Puissante Asie, faible Occident ?

L’Asie, en tant que Région, a acquis une réelle compétence industrielle. Chaque pays y joue un rôle. La Chine, en particulier, possède un puissant tissu économique, avec une riche sous-traitance. Par ailleurs, elle a été gagnée par la mode des aéroports. Ou, plus exactement, des villes construites autour d’un aéroport. Ces aéroports ont immédiatement la taille d’Heathrow… M.Netanyahou va-t-il être réélu ? Pas totalement sûr. Curieuse personnalité : « ni ses alliés, ni ses ennemis ne croient tout à fait ce qu’il dit ». Mais « nous avons besoin d’un premier ministre qui soit un salaud » pense un conducteur de taxi. Marine Le Pen devient une rock star. Raison de son succès ? « « Quand ils se battent contre le FN » dit Mme Le Pen, avec jubilation, « nous nous battons pour les Français ». » En Russie le KGB et les Tchétchènes, les hommes de main de M.Poutine, s’affrontent. En Europe, il y a deux poids deux mesures. Pour la France, d’une part, et pour les petits pays, de l’autre. En Angleterre, la main d’œuvre est extraordinairement pauvre (et peu productive) : « des 15 membres initiaux de l’UE, seulement la Grèce et le Portugal ont des coûts horaires plus faibles (que l’Angleterre) ». Cela semble en partie dû à l’immigration : « un demi million d’immigrants de plus qu’en 2010 sont employés en Angleterre, ce qui représente à peu près un tiers de la croissance de l’emploi du pays ». Le président égyptien se bat contre les Islamistes et semble vouloir, et avoir le talent pour, s’impliquer dans les affaires africaines. Dans certaines villes américaines, le rôle de la police est de rançonner la population (noire ?) pour combler les trous budgétaires. Dans 30 ans, plus d’un quart de la population des USA sera hispanique. The Economist se réjouit de cet afflux de sang neuf. Cependant, il semble que la transition n’aille pas de soi. Ils sont considérés comme « non blancs » (du coup, les « blancs » seront bientôt en minorité) ; non seulement l’ascenseur social ne semble pas marcher, mais ce serait le contraire qui se passerait : il y a un risque de « sous-classe hispanique » ; et il y a un risque « d’affrontement avec les blancs âgés », car, demain les vieux seront blancs, mais pas les jeunes…
L’esclavage se porte toujours bien. Particulièrement en Inde. Les « supply chains » lui seraient favorables.
MOOCS. On leur trouve d’utiles usages, en appui des cours traditionnels, et aux mêmes prix qu’eux. Notamment pour aider les élèves en difficulté. Mais aussi, c’était prévisible, pour la formation continue, et, à distance. The Economist ne croit pas aux montres d’Apple. D’une manière générale, à moins d’une « killer app », ce type de gadget portable ne devrait avoir un intérêt que pour les entreprises. En revanche, les troubles internationaux poussent les nations à s’armer. C’est bon pour l’industrie de la défense. La carte de visite n’a pas été disruptée par Internet. Pour contrer les menaces de Google, les assureurs vont nous équiper, nous et nos maisons, de capteurs. Et nous surveiller de près. « Les assureurs sont occupés à se transformer en entreprises technologiques. »
La politique monétariste de la BCE fait s’envoler la bourse et s’effondrer l’euro. Les Américains commencent à souffrir. Les inégalités de salaire viendraient du nombre et de la taille grandissants des entreprises. 

Grèce humiliée par la BCE ?

La BCE coupe les vivres à la Grèce. C’est ce que j’ai cru entendre ce matin à la radio. La Grèce va-t-elle être humiliée ? Lâchée par tous ? Surtout la France ? Pas d’alternative à la rigueur ? Paul Krugman pense qu’il s’agit, au contraire, d’une manœuvre de M.Draghi. La ligne de crédit qui a été fermée ne comptait pas. Mais sa fermeture serait une façon de couper toute retraite à l’Allemagne et de la mettre en face de ses responsabilités :
Maybe it’s an effort to push the Greeks into reaching a deal, but my guess — and it’s only that — is that it’s actually aimed more at the Germans than at the Greeks. On one side, it’s the ECB making tough noises, which might keep Germany off their backs for a little while. On the other, it’s a wake-up call: dear Chancellor Merkel, we are *this* close to watching a Greek banking collapse and euro exit, and are you really sure you want to go down this route? Really, really?
Ce qui semble confirmer ce que je disais ailleurs : on pourrait bien être en face d’un numéro de négociation de très haut vol. Attendons-nous à quelques beaux coups de théâtre ?

Le monde se tient par la barbichette, et ça pourrait faire boom ?

Cette semaine, monde en équilibre instable entre jeux de forces particulièrement dangereux. La Grèce, pour commencer. Le premier ministre grec est pris entre et des marchés et une BCE qui ne lui laissent quasiment aucune marge de manœuvre, Mme Merkel qui ne veut pas lui faire de concessions pour ne pas faire de cadeau à la France et à l’Italie, et une coalition d’idéologues extraordinairement peu expérimentée, qui va exploser s’il revient sur ses promesses. Il reste l’Europe qui aimerait bien trouver une autre voie que la rigueur… En tout cas, ce qui semble se jouer c’est une attaque contre les partis de gouvernement traditionnels. The Economist pense que cette offensive va discréditer les assaillants. Mais qu’il faudrait tout de même que les dits partis traditionnels se remettent en cause. Ce qu’ils ne semblent pas prêts à faire… Plus dangereuse, peut-être est la situation russe. En Ukraine, M. Poutine s’est mis dans un guêpier, que ne fait qu’aggraver la baisse des prix du pétrole, dont il tente de se tirer par une course en avant insensée. « Tout ceci rend la situation même plus périlleuse que durant la guerre froide. » « La probabilité de conséquences imprévues, y compris l’usage des armes nucléaires devient de plus en plus possible. »
La monarchie saoudienne est en équilibre précaire. Une partie de la population occidentalisée, voulant une plus grande liberté, une autre, fondamentaliste bornée, des revenus pétroliers en baisse et une politique d’achat de la paix sociale non durable. (Curieusement, le pays est géré comme une entreprise familiale à la Antoine Roullier.)
Politique d’aide à l’accession à la propriété, mal du capitalisme ? Elle pousserait l’argent des banques vers les particuliers, créant ainsi des risques de crises systémiques, et en priverait les entreprises en développement, plombant l’économie.
Les entreprises du numérique ne touchent plus terre. Elles veulent changer le monde. Les entreprises traditionnelles, elles, dépriment. La révolution technologique crée le chômage et détruit la société, pensent-elles. « L’agilité a remplacé la puissance comme qualité la plus prisée. » Du coup, elles n’investissent plus. L’économie n’a plus de moteur.
La politique de la BCE est-elle bonne pour l’économie européenne ? Plutôt non (et même plutôt mauvaise ?). Elle stimule les exportations, mais les multinationales sont installées partout et n’en profitent pas. Et la demande mondiale est faible. Les entreprises cherchent plutôt à se refaire qu’à investir. Idem pour les banques européennes. Elles sont plus affectées par la baisse des taux à long terme que par la perspective de nouvelles affaires.
Aux USA, on se suicide de plus en plus. En cause, la crise, les armes et les guerres (les anciens combattants ont du mal à revenir à une vie normale). Clint Eastwood fait un film à la gloire d’un tueur d’élite. Un vrai Américain. La politique américaine est le terrain d’une corruption exemplaire. Le FMI a besoin de plus d’argent, mais les USA ne veulent pas le lui donner, et ne veulent pas non plus être dilués. Pendant ce temps, les émergents fondent un FMI Bis. Le Canada, qui se croyait un émirat arabe, revient de son amour du pétrole. En Europe, la France ayant renoncé à défendre ses banques, la possibilité d’une taxe financière refait surface.
On a cru que la fonte des glaces ferait de l’Arctique un Eldorado. C’est raté, il demeure difficile d’y naviguer, ou de l’exploiter. Nouvelle victime de la baisse du prix du pétrole.
Apple ne sait plus quoi faire de son argent (178md$ d’économies). Il vend de plus en plus d’iPhone, ses nouveaux gadgets devraient faire un malheur, ainsi que le logiciel et les services qui viennent s’ajouter à son offre. Quand à McDo, il passerait un mauvais moment. Un Américain, qui avait fait fortune en Russie, et qui s’en est fait sortir, s’est attaqué seul à l’Etat russe. Jusqu’ici, il a eu le dessus. Comme dans les films. Etonnants Américains. 

Liberté de parole et complications

Stéphane Charbonnier, was asked if he could understand that moderate Muslims might have been offended by (Charlie Hebdo’s) cartoons of the Prophet Muhammad. “Of course!” he replied. “Myself, when I pass by a mosque, a church or a synagogue, and I hear the idiocies that are spoken in them, I am shocked.”” La liberté de parole pose des problèmes compliqués. En Arabie saoudite, par exemple, l’Amérique fait passer son intérêt avant ses principes. En Chine, les Ouigours font front avec Al Qaeda, mais c’est en résistance aux tentatives d’assimilation chinoises… Le Pape ne serait pas heureux si l’on s’en prenait à ce à quoi il croit.
La BCE tuée par Mme Merkel ? La BCE imprime trop tard et trop peu. Seul effet probable : baisse de l’euro. L’Allemagne l’a entravée par crainte que les pays du sud ne soient pas contraints à la réforme. Mais si c’est l’échec, la BCE aura perdu toute crédibilité. La banque centrale suisse ne soutient plus sa monnaie. Importants dégâts. Mais encore difficile de savoir ce qui va en résulter.
Aux USA, avoir un travail bien payé demande d’avoir fait un certain type d’études. Ce qui permet aux classes supérieures, qui ont verrouillé le système éducatif, de se reproduire. Machiavélique Obama ? Son discours à la nation serait-il un piège pour Républicain ? Les pousser à censurer des mesures favorables aux 99% pour défendre les 1% ? En Italie, M.Renzi veut réformer les institutions. Mais pour cela il doit affronter des « marais », qui ont « avalé plus d’un candidat à la réforme ». M.Hollande s’est comporté en homme d’Etat. Habilement, il a subtilisé « les valeurs patriotiques »  et le drapeau à la droite. Marine Le Pen a fait des erreurs tactiques. Mais l’état de l’économie française rendra ce succès sans lendemain.  En Allemagne arrivée d’un parti à droite de la droite… la place des Nazis ? L’Angleterre n’est pas plus antisémite que par le passé. Mais il y a de plus en plus de Juifs orthodoxes. Ils font des cibles tentantes. En Ukraine, M.Poutine relance la guerre, histoire de montrer que l’Ouest ne le fera pas plier. L’Etat Islamique fait le jeu de l’Iranqui vole au secours des Etats shiites. Mais cela lui coûte cher. D’autant que ses revenus pétroliers baissent fortement. Partout, des groupes religieux cherchent à se tailler des royaumes (Nigeria, Yemen…).
Baisse des prix du pétrole. Elle va durer peu, le temps d’éliminer les faibles. Les forts, eux, licencient, augmentent leurs dividendes et investissent. L’innovation frugale envahit l’Occident. Grâce à l’émergence d’une classe de pauvres.  « Les grands perdants (des transformations connues par le monde ces dernières décennies) comprennent les classes moyennes des pays riches ». Standard and Poor est condamnée par la justice américaine. Cela signifie-t-il que les agences de notation ne sont plus au dessus des lois ? 

La BCE va-t-elle sauver l'Europe ?

La BCE annonce qu’elle va imprimer des billets, ou équivalent (article du FT). Cela va-t-il sauver l’Europe ? L’idée de la BCE, si je comprends bien, est que notre problème vient de ce que nous avons peur. Nous ne dépensons plus, d’où pas d’activité, d’où contraction de l’économie, et ainsi de suite jusqu’à ce que tout soit à l’arrêt. Imprimer, c’est dévaluer, c’est nous forcer à dépenser, donc à démarrer un cercle vertueux. (Explication plus classique de la BBC.)
En fait, il n’y a rien de moins sûr. Un scénario pervers possible est que ce sont ceux qui ont de l’argent qui ne le déversent pas dans l’économie européenne, en particulier les entreprises. Ils le placent. La BCE en achetant des obligations d’Etat va faire baisser leur taux. Ce qui va pousser les possesseur de capitaux à investir en dehors de la zone euro. Ce qui va faire baisser l’euro. Ce qui est bon pour l’entreprise quand elle est exportatrice. Mais, comme ceux qui la contrôlent ne savent qu’économiser, ils vont pomper les bénéfices exceptionnels, et les investir à l’étranger… 
Comme le dit Paul Krugman on est bien loin de la théorie de la perfection des marchés, qui a, justement, servi de justification à la distribution massive d’argent aux actionnaires. Ce que l’on cherche à faire, c’est un choc psychologique ! Et si l’on réussit un choc suisse, on choque les psychologies, mais on provoque une panique ? On aura démontré que les banques centrales ne servent à rien, et qu’il faut que l’on prenne notre sort en main, sous peine d’un Armageddon. Mais pour cela, vraiment, il faudra que le choc soit violent… 

Monde de demain : non démocratique ?

Et s’il fallait se préparer à un monde non démocratique ? Et si, honteuse du spectacle qu’elle a donné à l’époque de son « irrationnelle exubérance »,  la démocratie se repliait sur quelques îlots ? Le reste du monde étant abandonné ? Question que je me suis posée, en lisant The Economist.
Curieusement, c’est Israëlqui me fait penser à cela. De plus en plus isolé, ayant perdu son ascendant moral, sous l’influence d’un million d’émigrés russes rêvant d’un Poutine juif et d’une proportion grandissante d’ultra orthodoxes, Israël penche vers l’autoritarisme.
Ailleurs, aussi, surdité, chaos et repli sur soi : 
En Syrie, Assad se partage le pays avec « l’Etat islamique », pour écraser les rebelles modérés. La Libye est un chaos. Si le virus Ebola gagne l’Afrique, c’est parce que le peuple n’a, avec raison, aucune confiance en son gouvernement et en ses conseils.
L’Angleterre est sortie de la crise. Résultat ? L’entreprise a gagné, l’individu perdu. Certes il y a du travail, mais mal payé et peu productif. L’Espagne va, aussi, apparemment mieux. Mais il y a un nombre colossal de chômeurs et « un quart des employés ont encore un contrat temporaire ».
  
Ukraine. Les sanctions occidentales contre la Russie viseraient la prospection pétrolière en Arctique, mais pas le gaz, utile à l’Europe. Ce qui ne fait que renforcer la dépendance de la population et de l’économie vis-à-vis de l’Etat. La Russie se referme sur elle-même ? Comme les USA ? Car, aux USA, les grands projets collectifs, c’est fini. L’Américain se méfie du gouvernement, et de la science (la conquête de la Lune fut « l’acte final de l’histoire d’amour de l’Amérique avec la science »). L’égoïsme peureux a gagné. Reagan mauvais génie des USA ? Sa foi du charbonnier en leur grandeur (« un homme ayant le grand avantage de croire en ses propres interprétations, réécrites, réordonnées, optimistes, du monde »)  aurait-elle empêché une remise en cause nécessaire ?
Les créditeurs de la Russie et de l’Argentine, condamnés par la justice occidentale, tentent de faire saisir leurs possessions étrangères.
Pour éviter à l’Europe la déflation, la BCE devrait créer de la monnaie. Mais cela la forcerait à acheter des dettes d’Etat de pays que l’Allemagne juge peu vertueux.
Chine. La dernière révolution culturelle, anti corruption, fait un grand nettoyage. Ce qui semble visé : un « réseau » « cherchant à amasser tant de pouvoir qu’il menaçait un système de direction collective qui dépend d’un équilibre précaire entre factions et intérêts ».
Les pays d’Amérique latine sont soumis aux hasards de la « loterie des matières premières », qui fait fluctuer leurs prix, et fournit des instants de croissance accélérée à une économie après l’autre.
Alors que depuis 30 ans on nous vente son efficacité, l’entreprise est devenue hyper bureaucratique. Complexité (de 4 à 7 indicateurs de performance à 25 à 40) ; réunions (les managers y passeraient 15% de leur temps – beaucoup n’ayant aucun objectif) ; e-mails (« communications externes » passant de 1.000 en 1970 à 30.000 aujourd’hui). Achetez des entrepôts. Partout dans le monde, le commerce électronique fait leur fortune.
Science. « L’étude a montré que plus un pays est développé, plus est élevé le taux d’augmentation des capacités cognitives des femmes. » Des bactéries utilisent l’urine pour produire de l’électricité. 

BCE, créature de Frankenstein ?

Inquiétant article (référence en pied de page). La BCE, « première banque supranationale au monde« , aurait échappé à ses créateurs. Elle détruirait la démocratie pour imposer la loi du marché.

A l’origine était la Bundesbank. En échange de l’approbation par l’Allemagne de l’euro, la BCE est construite sur la modèle de sa banque centrale. La BCE a une mission restreinte, maîtrise de l’inflation, mais n’est soumise à quasiment aucun contrôle. Elle va utiliser la crise pour étendre son influence. Car, c’est d’elle que dépendent les systèmes bancaires des pays les plus faibles. Non seulement elle dicte leur politique aux pays qu’elle aide, ce qui n’est pas dans son mandat, mais encore elle fait sauter Berlusconi qui, avec tout le mal que l’on peut en penser, avait été élu démocratiquement. Encore plus surprenant. Au sein de l’Europe les pouvoirs politiques, les Etats, se méfient les uns des autres. « Politique » est devenu un gros mot. Ils préfèrent les technocrates de la BCE aux représentants des autres peuples. De ce fait les hommes de la BCE conduisent l’UE.

Et si c’était à HAL, l’ordinateur de l’Odyssée de l’espace, que ressemblait la BCE ? Plutôt qu’à la créature de Frankenstein dont parle l’article. En effet, c’est la BCE qui a « participé au cadrage de la crise financière comme une crise budgétaire et fiscale« , autrement dit elle pourrait avoir manipulé notre interprétation de la crise, afin qu’elle lui soit favorable. D’autant qu’elle serait à son origine : « un rapport de l’OCDE montre notamment que les politiques monétaires passées ont été la principale cause de la formation de la bulle immobilière et par là, de la fragilisation des pays touchés par la crise« .

Et ses membres sont des banquiers (M. Draghi vient de Goldman Sachs). La démocratie européenne aurait-elle été capturée par la finance internationale ?

(Référence : Clément Fontan, « La BCE : un problème démocratique pour l’Europe ? », La Vie des idées, 15 avril 2014. ISSN : 2105-3030. URL : http://www.laviedesidees.fr/La-BCE-un-probleme-democratique.html)

Le printemps arabe de la démocratie ?

Politique turque : tous pourris ? Un scandale révèle que les enfants des gouvernants (premier ministre compris) ont trempé dans des malversations. Ce que l’on apprend grâce à des juges, qui appartiennent à un allié devenu ennemi du pouvoir. Les dits juges ont servi à renverser le précédent pouvoir. Quant à l’opposition : c’est le chaos. Partout, même spectacle. Comme le marché, la démocratie semble un régime où la médiocrité attire la médiocrité. En Europe, au milieu de la tempête, les partis de gouvernement font preuve d’un curieux détachement. A l’image du premier ministre du Danemark. En pleine chienlit gouvernementale (elle est encore moins populaire que M.Hollande !), elle s’amuse à prendre son autoportrait en compagnie de MM.Cameron et Obama. Devant autant d’indifférence, les forces poujadistes prospèrent. Gros scores garantis aux prochaines élections. Mais elles sont incapables d’assumer des responsabilités. (Les politiques n’ont aucune raison de changer donc, sinon d’être populistes, à des fins tactiques.) Y a-t-il meilleur signe de cette faillite démocratique que la BCE ? Pour éviter une déflation, la BCE, donc, banque centrale sans Etat, va faire une politique « non conventionnelle ». Comme la FED. Mais plus difficilement. Car elle doit contourner les résistances des Etats… Quant aux Arabes, leur tentative de printemps démocratique les a précipités dans une guerre fratricide, secte contre secte. 
2014, l’étincelle ? La spéculation boursière a probablement atteint son point d’éclatement. « La combinaison du mécontentement de l’électorat et de la nervosité gouvernementale peut conduire à des résultats imprévisibles. » C’est grave, mais moins que ce qui nous attend. Un retour à l’ère victorienne. Car le monde de Dickens est la norme du capitalisme. C’est, du moins, ce que déclare un économiste, deux siècles de statistiques à l’appui. Heureusement, la microassurance fonctionne, si on la vend, non à l’individu, mais au groupe.
Par ailleurs, les écoutes de la NSA auraient fait perdre à M.Obama (qui s’en fiche ?) deux alliés : les jeunes et les Européens. Le Liban résiste toujours à la contamination de la crise syrienne. Le Soudan du Sud semble mal parti : certains pays limitrophes le divisent pour régner.
Entreprise. Le Danemark est le champion de l’agriculture industrielle, hyper scientifique (on y parle même de bio silicone). Héritage viking ? On fait visiter les abattoirs aux enfants. Les banques d’investissement sont parvenues à contourner les lois qui devaient réduire la rémunération des banquiers. Mais pas les forces du marché, qui les contraignent à faire des économies. (Il reste de la marge : la rémunération moyenne chez Goldman Sachs est encore proche de 500.000$.) Les laboratoires pharmaceutiques trouvent de plus en plus de remèdes, notamment dans le domaine du cancer, mais leurs marchés (les vieux américains et les émergents) ne peuvent pas se les offrir. Le problème viendrait en partie de ce qu’aux USA, un tiers du marché mondial, il est culturellement incorrect de parler de coût des médicaments. Là aussi, à long terme, les forces du marché, la nécessité de trouver des débouchés, pourraient faire changer les choses. C’est peut-être aussi ce qui arrive à Gazprom. Outil politique du gouvernement russe, il veut imposer sa loi à l’Europe. Celle-ci essaie de le contrer en jouant de la concurrence. Il doit s’adapter pour conserver son influence. Autre exemple de dirigisme. L’Angleterre est le champion mondial de l’énergie éolienne en mer. Ce qui lui coûte extrêmement cher en subventions. Politique d’autant moins compréhensible que le savoir-faire technologique part vers ses fournisseurs étrangers… Une note d’espoir, tout de même ? L’entreprise italienne est increvable. En dépit de ses handicaps domestiques, elle parvient à exporter, et à lever des fonds sur les marchés internationaux. Apprenons à aimer le marché ? 
68 aurait-il été l’idiot utile du collectivisme ? Prochaine acquisition pour le NSA ? En exploitant un phénomène physique de diffusion du son, il est possible de transformer la fibre optique en réseau d’écoute. NSA des parents : les enfants ne fuiraient pas autant Facebook qu’on l’aurait dit.

Derniers changements de l'économie

L’économie en changement
Les grandes compagnies pétrolières vont devenir de moyens producteurs de gaz. Pour diverses raisons. Notamment parce que les nations ont décidé d’exploiter elles-mêmes leurs réserves, et que les « grandes compagnies ont jugé sage de sous-traiter le forage et d’autres aspects de la production » à des entreprises qui ont apporté leur savoir-faire aux dites compagnies nationales. George Mitchell est l’entrepreneur qui a le plus fait pour le gaz de schiste. Il semble avoir eu une détermination increvable : c’est à près de 80 ans qu’il a trouvé l’idée qui a fini par rendre le processus d’extraction rentable. C’était aussi un défenseur de la nature. Et un homme de contradictions.
Fusion Publicis Omnicom. Publicité bouleversée par Internet. Plus besoin d’intermédiaires, annonceurs et médias traitent en direct. Les agences elles mêmes construiraient des plates-formes d’achat d’espace. Et se regrouperaient pour ce faire. Leur avenir semble sombre. « Fintech ». Les start up s’attaquent au métier des banques. En Europe, les banques « continuent à réparer leur bilan ». Ce qui les rend fort peu rentables. En outre, la BCE va les inspecter. Mais que faire si elle trouve qu’elles ont besoin de capitalisation, sachant que beaucoup d’Etats sont trop endettés pour les aider, et que l’Allemagne a bloqué toute possibilité d’aide mutualisée ?
Siemens semble avoir des difficultés à gérer une multitude d’activités. Par ailleurs, le modèle allemand de coopération syndicats – employeurs serait sur le déclin. Il aurait fait les frais des réformes Schröder.
Curieux calcul de PIB. Il dépend des hypothèses choisies. En tout cas, il semblerait que l’on cherche à évaluer la production non marchande (production et consommation de la famille), qui pourrait l’être. Où va-t-on s’arrêter ?
Le monde en changement
Prochaine coalition gouvernementale allemande ? Toujours aussi incertaine. Mais Mme Merkel est prête à toutes les cohabitations. En Egypte, l’armée serait tentée de prendre le pouvoir. Mais elle contrôle une grande partie de l’économie. Comment faire le bien collectif sans nuire à ses intérêts ? En Iran, le nouveau président tiendrait ses engagements de réforme. Comment va-t-il résoudre la crise économique causée par les sanctions internationales ? Au Mali, les élections se sont à peu près bien passées. Reste à régler la question de l’indépendantisme touarègue. Aux USA, on se demande si, après tout, la collecte de données privées dénoncée par M.Snowden n’est pas illégale. Un des étudiants de MIT a piraté un système informatique. Contrairement à sa devise, le MIT l’a laissé condamner. Et il s’est suicidé. Le grand bond en avant chinois serait mû par le désir de « venger l’histoire honteuse du pays ». Que va-t-il arriver quand la Chine sera puissante ? Vengeance ou repos du guerrier ?
Science ?
On essaie de construire des ordinateurs sur le modèle du cerveau. 3 avantages : ça consomme peu, c’est robuste, et ça se programme tout seul. 

Renaissance de l’impérialisme japonais ? Europe, au bord de la dislocation ?

Le Japon, paralysé et malade, devient brutalement le meilleur élève du libéralisme. Et ses réformes à la cosaque semblent réussir. Que lui est-il arrivé ? Qu’est-il arrivé à son premier ministre ? Son précédent mandat n’avait-il pas été pitoyable ? Sursaut d’orgueil. La Chine menace le Japon de disparition. Alors, le Japon veut en revenir à ce qui a fait sa gloire. Ce qui signifie tenter le tout pour le tout, pour se tirer de son marasme économique. Et éliminer de sa constitution l’influence occidentale. Inquiétant ?

Quant à l’Europe, elle passe un mauvais quart d’heure. L’Angleterre est sur la pente glissante de la sortie. David Cameron est de plus en plus fermement contraint par le jeu politique à tenir ses promesses de référendum. D’ailleurs, les liens commerciaux du pays avec l’Europe s’affaiblissent (mais représentent encore 50% de ses exportations). En Allemagne, la coalition qui pourrait sortir des élections est incertaine. Un nouveau parti vient d’émerger, à droite de Mme Merkel. Il demande la fin de l’euro (mais pas de l’UE). L’idée pourrait marquer l’opinion, et le dit parti empêcher les alliés naturels de Mme Merkel d’obtenir les minima pour être représentés. Et les pays européens vont-ils longtemps tolérer leur perte de souveraineté ? Ici, la BCE propose son « aide en échange d’une approbation de l’austérité et de réformes structurelles. » « Cela semble du chantage à certains électeurs de nations débitrices. » Là, le gouvernement d’Andalousie découvre qu’il ne peut pas aider des sans-logis, du fait de l’accord de renflouement des banques espagnoles. L’Europe est partout en récession. Elle est à l’image de son marché de l’immobilier : « les performances contrastées du marché de l’immobilier reflètent et renforcent la tendance générale vers une économie mondiale à trois vitesses. Les marchés sont généralement forts dans les économies émergentes, en rapide développement. Le redressement du marché immobilier américain va contribuer à soutenir la reprise engagée par ailleurs. Le mal affectant de nombreux marchés immobiliers européens est une raison supplémentaire pour laquelle l’Europe est à la traîne. » Aurait-elle été plombée par la BCE de M.Trichet ? Une comparaison avec Fed et Banque d’Angleterre, montre que la BCE a curieusement voulu combattre une inflation inexistante, par des taux élevés. Et a insisté pour « demander que les gouvernements réduisent leurs déficits en échange de son assistance ».

Rien ne va plus en Iran. Lors des prochaines élections, le clan du président va devoir faire face à deux gêneurs. M. Rafsanjani et un poulain de M.Amadinejad. L’Amérique latine se divise entre les bons, l’Union du Pacifique, libres-échangistes, et les mauvais, membres du Mercosur, socialistes. La piraterie se déplacerait, de la Somalie, tenue en respect par l’armada de l’économie mondiale, au delta du Niger. Aux USA, les Républicains cherchent de mauvaises querelles à M.Obama. Histoire, à nouveau, de le paralyser. L’international n’est pas porteur. L’interventionnisme de l’Etat, si.

Il y a tout de même de bonnes nouvelles. Les élections pakistanaises semblent éloigner le risque de chaos (en particulier terroriste). Le parti de la famille Bhutto serait en perdition.

Poussées par les politiques monétaristes des banques centrales, les actions s’envolent. L’entreprise Sony perd beaucoup d’argent. Elle est attaquée par un activiste américain. Il veut lui faire vendre ses studios. Mais ses difficultés viennent de la perte de sa créativité. Drame japonais. La commission européenne part en guerre contre les panneaux solaires et les équipementiers télécom chinois. (Je m’interroge: manœuvre de l’Allemagne et de la France ?) Une étonnante histoire de changement. Le conteneur aurait été une révolution ! Il aurait transformé l’économie mondiale, en facilitant le transport des biens : « plus gros bateaux (…) réduction massive du temps passé dans les ports (…) réduction par deux du voyage porte à porte (…) réduction du pouvoir de négociation des dockers, et du nombre de grèves (et) des pertes pour vol (…) De plus grands ports, moins nombreux (…) il a été possible d’échanger économiquement un plus grand nombre de biens (…) les chaînes d’approvisionnement ont pu devenir plus complexes et plus généralistes. » Et cela aurait permis le miracle des pays émergents : ils n’auraient eu qu’à utiliser ces nouvelles routes, pas à en construire de nouvelles.  
Revue de livres. L’humour juif serait récent, associé à la culture Yiddish, et politesse du désespoir. Ce n’est pas les tensions internationales qui disloqueront la Corée du nord, mais la différence de niveau de vie avec le sud. Alors, attention au chaos (au moins régional) qui va s’ensuivre. Peut-être faudrait-il hâter la dislocation, par la technique utilisée contre l’URSS ? Personne n’est intéressé. L’Egypte ancienne, société stable et hiérarchisée, n’avait pas besoin de monnaie. « La monnaie a été l’instrument qui a permis aux sociétés postérieures de se libérer de l’ordre social et de devenir individualistes. Avec l’argent est arrivée la spéculation et ses crises financières endémiques. » Solution ? Les Etats ne devraient plus assurer les flux financiers. Payer pour ses erreurs éliminerait spéculation et crise.