit jour par un programme unique de la radio d’Etat, ne signifieraient-ils pas qu’il n’a pas compris qu’il n’y a pas lieu de se réjouir ? Que ce en quoi il croît s’est effondré aussi brutalement que le communisme ? Aurions-nous élu un extraterrestre ?

Compléments :
  • Aux USA, l’illusion s’est appelée, un moment, la Nouvelle économie. Voici ce qu’en disaient, avec beaucoup de franchise, des gens très importants : The New Economy, what it really means, Business Week, Stephen B. Shepard, 6 novembre 1997.
  • À l’extérieur c’était le Consensus de Washington.
  • Quand les libéraux étrangers doutent (Démocratie, économie et paix), M.Sarkozy réforme avec entrain et sereine conscience (L’étrange changement de M.Sarkozy).
  • En me rappelant la très démonstrative affection de M.Sarkozy pour M.Bush et l’Amérique, je pense à un passage de La promesse de l’aube : Romain Gary prend le train pour partir au front, sa mère manifeste bruyamment son enthousiasme patriotique ; ce qui fait dire à un appelé que l’on voit bien qu’elle est étrangère. M.Sarkozy aurait-il une vision idéalisée, d’enfant, de l’Amérique et du libéralisme, un enthousiasme tellement naïf et débordant qu’il paraît un peu gênant, inconvenant, aux membres de sa patrie d’adoption ?