Warren Buffett

Un Christophe Faurie milliardaire ressemblerait probablement à Warren Buffett, ai-je pensé. Il n’est pas intéressé par l’argent, mais seulement par son métier. La valeur de son fonds, qui aurait augmenté de 20% en moyenne par an, ne fait que refléter la qualité de son travail. Et Warren Buffett est dans sa 94ème année…

Sa méthode ? Ne jamais vendre et ne pas distribuer de dividendes. Car cela signifie payer des impôts. Et investir dans ce que l’on aime, et que l’on consomme. La marque est une garantie. Et acheter lorsque tout le monde perd de vue la valeur réelle de l’affaire (ce qu’il a fait lors de deux crises mondiales). Peut-être aussi un mélange habile d’investissements. Il possède, notamment, une assurance. Or l’assurance produit beaucoup de « cash ». « Cash » qu’il faut placer en attendant que l’on en ait besoin pour dédommager un assuré. Et qui lui permet d’investir.

C’est l’anti spéculateur. Peut-être son exemple est-il la preuve que les marchés financiers ont un minimum de rationalité ? Warren Buffett, prix Nobel ?

(Renseignements venus de Good, Bad Billionaires de la BBC.Sinon, une vie calme consacrée à son métier, avec pour seule originalité un ménage à trois voulu par sa première épouse, qui avait besoin de temps pour s’occuper de sa propre carrière. )

Le blues du fonds

WeWork a fait boire un bouillon à SoftBank, son investisseur japonais. Ce qui confirme que les licornes sont des animaux imaginaires. Quelques jours avant, le Financial Times annonçait que Warren Buffett ne savait pas comment dépenser les 128md$ qu’il détient en liquide.

Les milieux financiers disposent de beaucoup d’argent, mais ils n’ont nul endroit où l’investir ?

De la crise du modèle du « créateur de valeur » ? La valeur est partie chez les financiers, mais elle n’y a pas trouvé de créateur ?

Kraft Heinz et les fonds d'investissement

Warren Buffett a mis beaucoup d’argent dans Kraft Heinz et il est réputé invincible. Pourtant son cours s’effondre. Et, ce qui n’est pas surprenant dans ces circonstances, on apprend, qu’en plus, son management avait fait preuve de créativité dans ses comptes.

Que s’est-il passé ? M.Buffett a investi avec 3G, un fonds qui se disait capable d’obtenir des gains de performance miraculeux, dans la société Heinz. Heinz a ensuite acquis Kraft. Et est allé jusqu’à proposer à Unilever de les rejoindre. C’est là que les choses ont commencé à mal tourner. « 3G avait de bonnes idées pour faire des économies, mais pas pour croître. Et quand vous ne pouvez pas croître, dans la grande consommation, vous finissez par devoir dépenser de plus en plus pour ne pas reculer. » (D’autant que les fameuses économies ont touché la publicité…)

Kraft Heinz ou la fin des beaux jours pour les fonds d’investissement ?

(Quand à M.Buffett : quand on a autant d’argent, ne finit-on pas par ne plus avoir de bonnes occasions de les placer, et donc à en être réduit aux charlatans ?)

Politique, pharmacie, Warren Buffett, retraités et quelques autres

Affligeants politiques, semble dire The Economist. Ils n’obéissent qu’à leur seul intérêt, d’une inconcevable médiocrité. Caractéristique certaine : s’opposer à l’intérêt général. Ici Mme Merkel détricote le mécanisme que la zone avait mis en place pour éviter la dislocation. Là, M.Rajoy fait preuve à la fois d’incompétence et d’un sens del’honneur pitoyable. Et que dire de l’Inde ? Un magma de partis corrompus. On a retrouvé M.Kohl. Dans une chaise roulante, incapable de parler. Il a été victime d’un accident de cuisine. Visiblement c’était un tyran domestique, haï des siens. Curieusement, l’article se fait l’écho d’une de mes théories : sa gestion de la réunification allemande pourrait être à l’origine de la crise de l’euro. Il y a aussi des élections en Géorgie. Un suppôt de Bush y affronte un milliardaire inquiétant. Aux USA, les élections ne sont plus une question d’idées mais de logistique : chaque camp recrute des électeurs avec des moyens et une efficacité américains. La perfide Albion partage ses ambassades avec sa colonie canadienne. Décidément, elle n’est pas européenne. Le LDP japonais choisit comme candidat premier ministre un ancien premier ministre qui s’est ridiculisé, ce que compense sa haine des Chinois. En Argentine, où l’inflation atteint 25%, la présidente, qui vit d’expédients, est chahutée. Mais la situation économique du pays devrait s’améliore, et la sauver. En politique, le crime ne tue pas. C’est peut-être Hugo Chavez qui paraît le plus honnête de la bande. Certes, il ne laisse pas de place à l’expression de son opposition, mais au moins les élections sont libres.
Il y a pire que la politique : l’industrie pharmaceutique (chronique du livre Bad Pharma de Ben Goldacre). Le processus d’approbation et de diffusion des médicaments serait parfaitement manipulé. Si bien que le médecin a peu de moyens de connaître le degré de nocivité ou d’efficacité de ce qu’il prescrit : « des gens (…) meurent pour rien ». On a d’ailleurs expliqué pourquoi la pharmacie mais aussi l’éducation consomment de plus en plus de nos revenus. Elles ne connaissent pas de gains de productivité. Mais leurs salaires suivent ceux des industries qui en connaissent. Intelligent, mais ça ne me semble pas toute la réalité. « Les industries à productivité » l’ont trouvée dans l’exploitation des pays émergents. Les couches supérieures de l’entreprise se sont enrichies au détriment des couches inférieures. Les universitaires, les cadres du pharmaceutique… voyant que des gens de même diplôme gagnaient beaucoup ont voulu faire de même.
Le secret de Warren Buffett est connu ! Les fonds de retraite n’ayant pas le droit de s’endetter, pour ne pas prendre de risques, ils sont contraints d’acheter des actifs risqués pour avoir un fort retour sur investissement. Ce qui laisse à Warren Buffet les titres sans risque, et sous évalués ! En outre, il possède une activité d’assurance, qui lui permet d’emprunter à un taux record. D’où gros « effet de levier ». Malin.
Tout aussi lucratif. Les Baby boomers arrivent à la retraite, après un hold up. Ils ont beaucoup gagné, parce qu’ils ont eu peu d’enfants, et ont été jeunes à une époque où il y avait peu de retraités. Maintenant, ils utilisent leur poids politique pour faire payer les jeunes. Le déséquilibre ne sera bientôt plus tenable. Nous aurions le choix entre l’inflation et la crise. En revanche, Steve Jobs est bien mort. Pour la première fois, Apple sort un produit, un logiciel cartographique, qui n’est pas au point (ce que je confirme). Apple devient une entreprise ordinaire ?
Article sur l’Inde. Elle aurait tout accepté de l’Occident, sauf la logique économique, qui lui est imperméable. Ce que regrette The Economist, qui lui prédit l’avenir des USA, si elle se transforme. N’a-t-elle pas tout pour lui ressembler ? Sauf un rêve : s’enrichir. En Chine, il ne fait pas bon être dans le hit parade des milliardaires : cela attire sur vous l’attention de l’Etat…
Une histoire de robots, pour finir. On aurait trouvé le moyen de réduire massivement leur prix (22.000$). Bonne nouvelle pour l’automobile, qui en consomme beaucoup. Apparemment, le nouveau robot serait capable de détecter les obstacles et aurait des articulations non rigides, faciles à guider manuellement. Donc, plus besoin de système de programmation compliqué et de protection.  

Taxer les riches

La BBC parlait ce matin de Warren Buffet et des 16 dirigeants français qui ont appelé à augmenter les impôts des riches. Elle s’interrogeait, avec un financier invité :

Et s’il y avait un retour de balancier vers un monde plus solidaire ? Et si l’idée selon laquelle faire payer les riches les ferait fuir (idée soutenue par Madame Lagarde – cf. article cité par le billet précédent) n’était pas aussi juste qu’on l’a cru pendant les dernières décennies ?…
Compléments :

Warren Buffett au secours de l’État

J’entendais ce matin la BBC citer M.Buffett qui aurait dit qu’un milliardaire comme lui pourrait payer plus d’impôts, qu’il ne rimait à rien que les riches soient privilégiés alors que la classe moyenne qui se bat en Afghanistan ne l’est pas.

M.Buffett est-il l’hirondelle qui fait le printemps ? Ce type d’arguments va-t-il commencer à concurrencer ceux du Tea Party ? (Plus généralement, début de reflux de la vague libérale ?)

Moody’s et Warren Buffett

J’entendais ce matin Warren Buffett, qui possède un gros morceau de Moody’s, dire que les agences de notation se sont trompées comme tout le monde.
Mais à quoi servent-elles si elles ne font pas mieux que nous ?
Il y a quelques années, M.Buffett et ses collègues rêvaient d’un monde merveilleux où notre vie serait entre les mains de l’entreprise, qui tiendrait infiniment mieux que lui le rôle de l’État. Illusion en faillite ?

Buffett = Madoff ?

Un article explique de W.Buffett vient de vendre pour 4,9md$ de produits dérivés. Il s’agit d’un pari sur des indexes, qui peut lui faire perdre de l’ordre de 35,5md$, dans 10 ans. Il aura alors 88 ans.

J’ai déjà vu passer un billet de ce type, il y a quelques mois, mais n’ayant pas réagi à temps, je n’ai pas réussi à le retrouver. La présomption que j’en ai tirée est la suivante : W.Buffet a trouvé un moyen élégant de lever d’énormes fonds. Il vend des produits dérivés sur tout et n’importe quoi, à très long terme. Du coup, il récupère énormément d’argent, qu’il peut investir dans des acquisitions. C’est sûrement un excellent investisseur, mais, surtout, il a réussi à expédier le risque après sa mort. Il a construit sa fortune à crédit. Mais un crédit qu’il a de fortes chances de ne jamais payer.

C’est à creuser. Mais il y a probablement derrière tout ceci quelque chose de l’âme de l’Amérique. L’Américain veut faire fortune, et il a trouvé un moyen pour cela : prendre énormément de risques, et les faire porter par quelqu’un d’autre. La société américaine (et mondiale), dans le cas de Goldman Sachs ? La postérité dans celui de Buffett ou Madoff (s’il avait réussi à tenir la distance, ou avait vécu moins vieux) ?

Bien sûr, ça ne réussit pas à tous les coups, mais que pèsent, pour un Américain, quelques années de prison ou de discrédit par rapport à des décennies au firmament de la richesse mondiale ? D’ailleurs, peut-il envisager que sa bonne étoile l’abandonne ?

Compléments :

  • W.Buffett a appelé les produits dérivés des armes de destruction de masse. Ce qui montre qu’il est conscient d’adopter une stratégie à très haut risque.

À qui appartient le profit ?

Débat. Pour Nicolas Sarkozy, l’entreprise doit partager ses revenus avec l’employé. Pour Madame Parisot, le salarié a son salaire, l’actionnaire doit garder son dividende. À qui appartient le profit ?
Historiquement, l’entreprise et son profit ont eu différents propriétaires.
  1. Pour Marx le détenteur du capital (des machines) possédait l’entreprise et non celui qui y trimait.
  2. Galbraith identifie le mécanisme suivant : l’actionnariat des grandes entreprises s’éparpille et le pouvoir effectif se concentre chez un minoritaire, qui s’en sert pour dépecer l’entreprise. Progressivement une « technostructure » de salariés s’empare de sa direction. Sa stratégie est d’anéantir toutes ses dépendances : au marché (en orientant ses choix), au capital (en vivant sur fonds propres et en réduisant les dividendes).
  3. Années 80, managers et organismes financiers prennent le pouvoir sur l’économie. Ils adoptent le modèle que l’on m’a enseigné en MBA : l’entreprise doit se vider de ses ressources pour les distribuer à ses actionnaires et à son management (eux).

2008. Sans réserves, les entreprises s’effondrent.

Pour l’économiste Frank Knight, l’entreprise appartient à celui qui en porte « l’incertitude », c’est-à-dire la partie du risque qui n’est pas assurable. Sa rémunération est le profit. Toutes les autres parties prenantes n’ont pas accès au profit, parce qu’elles ne risquent rien : l’employé reçoit un salaire, l’investisseur la rémunération de son capital (un intérêt).
Logiquement, celui qui possède l’entreprise doit réinjecter le profit accumulé en cas de difficulté. Application : le modèle des années 80 n’a pas fonctionné parce qu’il n’a pas restitué à l’entreprise ce dont elle avait besoin pour passer la crise. Elle n’a plus de propriétaires. Nous avons vécu une ère de parasitisme.
Alors, à qui appartient le profit ? Ça dépend. Quelques cas particuliers :
  • Si les actionnaires ne sont pas prêts à aider l’entreprise en cas de difficultés, il ne leur appartient pas. Il appartient beaucoup plus à ceux qui prennent le risque de licenciement.
  • Si l’entreprise reprend son autogestion pré années 80. C’est l’entité globale qui assume le risque, personne en particulier, les managers sont à nouveau des salariés, les actionnaires des rentiers.
  • Dans le modèle de l’économiste Ricardo Caballero, c’est l’Etat qui porte l’incertitude, c’est donc lui qui prend en charge l’entreprise (L’Etat comme assureur de l’économie). C’est le modèle français d’après guerre.
  • Les partisans les plus orthodoxes de l’économie de marché ont, depuis toujours, assigné un rôle social à l’entreprise. L’entreprise existe parce qu’elle rend à la société un service que personne d’autre ne peut mieux lui rendre. C’est ce que disent aussi bien Frank Knight que Warren Buffett. Dans ce modèle, l’entreprise appartient, en fait, à la société, qu’il ne faut pas confondre avec l’État. L’entrepreneur n’en a qu’une charge provisoire. S’il finit sa vie avec un profit, il le restitue à la société (tradition des entrepreneurs anglo-saxons).
Compléments :