Barbara

En bon critique je vais parler de ce que je ne connais pas. Une émission de France Culture sur Barbara. Son journal inachevé. Je ne l’ai pas écoutée. Je soupçonne le misérabilisme. Faire de Barbara une victime. 

Je ne l’ai jamais aimée, à cause de cette image. Elle a changé le jour où j’ai trouvé des films d’émissions de télé de sa jeunesse, dans les années 60. J’y ai découvert une croqueuse d’hommes, sûre d’elle-même, ayant un talent qui a quelque-chose de miraculeux. 

Barbara

Hasard de YouTube, je découvre une Barbara que j’ignorais. L’histoire officielle m’en avait laissé l’idée d’une destinée tragique. Ce n’est pas ce que je vois. D’abord, le style planant très particulier qu’on lui connaît n’est pas d’origine. (Initialement elle était chanteuse populaire.) Il s’est construit. Ensuite, loin d’être une victime de la fatalité, elle semble au contraire extrêmement sure de son talent, et ce dès le début. Loin d’être victime, elle est présentée comme une croqueuse d’hommes. Et elle en est fière.

Mais cette apparence masque l’inquiétude. Elle se droguait. Elle rencontre assez tôt des problèmes de voix, et tente une reconversion dans le cinéma et le théâtre, où elle se ridiculise. Cet épisode aussi semble avoir été éliminé de la conscience collective. Elle m’a fait penser à Amy Winehouse. Un mélange de génie sûr de soi, d’inquiétude et de drogue. Aurait elle été, finalement, une victime ? Mais une victime d’une sorte de pacte faustien ? L’acquisition d’un talent quasi surhumain contre un destin tragique ?