Crise d’adolescence

Que sait-on des crises d’adolescence ? Je suis allé me renseigner dans un manuel de psychologie pour débutants. (MALIM, Tony, BIRCH, Ann, Introductory Psychology, Macmillan, 1998.)

  • Ces crises ne sont pas universelles disent certains psychologues qui reprochent à leurs collègues d’avoir tiré des généralités de cas exceptionnels. Mais j’imagine qu’elles doivent être suffisamment marquantes pour que l’on en parle autant…
  • Il semblerait qu’à l’adolescence se joue la création d’un sens du moi, de l’identité individuelle. Ce qui se passerait par étapes. D’abord, pas d’engagement, puis une adhésion hésitante aux valeurs des autres, une crise d’identité, et finalement le choix de valeurs propres (Macia). L’individu ayant réussi sa mue doit avoir une l’impression de cohérence dans l’espace et le temps, et avec la perception de lui qu’ont les autres (Erikson). Parallèlement, il y aurait, aussi par phase, développement du sens moral (Kohlberg). Tout ceci pourrait être lié à la complexité de notre société, Margaret Mead n’ayant rien observé de tel dans les Samoa.
Pour ma part, je me demande s’il n’y a pas une sorte d’acquisition de conscience au moment de l’adolescence.

Auparavant l’enfant est « irresponsable » au sens où il semble faire n’importe quoi. En fait, il apprend par essais et erreurs, un peu comme une mouche contre un carreau. Et la « punition » fait partie de l’apprentissage, mais elle ne l’affecte pas (sans quoi l’apprentissage serait insupportable). Je soupçonne qu’arrivé à l’adolescence, cette phase d’apprentissage irresponsable s’achève. L’individu doit devenir autonome, il doit se donner un but et il n’a plus le droit d’entrer en collision avec la société. Et ce au moment même où il devient capable de souffrir.

L’exercice doit être d’autant plus difficile que les objectifs que son milieu lui fixe sont complexes, ou contradictoires, et qu’il manque de références dont il puisse s’inspirer. 

Comment manager son manager

Je lisais sur un blog spécialisé que « manager son manager » était le titre de son billet le plus lu par les assistant(e)s. En fait, c’est aussi le problème n°1 de tout dirigeant. Car nous avons tous quelqu’un au dessus de nous. Je crois qu’il y a deux techniques pour ce faire:

  1. Jouer sur les leviers que la société donne au managé pour diriger son manager. L’étape initiale de l’exercice, malheureusement généralement infranchissable, est de prendre conscience que le supérieur n’est pas qu’un imbécile. Cela tient non à ses aptitudes naturelles, mais à ses fonctions. Son rôle lui permet de faire ce que personne d’autre ne peut faire. Alors, le guider devient facile. Il suffit de présenter ce que l’on pense bon, sous la forme d’une question qui stimule son « anxiété de survie ». On doit alors abaisser son « anxiété d’apprentissage » en lui laissant entendre qu’il existe une méthodologie qui permet de résoudre le problème, et que nous ne pouvons qu’en être l’animateur. Il sera alors très heureux de nous laisser suivre la route que nous comptions prendre.
  2. Lorsque le manager prend une initiative, il s’agit que ses échecs ne lui pardonnent pas. Il apprendra vite ainsi ce qu’il peut on non faire. Ou même qu’il ne peut absolument rien faire sans son inférieur (« learned helplessness » en anglais). Cette technique, d’usage beaucoup plus naturel que la première, s’inspire des méthodes de dressage conçues par Pavlov et Skinner.
Compléments :
  • Anxiétés et changement.
  • Sur Pavlov et Skinner : MALIM, Tony, BIRCH, Ann, Introductory Psychology, Macmillan, 1998. Learned helplessness vient d’un autre psychologue (SELIGMAN, Martin, Learned Optimism: How to Change Your Mind and Your Life, Free Press, 1998).