Extrêmes

Reform UK, le parti du Brexit, a le vent en poupe en Angleterre.

L’incompétence d’un Trump ne ferait-elle pas peur à l’électeur ? Ou la surdité des traditionnels partis de gouvernement leur a-t-elle aliéné durablement l’opinion ?

Quid de la France ? Choix entre l’apprenti sorcier et la paralysie ?

Brexin ?

56% des Anglais seraient favorables à un retour dans l’UE. Qu’est-ce qui peut les empêcher de revenir ? Une émission de la BBC.

Escroquerie. Il ressort de l’émission que c’est le cadet des soucis de l’Anglais. Il pense avoir fait une erreur, mais il a d’autres sujets de préoccupation.

Mais l’émission n’était pas totalement perdue. J’en retiens que Mme Thatcher avait obtenu un rabais massif. Elle ne payait qu’un tiers de ce qu’elle devait ! Décidément, les Anglais avaient su tirer les ficelles de l’UE, et la traire. C’est peut-être ce qui a perdu Lord Cameron. Il a cru que tout lui était permis. Je continue à penser que le Brexit a sauvé l’UE. (Elle a encore beaucoup de chances de crever, mais, avec les Anglais à bord, sont trépas était certain.)

On apprend aussi que ce que l’Angleterre n’aimait pas dans l’UE, c’était la liberté de circulation. Elle veut maîtriser son immigration. Ce qui est surprenant puisque l’immigration nette est actuellement de plus d’un pourcent de la population. Là aussi cela semble confirmer un de mes biais : l’Anglais aime son empire, mais pas le continent.

Brexin ?

The European Union proposed delaying by three years tariffs on electric vehicles traded with the UK that are set to kick in on Jan. 1, in a win for carmakers that warned the rules would unnecessarily hurt their operations.

Bloomberg, mercredi

Les Anglais sont ennuyés par les droits de douane européens. Ils aimeraient bien qu’ils disparaissent, « dans l’intérêt général ». (La BBC, mercredi matin.)

C’est le même type d’argument qui faisait dire à Keynes que, dans l’intérêt général, il ne fallait pas punir l’Allemagne d’après première guerre mondiale, moteur économique de l’Europe ? (Alors que Clémenceau pensait que cette économie serait le moyen d’une nouvelle guerre.)

Apparemment, ils semblent obtenir des concessions de l’Europe. Vont-ils réussir, là où Lord Cameron a échoué : profiter des bons côtés de l’UE, sans pâtir de ses désavantages ?

(Et vont-ils être un Cheval de Troie pour la Chine, les batteries en question étant en grande partie faite de composants chinois ?)

Les dividendes du Brexit ?

La BBC, lundi matin, parlait d’énormément de projets de constructeurs automobiles européens sur le sol britannique : Stellantis, BMW, etc.

Je me suis demandé ce qui expliquait cet intérêt.

Et si c’était l’immigration ?

Depuis le Brexit, l’Angleterre, est la plaque tournante d’une immigration à petit prix, et relativement qualifiée. La délocalisation, sans ses risques ?

Mauvais esprit ?

Horizon anglais

Ouf, la recherche anglaise rejoint le programme Horizon européen, entendais-je dire la BBC.

Tous les programmes de recherche anglais que je rencontre ont des budgets européens. Je me demandais comment l’université anglaise allait se tirer du Brexit. Peut-être est elle sauvée ?

Et l’Europe ? Il est probable que ceux qui la dirigent considèrent que plus on est de fous, plus on s’amuse. Même si l’Angleterre tire de l’affaire beaucoup plus que son dû. Après tout, il est bien connu que le coq français est une race de pigeons.

Et le Brexit ? disent les Anglais. En voilà d’autres qui n’ont rien compris ? Le Brexit, c’est l’UE sans les contraintes. Là où il y a de la gêne…

MEPs TO GRILL BULGARIA’S NEW COMMISSIONER: It’s showtime! A group of lawmakers will today grill Bulgaria’s designated EU commissioner Iliana Ivanova, who is bidding to take over the innovation and research portfolio from her compatriot Mariya Gabriel, who left her post in Brussels to become Bulgaria’s deputy prime minister and foreign minister in May. 

“The hearing will be decisive,” Stéphane Séjourné, leader of Renew Europe told Playbook. Bulgaria had put forward two candidates for the post — Ivanova, from Bulgaria’s center-right GERB party (a member of the EPP) and Daniel Laurer from the centrist anti-corruption party We Continue the Change, which is closer politically to Renew. 

Focus on “like-minded countries”: In her written homework ahead of the hearing, Ivanova made the pitch that the EU should work with its friends on research and innovation, amid the big geopolitical race to control new technologies. “Creating stronger ties with like-minded countries is essential in this challenging geopolitical context and associating them to Union programs is key in this regard,” was the killer line in Ivanova’s replies

Like who? Some of the like-minded countries mentioned were the U.K. and Switzerland, and the prime program to associate with is the bloc’s flagship R&D-program Horizon Europe (which has a blockbuster budget of €95 billion). 

(Politico.eu du 5 septembre)

Capitalisme woke

Une affaire défraie la chronique en Angleterre : celle de Nigel Farage. Le compte bancaire du champion du Brexit a été supprimé par Natwest, parce que ses opinions ne correspondaient pas aux « valeurs » de la banque. Son PDG a dû démissionner (doit-on dire sa pédégère ?).

Le Financial times observait que Nigel Farage avait su habilement profiter du mouvement anti « capitalisme woke ».

Dans ce cas, ce capitalisme a chu par là où il a pêché. Il s’est mis en tort, en faisant une victime. Or, tout le jeu du capitalisme woke, c’est de se présenter en victime…

Immigration et Brexit

L’Angleterre reçoit plus de 600.000 immigrés par an ! (Entrants moins sortants.) Plus d’un pour-cent de la population. Et les promesses du Brexit ?

Cette immigration viendrait d’Ukraine, de Hong Kong, serait « qualifiée » (une dérogation acceptée). Plus de 600000 étudiants étrangers arriveraient chaque année (stratégie gouvernementale). Mais certains semblent désireux de s’installer

Questions :

  • Racisme anti européen ? l’immigration européenne a été stoppée au profit d’une immigration extra européenne (probablement en provenance de l’empire britannique).
  • Ukraine et Hong Kong : sans lendemain, ou occasion heureuse, comme il s’en présente régulièrement dans un monde en crise permanente ?
  • Depuis très longtemps, l’Angleterre ne connaît plus le gain de productivité. Ne serait-ce pas l’immigration qui lui permet de maintenir bas ses prix ? (C’est une forme de délocalisation. En particulier, j’entendais dire qu’il y a des infirmières parmi les étudiants. Or, les natives sont actuellement en grève…)
  • Et quid de l’avenir du « petit » peuple anglais : toujours plus pauvre, bientôt plus étranger qu’anglais ?

Surtout, une nation comme l’Angleterre peut-elle mener à bien un changement complexe, sans changer ses principes fondateurs mêmes ?

(Informations de la BBC, ce matin, qui annonçait 700.000 personnes, corrigées par le FT.)

Levelling down

Il y a peut-être pire que la France : l’Angleterre ! Tout le monde est en grève. Les médecins, les enseignants, les transports. Rien n’est plus sacré, examen des élèves ou serment d’Hippocrate, ou même match de foot.

Le gouvernement ne bronche pas. Il faut dire que les exigences sont tellement invraisemblables que l’on peut se demander comment tout cela peut se terminer. Par certains côtés cela ressemble à la guerre civile au Soudan.

Le pauvre en est victime, évidemment. Mais qui s’en soucie ? La BBC annonce, sans sourciller, que son niveau de vie baisse, et que sa santé se détériore. En France, une telle information serait censurée, sous peine de voir la tête de notre président au bout d’une pique.

Le « levelling up », nivellement par le haut, de Boris Johnson, donne le contraire de ses intentions ? A moins que le Brexit, dont il est le pendant, n’ait réussi à ramener la société à son heure de gloire victorienne ?

Local Britain

Le Brexit ou l’énantiodromie ? Il devait avoir deux vertus. « Global Britain » : l’Angleterre allait faire de grosses affaires avec le monde du libre échange (en particulier la Chine et les USA), qui est partout, sauf en Europe, comme chacun sait. Et plus d’immigration.

Pas de chance. En prévision d’une invasion de Taiwan, ou d’autres événements de ce type, il faut, en urgence, reconstruire les moyens de sa souveraineté. Le monde entre dans une économie de guerre. Protectionnisme et investissements massifs sont à l’ordre du jour. La petite Bretagne est toute seule, dans le froid. Non seulement sa croissance n’est pas ce qu’elle aurait dû être, au sein de l’UE, mais, à l’envers du mouvement général, elle réduit son investissement !

Quant à l’immigration, elle ne s’est jamais aussi bien portée : les immigrés des colonies ont remplacé les Européens.

Seule la City (qui s’opposait au Brexit) garde la tête hors de l’eau.

Voilà ce que je retiens de l’émission Politique étrangère de Christine Ockrent.

(Voilà ce que disait le Financial Times, lundi dernier :

America is toppling the EU from its regulatory throne
Corporate rules are more likely to be handed down by Washington than Brussels these days.)

Begret

Brexit, désillusion ? J’entendais l’autre jour le dirigeant de la fédération des pêcheurs dire que les promesses du Brexit n’étaient pas tenues. (La prospérité des pêcheurs, qui devait en résulter, était un argument majeur en faveur du Brexit.)

L’Angleterre a-t-elle eu tort de se retirer de l’UE ?

Je ne le crois pas. Les Anglais ont peut-être perdu en PIB, mais ils ont gagné en sagesse. Quant à l’UE, elle n’avait aucun espoir d’exister, avec l’Angleterre en son sein.