Étiquette : BCE
Avenir de la zone euro
Deux opinions semblent s’affronter.
- Les économistes anglo-saxons estiment que la zone euro ne peut qu’exploser. Raisonnement mathématique : Portugal, Irlande et Grèce ont une dette qui s’accroit plus vite que leurs revenus. Quant à l’Espagne, sa santé dépend de ses exportations et la rigueur de ses voisins ne peut que la condamner à la faillite (Europe’s industrial new orders: 3 very different stories | Angry Bear). À cela s’ajoute la volonté de la BCE d’augmenter son taux directeur, à contretemps. (Another year of living dangerously) Ils estiment que la rigueur est une mauvaise médecine et qu’il faut en revenir à Keynes.
- De l’autre, les continentaux semblent penser qu’il faut faire ce que l’on doit (rigueur) et ensuite on verra bien.
Compléments :
On est toujours trahi par les siens
Où va l’argent du contribuable ?
- Le pire dans l’affaire est que l’Irlande elle-même semble vouloir, en partie ?, reconstruire sa prospérité en parasitant ses voisins…
- Ce qu’en pense Paul Krugman : This Is The Way The Euro Ends.
Attaque de la banque centrale
- La BCE n’est qu’en partie un enfant de cette mode, elle est surtout la réincarnation de la Bundesbank.
Banques européennes
Elles peuvent facilement emprunter à la BCE et investir cet argent dans des obligations d’état à taux plus élevé
Les banques ont aussi réduit la maturité de leurs propres emprunts, plutôt que de payer des taux plus élevés pour des fonds à long terme plus sûrs. Quand toutes les banques prennent la même décision, c’est une forme de folie collective, parce que cela rend le système vulnérable à une défaillance du marché.
Banques centrales
- Ce serait ce qui se passerait pour la FED, qui perdrait de son indépendance et s’occuperait de plus en plus de réglementation.
- Le cas de la BCE est plus curieux. Récemment, j’avais l’impression qu’elle tendait à faire la même politique de « quantitative easing » (absorber les obligations des Etats) que la FED, qu’elle se transformait même en une sorte de FED, et que la zone euro allait avoir une politique à l’Américaine (euro faible, notamment). Mais l’arrivée d’un gouverneur allemand pourrait la ramener à son état initial. Crise en perspective ?
Espoir à l’Est ?
- Les États les plus touchés ont procédé à des plans de rigueur redoutables. Mais le peuple n’a pas bronché, pas plus que les fragiles coalitions gouvernementales.
- Le FMI et la BCE, notamment, sont venus au secours des banques européennes, afin d’éviter leur désertion.
Grâce à la chance, à un sain jugement, et à une aide amicale, l’Europe de l’Est a conjuré le désastre.
Anton Brender
Interview d’Anton Brender, professeur d’économie à Dauphine, par les Enjeux Internationaux de France Culture : BCE et banques.
La BCE a prêté beaucoup d’argent aux banques (400md€ à 1%). Était-ce une bonne idée ? L’interview modélise simplement ce qui s’est passé.
En bref, les organismes financiers se retrouvent, lors de la crise, avec des actifs dangereux. Pour éviter la faillite du système les banques centrales leur font des crédits extrêmement favorables afin qu’elles constituent les garanties qu’elles avaient oublié de prendre en contrepartie des actifs risqués. La BCE pouvait-elle faire autrement ?
L’interviewer semble ne pas partager son point de vue. Il est vrai que
- c’est la mauvaise gestion des banques qui est en cause,
- les taux faibles des banques centrales sont utilisés pour spéculer (pas seulement pour constituer des garanties),
- les banques n’assument pas leur rôle qui est d’alimenter le marché en crédit,
- elles utilisent les bénéfices réalisés pour verser d’énormes bonus à leurs personnels.
- Parmi les solutions à la crise, la recapitalisation des banques n’était pas la seule. On a parlé alors de la méthode « bagehot », une remise en état des banques par les gouvernements. Ils les rendaient au privé une fois assainies et ayant retrouvé leur fonction économique.
Mais les banques centrales pouvaient elles avoir ce rôle ? Anton Brender a probablement raison de dire que l’on respecte la logique du système. Mais est-il favorable aux intérêts de la société ? Ne faudrait-il pas, alors, le corriger ? En particulier, quid du dogme d’une économie régulée par des banques centrales indépendantes ?
Compléments :
- Autre billet sur l’avenir sombre des banques centrales : Ça va péter ?
- Atmosphère spéculative : Bubble warning.
- Le système financier, aurait-il été capturé par ses membres pour qu’il servent leurs intérêts, au lieu de remplir son rôle social ?
Nouveau modèle européen
Deux idées reviennent toujours quand on parle d’UE : 1) une union de plus en plus étroite ; 2) l’union économique conduira à l’union politique. Judicieusement, The Economist remarque (probablement avec soulagement), que le succès de l’Euro n’a produit ni l’un ni l’autre.
Il semblerait plutôt que
- ce dont a besoin l’Euro, c’est de petites institutions légères (comme la BCE, ou un fonds pour sauvetage de banques européennes) ;
- tout ce qui se veut « politique » accouche de règles lourdes et contre-productives.
Irait-on vers un modèle d’Europe où chaque nation conserverait sa spécificité, et serait coordonnée par des organisations transversales, à l’image des comités du GM des origines ?
Complément :