
Julian Barnes, fameux francophile anglais, m’a fait découvrir le Dr Pozzi, dans une émission de la BBC.
Le Dr Pozzi avait tout pour être un personnage de Proust. D’ailleurs, il l’avait soigné et était un collègue de son père. C’est un homme des lumières, un scientifique, un grand hygiéniste, comme le Dr Proust. C’est même l’inventeur de la gynécologie moderne. C’est aussi un grand intellectuel, partisan de Dreyfus, un patriote, un homme politique, un très bel homme grand séducteur, et un esthète. Comme le Dr Proust, il doit sa fortune à sa femme. Et, comme lui, il fréquente la plus haute aristocratie. Et, comme le monde de Proust, il disparaît en 1918, assassiné par un fâcheux.
Le temps de Proust fut-il le chant du cygne d’une élite culturelle et intellectuelle ?
(Quant à Julian Barnes, il se désolait que l’Angleterre du Brexit se soit repliée sur elle-même et qu’elle ait tourné le dos à un passé où un Dr Pozzi, qui parlait couramment anglais, et ses semblables étaient partout chez eux en Europe.)
