Dr Pozzi

Par John Singer Sargent — https://hammer.ucla.edu/collections/armand-hammer-collection/ image, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=7793160

Julian Barnes, fameux francophile anglais, m’a fait découvrir le Dr Pozzi, dans une émission de la BBC.

Le Dr Pozzi avait tout pour être un personnage de Proust. D’ailleurs, il l’avait soigné et était un collègue de son père. C’est un homme des lumières, un scientifique, un grand hygiéniste, comme le Dr Proust. C’est même l’inventeur de la gynécologie moderne. C’est aussi un grand intellectuel, partisan de Dreyfus, un patriote, un homme politique, un très bel homme grand séducteur, et un esthète. Comme le Dr Proust, il doit sa fortune à sa femme. Et, comme lui, il fréquente la plus haute aristocratie. Et, comme le monde de Proust, il disparaît en 1918, assassiné par un fâcheux.

Le temps de Proust fut-il le chant du cygne d’une élite culturelle et intellectuelle ?

(Quant à Julian Barnes, il se désolait que l’Angleterre du Brexit se soit repliée sur elle-même et qu’elle ait tourné le dos à un passé où un Dr Pozzi, qui parlait couramment anglais, et ses semblables étaient partout chez eux en Europe.)

Talking it over

Le meilleur ami du marié tombe amoureux fou de la mariée, le jour du mariage.

Les protagonistes de l’affaire s’entretiennent, façon « stream of consciousness », avec le lecteur. Ce qui permet de les voir sous plusieurs angles. Souvent pas très flatteurs.

Humour anglais. Histoire de classes, avec des personnages très typés. Il y a l’intellectuel, façon Oscar Wilde, qui fait de sa vie une oeuvre d’art, et de son discours un feu d’artifice culturel. (Culture parfois quelque-peu frelatée.) Et le gros lourdaud, pas si lourdaud que cela. Et, au milieu, une femme, entre deux milieux.

Une réflexion sur l’amour conjugal, comme fait social, peut-être.

Il en a été tiré un très mauvais film français, que j’ai vu, il y a fort longtemps. Il faut du génie pour traduire l’anglais.