Résistance électrique

Apparemment, le moteur thermique se rebiffe.

Toute une législation de « transition climatique » a été décidée du faîte de l’Europe, par ce que, faute de mieux, on peut appeler des « activistes ». Tant que personne n’était concerné, il n’y avait aucun remous. Mais, cette fois, les mesures touchent le vif.

« Les zones à faibles émissions mobilité (ZFE-m), créées par la loi d’orientation des mobilités de 2019 et renforcées par la loi « Climat et résilience » de 2021, sont, partout où elles sont mises en œuvre, sources de vives inquiétudes et de lourdes incompréhensions .

Manque de communication et de pédagogie sur la mesure, insuffisance de l’offre alternative aux véhicules thermiques, risque de creusement des inégalités sociales voire de fractures territoriales,absence de moyens de contrôle : autant d’angles morts qui cristallisent les tensions et font de cette mesure une « bombe sociale à retardement ». Indépendamment de leur appartenance politique, de nombreux élus locaux et nationaux élèvent la voix et dénoncent la très faible acceptabilité de cette mesure. » (Publication du sénat.)

Dommage que nous soyons gouvernés par des gens qui n’aient rien à apprendre sur la conduite du changement ?

Electricité et carbone

La voiture électrique est-elle un mal ? se demandait un article.

Sa conclusion était qu’elle était plus vertueuse que la voiture ordinaire, mais qu’elle ne réglait pas le problème qu’elle était supposée résoudre : l’émission de dioxyde de carbone. La bonne voiture est la bicyclette (pas électrique) !

(Et l’article ne tenait pas compte des conséquences imprévues de toute innovation, qui peuvent être dévastatrices.)

Peut-être serait-il temps de devenir adultes et de regarder la réalité en face ? Transformer notre société ne se fera pas à coup d’idées plus ou moins farfelues et d’initiatives individuelles : cela exige une réflexion collective, et une mise en oeuvre organisée. (Ce que Kurt Lewin nommait « changement planifié ».)

Risque lithium

Route du Rhum. Un bateau prend feu. Une question de batterie lithium. (Article.) A nouveau.

Illustration d’un phénomène bien connu, mais totalement ignoré. Les dangers de l’innovation. La Révolution industrielle a été accompagnée d’une série de drames effroyables, dont nous ne sommes pas toujours sortis. Il a fallu des années pour comprendre que l’innovation n’avait pas que des bénéfices. Elle est accompagnée de risques, et il faut beaucoup de temps et d’efforts, et de morts, avant de les comprendre et de les maîtriser, à peu près.

Je me demande d’ailleurs s’il n’y a pas là une des caractéristiques de la culture occidentale ou du capitalisme : masquer le coût réel, coût pour l’homme et la nature, de l’innovation. D’où un rythme d’innovation effréné.

Au nom de l’environnement, nous sommes actuellement dans un changement technologique radical. En conséquence, nous sommes aussi dans un moment de risque maximal. Peut-être, pour une fois, pourrions-nous chercher à prévenir plutôt qu’à guérir ?

Changement climatique : risque d'ordre deux

Incendie de batterie. Un risque pour nos voitures, demain ? 

Le combat contre le changement climatique nous amène à adopter brutalement des technologies nouvelles. Or, l’expérience nous dit que tout changement a ses risques. 

On l’a oublié, parce qu’on a fini par maîtriser le risque de celles que nous utilisons, mais, lorsque l’on se plonge dans le passé, on constate que ça ne s’est pas fait sans mal, et que cela a demandé beaucoup de temps. Par exemple, longtemps les chaudières, merveilles de la science, ont explosé. Il en est de même de beaucoup de médicaments, dont on a découvert, après quelques années, qu’ils étaient nocifs. Et peut être même est-ce la cas de la voiture, qui tuait 15 ou 16000 personnes dans ma jeunesse, et encore 4000 aujourd’hui. 

Ce sont ces effets secondaires qui nourrissent le mouvement écologiste, qui est, avant tout, un doute quant au progrès. 

Ce qui serait bien, pour une fois, serait de concevoir le processus de maîtrise des risques en même temps que l’on se met à utiliser la nouveauté…

(Financial Times du 3 août : « Tesla ‘big battery’ fire fuels concerns over lithium risks. Latest incident comes as utilities around the world increasingly rely on lithium-ion to store renewable energy« )

Voiture électrique : le coup du déchet nucléaire ?

Il y a consensus : la voiture électrique va nous sauver. Vraiment ?

Sur l’ensemble de sa vie, il semblerait que son « empreinte carbone » soit deux fois moindre que celle d’une voiture ordinaire. Cependant, il faudrait regarder de près quelles sont les hypothèses prises en compte. Car beaucoup dépend du type d’énergie utilisée, charbon ou nucléaire, par exemple. Mais aussi de l’intensité de l’usage de la voiture dans les prochaines années : la fabrication d’une voiture électrique est très polluante, plus on roule, et plus elle est avantageuse. Surtout, « deux fois moins », c’est encore beaucoup. D’autant que la croissance des ventes de voitures risque de se maintenir. Sans compter que le moteur thermique consomme de moins en moins. Que donneront ces comparaisons, dans quelques années ?

L’électrique aurait d’autres avantages. En particulier, il déplacerait la pollution des riches (les villes), vers les pauvres (les campagnes).

C’est surtout la question de la batterie qui pose une difficulté. Le monde devrait produire 11m de tonnes de batteries usées d’ici 2030. Or, on ne sait pas les recycler, et elles pourraient être dangereuses pour l’environnement. De surcroît, il n’est pas certain que l’approvisionnement en certains composants (par exemple le lithium, sans lequel il n’y a pas de batterie, puisque elle est au lithium…) soit durable. On nous refait le coup des déchets radioactifs ? Oubliez ces problèmes, et parions sur le génie de nos enfants ?

Principe de précaution, nous disait-on ? Et si le mal de notre société était de s’enflammer pour des idées, sans en envisager les conséquences ?

(Sources : les batteries ; les batteries et la voiture électrique.)

Chaos, principe du capitalisme de marché ?

Irak. L’intervention américaine a donné l’Irak à des intérêts particuliers. D’où révolte du peuple. D’où terreau pour Al Qaeda. Europe. Mme Merkel a besoin de l’Angleterre pour faire pièce à la France et bâtir une Europe libérale. L’irresponsabilité de M.Cameron ne lui facilite pas la tâche. Alors, elle temporise. Avec le temps, on peut faire avaler n’importe quoi aux uns et aux autres. D’ailleurs, tout va bien en Allemagne. Le marché européen redevient porteur, la baisse de l’euro favorise les exportations, le marché domestique consomme. Le capitalisme de marché a vaincu l’Italie ? Mediobanca avait des participations dans les très grandes entreprises. Mission de reconstruction donnée en 46. Aujourd’hui, elle se retire. C’est le marché financier qui la remplace. Il en est de même dans la PME. Là, c’est un capitalisme familial qui disparaît. Ukraine. Le peuple veut nettoyer la corruption oligarchique. Mais les mêmes sont à la tête du pays. Les USA désertent Israël. Reste l’Europe. Mais l’Europe est un chaos confus. Aux USA, les Républicains vont reprendre le pouvoir. Cependant, le peuple s’en méfie. La faute à Bush. Il a fait l’envers de ce qu’il avait promis.
Le régulateur américain mène une croisade contre le financement par les banques internationales des ennemis des USA. Pour cela, il va au-delà de l’esprit des lois et inflige des peines terrifiantes. Résultat : les banques, par prudence, ne font plus d’affaires avec les pays qui auraient le plus besoin de leurs services. Le petit investisseur est bien meilleur que le grand analyste. Et cela parce qu’il a moins de pression à la conformité. Innovation chez les fonds d’investissement. Plutôt que d’acheter des entreprises, ils les reconstruisent de zéro. Les vieilles industries innovent. La destruction créatrice ne les liquide pas (cf. montres, stylos, voiliers, vêtements traditionnels, livres…). Elle en fait des niches hyper rentables et innovantes. Destruction créatrice de HP ? HP cherche de nouvelles idées pour renouveler des affaires qui vont mal. Pour l’instant, la seule certitude, c’est que 50.000 personnes ont été licenciées. Bataille de la batterie. Par l’effet d’échelle on veut abaisser massivement son coût. Destruction créatrice de l’automobile. Cependant, une grosse partie de ce coût est de la matière…
Football. La nature d’une société influe sur le succès du penalty. L’anxiété de l’échec est insoutenable pour l’individualiste. 

Monde sans pilote ?

Qui se préoccupe des conséquences qu’a le développement technologique actuel ? D’où tire-t-il son mandat ? me suis-je demandé en lisant la chronique technologique de The Economist. On y voit une chercheuse qui manipule des virus pour créer des microprocesseurs ; des tissus conducteurs qui peuvent rendre intelligents les vêtements, et légers et flexibles les conducteurs ; l’impression de tissus organiques (des équivalents organes nous sont promis pour demain). Plus généralement, la mode est à la copie du vivant : on veut faire gagner en vitesse les ordinateurs, en utilisant toutes les idées possibles, dont le câblage du cerveau ; on conçoit des objets volants sur le modèle de la méduse ; on cherche à communiquer par des processus chimiques (cf. les odeurs). Plus conventionnellement, les énergies renouvelables posent le problème de leur imprévisibilité. On aurait trouvé un moyen de les stocker en masse et bon marché (« batterie de flux ») ; et à faire transporter des quantités supplémentaires d’électricité par les lignes existantes (en passant de l’alternatif au continu). Finalement, le transport maritime se fera sans équipage. Un nouveau fléau apparaît : le pirate informatique.  Les catapultes électriques vont lancer les avions, civils et militaires.
Illusions perdues ?Pays émergents, bulle spéculative éclatée ? Les entreprises occidentales y ont investi des sommes colossales (3000md$ en 15 ans). Le retour sur investissement est faible. Le repli se fait plus ou moins en bon ordre. Fin du miracle africain ? On découvre que la croissance démographique africaine est beaucoup plus élevée que prévu (2,7md de personnes en 2050). Ce qui l’empêcherait de sortir de la pauvreté. Bulle de la prostate. On s’était enthousiasmé un peu vite pour les vertus du dépistage.
Rien ne change. Contrairement à ce que l’on aurait pu penser, l’emploi et la masse salariale de l’administration augmente, en particulier en Allemagne et en France. Scandales bancaires. A chaque fois qu’un truquage est découvert, un autre est inventé. Après le Libor, on parle des taux de change et du cours de l’or. « La force du dollar vient de ce qu’il maintient sa valeur vis-à-vis d’une dette en dollars ». Le monde a besoin du dollar, ce dont l’Amérique continuera à profiter honteusement.
Ukraine. Enchevêtrement invraisemblable. Pays en faillite, lutte entre puissances nauséabondes. Occidentaux divisés. L’Est de l’Europe a peur, M.Obama en veut à ces ringards d’Européens de le détourner de ses véritables intérêts. Le FMI à la rescousse ? Avec la perspective que « l’argent du contribuable occidental serve à rembourser M.Poutine ou les fonds d’investissement qui ont acheté la dette à haut rendement ukrainienne ». M.Poutine ne chercherait pas à annexer la Crimée, mais à donner un nouveau souffle à sa présidence, en montrant sa force. Mais, à long terme, mauvaise affaire pour la Russie. L’UE va chercher à s’affranchir de sa dépendance à l’énergie russe, arme de M.Poutine ; les pays de l’est de l’UE sont effrayés et reconstituent l’OTAN ; l’Ukraine se tourne de plus en plus vers l’Ouest. Une fois de plus, Mme Merkel détient les clés du problème ? Elle ne veut pas d’une crise avec la Russie. C’est un partenaire de l’Allemagne et elle croit aux vertus de la patience et de la démocratie.
M.Hollande veut restructurer son gouvernement. Tout est possible. En Allemagne, on diminue l’âge de la retraite. Les Anglais ont confiance en leurs espions. Les Japonais relancent leurs centrales nucléaires. Le programme économique de leur gouvernement en a besoin. En Thaïlande, l’opposition s’est découragée, mais la justice pourrait être fatale à la présidente. Chypre aurait mieux pris le choc consécutif à son sauvetage financier que prévu. Son économie est résiliente du fait du tourisme des riches Russes et de ce qu’elle a pris la place du Liban comme « centre d’affaire de l’est de la Méditerranée ». Mais ce n’est pas brillant.
Aux USA, l’énergie solaire deviendrait rentable sans subventions. Aidée par des batteries révolutionnaires, un nouveau mode de production « distribuée » verrait le jour : chez l’utilisateur. Ce qui menacerait le modèle de production centralisé actuel (et les services qu’il rend). « Deux tiers des sinistres supplémentaires seront dus aux incitations à la construction dans des zones dangereuses. » C’est parce que l’on est assuré que l’on s’installe dans des zones à risque et que l’on est victime de catastrophes naturelles. (Variante, chez les assureurs des subprimes ?)

Le secret du renouveau de Lego ? Il est vu par les parents comme le contrepoison à l’abrutissement par Internet.

Les économistes inventent « l’homme concurrentiel ». Sa volonté d’ascension créerait la croissance et irriguerait l’économie. Hier, il était bloqué par la monarchie, aujourd’hui, il l’est par la dette.

Réchauffement climatique. Il aurait connu une pause momentanée. Mais les mécanismes qui le sous-tendent sont puissants. Grâce à lui on découvre de nouveaux méga virus, jusque-là congelés.