Italie et changement

Les promesses de M.Berlusconi seront-elles plus qu’un écran de fumée ?
  • En Italie, le changement est toujours venu de l’extérieur.
  • M.Berlusconi est apparu après l’opération « Mains propres », qui a dévasté la classe politique italienne. Il demeure sans alternative.
  • Dans ce monde d’assistés (?) seul rayon de soleil : la banque d’Italie. Elle produirait une sorte de corps d’élite. Le nouveau président de la BCE en étant issu, peut-on espérer un miracle ?

(A tale of two Italians)

L’envol de la BCE

La BCE pourrait détenir les clés de la crise de la zone euro, à qui il manque un prêteur de dernier ressort. Et elle seule peut l’être. Voici une idée qui semble émerger avec de plus en plus de force.

La seule à ne pas en être convaincue est la BCE.

Compléments :

Spéculation et banque centrale

Les marchés étant sensibles à la peur, et à la spéculation, les courbes d’offre et de demande d’emprunts nationaux ont plusieurs points de rencontre.

Les banques centrales n’étant pas soumises à la peur ou à la spéculation peuvent aider à maintenir le taux des dits emprunts dans le domaine du raisonnable. (The illustrated euro crisis: Multiple equilibria | The Economist)

Le laisser-faire atteint rapidement ses limites ? 

Causes de la crise de l’euro

Si je comprends bien l’analyse de The Economist  (How to save the euro), la crise de l’euro viendrait d’une confusion entre insolvabilité et illiquidité.
  • La Grèce serait insolvable, dépensant plus qu’elle ne gagne.
  • Le reste des pays européens en difficultés, y compris la France, seraient illiquides : ils sont solvables, mais ils n’arrivent pas à trouver de financements. La cause pourrait en être la création de la BCE, qui leur a fait abandonner leurs banques centrales, et perdre la fonction de prêteur de dernier ressort. Le Fonds de solidarité serait un moyen de réparer cet oubli. (Profligacy is not the problem)
Que faire ? Organiser la faillite grecque, et apporter des liquidités aux banques affectées et aux pays menacés. Ce qui demande un énorme Fonds de solidarité, alimenté par l’Allemagne, seul pays qui en ait la capacité. Par ailleurs, la rigueur est suicidaire, il faut relancer les économies européennes.
L’alternative serait un cataclysme dont les conséquences sont difficiles à concevoir. Le sort de la planète serait-il entre les mains d’une Allemagne, qui, pour la sauver, doit manger son chapeau ? 

De l’intérêt de l’eurobond pour l’Allemagne

L’Angleterre emprunte à taux négatif (-2%), entendais-je dire ce matin à la BBC. Elle gagne de l’argent en s’endettant !

Phénomène paradoxal : l’endettement de l’Occident inquiète les marchés qui se jettent sur tout ce qui semble un peu sûr, à savoir l’or, la dette anglaise et américaine. À cela s’ajoute l’inflation, relativement élevée en Angleterre.

Mais alors, et si le bon sens allemand était erroné ? La BCE, en maintenant des taux élevés, empêche l’inflation. S’il existait des eurobonds, la finance mondiale se détournerait de la dette américaine pour les acquérir, et, qui sait ?, les amènerait à un taux inférieur à celui des obligations allemandes…

Compléments :
  • En fait, ce raisonnement, outre qu’il est à court terme, oublie un phénomène psychologique majeur : l’homme aime mieux perdre que de gagner, si un autre profite de la situation en trichant. Il est possible que certains Européens préfèrent un cataclysme, plutôt qu’une prospérité injuste. (Ce phénomène se voit à l’œuvre dans la constitution du groupe humain : l’entente interne prime la survie du groupe : SCHEIN, Edgar, Process Consultation Revisited: Building the Helping Relationship, Prentice Hall, 1999.)

Avenir de l’Europe

J’entendais hier parler un professeur d’économie. Il semblait confirmer le point de vue selon lequel soit l’Europe se dote d’un système de gouvernement économique, avec obligations européennes, soit il y a dissolution de la zone euro (et ?). (Hot, hot August)

La France est effectivement la prochaine cible des marchés : son taux d’endettement atteindrait 100% de son PIB, si elle devait venir au secours de l’Italie. (The midget and the mighty)

Faute de combattants, l’Allemagne ne va-t-elle pas rester seule ? D’elle, qui ne semble vouloir ni d’obligations ni de gouvernement européens, dépend l’avenir de l’Europe ? Du monde ? Redoutable responsabilité ?

Compléments :

  • Ce matin, un financier semblait dire à la BBC que les marchés ne voulaient que l’intervention de la BCE pour les rassurer quant à la pérennité de la dette européenne. Scénario à la japonaise où rien n’est réparé, mais il n’y a pas de crise pour autant ? 

Taxe pour la fortune

Harald Hau, un économiste, remarque que le plan de secours de l’Europe à la Grèce est l’équivalent d’une subvention de 200md€ des contribuables pauvres, aux banques et aux riches qui les possèdent.

Selon lui il fallait laisser les banques périr de leurs erreurs. L’Etat y aurait alors investi. Cela aurait moins coûté, et aurait permis au contribuable d’entrer en partie dans ses fonds lors de la remise sur le marché après assainissement.

Pourquoi nos gouvernants n’ont-ils pas mieux défendu nos intérêts, ils étaient pourtant en position de force ?

Peur de faire le lit de Mme Le Pen ; pas les compétences de reprendre une banque ; le lobbying bancaire est irrésistible et fait la politique des États ; la BCE a été kidnappée par les banques.

Bientôt, une révolte des contribuables ? (Eurozone bailout: Taxpayer transfer to the wealthy?)

L’euro, projet de droite

Le Guardian nous dit d’abandonner l’euro, il est de droite. (Why the euro is not worth saving | Mark Weisbrot). Arguments :

Non seulement l’Europe a sauvé les financiers de leurs crimes, avec l’argent du contribuable, mais elle prend excuse de l’endettement qui en a résulté pour liquider son système de protection social ; la BCE ne parle que d’inflation et se moque du chômage ou des pays faibles (contrairement au Fed) ; on force la Grèce à l’ajustement, alors que ses difficultés résultent de différences structurelles de productivité entre nations.
Pas convaincu. La zone euro est probablement ce que l’on en a fait. Elle est de droite, parce que gérée à droite.
Mais son projet est-il idiot ? Il semble bien que la régulation financière ne fonctionne pas, et débouche fatalement sur des crises désastreuses (Histoire du système monétaire international). L’expérimentation euro est probablement une façon de réguler sa zone par des ajustements structurels. Autrement dit la « conduite du changement » que je pratique dans les entreprises.

Est-ce un argument que l’Anglo-saxon peut entendre ? Il aime la « main invisible ». S’il soupçonne l’intervention humaine, il est inquiet pour sa liberté ?

Indépendance des agences de notation

Hier matin, une journaliste de France Musique disait que nous n’avions pas mieux que les agences de notation pour évaluer la solidité des nations européennes, puisqu’une agence européenne serait juge et parti. Ce qui semble expéditif. 
  • L’opinion des agences a été influencée, semble-t-il, par ce que leur payaient leurs clients. Et cela a contribué à notre crise. Elles ne sont donc pas indépendantes.
  • Ensuite, la BCE est supposée indépendante, or elle est payée par l’Europe. Et la Cour des comptes ? Et les Incorruptibles, payés par les USA et… incorruptibles.
Être influençable ou non n’est pas une question de mécanique mais d’éthique. Ce qui est en cause aujourd’hui est la culture du milieu des affaires, auquel appartiennent les agences de notations.
Compléments :