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Quinze millième billet. Quoi de neuf ? Je suis très pris par mon travail, si bien que j’ai peu de temps pour ce blog.

Mes sources d’inspiration changent. J’ai été lâché par la BBC, dont, de toute manière, les charmes s’épuisaient, et je me suis raccroché à France culture la nuit. J’y cherche, au fond, ce que je demandais à la BBC : le souvenir d’une gloire passée.

Programmation

En général, ce blog publie deux articles par jour, un à trois heures du matin, l’autre à treize heures. La publication est programmée, tous les articles de la semaine, et même de plusieurs semaines suivantes, étant écrits quasiment en même temps. (D’où de fréquents déplacements d’articles pour donner un peu l’impression de suivre l’actualité.)

Pourquoi ces choix ? De manière à ce qu’ils soient répartis dans la journée. Mais surtout parce qu’avec l’ancienne plate-forme de blog, ces heures étaient les premières que proposaient le menu déroulant. (Du moins, c’est ce qu’il me semble.)

Du hasard, dans la création des rites ? Si ce blog devient une institution, ses continuateurs publieront des billets à trois heures et à treize heures en pensant que cela correspond à une loi de la nature ?

Programme commun

Comment rendre ce blog altruiste ? (Suite d’un billet précédent.)

Une première solution serait de le faire écrire par un martyr. Mais cela existe-t-il ?

La seconde serait le communisme. Pas au sens de Marx, mais d’Elinor Ostrom.

Ce communisme est celui, pas très au point, de wikipedia, ou, mieux, de la communauté open source. Il consiste à ce que la communauté à laquelle est destiné le bien commun adopte un cadre de règles qu’elle va améliorer et faire respecter de manière naturelle. La communauté s’auto-contrôle par des mécanismes qui appartiennent au cours normal de sa vie.

Blog

Ce blog a souffert cette année. J’ai beaucoup travaillé et, lorsque l’on travaille, on ne pense pas. Or la pensée est la raison d’être de ce blog. Pensée suscitée par la réaction aux nouvelles.

Et je n’ai pas trouvé beaucoup de sources de réaction. France culture n’est plus d’un grand intérêt. À une ou 2 émissions près. Qui trop embrasse mal étreint ? On y traite de sujets très ambitieux mais avec peu de profondeur. Préparation insuffisante ? Quant à la BBC, elle ne fournit que peu de sujets susceptibles de me faire réagir. Pire : je me suis mis à écouter de vieux feuilletons qui ne donnent aucune matière à ce blog. Sinon le constat que l’on ne peut vivre dans un monde qui n’est que mauvaises nouvelles.

Et le réchauffement climatique, l’intelligence artificielle et les sujets « socialement avancés » tuent la nouvelle scientifique : pour nourrir un blog il faut des nouvelles qui le soient réellement.

Finalement pourquoi tenir un blog ? Pourquoi faire partager une pensée qui ne peut être qu’incompréhensible ? Probablement parce que je n’obéis pas à la raison : je constate que bien que ce soit objectivement idiot cela me force à faire marcher mon cerveau. Et j’ai l’esprit d’escalier.

14000

Le compteur de ce blog annonce que cet article est son quatorze millième.

Cela représente 16 ans de travail. Ce qui est surprenant, lorsque l’on y songe un peu. Comme le temps passe !

Comment a-t-il évolué ? Il a été victime de « gains de productivité ». Mon activité associative ne me donne plus le temps de m’intéresser à grand chose. J’y passe l’équivalent de plusieurs plein temps. Si bien qu’il s’est mis à parler de moi. Ce qui est une solution de facilité.

Il a été créé pour étudier le monde en changement, à une période de désarroi. Il prenait la suite d’un club que j’avais monté, pour mener la même étude, après la dislocation de la bulle Internet.

Alors, que dire ? J’ai longtemps cru que le monde doutait, donc qu’il était intelligent. En cela je rejoignais peut-être Socrate. Mais j’observe que ce n’est plus les cas. Qui est plus sûr de soi qu’un Macron ou un écologiste ?

Cela présente un danger dont on n’a pas toujours conscience : ce qui ne va pas n’est pas le « pourquoi », mais le « comment ». L’exemple même en est M.Poutine : il veut rendre sa fierté à son pays, ce qui est bien. Mais déclarer la guerre au monde pour ce faire l’est moins. C’est ce type d’erreur qui fait échouer le changement.

La grande nouveauté de ces derniers temps aura été la crise mondiale. Depuis le covid, la crise succède à la crise. Je craignais que l’inflation soit la « big one », comme on dit du tremblement de terre qui rasera un jour San Francisco. En fait, c’est probablement M.Macron qui l’a déclenchée. Il souffrait sans doute ne ne pas être au centre de toutes les attentions.

Mon explication « systémique » à ces crises est qu’un ordre du monde succède à un autre. Une explication anthropologique serait que la culture américaine aurait envahi la planète et que, aujourd’hui, les cultures nationales seraient en train de la rejeter. La victoire de ce modèle ne remonterait pas à la chute du mur de Berlin, comme le croient les Américains, mais à bien avant. N’est-ce pas lui qui a inspiré 68, et liquidé « l’ascenseur social » qu’était notre système éducatif ?

Qu’est-ce qui va en sortir ? Une renaissance culturelle ? Ou un monde bancal, à la façon japonaise ou coréenne du nord, qui garde un peu de son passé, dont elle aurait peut-être dû se débarrasser, mais a perdu tout élan vital ?

En ce qui concerne la France, ce qui est frappant est la complexité du processus qui en avait fait ce qu’elle était. Le projet de la 3ème République avait été conçu par nos plus beaux esprits, et faisait l’objet d’une forme de consensus. Il a été balayé en un rien de temps par la séduction du « laisser-faire » anglo-saxon. Notre nation peut-elle renaître sans un tel travail de fond ?

Travail d’autant plus complexe qu’il ne peut être une copie du passé. L’intérêt de la vague anglo-saxonne, et de 68, est de nous avoir montré ce qui était fragile, voire ridicule, dans notre société. En particulier, grand théorème de systémique, plus on veut se protéger, plus on augmente le danger : car, alors, il vient de l’intérieur, du parasitisme et de la guerre civile. La société résiliente n’a pas de remparts. Et elle n’a pas non plus d’institutions, car, comme on le voit actuellement, les défenses passives sont retournées contre leur objet par l’assaillant.

Bref, notre élite de « possédés » a peut être raison, quand elle se voit l’agent de la « destruction créatrice ». En faisant exploser la société, elle nous force à sortir de notre léthargie, à prendre conscience de la plongée du monde dans la vieillesse, et de l’utilité de remettre en marche notre cerveau ? Ce qui ne tue pas renforce ?

Le Stakhanov du blog

On m’a traité de stakhanoviste du blog. Et cela parce que je publie plusieurs articles par jour.

Erreur. Cela me prend peu de temps, un bout de matinée. En tous cas, beaucoup moins que de faire un véritable article. Mes billets sont des brèves. La complexité croit exponentiellement avec la taille. Il faut une vie pour écrire un livre, par exemple. Alors que ce blog doit avoir atteint la taille d’une encyclopédie, ou presque.

Toute la difficulté de l’exercice est de me souvenir de ce qui m’a frappé durant la semaine. En vieillissant, l’esprit devient paresseux. Biden remplace Stakhanov.

Blog

Chaque année, je me demande ce que j’ai appris de ce blog. Dernières observations :

Il est possible qu’il s’appauvrisse. Pour « gagner en productivité », je m’intéresse de moins en moins à ce qui se passe autour de moi.

Il illustre aussi un phénomène qui est inconcevable pour tout esprit libéral. L’influence de son environnement sur l’individu. L’individu est fait par son milieu !

En effet, depuis que j’ai changé de plate-forme de blog, j’écris moins. Et, comme j’ai une moindre obligation morale d’écrire, je pense moins ! Car c’est la contrainte qui, en grande partie, fait la pensée. Pas l’inverse. Sans contrainte, l’esprit ne pense pas. Je me révolte, donc je pense ?

Et la pensée procède d’une manière étrange. En analysant une question j’en arrive à comprendre que j’avais totalement tort, jusque-là. Ce qui produit un « passage à l’opposé ». Au fond, cela ressemble à ce que Hegel nomme « dialectique ».

Ce qui est effrayant, quand y songe un rien. A quel point nous serions changés, si nous faisions un peu plus cet exercice ?

Que j’écrive moins vient de ce que la nouvelle plate-forme, d’une part, est moins facile à utiliser que la précédente, et, d’autre part, que je ne vois pas le nombre de billets que j’ai produits, nombre qui, jusque-là me contraignait à attendre, ou dépasser, un seuil fixé par l’usage. La vie tient à peu de choses.

Le fond et la forme

Je me souviens d’une remarque de Tocqueville, qui exprimait la satisfaction qu’il y avait à formuler une idée. Brassens ne disait pas autre chose, me semble-t-il. Le bonheur de l’artiste est celui de l’artisan ? Trouver, avec ses outils, un moyen particulièrement habile, de résoudre un problème pratique ? Le contentement du travail bien fait ?

Quand on la juge une oeuvre, ne tend-on pas à accorder trop d’importance au fond ?

(Ecrire un blog, ou le plaisir de raconter des histoires ?)

Ce blog

Je ne connais pas la date exacte de création de ce blog. Seulement qu’il a un peu plus de 15 ans. On y trouve des billets de 2007, mais ils sont antidatés. A l’époque je travaillais avec un cabinet de conseil qui voulait vendre des formations au changement, et j’avais eu l’idée de créer ce blog pour y donner quelques informations qui auraient pu être utiles à ses commerciaux.

Mais, très vite, j’ai oublié les commerciaux, et me suis pris au jeu.

En fait, comme souvent, je n’ai pas su saisir ma chance ! Comme en ce qui concerne les réseaux sociaux, j’ai rencontré les pionniers du blog. Mais je n’ai pas exploité l’occasion. Au fond, je suis très résistant à la nouveauté.

Son thème est le changement. J’ai rencontré ce mot lors de mes études de MBA, il y a un peu plus de trente ans. Puis, à nouveau lors d’une enquête sur les ERP, qui faisaient fureur. On parlait de « conduite du changement » en ce qui concernait la formation à leur utilisation. Et, cela me paraissait ridicule ! Puis, en 2002, mon éditeur m’a proposé d’appeler mon premier livre « conduite et mise en oeuvre du changement ». Je ne trouvais pas l’idée bonne, mot éculé, mais j’ai accepté. Et il avait raison : c’était le début d’une vague d’intérêt pour le sujet, en France.

Mon approche était identique, dans son principe, à celle des universitaires du management américains. Ils ont une démarche anthropologique : ils observent les transformations des entreprises et en déduisent des règles. Pour ma part, j’avais tiré mon livre de mon expérience, en cherchant à la recouper avec ce qui avait déjà été publié sur la question. C’est à cette époque que j’ai découvert la systémique. Et, progressivement, les sciences humaines. Puis la philosophie.

J’ai approfondi la question. Elle est vite sortie de l’entreprise. Elle n’est pas tant, pourquoi il y a changement, et non stabilité, mais pourquoi le changement ne semble pas se faire « n’importe comment », mais paraît suivre des lois. Curieusement, depuis la nuit des temps les plus grands penseurs ont été préoccupés par le changement, mais il n’y a jamais eu de tentative de rassemblement de ces travaux. Un rédacteur de wikipedia m’avait proposé d’écrire quelque-chose sur le sujet. Mais la synthèse de dix pages que je lui ai envoyée l’a découragé.

Avis aux amateurs ?