André Breton

Que fut le Surréalisme ? « André Breton » répondent en choeur les interviewés d’une émission qui lui est consacrée.

Breton ou le paradoxe incarné. Au nom du rêve, il a crée une secte, dont il était, disaient ceux qui ne lui appartenaient pas, « le pape ». Comme un pape, il excommuniait, pour un oui, pour un non.

Lui-même n’avait rien d’un bohème. C’était la rigueur, la rationalité, l’austérité faite homme. C’était un bourgeois rangé qui aspirait à la révolution ! Et c’était un auteur qui n’aimait pas écrire.

A la fin de la guerre, il a eu peur qu’on lui reproche de l’avoir passée aux USA. Mais, avant et après guerre, il semble avoir répondu aux aspirations de la jeunesse. C’est peut-être la raison pour laquelle il a fait du sur-place, disait un interviewé : sa pensée n’a pas connu de maturité. Mais il a attiré à lui tout ce qui se faisait de mieux en termes d’intellect. Etre surréaliste était une marque de supériorité sur le peuple, ai-je entendu dans une autre émission. (Le propre des sectes ?)

Qu’en reste-t-il ? Tous ces petits jeunes prétentieux semblent avoir cru que le fond primait sur la forme. Aux USA, le surréalisme paraît avoir débouché sur l’art moderne, qui n’a de sens que pour le spéculateur. Ce fut le chant du cygne de l’art ?

Président Breton

Thierry Breton serait candidat à la présidence européenne, lisais-je.

Belle carrière, pour un simple ingénieur. Auteur de livres à succès, Futuroscope, Thomson, France Télécom, Atos, Ministre des finances, entre-temps.

Ce qu’il y a de curieux, c’est que les entreprises par lesquelles il passe semblent avoir des difficultés sérieuses après son départ.

Nadja d’André Breton

Que reste-t-il de ce livre, quand on ne sait pas ce qu’est le surréalisme ?

Une grande banalité. Des photos sans intérêt. Un texte sec. Pas d’histoire. Au milieu, il y a Nadja. Une personne dont Breton semble avoir confondu la folie avec de l’originalité. Mais qu’il a abandonnée lorsqu’elle a été en difficultés. Et, de chaque côté, des textes que l’on ne peut comprendre, probablement, que si l’on est dans la tête de leur auteur ?

Le surréalisme niait la raison. Mais, sans raison, il est difficile de se faire entendre. D’ailleurs, il est surprenant qu’il ait voulu se rapprocher du communisme, qui est un matérialisme.

Fut-ce une pathologie de l’intellectuel ? Comme le musicien contemporain, ou le joueur d’échecs de Zweig, il finit par s’évader de la réalité et vivre dans un monde de l’intellect, qui lui est propre ?

Gauche décomplexée ?

Une technique de communication bien connue consiste à lancer des idées pour voir si l’opinion leur est favorable. L’annonce de la nationalisation de l’usine d’ArcelorMittal en est-elle une illustration ? Arnaud Montebourg se demande-t-il si le libéralisme n’a pas du plomb dans l’aile ? Si l’opinion mondiale ne serait pas prête pour autre chose ? Si les fameuses forces du marché, si terrifiantes, existent vraiment ? (Pour le reste, l’affaire pourrait être foireuse.)

Toujours est-il que la droite semble lui donner raison. MM.Guaino, Borloo et Breton, au moins, si j’en crois France Culture. Ce qui est curieux en ce qui concerne les deux derniers, qui me semblent devoir leur fortune au mouvement libéral passé. (Il faut aussi leur ajouter M.Bayrou.)

Quant au maire de Londres, il utilise peut-être le même procédé. Il nous crache à la figure notre passé de sans-culottes. Ce qui est toujours du meilleur effet dans la haute société anglaise. Là aussi la cohérence est faible. Car ça fait belle lurette que l’Angleterre a nationalisé des banques (quant à Obama il a nationalisé GM). D’ailleurs, elle a étêté son souverain bien avant nous.
Mais l’Angleterre n’a jamais cessé d’être perfide. La nouveauté est peut-être que la France tente de donner de la voix. 

Pathologie organisationnelle

L’avocat du syndicat SUD, semble retrouver le raisonnement de Durkheim : le suicide est un fait social. Il en déduit que ceux qui sont à l’origine de l’organisation de France Télécom sont à l’origine de la vague de suicides qui y a eu lieu.
Voici ce que l’on disait de cette organisation :

(…) c’est l’individualisation à tout crin qui a coupé la coordination [entre personnels, qui aurait pu éviter des changements néfastes]. Quelques exemples (…). Une décision sans concertation dit qu’un service est réorganisé, tout le personnel de ce service doit postuler sur le poste qu’il occupe s’il veut rester dans le service. Dans cette restructuration on supprime un ou deux postes. Résultat chacun postule et le collègue devient un adversaire pour le poste. Au final, les plus faibles sont exclus du service et on recommence.
D’autre part, la loi dit que l’employeur doit fournir du travail à ses salariés, chez (France Télécom) c’est l’inverse, la direction demande de chercher du travail. Tout est individualisé (évidemment les salaires, promotions, primes, formation, etc.) ce qui rend encore plus difficile ce changement pour des fonctionnaires habitués aux grilles indiciaires.
Pour la coordination, la moyenne d’âge de FT est de 51 ans, avec les services nationaux (…)  qui ont une moyenne d’âge de 41 ans. Ceci veut dire que les services des directions territoriales ont des moyennes de 53 ou 54 ans avec majoritairement des fonctionnaires. Les principaux problèmes de souffrance et de suicides sont dans ces services (…). Dans tous les projets de réorganisation la partie d’accompagnement se limite à la formation. Un exemple sur une réorganisation, ou un site était fermé et le service envoyé à 30km. Dans les personnes impactées se trouvaient des divorcés avec une garde alternée. Du fait de la mobilité ils perdaient cette garde alternée. La direction est tombée des nues quand les syndicats ont présenté le cas. Elle n’avait pas imaginé ce type de problèmes.
[Des syndicats] À FT, les salariés sont plus syndiqués que dans la moyenne nationale, les grèves sont souvent suivies (taux de plus de 25% de grévistes) mais (…) le personnel (et les syndicats) pense qu’il ne peut pas changer les choses, la machine à broyer est trop puissante, les décisions ne sont jamais arrêtées ou amendées, les syndicats n’obtiennent jamais rien dans les négociations (…). Cela a affaibli les syndicats, à quoi peuvent-ils servir, ils n’ont pas de contre-pouvoir dans les négociations?
La seule arme des syndicats et ils l’utilisent et elle fonctionne, c’est l’inspection du travail et la justice. FT est régulièrement condamnée pour des pratiques illégales, les inspecteurs du travail viennent de plus en plus aux réunions de CHSCT et dès qu’ils reçoivent des courriers des syndicats sur des problèmes, ils interviennent très rapidement dans l’entreprise.

Ces techniques de management rappellent celles qui avaient cours à la même époque aux USA. Leur idée directrice, telle qu’exprimée par les consultants et les universitaires, était d’installer le marché dans l’entreprise. C’est ce que l’on voit ici : d’un côté la demande, de l’autre l’offre. Ces techniques dissolvent le lien social et rendent donc impossible la résistance au changement. (D’où leur efficacité.)

Indirectement, SUD chercherait-il à faire condamner le marché comme pouvant nuire au bien être humain ?
Compléments :