Gauche décomplexée ?

Une technique de communication bien connue consiste à lancer des idées pour voir si l’opinion leur est favorable. L’annonce de la nationalisation de l’usine d’ArcelorMittal en est-elle une illustration ? Arnaud Montebourg se demande-t-il si le libéralisme n’a pas du plomb dans l’aile ? Si l’opinion mondiale ne serait pas prête pour autre chose ? Si les fameuses forces du marché, si terrifiantes, existent vraiment ? (Pour le reste, l’affaire pourrait être foireuse.)

Toujours est-il que la droite semble lui donner raison. MM.Guaino, Borloo et Breton, au moins, si j’en crois France Culture. Ce qui est curieux en ce qui concerne les deux derniers, qui me semblent devoir leur fortune au mouvement libéral passé. (Il faut aussi leur ajouter M.Bayrou.)

Quant au maire de Londres, il utilise peut-être le même procédé. Il nous crache à la figure notre passé de sans-culottes. Ce qui est toujours du meilleur effet dans la haute société anglaise. Là aussi la cohérence est faible. Car ça fait belle lurette que l’Angleterre a nationalisé des banques (quant à Obama il a nationalisé GM). D’ailleurs, elle a étêté son souverain bien avant nous.
Mais l’Angleterre n’a jamais cessé d’être perfide. La nouveauté est peut-être que la France tente de donner de la voix. 

Borloo PDG de Veolia, ou le retour de l’Ancien régime ?

Il semblerait que le patron d’EDF, ami de notre président, ne soit pas content que son successeur chez Veolia mette en cause la stratégie d’expansion qu’il avait décidée pour le groupe. Il voudrait le faire renvoyer. M.Borloo pourrait le remplacer. (Jean-Louis Borloo pressenti pour Veolia – LeMonde.fr)

La France est fameuse pour parachuter des hauts fonctionnaires à la tête de ses multinationales. Beaucoup pensent d’ailleurs que c’est de là que vient l’inefficacité de son économie.

Cependant, il y avait une logique dans le système français. Les dits fonctionnaires étaient supposés avoir des QI exceptionnels, et appliquer la politique de l’État à une entreprise qui n’en était que le prolongement.

Y a-t-il un changement de modèle ? La présidence de la multinationale devient elle une « charge » ? Suffit-il d’être un favori du prince pour la recevoir ? Retour à l’Ancien régime ?

Compléments :

Logiques politiques

Le Nouvel Économiste, sur la logique de quelques politiques importants :
  • Martine Aubry : « remédier aux injustices sociales, sa spécialité ».
  • Jean-Louis Borloo, il s’adresse « aux déçus du Sarkozysme, inquiets du socialisme ». Selon mes hypothèses, ce serait bien un « radical-socialiste », mais l’auteur de l’article (Michèle Cotta) n’envisage qu’une alliance à droite. 

Le renouveau du radical socialisme ?

L’évasion de Jean-Louis Borloo me fait me demander s’il n’y a pas reconstitution d’une forme de mouvement radical socialiste.

Cette tendance semble avoir joué un rôle fondamental dans notre histoire. Et peut-être même représenter un trait de caractère qui nous est propre : un individualisme qui considère qu’il a besoin de la société pour lui fournir la justice.
Pourquoi a-t-elle disparu ? S’est-elle compromise dans la collaboration ?…
En tout cas, j’ai l’impression que de Gaulle représentait un courant proche des radicaux : il voulait représenter la France, ce qui supposait qu’elle n’avait plus besoin de partis politiques. Aurait-il récupéré le courant radical, qui ne s’en serait pas relevé ?
Puis Pompidou et Mitterrand ont décidé que le modèle gaulliste n’était pas viable et qu’il fallait lui substituer le bipartisme que nous connaissons aujourd’hui. Est-ce la conséquence de leurs origines ou celle de leur évolution ? Les valeurs de ces partis sont majoritairement individualistes. Marché de dupes ?
(à creuser)
Compléments :
  • LACOUTURE, Jean, De Gaulle, Seuil, 1985.

Jean-Louis Borloo fait sécession

Depuis quelques temps j’entends dire que Jean-Louis Borloo s’éloigne de l’UMP. Un homme de la majorité présidentielle s’inquiétait ce matin de ce que ça pourrait conduire à l’élimination de la droite des élections présidentielles.
Je me suis demandé si l’argument pouvait porter. Traditionnellement les radicaux n’étaient ni de gauche, ni de droite. Donc, quelle que soit l’issue du premier tour des présidentielles, elle peut leur être favorable. D’autant plus que le PS ou l’UMP peuvent avoir intérêt à s’allier à des modérés plutôt qu’à des extrémistes.