Campagne du troisième type

N.Sarkozy nous promet de rejouer la bataille de Poitiers et de dissoudre l’Europe, F.Hollande fait de vagues déclarations généreuses, sans cohérence apparente. Ce que cette campagne présidentielle a d’étrange est qu’elle ne semble s’intéresser à rien de sérieux.

Éduquer la raison humaine était le projet de J.Jaurès, et des instituteurs de la 3ème République… M.Hollande aurait-il perdu son âme ? Ou, M.Sarkozy l’a-t-il pris au piège de sa propre tactique, celle de l’irrationalité ?

Il se peut d’ailleurs que, pour une partie de la population, un homme qui s’agite et vocifère, ce soit bien. « C’est un des nôtres » ? Le contenu ne compte pas ? Que N.Sarkozy puisse faire « peuple » est extraordinaire quand on pense à ses origines. Quel talent ? (Mais pas unique : c’était aussi le cas de George Bush.)

Par contraste, François Hollande semble transparent. Cela ne veut pas dire forcément qu’il n’a pas de conviction. Mais, contrairement à N.Sarkozy qui crée l’événement, il paraît évoluer au gré des vents, c’est l’autre qui lui fournit l’énergie dont il a besoin. Yin et Yang ?

Tactique de Nicolas Sarkozy : le modèle américain ?

Hier soir, la radio du taxi qui me ramenait chez moi parlait des dernières déclarations de M.Sarkozy. J’ai eu l’impression de me retrouver à l’époque du PC.

Et si cette tactique était un avatar de la stratégie utilisée par les Républicains contre M.Obama ?

Lorsque M.Obama a été élu, on aurait pu croire que les Républicains, associés à George Bush, allaient traverser une période de prostration. Pas du tout, ils ont été d’une agressivité redoutable. Agressivité dont la caractéristique remarquable était une totale absence d’honnêteté intellectuelle. Et cela a remarquablement bien marché. D’autant mieux que M.Obama a jugé ce comportement indigne de la vision qu’il avait de l’Amérique et de son rôle. Il n’y a donc pas répondu.

La France est-elle l’Amérique ?

Compléments :

Criminalité et systémique

Massacres entre gangs de Boston. Racaille irrécupérable, pensait la famille Bush et quelques autres.

Un universitaire a découvert qu’il n’y avait là que des gens ordinaires, pris dans une logique de violence dont aucun ne pouvait se tirer seul.

La police est intervenue brutalement. Message : nous troublerons vos affaires tant que vous vous entretuerez. Les violences se sont apaisées. (The power of jaw-jaw)

Dilemme du prisonnier et conduite du changement… 

Cheney et Biden

Pourquoi Georges Bush nous a-t-il amené au bord du chaos ? Parce que Dick Cheney, son vice président, était un homme d’entreprise et d’efficacité, qui a su immédiatement mettre en œuvre ses décisions.

Pourquoi Barack Obama n’arrive-t-il pas à sortir son pays de la crise ? Parce que Joe Biden, son vice-président, est un politique qui se sent bien dans le chaos. (Dick Cheney’s memoirs)
En fait, il est possible que ces attitudes soient propres au libéralisme.
  • La première pense que le bien doit être imposé d’en haut à une masse porteuse du mal. La seconde estime que c’est une forme de paralysie, résultat d’un équilibre des forces entre individus égaux, qui produit le bien. 
  • L’affrontement entre elles est vieux de plus de vingt cinq siècles.  
Compléments :
  • On remarquera que chacune se justifie par l’autre : les dirigistes le sont pour éviter le chaos, et les chaotiques pour éviter le totalitarisme.
  • Sahlins Marshall, The Western illusion of human nature, Prickly paradigm press, 2008.
  • En France, cette opposition se lit probablement dans les programmes du PC et du parti gaulliste d’une part, et du PS et de la droite libérale (ex UDF), d’autre part. Sur la droite, en parfaite illustration : Rémond René, Les droites aujourd’hui, Points, 2007.

Obama, dominos et Moyen Orient

J’entendais il y a quelques jours la radio dire que B.Obama aimerait utiliser l’argent du FMI pour aider les démocraties du Moyen Orient, plutôt que les vieux pays européens. (Lui-même étant trop endetté pour faire quoi que ce soit de charitable.)
Pour certains, la manœuvre est imprudente : une Europe qui s’effondre entraîne la planète avec elle. Mais l’idée n’est pas idiote : si le Moyen-Orient devenait démocratique, les dictatures et les terroristes régionaux perdraient leur raison d’être, et Israéliens et Palestiniens seraient forcés de s’entendre.
En fait, c’est un retour à la théorie des dominos de G.Bush.
Mais ce dernier n’avait pas compris que l’on n’impose pas le changement par la force. Par contre, s’il se produit, on peut l’encourager. Dommage que les USA se soient ruinés. 

Histoire du déficit américain

L’unité de déficit américain est maintenant le millier de milliard.
Un grand coupable de cette situation semble être George Bush. Quant il est arrivé au pouvoir l’État connaissait un surplus. Il a décidé de le rendre au peuple par des réductions d’impôts. Mais il s’est aussi engagé dans de grandes dépenses (à commencer par deux guerres). Lorsque la crise est survenue, le trou était sans fond. D’autant qu’il n’avait pas non plus pensé que les baby boomers partiraient à la retraite.
Question : et si le système électoral américain avait fonctionné correctement, et si M.Bush n’avait pas été élu ? 

Quel est notre avenir ?

On demande aux enseignants anglais de détecter les ferments subversifs dans les dissertations de leurs élèves, disait la BBC. Inattendu de la part d’un pays qui vend les tickets des Jeux Olympiques aux plus offrants (la loi de l’offre et de la demande, vous savez).
Depuis ses origines ce blog pense que notre monde oscille entre deux extrêmes. L’un dit que l’individu est tout, l’autre qu’il n’est rien sans la société. L’après guerre a été la victoire du second, l’après 68 celle du premier. L’après 2008 me semble être un nouveau retour de balancier. Je pense même qu’il est bien engagé.
Ce qui m’étonne depuis longtemps est que 68 fut un mouvement de beatniks dénudés, et qu’il a fait triompher le marché, l’argent, et une classe ultra-riche et ultra-matérialiste. Est-ce fatalement cela l’individualisme ?
J’ai fini par ne pas le penser. Il me semble, comme je l’observe dans l’entreprise, que le changement « sourit à l’esprit éclairé ». La dislocation sociale de 68 a profité aux puissances économiques, parce qu’elles étaient fortes, déterminées et concentrées sur un objectif simpliste. De même l’après 45 a été technocratique, parce que la science avait gagné la guerre. Elle a donc imposé sa marque à la réaction « collectiviste » du monde aux affres de l’individualisme post 18.
À quoi ressembleront les 30 prochaines années ? Quelle est la force qui leur imposera sa forme ? Pas évident.
  • Les pays émergents ? Ils ne semblent pas avoir de philosophies propres (sinon se replier sur eux, pour l’Asie ?).
  • Les fondamentalistes ? Les exemples de MM.Ben Laden, Bush, Cameron ou Sarkozy semblent nous dire que le fondamentalisme ne donne au mieux que le Jihad ou le chaos.
  • Il est possible que notre collectivisme, répondant à des excès moindres que ceux d’avant guerre, soit modéré. Il sera probablement inspiré, comme les précédents, par des idées (et des individus) simplistes. Ce sont celles qui passent le mieux. 

Changement en Arabie Saoudite

L’Arabie Saoudite serait le principal barrage à la démocratisation du Moyen Orient. S’il craque, les régimes environnants seront emportés par les forces démocratiques, en premier lieu l’Iran et la Palestine. Et l’Amérique n’aura plus de raison d’avoir une politique pour la région.
Qu’est-ce qui empêche une transformation du pays en une monarchie constitutionnelle ? L’anxiété d’apprentissage des 7000 princes qui vivent à ses dépens. (Article.)
Deux réflexions :
  • L’Arabie Saoudite paraît avoir la mission d’étendre ses valeurs au monde (billet précédent). Sa résistance au changement pourrait être très supérieure à ce qu’envisage l’auteur de l’article.
  • Dominos de George Bush ? La démocratie gagne le monde. S’il avait, peut-être, vu juste, il a mal joué. Ses initiatives ont freiné le mouvement, et les USA sont à tel point enlisés qu’ils ne peuvent plus mettre leur armée au service de quelque cause que ce soit.

Université et guerre des talents

Les universités et les grandes écoles françaises se mettent en ordre de marche pour remporter « la guerre des talents » : faire venir les meilleurs étudiants et enseignants de la planète. dit Le Monde.

L’Amérique de George Bush a usé et abusé de la guerre des talents. Celle d’Obama semble en revenir, très vite.
La France, décidément, aurait-elle toujours une guerre de retard ? 

Répartition de revenus

Étude de la répartition des revenus aux USA.
Entre 1993 et 2008, le % le plus riche a récupéré 52% de la croissance globale des revenus des habitants du pays, et 65% sur la période 2002 – 2007 (George Bush). En moyenne ses revenus ont augmenté de 3,94% par an, contre 0,75% pour les 99 autres %.
En période de crise les revenus du dit % se contractent plus fortement que ceux des % restants. Mais les crises durent peu.