Sympathie pour l’opprimé et incertitudes internationales

Imprévisibilité du changement. L’accord avec l’Iran annonce une nouvelle ère d’incertitude. Va-t-il employer ses nouveaux moyens pour attiser les conflits du moyen orient, ou pour les calmer ? The Economist estime que, de toute manière, la situation était intenable. Quant à la Chine elle multiplie les provocations contre ses voisins et les USA. Stratégie Munich ?

L’Allemand se sent pauvre. Mme Merkel va renforcer la solidarité sociale. The Economist le regrette. En Angleterre, la croissance est de retour, mais le pouvoir d’achat n’arrête pas de reculer. Et le nord n’arrête pas de sombrer. Heureusement, M.Cameron a trouvé un moyen de diviser l’Europe, afin de faire prévaloir les intérêts de son pays : raviver les différences entre l’ancienne ligue hanséatique et le sud. Curieuse France : dure à l’extérieur, molle à l’intérieur. Ayant perdu ses protections, M.Berlusconi pourrait connaître l’arbitraire de la justice italienne… Les réfugiés syriens arrivent en Bulgarie, par la Turquie. Quant à l’Ukraine, sa classe dirigeante semble particulièrement nauséabonde. Pour le moment, l’Europe a résisté à la tentation de se boucher le nez. Aux USA la fraude atteint des niveaux exceptionnels, entre 70 et 240md$ par an. A tel point que les malfrats abandonnent le commerce de la drogue pour escroquer l’Etat.
Il est de plus en plus facile d’acheter des armes de plus en plus puissantes. Les services secrets tentent de garder la trace de leurs mouvements. Et il y a un marché pour la contre-mesure. C’est bon pour les affaires. Que penser du Bitcoin, monnaie électronique qui échappe à tous les contrôles ? Il a subi des manipulations spéculatives et pourrait être remplacé par d’autres monnaies électroniques. Ce qui ne répond pas à la question. Quant au commerce de détail, il est attaqué par Internet. Pas facile de vendre, de manière rentable, des produits frais, en ligne. Va-t-il céder au « dilemme du prisonnier » ? En tout cas, il pourrait apprendre des erreurs des autres vendeurs en ligne.
L’innovation peut-elle combattre le réchauffement climatique ? Les papetiers auraient trouvé le moyen de « réduire la consommation d’énergie par au moins un quart et sa production de CO2 par plus de deux, d’ici 2050 ». « Le projet était inhabituel en ce que les entreprises ont collaboré. D’habitude elles sont en concurrence. Les papetiers sont parvenus à travailler ensemble en confinant leurs efforts à des « concepts génériques et pré concurrentiels », c’est-à-dire à des avancées sur les fondamentaux ». Le codéveloppement aurait-il le vent en poupe ? 
Comment éviter au dirigeant de « dérailler », comme M.Messier ? Peut-être, simplement, prendre conscience qu’il n’est pas un dieu. La sympathie de la société irait-elle maintenant aux opprimés ? Dans son cœur, les débiteurs semblent prendre l’avantage sur les créditeurs.

Et l’on a découvert que les tissus des êtres vivants (des dinosaures) parvenaient à se conserver quasiment indéfiniment. 

Vertueuse démocratie italienne, réhabilitation du rond point, et la prochaine crise financière prend des forces

M.Berlusconi a tenté un coup tordu, qui s’est retourné contre lui. (« M.Berlusconi a perdu une partie de son parti et, plus important, son pouvoir de veto sur le gouvernement de M.Letta. ») La démocratie italienne aurait-elle des leçons à donner à une Europe dont la dérive bureaucratique encourage le populisme ? En Grèce, le gouvernement tente de se débarrasser de ses néonazis, en prouvant qu’ils sont criminels (seule façon d’interdire un parti). Pour que Mme Merkel attire les sociodémocrates dans son gouvernement, ce qui n’est pas dans leur intérêt, elle doit leur accorder de grosses concessions. Le petit peuple autrichien est en colère. Il sanctionne les partis de gouvernement. M.Erdogan propose des réformes. Compromis habile, compte-tenu d’une situation compliquée ? En menaçant l’Ukraine, M.Poutine l’aurait poussée vers l’Europe. Suède et Pologne seraient pour son adhésion. France et Espagne contre. C’est l’Allemagne qui décide. En Angleterre, M.Milliband aurait le vent en poupe, pas M.Cameron.
USA. La loi sur la santé de M.Obama fonctionne-t-elle ? L’avenir le dira. Pour le moment c’est un « machin » dont la mise en œuvre est compliquée et dont il est difficile de mesurer les effets. Les Républicains savent qu’ils ont peu de temps pour tuer le projet. Une fois installé, les avantages acquis ont la peau dure. Le budget fédéral est toujours bloqué. Le gouvernement tente de protéger les retraites. Mais une récession est possible. (Et le politicien américain est totalement insensible à l’intérêt général.) Quant au parti républicain il prend de plus en plus l’allure d’un FN aux dimensions continentales. Parti inéligible de défenseurs des intérêts mal compris des petits blancs. En Chine, grande campagne de repentance publique.
Entreprise. Londres développe un écosystème de start up, une Silicon Valley. Pour réussir il lui faudra attirer des compétences, de l’argent, et peut être aussi des entreprises… de l’étranger. L’Allemagne essaie de faire de même. Elle innove mais n’a pas une culture favorable à la start up. En particulier, c’est la grande entreprise, plus que la bourse, qui fournit des fonds. En France, les magasins sont fermés le dimanche, mais pas Internet. En Lybie, il y a de l’argent à gagner pour les aventuriers (turcs, chinois et coréens, en particulier). Le nettoyage par la chimie a son champion : Ecolab. L’espace est de plus en plus une affaire privée. Depuis que les journaux scientifiques font payer les auteurs plutôt que les lecteurs (accès libre), ils publient n’importe quoi, ou presque.
Prochaine crise financière : auspices exceptionnellement favorables ? Une nouvelle vague de fusions-acquisitionsse prépare. Phénomène de mode. Pourquoi l’entreprise n’investit-elle pas ? A cause du système de rémunération de son dirigeant. Il le rend myope. Outre, la non durabilité de l’entreprise cela nous menace d’une nouvelle crise de la dette. En effet, les actifs des entreprises seraient évalués au prix du marché, qui est en phase spéculative. « Si les profits ont été exagérés, c’est aussi le cas de la valeur des entreprises. On parle beaucoup de désendettement, mais la baisse du ratio de la dette des organismes non financiers au PIB est à peine visible. En conséquence, le danger du surendettement est sous-estimé. Un effondrement du prix des actifs pourrait provoquer une crise. » Ce qui ne serait pas bon pour les banques françaises et allemandes dont les ratios de solvabilité ne reflèteraient pas la réalité. Et voilà qu’arrivent les Catbonds. Des obligations qui permettent de s’assurer contre les catastrophes naturelles. Innovation financière favorable à la spéculation, et à la prise de risque à la recherche de toujours plus de profits. « Les désastres causés par l’homme peuvent être tout aussi effrayants que ceux causés par la nature. »
Réhabilitation du rond-point. La preuve de l’inefficacité du secteur public ? La multiplication des ronds points ! disent les zélateurs du marché. Faux. Invention anglaise, le rond-point est beaucoup plus économe en temps d’attente, en vies et en frais de maintenance que le feu rouge. Il a certes quelques inconvénients en ce qui concerne les piétons et les cyclistes. Mais on va y remédier. Particularité de la démocratie (anglo-saxonne ?). Elle s’intéresserait à l’avenir, et au changement. Pas au passé. C’est pourquoi elle répéterait les mêmes erreurs. Et l’Angleterre ? « Une petite île capable de battre le monde, enfoncée dans le snobisme et l’esprit de clocher. »

Science. Changement climatique. Ridicules modèles de prévision. Ils ne prévoient pas que le capital puisse être touché. Pas plus que la croissance. Pas plus qu’ils ne voient les impacts systémiques d’une catastrophe. Toujours est-il que l’on aurait surestimé la capacité réfléchissante des particules qui se trouvent dans les nuages. Penser à l’argent rendrait malhonnête. Penser au temps aurait l’effet inverse. Ce qui serait renforcé par une attitude de réflexion.  

Italie, pays de bouffons ?

Un chroniqueur de France culture traitait Berlusconi et Grillo de « bouffons ». Le sont-ils tant que cela ?

Depuis qu’elle est entrée dans l’euro, l’Italie est en déclin. Elle s’est privée de la dévaluation et de l’inflation, qui la maintenaient à flots. En outre, elle est dirigée par une Allemagne qu’elle n’a pas élue. Est-il totalement illogique, dans ces conditions, que les bouffons proposent de sortir de l’euro ? (D’ailleurs une dissolution ordonnée de l’euro, pour raison d’absence de solidarité, n’est-elle pas une solution raisonnable ?)
Quant au vertueux Monti, comme beaucoup de nos dirigeants, il se veut représentant de l’entreprise, sans y avoir jamais mis les pieds. S’il l’avait fait, il saurait qu’un changement n’a le droit de vivre que s’il donne immédiatement des résultats. Or, ses réformes ont fait énormément de perdants, et ont eu zéro bénéfice. C’est une erreur que les bouffons n’auraient pas faite.
Il y a peut être plus curieux. Je disais que l’Italie était, comme la France, un pays dont le principe est le clientélisme. En lui retirant sa souveraineté, l’Allemagne n’est-elle pas devenue, de fait, son tuteur ? L’élection de « bouffons » ne la force-t-elle pas à agir ? L’Italie aurait-elle voté Merkel ?

Italie et changement

Les promesses de M.Berlusconi seront-elles plus qu’un écran de fumée ?
  • En Italie, le changement est toujours venu de l’extérieur.
  • M.Berlusconi est apparu après l’opération « Mains propres », qui a dévasté la classe politique italienne. Il demeure sans alternative.
  • Dans ce monde d’assistés (?) seul rayon de soleil : la banque d’Italie. Elle produirait une sorte de corps d’élite. Le nouveau président de la BCE en étant issu, peut-on espérer un miracle ?

(A tale of two Italians)

Médiocre démocratie

Il se confirme que M.Berlusconi pourrait être remplacé par le chaos.
Le gouvernement anglais est faible, mais, curieusement, son opposition a placé à sa tête un leader qui lui garantit l’échec.
La situation française est proche. Que dire de la Belgique ?
Les démocraties sont elles malades ou leur solidité constitutive leur permet elle de vivre sans direction ? L’incompétence de leur tête est-elle la contrepartie de la liberté et de l’autonomie de leurs membres ? 

The Economist vs Berlusconi

« L’homme qui baisa une nation » titre The Economist (The man who screwed an entire country). Plus fort que « L’homme qui voulut être roi » ?
Depuis toujours The Economist déteste M.Berlusconi. Quelqu’un d’aussi haï par un journal aussi dogmatiquement ultralibéral peut-il être fondamentalement mauvais ?
D’ailleurs, si M.Berlusconi fait passer ses intérêts avant ceux de la nation, il la tient quand même en une seule pièce, et il a, semble-t-il, un bon ministre des finances. Qu’arriverait-il si sa myriade d’adversaires prenait le dessus ? Un chaos de coups tordus ?
M.Berlusconi n’est pas le mal personnifié, mais le fruit du système politique italien ?

Hypocrite élite ?

En France et à l’étranger, l’affaire DSK a conduit à examiner les mœurs de notre couche dirigeante.
  • On découvre que ses pratiques s’appelleraient ailleurs du harcèlement : « en France le harcèlement sexuel n’est pas accepté sur le lieu de travail – sauf en politique ». « à gauche, en particulier, il semblerait que refuser une avance, même non désirée, est, en quelque sorte, bourgeois ». (What did they know?)
  • Et que les journalistes s’y prêtent avec bonne grâce. Ce serait même une ficelle du métier : l’homme politique étant un mâle libidineux, depuis Françoise Giroud, les journaux lui envoient des femmes aguichantes pour récolter ses confidences. (Hommes politiques et femmes journalistes : liaisons dangereuses ? – LeMonde.fr)
Tout cela donne une bien étrange image des valeurs de nos élites, et de leur vision du monde, et rend sympathique M.Berlusconi. 

Instabilité italienne

Pourquoi M.Berlusconi n’a-t-il aucun remplaçant crédible, notamment du fait d’une opposition incapable de s’unir ? Une partie de la raison pourrait-être :

Le parti socialiste italien a été en grande partie détruit par les affaires de corruption du début des années 90, si bien que le centre-gauche est aujourd’hui représenté par une coalition fondamentalement contre nature d’anciens Chrétiens démocrates progressistes et d’anciens Communistes, qui, ce n’est pas surprenant, trouvent difficile de s’accorder sur une politique commune.