Classe moyenne et corruption

Crise au Brésil. Raison : corruption. Elle est endémique, mais elle ne serait plus acceptée aujourd’hui. Pour cause de classe moyenne. Car la classe moyenne n’accepte pas la corruption et que, désormais, elle est puissante au Brésil. Voilà ce que disait hier matin France Culture. 
Cette histoire m’a rappelé les oraisons funèbres de Bossuet. Il décrit une noblesse qui se joue des règles sociales, en particulier de la religion, jusqu’à ce qu’elle se trouve sur son lit de mort. Alors, elle devient exemplaire. Le seul qui se tire bien de ces sermons, c’est Le Tellier, le bourgeois. Le noble a aussi un effet corrupteur. Il est clientéliste par nature. Comme à l’époque romaine, il a une clientèle de parasites qui vit à ses crochets, mais qui lui sert d’hommes de main, le cas échéant. 
Et si la disparition de la classe moyenne produisait systématiquement ce phénomène ? 

Le Brésil victime de la rigueur ?

Plan de rigueur au Brésil. Il le faut bien : le pays doit se faire aimer des « marchés ». 
Mais la rigueur est-ce le remède qu’il lui faut ? Le peu que je sais de ce pays est qu’il est victime de ses ressources naturelles. Il ne possède pas d’industrie. Donc, quand l’économie mondiale va bien, il va bien. Quant elle va mal, il va mal. Autrement dit, il devrait investir, et non réduire ses dépenses. Et cela serait aussi bon pour les « marchés », qui creusent leur tombe en accentuant une dépression qui menace d’arrêter l’économie. 

L'irrésistible soft power de la globalisation

Iran. Khomeini c’est fini. Plus de fièvre révolutionnaire. Pays occidental comme les autres. « La globalisation a le dessus sur le puritanisme, même là. » Idem en Chine, contaminée par le protestantisme (qui aura bientôt plus d’adhérents que la PC) et qui se convertit au droit. Idem en France. Les questions que pose le changement de patrons à la tête de nos entreprises trahissent la « tension entre la globalisation croissante de l’industrie française et le principe centenaire selon lequel l’entreprise doit servir les intérêts nationaux étroits. Les grandes entreprises françaises sont sorties dans le monde en partie pour échapper aux taxes élevées, à la réglementation du travail contraignante et à la faible croissance domestique. » Quant au Brésil, ce sera pour la prochaine fois. Pour celle-ci, l’ennemie de The Economist a gagné. Mais le pays est plus divisé que jamais. Riches et pauvres, d’un côté, et 28 partis politiques de l’autre… Un peu la même chose en Ukraine. Un pays qui a voté à l’Ouest, mais des gouvernants préoccupants. 
A vrai dire, la France est incorrigible. Elle s’est arrangée avec l’Europe pour lui faire accepter son absence de réflormes. Quelques manœuvres habiles leur ont permis un sauvetage de face. En Allemagne, die Linke prend le pouvoir en Thuringe. Le SPD, qui perd beaucoup dans son alliance avec le CDU, pourrait être tenté par une stratégie post Merkel de gauche. L’Europe essaie de donner des leçons d’écologie. Mais qui l’écoute encore ? En Tunisie, les laïcs gagnent. Comme en Egypte, retour à l’avant printemps arabe ? Elections de mi mandat aux USA. Elles expriment, avant tout, le ras le bol d’Obama.
Test bancaire en Europe. Jusque-là, on pensait que c’était la faiblesse des banques qui empêchait la reprise de l’économie. Maintenant, les Etats n’ont plus d’excuses pour ne pas agir. Les USA mettent un terme à la stimulation monétaire de leur économie. C’est dommage, cela avait plus d’avantages que d’inconvénients.
Imitons Hollywood pour qui chaque nouveau film est une nouvelle entreprise. L’entreprise familiale est plus efficace que l’entreprise commune. (Pour de nombreuses raisons, mais aussi parce que la famille a un vrai rôle d’investisseur : elle joue les assureurs de dernier ressort ?, me suis-je demandé.) Seule difficulté : faire fonctionner la famille de manière rationnelle. 
Une fusée américaine privée explose. Peut-être parce que son constructeur utilise des moteurs russes. On essaie, à nouveau, d’employer l’effet de sol dans le transport maritime.
Les cellules souches permettent de créer des organoïdes. Grâce à eux on peut faire des expériences in vitro, et réparer les organes en bonne et due forme. Gène de la violence ? Plutôt combinaison : notre équipement génétique fait que nous vivons plus ou moins bien certaines conditions (drogue, par exemple). 

Chaos et fin nucléaire ?

Al Qaïda se porterait bien. Contrairement à ce qu’espérait le gouvernement américain. (Ce mouvement est-il autre chose que la conséquence du chaos qui existe au Moyen-orient ?) L’attaque des terroristes somaliens contre le Kenya aurait rendu sympathique un gouvernement peu recommandable. En Syrie, les rebelles modérés comptent de moins en moins. Qu’il n’y ait pas eu d’intervention américaine leur aurait été fatal. En Egypte, le retour à une forme de dictature de l’armée semble se confirmer. Les Iraniens seraient toujours aussi désireux de se rapprocher des USA.

Qui avait dit que les BRICS avaient l’avenir pour eux ? C’est au tour du Brésil de ne pas aller très fort. Economie vacillante, assurance sociale digne de l’Europe, coût de la vie extraordinairement élevé, système politique bloqué par l’intérêt personnel, infrastructure de transport désastreuse. (Cela ressemble à l’Inde. Faudrait-il plus que l’économie de marché pour transformer un pays ?)
Tout le monde attend Mme Merkel, qui elle-même cherche des alliés pour constituer un gouvernement. Cela devrait prendre du temps. Mais elle l’a pour elle. La France s’enfonce dans le cercle vicieux de l’augmentation d’impôts. Et M.Strauss-Kahn va sauver l’économie serbe. La Hollande serait une nouvelle victime d’une austérité qui ne résout rien. Son gouvernement vacille. L’extrême droite bientôt au pouvoir ? En Angleterre Ed Miliband part à gauche et promet de réduire le prix de l’énergie. Mais celui-ci dépend d’entreprises privées. Et l’Angleterre manque de capacités de production. Elle a besoin de leurs investissements. Peut-elle être désagréable avec eux ? (A moins de les nationaliser ?) Aux USA, les Républicains continuent de bloquer le gouvernement. On en vient à regretter les coups tordus de Lyndon Johnson, à qui aucun politicien ne résistait. On aurait aussi compris pourquoi le taux de chômage américain n’est pas plus élevé : les sans emplois se feraient porter invalides (les pensionnés seraient passés de 1,3% en 70 à 4,6% en 2013).
La cigarette électronique est en croissance. Les fabricants de cigarettes s’y mettent, pour ne pas se faire dépasser. Blackberry serait condamné. Son marché, l’entreprise, serait envahi par les terminaux grand public.
Périrons-nous par le nucléaire ? « les arsenaux nucléaires sont des systèmes si complexes et catastrophiques que les être humains – quelles que soient leur formation et leur discipline – ne peuvent empêcher la survenue d’un désastre, tôt ou tard. »

Science. « Les récifs sains ont besoin des requins de même que les forêts saines ont besoin des loups. » La disparition d’un membre d’un écosystème conduit à un déséquilibre qui touche tous les autres. 

Après le chaos, la démocratie ?

« Les crises économiques, plus que la prospérité, annoncent la démocratie. »The Economist s’interroge sur la vague de révoltes qui secouent le monde. Et s’en réjouit, finalement. D’ailleurs, les affrontements sectaires, Shiites contre Sunnites, n’ont pas pour vocation de dégénérer. Une forme d’équilibre a toujours été de rigueur. « Ni le poids des allégeances religieuses ni la forme des alliances politiques n’ont été constants au Moyen-Orient. Savoir que cela peut changer agit comme un frein contre un affrontement sectaire à outrance. » Pour le reste, ça bouge partout. En Turquie, le gouvernement a été apparemment ferme face à ses opposants, mais flexible, en réalité. Les négociations avec l’Europe et les Kurdes n’ont pas été suspendues. Au Brésil, la crise semble calmée. Mais n’a-t-on pas promis l’impossible ? (Le problème majeur est la corruption et le dysfonctionnement de l’Etat, si je comprends bien, i.e. de ce qui devrait mener les réformes !) Qui va tirer parti de ces troubles ? L’ex président Lula ? Mais n’est-il pas à l’origine de ce dont souffre le pays ? (Demain le chaos ?) Le retour de fortune brésilien a fait une victime : son homme le plus riche. Les investisseurs étrangers ne croyant plus au pays ne lui prêtent plus. Et ses affaires n’étaient apparemment que des bulles spéculatives. En Egypte, le pays est paralysé par l’affrontement entre gouvernement et opposition. Ce qui pourrait ramener l’armée au pouvoir. L’équilibre politique italien est suspendu aux démêlés judiciaires de M.Berlusconi. En Russie, Gazprom, outil de pouvoir et d’influence internationale de M.Poutine est menacé par le gaz de schiste. Il fait choir les prix, émerger une concurrence interne, et apporte de nouveaux fournisseurs à ses clients. En France « les implications politiques (de l’affaire Tapie) sont explosives ». Les Portugais veulent rester dans l’euro, mais ils souffrent. Qu’ils supportent cette souffrance est capital. « L’UE (…) a désespérément besoin d’un succès. Si le Portugal ne peut pas se remettre sur pieds en dépit d’un gouvernement de centre droit qui adopté le libre échange avec zèle, les critiques diront que le problème est dans le traitement, pas dans son application ». C’est la faiblesse de la France qui a fait de l’Allemagne un leader. Mais elle est extraordinairement mal à l’aise dans ce rôle. Elle sait surtout ce qui n’est pas bien. Non où aller. Barack Obama tente de faire passer quelques mesures de lutte contre le réchauffement climatique. Mais il est paralysé par une opposition qui utilise toutes ses initiatives pour lui nuire. (Dans ces conditions, ne devrait-il pas chercher à encourager le réchauffement climatique ?) L’Affaire Snowden, en dévoilant l’hypocrisie massive des USA, provoque « le malaise de l’Amérique et la joie de ses ennemis ». Annonce de la prochaine crise économique ? La banque fédérale américaine parle de ralentir sa politique de soutien de l’économie. Partout les marchés sont sans dessus dessous. Et les banques tremblent.  « C’est une douce ironie que les titans de la gestion de fonds, qui se considèrent comme des champions robustes du système du libre échange, soient si dépendants des subventions des autorités monétaires. » Quant à Internet, il facilite les révolutions, mais pourrait bientôt être la meilleure arme pour les éviter, ou les réprimer.

Dans le monde de l’entreprise. Le marché monte à l’assaut de l’école. Dorénavant, on va apprendre par ordinateur. Certes ce n’est pas la première fois que l’on cherche à appliquer une innovation à l’école. Mais cette fois-ci, c’est sûr, c’est plus efficace que la méthode traditionnelle. Mais n’est-ce pas un moyen de licencier de l’enseignant ? D’accroître les inégalités ? En tout cas les lourdeurs administratives pourraient freiner ce changement, bénéfique selon The Economist. Alors, les entreprises cherchent à rendre les familles accro à leurs produits, afin qu’elles fassent pression sur l’Etat. (Au fait : quid de la socialisation dans l’apprentissage ?) Pour le reste, cela bouge presqu’autant que dans la société civile. Les télécoms européennes sont « dans le trou ». En particulier, les spécialistes du mobile. La faute apparemment à trop de concurrence, et trop de déréglementation ! Du coup, ils n’ont pas les moyens d’investir dans le 4G. Les Américains tournent autour des sociétés européennes, exangues. Le cloud donne l’avantage à IBM et Amazon (« Amazon pourrait rouleau compresser tout le monde »). Cela force Salesforce, Oracle et Microsoft à s’unir, pour tenter de sauver leur peau. 

Monde agité

Quelques nouvelles du monde et de l’économie.

Nouveau président iranien. Apparemment, c’est la même chose, mais à visage humain. Manifestations au Brésil. « Les marches sont un signe que (les Brésiliens) découvrent qu’ils paient des impôts et qu’ils méritent des services publics corrects, et pas uniquement des stades flambant neufs. » En Afghanistan rien ne va plus. Un équilibre peut-il être trouvé entre les forces en présence ? À savoir l’armée afghane, les Talibans basés au Pakistan, les résistants locaux, les combattants venus de l’extérieur, et l’aide américaine. Au Baloutchistan voisin, le terrorisme fait rage. Histoire compliquée entre Sunnites, Chiites et généraux.  En Syrie, M.Obama ne veut pas intervenir, mais il a la main dans l’engrenage. En Afrique, il semble suivre une politique discrète, mais judicieuse, contrairement à celle de M.Bush, qui tendait à s’enflammer pour des régimes peu recommandables. Le premier ministre turc a choisi la confrontation, avec son peuple et le reste du monde. Mais la démocratie pourrait avoir gagné, tout de même. L’économie russe aurait vécu de ses acquis, dévaluation et sous capacité. Elle s’essouffle faute d’investissements. L’Angleterre tente « un changement radical de la culture bancaire » : la criminalisation des fautes de management. The Economist craint pour l’avenir de la City. Par ailleurs, les Polonais reprochent à l’Angleterre la légèreté de son attitude vis-à-vis de l’Europe. Dommage. A l’opposé de la position française, ils étaient ses alliés naturels. M.Barroso, en dépit de ses louables convictions libres échangistes, s’est mis trop de monde à dos pour pouvoir continuer à diriger la commission européenne. Réforme des retraites, en France. M.Hollande avance lentement et prudemment. Curieusement The Economist trouve que c’est un vice quant il s’agit de lui, et une qualité quand cela concerne Mme Merkel.
Les « attaques par déni de service » sont en croissance sur Internet. Une des causes en serait la faible protection des serveurs, qui peuvent ainsi être utilisés par les pirates pour relayer leur offensive. Le groupe Murdoch a survécu aux scandales anglais et s’est enrichi. Par ailleurs, les groupes de presse mondiaux se débarrassent de leurs acquisitions exotiques pour se concentrer sur ce qui a les meilleures perspectives. (Le câble aurait le vent en poupe.) Alcatel (dont le prix de l’action a baissé de 86% depuis 2006) suivrait l’exemple de ses concurrents, et se spécialiserait dans le transport de données à haut débit. Les transformations à faire sont douloureuses. Les licenciements devraient être massifs. « La souffrance est loin d’être finie. » Les cimentiers vont mieux, le marché est bon, et ils ont fini par absorber les malencontreuses acquisitions qu’ils avaient faites. Mais ça ne devrait pas durer. En Italie, l’industrie de la mode pourrait disparaître, faute de travailleurs qualifiés. Le G8 s’en prend à l’évasion fiscale. Mais, vue l’importance qu’a pris le phénomène, l’exercice est difficile. Les économistes découvrent qu’ils ne peuvent pas négliger l’influence, colossale, des très grandes entreprises dans leurs calculs.

Finalement, ce serait la guerre avec le Japon, plus que l’invasion occidentale, qui aurait réveillé la Chine. 

XI Jinping, force tranquille dans un monde turbulent ?

Xi Jinping ou la force tranquille ? Contrairement à ses prédécesseurs, à peine nommé, il rend visite aux USA. Après avoir rencontré quelques partenaires des USA mécontents, histoire de montrer qu’il pouvait faire ce qu’ils faisaient en Asie. Qui veut la paix prépare la guerre ? D’ailleurs, les USA ont peut-être tout à gagner à encourager la Chine à faire chez eux ce qu’elle fait en Afrique. « Dans certains parties (du Mississipi) les gens ont une espérance de vie plus basse qu’en Tanzanie. » Le delta du Mississipi se dépeuple. Drame de la pauvreté.
En Europe, Mme Merkel et M. Hollande s’entendent. Et si c’était pour faire l’envers de ce qu’il faut ? («  Une bon accord verrait l’Allemagne approuver une union bancaire qui met en commun au moins une partie des risques de la zone euro, et la France accepter la nécessité de libéraliser son économie, renforcer le marché unique et abandonner les barrières au commerce international. ») Effectivement, l’union bancaire européenne partirait sur des bases fragiles. Pour qu’elle puisse se construire, la BCE devra faire preuve de talent, et probablement de pas mal de chance. Si elle réussit, les moyens dont elle aurait eu besoin dès le départ lui seront donnés progressivement. Si elle rate, la seule institution crédible de la zone euro sera discréditée. (Vue la complexité des règles à faire évoluer, c’était peut-être la seule façon de procéder, me dis-je.) En Allemagne, une succession de scandales élimine l’un après l’autre les successeurs possibles de Mme Merkel. Le président hongrois « recrée le modèle de gouvernement communiste ». Des sanctions européennes pourraient être contreproductives. Il est préférable d’attendre que la crise abatte son gouvernement.
Ailleurs, la poigne de fer de M. Erdogan serait à l’origine du mécontentement turc. Comme souvent, il pourrait périr par ce qui a fait son succès, et celui de son pays. « Polariser le pays est dans sa nature. Si cela continue, une décennie de stabilité économique et politique sous l’AKP pourrait en arriver à une fin pitoyable, voire tragique. » Bashar el Asad, grâce à l’aide iranienne, et du Hezbollah, a pris l’avantage sur ses opposants. En Libye, le chaos ruine les espoirs des pétroliers.
L’économie brésilienne ne va pas très bien. La volonté de sa présidente d’améliorer le sort de son peuple en « relançant la croissance en augmentant les dépenses publiques et le salaire minimum » ne semble plus fonctionner. Crise et ralentissement chinois ont atteint les exportations du pays. Et l’action de Mme Roussef est gênée par les mauvaises relations qu’elle entretient avec le secteur privé et les partis politiques brésiliens.
Une étude montre que les dirigeants se croient aimés, alors que leurs subordonnés construisent des coalitions qui leur sont hostiles. Ils tendent aussi à ne plus utiliser que les compétences qui les ont fait réussir, et à perdre leur capacité à décoder le comportement d’autrui. Mais, ils sont surtout coupés de la réalité. Ce qui les empêche de s’adapter. Curieusement, The Economist rejoint Hannah Arendt en pensant que la qualité première du leader doit être le « jugement ». 

La perfide Albion se tire dans les pieds ?

L’Angleterre va-t-elle quitter l’Europe ? The Economist pense qu’elle n’y a pas intérêt. Curieusement, l’article montre que l’Angleterre a déjà obtenu un grand nombre des dérogations qu’elle a demandées. Notamment elle n’est pas liée par les limites d’heures concernant le travail (« les employés peuvent choisir de ne pas appliquer la semaine de 48h »). Et si ses agriculteurs, libérés de Bruxelles, se retournaient contre leur gouvernement ? Et si l’Angleterre avait pigeonné le reste de l’Europe ? Et si elle avait poussé trop loin une stratégie qui lui a si bien réussi ? me suis-je demandé. J’apprends aussi qu’elle est la taupe de pays qui veulent rester aux limites de l’UE (Norvège, Suisse). Si elle la quitte devront-ils y entrer ?

La situation britannique n’est pas brillante, par ailleurs. La stabilité du chômage masque la transformation de la nature de l’emploi créé « plus de gens travaillent moins d’heures ». Le gouvernement a tapé sur les riches et les pauvres et protégé les moyens. Comme ailleurs, la société se divise en deux : les « gagnants » qui bloquent le changement, et les perdants qui le sont de plus en plus. Seul espoir : le reste du monde va bien finir par repartir !
Plusieurs scandales ont précipité des journalistes au cachot. La presse anglaise va être réformée. Il s’agirait, si je comprends bien, de donner aux pauvres les droits qu’ont les riches de saisir les tribunaux.

La stratégie de Mme Merkel ? Rouler dans le brouillard. C’est-à-dire aller si lentement que l’on est capable de s’arrêter dès qu’un obstacle apparaît. Par ailleurs, les europhiles commenceraient à avoir ses faveurs. M.Monti a redressé les affaires de l’Etat italien. On découvre maintenant que le problème de l’Italie n’est pas là. « Ses plus grosses défaillances sont un faible taux d’emploi, une productivité en baisse et un manque de compétitivité par rapport à l’Allemagne. » M.Montebourg permettrait à M.Hollande de donner le change à son aile gauche.

Croissance brésilienne faiblarde. The Economist en veut à la présidente du pays, amie de l’Etat, et non du marché. Quant au Mexique, on y assassine les maires.
En Egypte, M.Morsi va installer une dictature islamique, avec l’assentiment populaire, qui veut le calme.
Quelques journaux semblent être parvenus à maîtriser Internet. Ils ont rendu payant leur contenu. En revanche, ils ont perdu beaucoup de revenus publicitaires. Internet aurait-il augmenté le prix de l’information ?Partout dans le monde, on essaierait de développer l’enseignement professionnel, dont la faiblesse expliquerait le déséquilibre entre offre et demande d’emplois.

Le réchauffement climatique serait favorable au nord… Conséquences des pressions migratoires qui pourraient en résulter ? Jamais simple à prévoir lorsqu’on laisse faire le changement. En tout cas, un tel réchauffement, au 13ème siècle, aurait fait pousser l’herbe sous les pieds des chevaux de Gengis Kahn. D’où ses conquêtes.
Après des années de libéralisme où il fallait travailler frénétiquement, la méditation a de plus en plus le vent en poupe. Elle générerait des émotions positives qui agiraient sur le nerf vagal, qui lui-même produirait des effets corrélés à une bonne santé. Mais tout le monde ne serait pas configuré de la même façon. 

Révolution et pays émergents

La prospérité des pays émergents a créé une énorme classe moyenne. Et cette classe s’en prend à la corruption des régimes qui la dominent, quels qu’ils soient (Chine, Inde, Brésil…). La situation est explosive.
Comme Marx le pensait, cela serait-il le chemin qu’emprunte partout le capitalisme : développement d’une classe bourgeoise, puis révolution ? (The new middle classes rise up)

Brésil, France, champion national

Près de 80% des transports collectifs hors Ile de France sont assurés par seulement deux sociétés.

Curieusement, cela rappelle la situation brésilienne : un petit nombre de champions nationaux essorent le marché local, au motif que c’est leur base de conquête du monde. Et, même histoire dans les deux pays : ces entreprises sont passées du public au privé.

Le champion national est-il dans l’intérêt général ? Pas nécessairement. Selon la logique de portefeuille de la matrice BCG, la France est une vache à lait (faible croissance, part de marché dominante). Autrement dit, elle sert à alimenter l’expansion internationale.