Super insecte

Génial insecte ? Voilà ce que je pense en écoutant « Metamorphosis – How insects transformed our world », une émission de BBC4.  

L’insecte plus fort que l’animal ? Il vit dans ce que nous considérons les pires conditions. Par exemple, dans le désert, certains coléoptères absorbent l’eau du brouillard. D’autres constituent des bulles d’oxygène pour vivre sous l’eau. Quant aux mouches, elles transforment quasiment n’importe quoi en un matériau consommable par la vie. Ce sont les agents tous terrains de la « bio dégradation ». (Et les adjoints de la police. Elles permettent de dater un décès, et de résoudre des mystères qui auraient désarçonné Sherlock Holmes.) L’insecte défie notre inertie intellectuelle, en fait. Il invente sans cesse. Par exemple, ce qui sera le papillon se voit dans la structure de la chenille. Etre double, occupant deux niches écologiques ? Actuellement, ce qui intéresse le plus l’homme est le talent de l’insecte pour la chimie, et la chimie à « basse énergie ». La puce, par exemple, doit ses capacités extraordinaires à une substance élastique, sans équivalent. 

Ce que cela montre est peut-être surtout, la bêtise de notre prétendue raison. Nous nous demandons comment un papillon peut projeter une trompe de 20cm dans un canal pas plus large qu’elle, par exemple. Problème de systémique : l’homme voit l’arbre, la nature la forêt ? 

Décidément, pas question de nous endormir sur nos lauriers ? Au boulot, évoluons ?

Algue électrique

Algae inside ? Une petite algue génère du courant pour un microprocesseur depuis plus d’un an. Ses mécanismes physiologiques, à base de photosynthèse, produisent de l’électricité. Même la nuit ! (Article.)

Il y a quelques temps, j’ai eu à me pencher sur le cas des batteries électriques. C’est effrayant. Non seulement cela peut prendre feu mais il n’y a pas grand chose de plus ennemi de la nature et de la biodégradabilité que ces produits de la chimie la plus décomplexée. (Comme pour les déchets nucléaire, on a fait l’hypothèse qu’il est certain qu’un jour on saura les recycler…) 

Enfin un espoir ? 

En tous cas, cela montre à quel point ce que l’on a cru être le « génie humain », la science de l’ingénieur, est grossier par rapport à l’art de la nature. 

(Il est vrai qu’il a fallu probablement des millions d’années pour construire une telle algue. Pour la nature, le temps ne compte pas…)

Géniale nature

 Le bon usage d’enzymes permettrait de transformer le maudit dioxyde de carbone en un combustible « propre », dit une étude de l’Université de Cambridge. Cela marcherait bien mieux que la capture de C02. 

M.Poutine semble avoir mis du plomb dans l’aile de la transition climatique. Ce type de technique pourrait-il sauver les combustibles traditionnels ? 

En tout cas ce qui est fascinant et mériterait peut être beaucoup plus d’études est la capacité de la nature à mener ses changements très efficacement, et avec très peu d’énergie. Le plus prometteur ne semble pas de chercher à l’imiter, mais, plutôt, d’apprendre à l’utiliser. Peut-être que, si nous en comprenions le langage, notre progrès pourrait être plus rapide, et plus durable ? 

Tardigrade

SEM image of Milnesium tardigradum in active state - journal.pone.0045682.g001-2.png
Curieux animal. Une fraction de millimètre. Surtout, il ne semble vivre que par intervalles. Il a la capacité de se dessècher totalement. Ce qui en fait une poussière. Ainsi il parcourt le monde au gré des vents. Puis il renaît. Et il peut supporter quasiment le 0 absolu, aussi bien que plus 150°, ainsi que des pressions de 6000 atmosphères. Il semble pouvoir multiplier par un facteur considérable, peut être de100, sa durée de vie active, qui est courte (quelques mois). 

Les spécialistes du biomimétisme diraient que cela nous ouvre de vastes perspectives. Le rêve de vie éternelle du milliardaire américain est à portée de main. Ne pourrait-on pas aussi dessécher nos astronautes, et les confier aux vents stellaires ? Les années lumières ne seraient plus un obstacle à la colonisation de l’espace. Ils ne se réveilleraient que lorsqu’ils auraient touché une terre hospitalière. Les Américains ont enfin une nouvelle « frontière » ? Plus prosaïquement, il y a peut être là un moyen d’éviter d’avoir recours à la chaîne du froid, notamment pour les vaccins. 

(Inspiré d’une émission de la BBC. Ce que dit wikipedia sur ce qu’il nomme « oursons de mer » : ici.)

(Légende de la photo : Par Schokraie E, Warnken U, Hotz-Wagenblatt A, Grohme MA, Hengherr S, et al. (2012) — Schokraie E, Warnken U, Hotz-Wagenblatt A, Grohme MA, Hengherr S, et al. (2012) Comparative proteome analysis of Milnesium tardigradum in early embryonic state versus adults in active and anhydrobiotic state. PLoS ONE 7(9): e45682. doi:10.1371/journal.pone.0045682CC BY 2.5Lien)

Transmutation inverse

Bioscience. En programmant correctement des êtres vivants on peut leur faire produire des tapis. Ou, du moins, ce qui est nécessaire à leur production, sans besoin de pétrole.

Des tapis, aux médicaments, on sait tout fabriquer ainsi, disait une conférence d’InnoCherche.

Cela m’a rappelé une observation de March et Simon : « l’organisation machine ». Il y a quelque chose dans notre culture qui nous fait transformer la vie en machine. L’or en plomb ?

Feu

Idriss Aberkane dit que la nature est une bibliothèque. Mais que l’homme n’a rien trouvé de mieux que de se chauffer en la faisant brûler. Il entend par là que si l’on parvenait à comprendre les procédés que la nature a inventés, on aurait accès à des merveilles. (Biomimétisme.)

En particulier, j’entendais ailleurs, que la nature réalise quasiment sans énergie, ce qui nous en demande une grande quantité. Ce qui laisse penser que, si l’on suivait son exemple, non seulement on n’aurait plus de risque de réchauffement climatique, mais que l’on pourrait mieux vivre qu’aujourd’hui.

Ce qui pose la question : la découverte du feu a-t-elle été aussi favorable qu’on le dit ? Et si cela nous avait rendu paresseux, et nous amenait à une auto-destruction accélérée ? Serait-il temps d’envisager un avenir à faible énergie (entropie) ?

Allez prendre vos leçons dans la nature, c’est là qu’est notre futur. (Léonard de Vinci)

La signification cachée de la Biomimétique

On parle beaucoup de Biomimétique. Je me demande si le changement que cela signifie n’est pas plus profond qu’on ne le croit…
Jusqu’ici on (l’Occident moderne?) a voulu soumettre la nature à son bon plaisir. Cela s’applique aussi aux hommes. Ainsi d’année en année la définition de ce qu’est un enfant, ou un parent, change. De même que les qualités qu’il faut pour mériter de vivre : aujourd’hui; si l’on n’est pas un data scientist, on va droit à la poubelle. La sélection, de naturelle, est devenue artificielle. L’approche biomimetics annonce peut-être la première étape d’un renversement de perspective : on cherche à comprendre la nature pour s’y inscrire. 
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(Très chinois : li)

Economie circulaire

L’économie circulaire, n’est pas linéaire, comme la nôtre. Son modèle c’est la nature : elle se nourrit de détritus. Mais pour le moment, elle me semble faire du surplace. Elle produit du compliqué et de l’anecdotique.
On n’a pas trouvé de mécanisme naturel qui nous incite à produire du réutilisable. La logique économique est, d’ailleurs un lourd handicap.

The growth economy impedes sustainability. In 2014, for instance, Chevron and a number of other big oil companies retreated from investments in renewables because of poor returns. Business competitiveness and ‘disruption’ can hinder the collaboration that is central to eco-design. UK design engineer Chris Wise has noted that the practice of using ‘least materials’ is at odds with the construction industry’s prime aim of selling more materials. The ‘rebound effect’, in which designed efficiency leads to greater use or consumption, is a related conundrum.

Comment faciliter les choses ? Donner un coût au détritus non réutilisable ? Mais cela ne semble dans l’intérêt de personne de le faire. En outre tout ce que l’on fait en termes d’économie circulaire est extraordinairement inefficace si on le compare aux processus naturels. Peut on l’approcher ? Bio mimétisme, copie de la nature ? Ou processus purement humain qui serait naturellement économe ? Sujet de recherche ?

Biomimétisme et économie du savoir

Je dois à Dominique Delmas d’avoir découvert le biomimétisme, Idriss Aberkane, qui cause fort bien, et de m’être réconcilié avec l’économie du savoir.
Jusque-là, tout ce que le consultant et l’article de management semblaient associer à « knowledge » était un savoir contenu dans un ordinateur ou l’art du programmeur, le « knowledge worker ». C’était la promesse d’une fin à la casse pour nous, êtres inférieurs. Mais là, c’est le contraire. La connaissance est dans la nature. « La nature est une bibliothèque« . On y trouve des inventions géniales. Or, jusqu’ici, on n’a pas eu de meilleure idée que de brûler ses livres, pour avoir un peu de chaleur. Si nous arrivons à les comprendre, nous accéderons à une croissance infinie et, cette fois, durable, ai-je cru comprendre.