Garbage Joe

Hier, la BBC se demandait si Joe Biden, en traitant les électeurs de Donald Trump de « garbage », n’avait pas fait perdre les élections à Kamala Harris.

Tout le monde s’attend à ce que l’élection se joue à peu de choses. On parle des « indécis ». Mais vue la différence entre les deux candidats, on peut se demander où peut se jouer l’hésitation. Peut-être aller, ou non, voter.

Dans ces conditions, c’est le hasard qui va avoir le dernier mot. Et, compte-tenu des singularités des processus de vote américains, et des dispositifs associés, on peut imaginer que l’on va vivre une longue période de contestation de résultats. Heureusement qu’il se passe plusieurs mois entre l’élection et l’intronisation du président.

L’émission rappelait aussi que la situation n’avait rien d’exceptionnel. Ce qui est juste : sauf dans le cas d’Obama, les deux partis semblent faire quasi jeu égal depuis plusieurs décennies. Et, encore, lorsqu’un parti gagne la présidence, il perd le sénat, et de quoi gouverner.

Curieuse situation.

En fait, c’est ce que voulait Montesquieu. Lorsque le pouvoir est paralysé, il ne peut être tyrannique. Pour pouvoir décider, il faut consensus. (Ce qui s’est passé lors des attentats du 11 septembre.)

Elections

M.Biden se retire des élections américaines. Qui va gagner ?

Il avait un atout : il appartenait à l’ancienne école démocrate, celle dont l’électeur était le « petit blanc ». Celui qui, désormais, vote Trump, et il tenait à distance « l’extrême gauche », qui est un repoussoir. Le prochain candidat pourra-t-il réussir ce grand écart ?

Qu’est-ce qui détermine le résultat d’une élection ? La seule étude qui me semble traiter de la question dit que l’on reconduit un candidat qui a amélioré la situation économique du pays. Conclusions ? On va avoir deux « nouveaux » candidats, comment appliquer cette règle ? Et, la situation des USA s’est-elle améliorée ? D’après ce que j’ai lu, elle se serait plutôt dégradée pour certaine catégories de citoyens. Faut-il se méfier des moyennes ?

Je soupçonne d’ailleurs qu’une élection tient aux mouvements d’une minorité : la plupart des électeurs votent toujours pour le même parti. Si c’est le cas, les candidats devraient concentrer leur séduction sur ces personnes. (La question ne mériterait-elle pas une étude scientifique ?)

C’est peut-être pour cela que la personnalité du candidat compte. J’ai découvert que MM.de Gaulle et Pompidou avaient une très haute opinion de M.Nixon, et que les jugements portant sur la politique et les compétences de M.Kennedy étaient plutôt négatifs. Or, c’est apparemment un débat entre ces deux personnes qui a amené Kennedy au pouvoir, d’un cheveu : Nixon n’avait pas fait bonne impression.

Les raisons de Trump

An April 12-14 poll from Echelon Insights found that 57 percent of all voters somewhat or strongly disapproved of the way Biden is handling the economy, and favored Trump on making the economy work better by 48 percent to 40 percent. That’s only a recent example of what surveys have routinely shown: Voters aren’t happy with Biden’s handling of the economy.

Article.

En cherchant à me renseigner sur les raisons pour lesquelles le président Biden n’est pas aimé, j’ai découvert que je souffrais de désinformation.

Je pensais que le vote Trump était idéologique. En fait, l’article en question parle d’une enquête menée auprès d’électeurs hésitants. Tous expliquent qu’ils vivaient mieux sous Trump. Ceux qui désirent voter Biden le font parce qu’il n’est pas Trump.

La « diabolisation » de Trump est donc une stratégie efficace. Et, paradoxalement, le vote idéologique aurait changé de camp.

Mais, je n’ai pas trouvé ce que je cherchais : les raisons de la dégradation des conditions de vie de certains Américains, alors que, globalement, l’économie américaine se porte bien. La politique de M.Biden aurait-elle prolongé les effets des précédentes en poursuivant le « creusement des inégalités » ?

Kamala Harris

Les démocrates américains s’agitent. Les uns après les autres ils lâchent leur président sénile.

Qui va le remplacer ? Un candidat jeune et à poigne qui va « parler ferme » comme on dit en anglais ?

Apparemment non, on évoque Kamala Harris, la vice présidente. On n’en parle plus beaucoup, mais lorsqu’elle est apparue, le consensus était qu’elle était un désastre. A l’époque, je pensais qu’elle avait été choisie parce qu’elle ressemblait à Barack Obama. Seulement, ce qui faisait la force d’Obama, c’était une intelligence exceptionnelle, et, peut-être, au moins en ce qui concerne les élections, le sens politique.

Apparemment, il semble qu’il y ait un théorème qui s’applique aux élections : on reconduit celui qui est bon pour son intérêt. Si je comprends bien ce qui se dit aux USA, le sort d’une majorité de la population se serait plutôt dégradé sous les démocrates… Le génie de Trump serait, par ses frasques, de leur faire oublier cette simple vérité ?

Protectionnisme américain

Les démocrates américains ont compris que, s’ils voulaient retrouver leur électorat traditionnel, ils devaient leur rendre des emplois dignes. M.Biden a donc fait du super Trump, en érigeant d’immenses barrières de protection : l’IRA.

Apparemment, ça n’a pas marché. M.Biden n’est pas un favori des sondages, alors qu’il n’aurait dû que renforcer l’avance qu’il possédait sur M.Trump lors des précédentes élections. Pourtant les USA semblent créer beaucoup d’emplois. Mais on parle d’inflation. Serait-ce la conséquence du protectionnisme dont il est si souvent fait état ?

Mystère. En tous cas l’IRA semble avoir voulu faire d’une pierre deux coups. Il a cherché à réindustrialiser et à décarboner. Or, la Chine domine le secteur de l’environnement. L’IRA pourrait faire son jeu. (Article.)

Nier le réchauffement climatique serait-il dans l’intérêt des « classes moyennes » ? En jouant sur les forces des pays occidentaux, il y a plus de chances d’améliorer la qualité de leur emploi qu’en affrontant l’avantage chinois ? Quant au nettoyage de la planète, on peut le lui laisser ?

Mauvais candidats

On lit que MM.Biden et Trump sont les plus mauvais candidats qu’aient pu trouver leurs partis.

Mais est-ce vrai ? M.Trump est un formidable bateleur. Il fait le spectacle comme personne. Et il n’est pas sorti de rien. Un livre que cite ce blog le désignait déjà, il y a 25 ans, comme l’anti-élite (bobo). En outre, il représente une forme d’Amérique éternelle, par nature isolationniste.

Et M.Biden est peut-être bien le dernier représentant d’une génération d’élus démocrates proches du peuple. Or, ce qui fait défaut aux démocrates, ce sont leurs électeurs traditionnels.

Ne nous laissons pas tromper par les apparences ?

Biden piégé

Le Monde disait que M.Biden était « piégé par son soutien à Israël ».

Curieux piège. Car M.Trump est certainement beaucoup plus favorable à Israël que M.Biden. Il s’appuie en effet sur des courants évangéliques qui considèrent les Juifs comme une première étape, nécessaire, de l’évolution de l’homme qu’ils représentent, et à qui va s’ouvrir les portes du paradis. Ceux qui en veulent à M.Biden vont-ils laisser gagner son opposant ?

J’imagine que M.Biden les croit assez bêtes pour cela. Alors, il essaie de les payer de mots. Histoire de soulager leur conscience ?

Le goût de l’Amérique

J’ai eu tort, comme d’habitude. Une émission de la BBC disait que, pour que M.Trump soit condamné, il fallait l’unanimité des jurés de son procès. J’ai cru qu’il y en aurait bien un qui douterait… Eh bien non.

Cela va-t-il changer quelque-chose à l’élection ? La même émission expliquait que M.Trump était en tête des sondages un peu partout. Que les intentions en sa faveur étaient en nette croissance chez les noirs et les latinos, et que les démocrates avaient perdu les blancs… (La classe dirigeante serait décolorée ?) Mais le système électoral est tellement curieux que l’on ne sait pas ce que cela peut donner : tout dépendra de quelques Etats. Or, il se pourrait que certains Républicains ne veuillent pas voter pour un condamné. La contre-performance des démocrates tiendrait à la personnalité de M.Biden, à qui personne n’oserait dire qu’il est mauvais.

Comme dans les films d’Hollywood, tous les coups sont permis, et c’est celui qui croit le plus longtemps à son étoile, et qui est sourd à la raison, qui gagne ?

De bruit et de fureur

Sleepy Joe contre Reckless Don. Le match du siècle. Affaires étrangères de France culture discutait des élections américaines.

Comme au temps de Barack Obama, les Républicains multiplient les coups tordus. Ils jouent sur la bêtise d’un peuple vraiment très bête. Celui-ci craint l’immigration. Alors, si je comprends bien, les Républicains bloquent les lois sur la question, afin de pouvoir accuser de laisser-faire les Démocrates. Et Donald Trump a effectivement acheté la Cour suprême, qui sert ses intérêts. Il est parvenu à pervertir la constitution des USA.

Mais les Démocrates, le parti de l’intellect, ne sont pas en reste. Ils ont déchaîné la justice contre Donald Trump. Ils jouent sur ses faiblesses en lui reprochant ce qu’on juge d’ordinaire comme une qualité dans les affaires : le mensonge éhonté. Et sa stratégie de victimisation se retourne contre lui : plus il insulte la justice, plus les dommages qui lui sont infligés sont importants. (A vrai dire, Donald Trump est aussi leur meilleur adversaire : un Républicain normal ne balaierait-il pas certainement Joe Biden ?)

Stratégie de « course en avant ». S’il est élu, il sera intouchable. Mais les procès et condamnations usent ses ressources, et particularités de l’inhomogénéité du système judiciaire américain, font que la Cour suprême ne peut pas toujours le protéger. Et qu’il doit trouver quelqu’un qui dépose en garantie 500m$, de façon à ce qu’il n’ait pas à les payer. Qui veut prêter à un clown ? Cela va se jouer à peu.

Pays de fous ? Ou, au contraire, contre-partie des mérites d’une culture qui a parié sur le déchaînement des instincts animaux de l’individu ? Et qui pense, comme dans les films d’Hollywood, que le bien finit par sortir du mal, dans un sursaut final ? Jugement de dieu ?