Angleterre sans chauffeurs

Stations sans essence. La Grande Bretagne manque de conducteurs de poids lourds. Certaines stations, dans les zones densément peuplées, ne sont plus approvisionnées. Avec l’augmentation soudaine du prix du gaz, c’est le drame du moment, si j’en crois la BBC. Beaucoup de gens ne peuvent vivre sans voiture. 

Causes ?  Nombreuses, probablement. 

  • Brexit et dépendance vis-à-vis d’étrangers de l’UE, qui ne reviennent pas. 
  • Examens de permis de conduire qui n’ont pas pu se faire du fait du virus. 
  • Achats en panique. Certains accumuleraient les litres d’essence. On entend que des pompes ont vendu 5 fois les volumes habituels. 
  • Système de juste à temps, qui ne supporte pas le moindre aléa. 
  • Conditions de travail des chauffeurs qui se dégradent, depuis longtemps, sans que rien ne se fasse. (La raison d’être de l’appel massif aux immigrés ?)

Et il va bientôt y avoir Noël.

On parle de visas temporaires pour immigrés, d’augmentation du temps de travail des chauffeurs, d’appel à l’armée…

Recruter localement pourrait avoir un gros impact sur l’emploi : le manque est de plus de 100.000 conducteurs, dit-on… Mais aussi sur l’inflation : pour les attirer, il faut augmenter les salaires, et améliorer les conditions de travail, y compris l’infrastructure d’accueil. 

Au fond, le Brexit méritait bien son nom ? La Grande Bretagne a eu recours (comme beaucoup certainement), pendant fort longtemps, à des expédients. Ils l’ont amenée à la limite de la rupture ? 

La gloire d'Albion

Il est dit que Boris Johnson veut ramener l’Angleterre à l’ère victorienne, ère glorieuse. 

Je ne suis pas certain que ce fut le cas. Je pense même que c’est le contraire. Le travail sur Disraeli que je cite dans ce blog, laisse plutôt entendre que la puissance coloniale de l’Angleterre masquait le fait que l’avenir se jouait ailleurs, dans le progrès technique. L’Allemagne était en pleine ascension. Et l’Angleterre, déjà, devait aborder les conflits avec les nations européennes avec beaucoup de prudence. Et on a vu, en 14, qu’elle avait raison de le faire.

Les véritables moments de gloire anglaise, selon moi, ont été Elisabeth première et Napoléon. Dans les deux cas, le pays avait conscience d’être un outsider. Et sa classe dominante a fait bloc dans l’adversité, avec humilité. Elle a fait preuve de talent dans la perfidie. Gagner le match, par le penalty, comme au rugby. Utiliser les rigidités intellectuelles de l’adversaire, en particulier son sens de l’honneur. C’est ainsi qu’elle a défait Napoléon sans beaucoup payer de sa personne, sauf quand il y avait avantage évident (la marine). Son coup de génie a été d’accueillir en Angleterre des financiers du continent, qui ont inventé la finance moderne. Ils ont permis de financer les armées alliées par le déficit. 

L’histoire se répètera-t-elle ?

Grande Bretagne : destination inconnue ?

Un pays est au bord de l’abîme : la Grande Bretagne. Que va-t-il lui arriver ?

La Grande Bretagne ressemble à Athènes. Après une période glorieuse, elle a vécu de talents importés, en leur fournissant les conditions qui ont fait son succès. Le moteur de la thermodynamique anglaise, c’est l’inégalité. Le pauvre qui veut s’enrichir nourrit l’élite de rentiers qu’il veut rejoindre.

Exemple ? La City est transformée par les Rothschild, qui ont défait Napoléon, puis de Siegmund Warburg, qui la sauve, invente la finance moderne, et y attire les Américains.

Et voilà comment cela pourrait expliquer le BrexitMme Thatcher et ses successeurs, en particulier Tony Blair, ont cru que le secret de la prospérité était dans le pouvoir miraculeux du « marché ». L’Angleterre fournirait des conditions idéales, et attirerait les valeureux du monde, ouvriers prêts à travailler pour rien, entrepreneurs créateurs d’innovations et d’entreprises ou oligarques russes qui financeraient l’économie par leurs richesses mal acquises. Rien de plus simple.

Madame Thatcher a donc supprimé les « vieilles industries » du nord du pays en pensant qu’elles mobilisaient des ressources financières qui seraient mieux utilisées ailleurs. Tony Blair a étendu massivement l’UE, vers la main d’oeuvre orientale, qui rêvait des lumières occidentales ; il a facilité la mobilité des populations ; il a expédié son industrie (traité de Kyoto) vers les pays émergents, histoire de faire de la place à l’innovation, et de se débarrasser de la pollution. Le reste de l’Europe l’a suivi, médusé. Les techniques anglaises de réforme de la fonction publique se sont étendues partout. Nous sommes tous thatchériens.

Pour une fois, l’arroseur a été le premier arrosé. Le marché n’a pas répondu aux attentes. Et le pays s’est trouvé encombré d’immigrés en concurrence frontale avec des natifs qui étaient peut-être obsolètes, mais qui avaient le droit de vote. Brexit.

Comment l’Angleterre va-t-elle se tirer de ce mauvais pas ? Difficile de voir une autre option que le parasitisme de l’Union Européenne. Première réforme de M.Johnson : remplacer l’Union Jack par le drapeau noir ?

Boris Johnson ou la fin du chaos ?

Election législative britannique : la victoire de B.Johnson dépasse largement ce que prévoyaient les sondages. (Le Financial Times, hier soir, parlait de « thumping victory ».)

Les Anglais ont-ils voté pour le Brexit, ou pour la fin du chaos ? Le pire qui puisse arriver à un pays est une guerre civile ?

Une leçon pour le reste du monde ?

(En tout cas, les milieux financiers se réjouissent. Et cela a été aussi, surtout ?, un vote contre J.Corbyn et les libéraux.)

Où va l'Angleterre ?

Brexit, le feuilleton. Les sondages semblent dire que les partis traditionnels, un moment discutés, reprennent leur ascendant. En particulier, que les Conservateurs devraient gagner les élections et donc pouvoir sortir le pays de l’UE.

Mais ces sondages invitent aussi à s’inquiéter de l’après Brexit. Car, il y a plus d’Anglais qui veulent rester dans l’UE que d’Anglais qui veulent en partir (6%, et c’est stable depuis pas mal de temps). Et il y a maintenant autant d’Ecossais qui veulent quitter l’Angleterre que d’Ecossais qui veulent y rester…

L’Angleterre va-t-elle devenir un village gaulois ? Brexix ?

(Sondage de sondages.)

Les brexités

Pourquoi ne trouvons-nous pas les Britanniques ridicules ? Imaginons que le Brexit se soit passé en France, en Italie, ou en Grèce, qu’en dirait le monde ? Il en pisserait de rire.

Dans une réputation, il y a deux choses : ce que l’on dit de soi, et ce que les autres disent de vous. Quand on y réfléchit bien, le protestant pense du bien de lui-même et du mal des autres. C’est le contraire pour le catholique.

On peut même se demander s’il n’y a pas quelque-chose du « pêché originel opium des peuples », pour ce dernier. Pour gouverner, les élites du sud répètent à leurs peuples : regardez comme vous êtes mauvais par rapport aux autres. Le gouvernement par le complexe.

(L’histoire se répète ? Avant guerre, on a dit « ne regardez pas vers l’Allemagne, le mal est chez nous ». Mais aussi il y avait, notamment chez nos technocrates, une immense admiration pour l’efficacité allemande. La collaboration était un moyen de faire profiter la France de l’admirable rigueur allemande. C’était la « start up nation » avant la lettre.)

Brexit : qui casse paie ?

On n’est pas sorti de l’auberge. Epuisant Brexit. Et après ? Que donnera une nation pirate aux portes d’une Europe privée d’esprit d’équipe ?

Mais le Brexit c’est autre chose. En jouant avec la bombe nucléaire, David Cameron a cru faire une manoeuvre particulièrement élégante. Il gagnerait sur tous les tableaux : il règlerait les conflits de son parti, à son avantage, et il obtiendrait de nouvelles concessions de l’UE. Jusque-là, les politiques croyaient que le machiavélisme payait. Ils étaient même fiers de leurs magouilles. Seuls les imbéciles se préoccupaient de l’intérêt général. Le politique digne de ce nom était un manipulateur. Le Brexit a été une leçon : à long terme, l’intérêt général est dans notre intérêt particulier.

Boris va-t-il gagner ?

Boris Johnson va-t-il gagner les prochaines élections anglaises ?
Les sondages le pensent. (Article de CNBC, dont est tiré le graphique suivant.)

En Angleterre, avec un peu plus du tiers des votes exprimés, on a une majorité absolue… 
Le plus surprenant est la répartition des votes. Le parti travailliste est en tête chez les moins de 50 ans, l’Angleterre de demain. Mais les conservateurs écrasent leurs opposants chez les plus de 65 ans… 
Saine démocratie ?

UK : nid de pirates ?

« Fears rise over post-Brexit workers’ rights and regulations » dit le Financial Times. Le gouvernement anglais a prévu de ne pas tenir parole. Contrairement à ce à quoi il s’est engagé, il va jouer sur le droit social pour nuire à l’UE.

Le fonds de commerce de l’Angleterre post Brexit : jouer les parasites de l’UE ?

Rien de neuf ?

(Quant aux « workers » qui ont voté pour le Brexit, ils sont bien partis pour être les dindons de la farce ? Ils ont oublié que la gloire de la Grande Bretagne était contemporaine de Dickens et Marx.)

Brexit : ce qui ne tue pas renforce ?

Comment le Brexit va-t-il se terminer ? Les Anglais doivent commencer à trouver le temps long…

Quant à l’Union Européenne, il semblerait que la succession de crises qu’elle subit renforce sa solidité… Espérons que The Economist a vu juste…