BBC 3

J’écoute Through the night, de BBC 3. 6h de musique classique, diffusée chaque nuit. Eclectique et intéressant. Curieusement, beaucoup de musique française et de compositeurs français que l’on n’entend pas en France. Mais aussi beaucoup de compositeurs inconnus, et estimables, venus de l’étranger. Et des découvertes surprenantes : Grieg n’aurait pas composé que Per Gynt !

France musique ne rend pas disponible « en réécoute » son programme de nuit, probablement de peur qu’il ne fasse de la concurrence à ses émissions. Cela me paraît un mauvais calcul.

Suicide

Il faudra un jour que l’Ouest fasse un mea culpa. Entre la réforme du monde par la « nouvelle économie », et la guerre d’Irak, que d’erreurs n’a-t-elle pas commises ?

Les Anglais fêtent actuellement cette guerre. Dernièrement, ils parlaient du suicide d’un inspecteur de l’ONU, David Kelly. Son témoignage avait été utilisé par la BBC pour montrer que le gouvernement britannique manipulait l’opinion.

Si j’ai bien compris l’émission (A most consequential death), la BBC était totalement en tort. Elle a été victime de ses a priori. Ils ont été vérifiés par les faits, mais le témoignage ne prouvait rien. Et elle l’a déformé, en faisant croire qu’il émanait des services de renseignement. Quant au suicide, il ne semble pas avoir de coupable, sinon un individu fragile pris dans ses contradictions (il prônait l’honnêteté, mais, interrogé par une commission d’enquête du parlement, il a menti), et broyé par des forces qui le dépassaient. N’est pas Donald Trump, ou Nigel Farage, qui veut.

(Quant à la BBC, je découvre de plus en plus qu’elle a perdu son impartialité légendaire.)

De la vérité

J’ai l’impression qu’il n’y a pas une semaine sans que la BBC ne sorte un rapport sur quelque malversation au sein de la police. Cela finit par ressembler à un harcèlement. Et c’est d’autant plus inattendu pour moi, que j’ai été élevé dans la tradition du Bobby, du policier grand et bienveillant, sans arme, qui faisait régner l’ordre par sa seule présence.

On peut imaginer que ce qu’elle dit est vrai. Mais en est-il de même des conclusions que l’on peut en tirer ?

Surtout, les ressources qu’utilise la BBC pour enquêter sur ces sujets ne pourraient-elles pas être employées, au moins en partie, ailleurs ? Par exemple, j’entends que les enseignants et les médecins anglais semblent avoir entamé des grèves quasiment continues. La situation de l’Anglais moyen doit être insupportable. Et quid de l’avenir de ses enfants ? Pas un mot sur le sujet. Pas plus, d’ailleurs, que sur l’état des banlieues dans lesquelles la police doit intervenir.

La BBC ferait-elle bien de s’interroger sur le concept de vérité ?

In our time

In our time est une émission de la BBC, qui s’est mise à inspirer ce blog.

Une émission typique de la BBC.

Sa séduction tient beaucoup à son animateur. Un baron de quatre-vingts ans bien sonnés, qui parle dans sa barbe et est quasiment incompréhensible par moi. Célébrité de l’intellect, comme plusieurs producteurs de la BBC, mais sur un modèle, très français, d’ascenseur social par l’université d’élite, il a droit à une interminable page de wikipedia.

In our time doit approcher sa millième émission. La formule est simple : un thème de culture générale (science dure, philosophie, histoire, art) et trois universitaires anglais de premier plan. Vulgarisation de haut niveau. Tout ce qu’il faut pour une conversation de salon, ou un billet de blog.

La France vue de l’espace

J’ai découvert les événements de Nanterre par les nouvelles de la BBC.

Mardi : plus rien. Jusque-là, ils faisaient la une des éditions du matin. Avec explosion en fond sonore, et témoignages de manifestants.

Curieusement, la BBC a immédiatement pris fait et cause pour eux. Un adolescent, qui aimait sa maman, avait été tué par la police. (Un des principaux sujets d’intérêt de la BBC est d’enquêter sur les méfaits de la police anglaise.) Elle ne se demandait pas ce qu’il faisait dans une voiture qui apparemment n’était pas la sienne, alors qu’il n’avait pas l’âge d’avoir le permis. Et ce que signifie vivre dans un endroit où ce cas est fréquent. Puis un doute s’est installé. On a entendu dire que la police française n’avait jamais rencontré ce type de comportements. Puis que M.Macron mobilisait le GIGN, « équivalent des SAS ». Puis que la famille de la victime appelait au calme.

J’ai aussi découvert, grâce à des amis venus me voir, que mes environs avaient été incendiés. Ce qui explique peut-être pourquoi j’ai été réveillé par des bruits de feux d’artifice. (Mais cela n’est pas la première fois que ça m’arrive.)

Qu’il est difficile de savoir la réalité ?

Antichiante BBC ?

Je suis surpris par la quantité et la qualité des séries radiophoniques de la BBC.

Contrairement à ce que l’on trouve chez France Culture, on n’essaie pas (trop) d’en faire des oeuvres d’art. Elles ressemblent, plutôt, à la bande son d’un film. Je les préfère au film, d’ailleurs : je n’ai pas besoin de les regarder, et mon imagination est plus belle que la réalité…

Déception, tout de même : les classiques. Ce qu’un classique a de miraculeux, c’est le style de l’auteur. Or, c’est le style qui, justement, est la victime du traitement cinématographique de l’oeuvre. La seule exception est la pièce de théâtre.

Les consultants, les journalistes, les agriculteurs, les avocats, les architectes, le gouvernement, Internet… il n’y a pas un sujet d’actualité dont elle ne soit capable de parler, avec dérision, et surtout, une connaissance d’initié.

Comment y parvient-elle ? L’Anglo-saxon est formé à être un citoyen, c’est à dire à l’art du forum, la rhétorique. Penser et parler. Les deux sens de « logos ». Boris Johnson, qui a étudié les lettres classiques, aurait pu être un consultant en management. En conséquence, cette élite formée à la pensée, à l’esprit critique, est partout, et capable de décrire ce qu’elle voit, et d’en faire une oeuvre d’art.

C’est drôle, mais aussi inquiétant. Car, lorsque l’humour se dissipe, beaucoup de vérités apparaissent. Et ce n’est guère rassurant. La force de la série anglaise est de corriger les moeurs par le rire ? La définition d’antichiant ?

Populaire BBC

Un scandal secouait, l’autre jour, la BBC. Un de ses commentateurs sportifs, ancienne gloire du football, avait traité un ministre de « nazie ». La BBC lui a interdit son antenne. La plupart des participants à l’émission se sont montrés solidaires de sa cause. L’émission vedette semblait vidée de sa substance.

Je me suis demandé si être un média public, avec toute la réserve que cela signifie, est compatible avec des émissions qui soient « populaires ». Car, tant que le peuple sera ce qu’il est, il aimera les sportifs plutôt que la rigueur intellectuelle.

Un média public est un bien commun qui ne peut être financé par le marché ?

BBC 3

Comparaison de BBC 3 avec France Musique.

J’ai fini par m’éloigner de France Musique. Je m’y trouve agressé par la (une ?) « musique contemporaine ». Pour le reste, en dehors de quelques compositeurs baroques récemment exhumés, j’avais l’impression de tout savoir de ce qui avait été composé d’un peu fameux.

J’ai toujours tort.

La musique de BBC 3 est toute différente. Pour commencer, les producteurs parlent peu. Et les programmes de musique continue restent sur le site de la radio (au moins quelques semaines). Avec France Musique, on ne peut avoir accès qu’aux émissions – pipelettes. Surtout, la musique diffusée est beaucoup moins agressive que chez nous. Et elle est surtout beaucoup plus diverse : en dehors des compositrices redécouvertes pour cause de féminisme, que l’on a en commun avec les anglais, j’entends des compositeurs que je ne connaissais pas, dont beaucoup de Français, et des oeuvres nouvelles de compositeurs fameux.

De l’influence de la culture sur la musique ?

BBC

Cette année fut l’année BBC. J’ai changé de téléphone. Le nouveau me permet maintenant d’écouter la radio sur Internet. (L’autre n’en avait plus la capacité.)

J’aime bien les émissions intello. Mais, mon fournisseur usuel, France Culture, manque de souffle. Qui trop embrasse mal étreint ? La BBC ne le remplace pas, mais m’a fait faire la découverte d’une drogue : ses feuilletons radiophoniques.

J’ai un penchant particulier pour les histoires criminelles. Et aussi pour les classiques anglais, que, bien souvent j’avais mal lus.

Vais-je comprendre ? Me suis-je demandé. Je n’ai jamais fait aucun effort pour apprendre l’anglais. Et ce en dépit d’un an en Angleterre, et d’une carrière passablement internationale. Eh bien, le phénomène est curieux. Je comprends, quand le sujet m’intéresse. En fait, je ne peux pas m’empêcher de comprendre… Ce qui m’a amené à une constatation inquiétante : il n’est pas loin d’en être de même pour le français.

BBC et Radio France

Il suffit de regarder les sites web de la BBC et de Radio France pour constater que les deux radios ne font pas la même chose. 

Pour commencer, celui de RadioFrance est le meilleur des deux. Paradoxalement, il semble même bien plus « up to date » que celui des radios américaines. Seule curiosité : un moteur de recherche qui ne trouve pas… Il est plus efficace d’utiliser Google. Décidément, le Français sera toujours un amateur ? 

Et c’est peut-être là que se trouve la différence. Je n’ai pas trouvé d’équivalent de France Culture dans l’offre, très vaste, de la BBC. En revanche, ses émissions sont bien mieux préparées, et sont beaucoup plus fluides. Ses animateurs ont un métier. Comme ailleurs, les Français semblent, avant tout, avoir des diplômes. Il n’y a que le fond qui les intéresse. La forme est secondaire et bancale. En outre, le contenu de la BBC est beaucoup plus « populaire », beaucoup moins donneur de leçons qu’en France. En particulier, BBC4, l’équivalent de France Inter, propose un grand nombre de feuilletons. Quand on parle de science, l’émission est agréable à écouter, mais elle ne va pas loin. 

La BBC me semble ressembler à Marx and Spencer : du populaire d’excellente tenue. 

Comparer la BBC (radio) et RadioFrance, est-ce comparer deux cultures ? Peut-être bien. 

(La question du diplôme ne doit pas être mal comprise : dans leur domaine les journalistes anglais en ont de plus prestigieux que leurs équivalents français. En effet, dans le monde anglo saxon, héritier de la Grèce antique, la presse est à la fois un quatrième pouvoir et le forum de la démocratie. L’élite intellectuelle, à l’image de Boris Johnson, trouve noble d’être journaliste.)