La fin des start up ?

La start up est une innovation de Goldman Sachs. 

Goldman Sachs a été le grand Satan de la spéculation de 29. On dit que toute la législation qui en a résulté a été écrite pour lui. 

Goldman Sachs était, depuis, devenu une banque triste. Elle s’occupait de faire entrer en bourse des entreprises qui avaient fait leurs preuves. Mais la bulle internet a réveillé son démon. Elle a eu une idée géniale : et si, au lieu de donner une valeur à une entreprise en fonction de son histoire, on le faisait en fonction de ses perspectives ? La banque ne prend aucun risque, puisqu’elle prélève une commission lors de l’entrée en bourse ! La start up était née. 

Elle a tué l’innovation organique, et peut-être même la recherche publique. En effet, à quoi sert-il de subir les coûts de la recherche, alors que le marché est prêt à les payer très cher ? D’ailleurs, que ces entrepreneurs sont séduisants quand on les compare aux entrepreneurs et aux scientifiques traditionnels ! 

Les sphères de la pensée ont nommé ce phénomène « open innovation », sans plus réfléchir à ses conséquences. 

Comme le disait un précédent billet, la fin du « quantitative easing » des banques centrales devrait retirer à la spéculation, et donc à la start up, son énergie. Il va falloir en revenir aux moyens d’innover anciens. 

L’ère du rêve est fini, travaillez, prenez de la peine, c’est le fond qui manque le moins ?

(L’édifiante histoire de Goldman Sachs.)

Boom des SPAC

On parle beaucoup de SPAC dans la presse économique. Le SPAC est un fonds d’investissement. (Voir ce qu’en dit wikipedia.) L’objet du SPAC est généralement flou. Ses investisseurs ont, essentiellement, foi en ses managers. Et, si j’en crois wikipedia, les dits investisseurs ne retrouvent généralement pas leur mise. Ce qui n’est pas le cas, paradoxalement, pour ceux qui sont à l’origine du fonds.

Pourquoi un boom ? Probablement parce qu’il y a beaucoup d’argent qui ne parvient pas à s’investir. A chaque bulle, à chaque crise, depuis 20 ans, les banques centrales impriment de l’argent, toujours plus (l’unité est maintenant le millier de milliards), qui nourrit de nouvelles bulles. Chaque bulle est une croyance au père Noël. Cette fois-ci, on raconte que l’économie va repartir comme avant, mais qu’il va y avoir beaucoup d’entreprises qui sont surendettées. Donc, facile : on récupère ces sociétés, et on attend le beau temps. 

Seulement, beaucoup de ces sociétés n’allaient déjà pas bien avant, et parier sur un monde d’après qui serait identique au monde d’avant semble un rien dangereux. Il suffit de regarder où en était l’économie il y a seulement 10 ans pour s’en persuader. Surtout, tous ces investisseurs sont des moutons de Panurge : leur offre semble devoir dépasser très largement la demande. 

Qu’est-ce que cela peut donner ? Un crash qui ne toucherait que les gens riches ? Une façon de liquider la bulle spéculative qui s’est formée dans les couches hautes de la société ? Mais, tout est interconnecté. Surtout, cet excès d’argent est malsain, il va empêcher des secteurs entiers de s’adapter au changement, qui est permanent, répétons le. Cela peut faire de très gros dommages. 

Méfions-nous des modes ?

Un journal régional publie toujours sur papier. Et il s’en porte très bien. En revanche, ce qui a failli lui être fatal c’est d’avoir cru, dans les années 2000, à ce que l’on disait d’Internet. 

Certes, contrairement au Canard Enchaîné, qui se porte aussi très bien, il utilise Internet, mais uniquement comme un service supplémentaire.

Etes-vous sûr que la mode à laquelle vous être prêt à adhérer est bien dans votre intérêt ?