Où va l'argent des banques centrales ?

Pourquoi l’action des banques centrales ne donne-t-elle rien ? Normalement, s’il y a plus d’argent pour la même quantité de biens, cela donne de l’inflation. Or, on n’a pas d’inflation. 
Réponse habituelle : il y en a, mais pas là où elle est contrôlée. C’est l’immobilier, les actions, l’éducation (elle était gratuite, de mon temps)…

Une idée plus curieuse m’est venue en écrivant le billet précédent : et si l’argent des banques allait dans les poches de gestionnaires qui créent une économie factice, qui étouffe l’économie productive ? 

Banque centrale : pyromane ?

Si la guerre des monnaies est menée à coup de taux négatifs, le danger pour l’économie mondiale sera considérable. On entrera alors en territoire inconnu et le secteur financier sera sous une forte pression. Il n’est pas alors exclu que les banques augmentent le taux des crédits qu’elles accordent, ou durcissent à nouveau leurs conditions de prêts pour compenser les pertes réalisées sur les marchés de taux, ou sur les dépôts régis par des rémunérations négatives. On aura alors atteint l’effet inverse de ce que les banques centrales souhaitent : une compression du crédit qui est naturellement déflationniste et qui, partant, encouragera encore à aller plus loin dans le taux négatif. La spirale déflationniste sera alors proche, sans vrai moyen de la contrer. (La Tribune.)
Les politiques des banques centrales ont l’effet inverse de ce qui est désiré. Au lieu de relancer l’économie en favorisant son financement, elles provoquent une contraction des crédits. Faillite du monétarisme, qui régit le monde ? Nouvel exemple d’énantiodromie ? Pas amusant. 
(Monétarisme : laisser-faire, rendu possible par une saine gestion de la monnaie par les banques centrales. Hypothèses qui sous-tendent ce modèle.)

Traités internationaux : combat entre modèles de sociétés ?

Et si une guerre des civilisations était en train de se livrer ? Les traités commerciaux mondiaux sont remplacés par des traités régionaux. L’enjeu réel de ces traités est d’y fixer des normes (culturelles ?), et de les imposer à ceux qui n’y ont pas participé. Combat entre modèles de société. A ce jeu, l’Amérique n’aurait pas le dessus. Elle veut marginaliser les Chinois. Elle a refusé d’entrer dans leur banque de financement des travaux d’infrastructure en Asie. Pas de chance, tout le monde s’y rue. L’Amérique est isolée. Idem ?, les USA s’en prennent au président du Venezuela. Effet inverse de celui attendu : son peuple se regroupe derrière lui.

Le modèle qui a dominé le monde se fissure ? La « valeur actionnaire » est remise en cause. On constate que, contrairement à ce que dit ce modèle, l’actionnaire n’a que des droits limités sur l’entreprise, puisqu’il a des responsabilités limitées… L’Amérique augmente ses taux d’intérêts. Augmentation du dollar. Quelles conséquences ? Elles seraient surtout pour les nombreux pays qui ont emprunté en dollars pour profiter de faibles taux. Surtout « l’inconnue est la confiance. Comment la perspective de taux élevés va-t-elle affecter les esprits animaux des investisseurs et des acheteurs immobiliers ? » C’est un « saut dans l’inconnu ». En tout cas, le jeu des banques centrales est dangereux. En faisant des emprunts d’Etat des investissements qui ne comportent plus que des risques, elles pourraient « modifier fondamentalement la nature du marché des obligations – pour toujours ». (Les banques centrales menacent-elles de mettre en faillite les prêteurs ?)

Les principes qui font la pérennité de l’Etat Islamique ont été touchés. Ses revenus pétroliers, détruits par les bombardements, et son réel moteur : un expansionnisme sans freins. Mais les causes qui l’ont fait émerger, elles, n’ont pas été atteintes. Au contraire ? « Les territoires détruits sur lesquels il espérait se construire (…) pourraient bien terminer en plus mauvais état qu’ils n’étaient au départ. »


Vie quotidienne du monde. Les Grecs réclament aux Allemands un dédommagement pour un emprunt forcé fait durant la guerre de 40. L’équivalent de 11md€. Il en a été question, un jour. Mais les temps ont changé. Car les Allemands se voient désormais comme des victimes (de la crise de l’euro). Les pays des Balkans sont asphyxiés par « un mélange de népotisme, de montagnes de taxes, et de freins à l’entreprise ». Leurs citoyens cherchent le salut dans l’immigration. L’Europe veut répondre à la désinformation russe. Faire de la propagande serait contre-productif. Systémique Netanyahou ? Parce qu’il a fait des promesses de campagnes de droite, il va gouverner à gauche. En effet, pour gagner les élections, il s’est mis à peu près tout le monde à dos. Pour réparer la casse, il pourrait demander à M.Herzog de devenir ministre des affaires étrangères. Ce que ce dernier, à qui sa défaite va coûter son poste actuel, accepterait. L’Egypte veut relancer son économie en construisant des gigantesques villes nouvelles, à la Dubaï. Ce n’est pas la première fois que ça a été tenté. Les autres ont raté. Certaines parties des USA sont dans une misère abjecte. Les démocrates ont tenté d’y remédier par des subventions. Ça n’a pas marché. La population va donc voter pour les Républicains, qui vont lui ôter toute aide. L’Italie et la France s’en prennent à leurs notaires. Ils gagnent un peu trop bien leur vie et concourent à renchérir le prix de l’immobilier (1%).

Pourquoi y a-t-il autant d’espèces de coléoptères ? Parce qu’un « sous ordre » semble produire des espèces qui défient la sélection naturelle. Ferez-vous des études universitaires ? Cela dépend avant tout de votre environnement familial à la naissance. La réussite scolaire est une question de liens sociaux, bien plus que de capacités intellectuelles. « Les parents éduqués s’engagent dans un dialogue socratique permanent avec leurs enfants (…) Les parents de la classe ouvrière (…) exigent simplement que leurs enfants leur obéissent. » Les Palestiniens essaient d’utiliser contre Israël les techniques terroristes qu’Israël a employées contre le colonisateur anglais. Mais si l’Angleterre avait fait ce que fait actuellement Israël, Israël n’existerait pas. Bonne nouvelle, pour finir ! Il y a stabilisation des émissions de gaz à effet de serre. Ce qui prouve que lorsque l’on veut, on peut.

Black swan suisse

Qui a dit que la Suisse était le paradis de la finance ? Sa banque centrale vient de plomber les comptes quelques banques et de couler plusieurs fonds d’investissement. Tout ce monde avait prévu que le franc suisse allait baisser alors qu’il a pris 20% quasi instantanément. (Billet de The Economist.)
Pour les mathématiques de ces financiers le Suisse ne peut exister. Ce qui montre aussi que le système bancaire demeure peu résilient et très fragile. 

USA : mort aux sous-hommes

Si vous êtes Américain et que vous trouvez que la tête de quelqu’un ne vous revient pas, vous pouvez lui faire subir le traitement qu’il vous semble bon. Les drones de M.Obama, d’ailleurs, montrent l’exemple.
Les 4 grands cabinets d’audit internationaux ne servent pas à grand-chose. Et ce pour la bonne raison qu’ils s’auto-contrôlent : « la profession (…) a mis la barre au plus bas : en fait, les auditeurs se contentent de dire si les états financiers respectent les normes comptables – ce qui fait qu’il est impossible qu’ils puissent mal faire leur travail ». Une solution originale : que les assureurs assurent les entreprises contre les risques comptables ; ce qui les contraindrait à pousser les auditeurs à devenir compétents. Peut-être n’en aura-t-on pas besoin. A l’exception de Google, les grandes entreprises découvrent qu’il est bon de ne rien cacher au marché. « la franchise (…) fait augmenter le prix des actions en signalant que le management s’en prend aux risques cachés ». En tout cas, les constructeurs automobiles allemands et français sont parvenus à faire croire qu’ils respectaient les normes européennes d’émission. Ce qui est de plus en plus faux. (L’écart entre ce qu’ils disent et la réalité approcherait 50%.)
Elections à haut risque en Grèce. Le support des Russes à M.Poutine pourrait faiblir à mesure que les sanctions occidentales affectent leur train de vie. La Mafia a infiltré le nord de l’Italie et sa classe politique. C’est l’Allemagne qui est l’obstacle aux négociations de libre échange entre l’Europe et les USA. Curieusement, les nationalistes écossais auraient repris du poil de la bête. Ce serait devenu le 3ème parti anglais. Ici comme ailleurs, l’électeur est à la recherche d’idéaux qui remettent un peu de couleur dans sa vie. En Chine, la propagande du PC passe au numérique.
Depuis qu’il n’y a plus de chômage aux USA, leur banque centrale veut combattre une inflation qui n’existe pas. Ce qui semble malencontreux. En Europe, M.Draghi voudrait expédier rapidement sa politique monétaire, de façon à pouvoir prendre la présidence de l’Italie. 
Conclusion. Chute du prix du pétrole, changement de politique monétaire américaine, possible crise grecque et retour de celle de la zone euro, fragilité chinoise… attention risque d’explosion
Grâce aux fameuses supply chains, et à la suppression des barrières douanières, les échanges mondiaux ont connu un extraordinaire développement. Avec des résultats surprenants : « des 2md$ d’exportations d’iPhone par la Chine, seulement 73m$ de leur valeur a été ajoutée en Chine, contre 108m aux USA et 670m au Japon ». Le mouvement se serait arrêté. Mais peut-être a-t-il changé de nature. Du commerce de pièces détachées il est passé à celui de l’immatériel ? 
La Chine est devenue le pays le plus innovant au monde, depuis que son gouvernement en a décidé ainsi. Tentative de « disruption » de la banque : des start up mettent en relation emprunteur et prêteur. Et on découvre que, sans garantie, on réduit les coûts de transaction. Mais à quoi servent donc les banques ?
L’Organisation Mondiale de la Santé, n’est plus que l’ombre d’elle-même. Plus de budget, plus de personnel. Dommage, elle est utile.
Geoengineering (génie climatique ?). Pour le moment seul Bill Gates veut financer des expériences en grandeur nature. Quant aux sacs plastics, ils ont colonisé les océans. Et, surtout, ils se dissolvent en particules qu’absorbent les êtres vivants et les sédiments. « Personne ne sait vraiment où ils vont. »

Analyse systémique de la crise

Cette crise est un cas d’école de systémique ! La politiques des banques centrales a l’effet opposé de celui qui était prévu. 
Pourtant tout part d’un principe en béton. Une quasi tautologie. Il ne s’agit même pas d’économie, mais de bon sens. Les banques centrales créent de la monnaie pour pousser l’inflation. Effet évident : si vous avez une masse monétaire de x et des prix p, avec 2x les prix sont 2p. (Puisqu’il y a toujours les mêmes choses à acheter avec deux fois plus d’argent.)
Or cela accélère la déflation ! Pourquoi ? Parce que les banques centrales achètent des emprunts d’Etat, ce qui fait baisser le rendement de ceux-ci. L’argent va donc se placer ailleurs, notamment dans les actions. En quittant le pays, il fait baisser le taux de change. Avantage concurrentiel pour les entreprises locales. Mais le supplément de rentabilité obtenu n’est pas réinvesti. Et les pays étrangers, confrontés à cette concurrence, doivent baisser leurs coûts salariaux. Déflation. Et demande d’aide à leur banque centrale… 
Où est le bug ? C’est que la société ne crée plus, elle détruit, elle brûle son patrimoine. Irresponsabilité comme principe de vie. Les banques centrales, en prétendant résoudre seules les problèmes du monde, ne font qu’encourager cette irresponsabilité. La crise n’a pas une cause économique, mais humaine
(C’est ce que dit Mme Merkel. Malheureusement, son pays a réagi à ses propres problèmes par des mesures déflationnistes : il est devenu compétitif par réduction de salaires, délocalisation, et diminution de ses investissements productifs. Aujourd’hui nous n’avons que des exemples de ce qu’il ne faut pas faire. Y compris, d’ailleurs, chez des économistes hétérodoxes comme Paul Krugman.)

Le monde : entre nationalismes et rodéo financier

L’Inde serait aux prises avec la passion du lucre, et l’individualisme. Les castes, c’est fini, ou presque. Ainsi que la politique clientéliste du Congrès. Et c’est un nationaliste qui a un millier de morts sur la conscience qui lui promet le paradis. En serait-il de même en Turquie ? M. Erdoggan a apporté le confort à la Turquie. Elle le réélit. La Hongrie maintient au pouvoir un petit Poutine ? En Chine sa campagne anti corruption permet au gouvernement d’éliminer de puissants adversaires politiques. Au Québec, le Parti Québécois semble avoir perdu les élections pour avoir voulu parler d’indépendance. Les nouvelles générations n’y sont plus favorables. Fin de la chasse à la baleine au Japon. Tradition en déclin, et coûteuse. 

Italie. Pour financer sa politique, M.Renzi vend les participations de l’Etat. L’Europe espère le salut du commerce. Plus exactement de négociations de partenariat avec l’Amérique et la Chine. Mais cela ne risque-t-il pas de la disloquer ? (Certains ayant infiniment plus à gagner que d’autres dans l’affaire.) Elle devrait comprendre qu’elle ferait bien de remettre en fonctionnement son moteur économique. Car, elle vacille au bord de la déflation. La surévaluation de l’euro, en particulier, lui coûtant cher. BCE, au secours ? Les banques centrales sont devenues les banquiers, permanents, des gouvernements. Et si nous nous en mordions les doigts ? « Du fait de ce dispositif les responsables politiques ont moins qu’avant à rendre des comptes ; en stimulant les prix des actions, que possèdent principalement les riches, cela pourrait bien avoir conduit à l’augmentation des inégalités, sans que c’ait été approuvé par un vote. Peut-être que dans dix ou vingt ans, on verra les événements récents comme le moment où le monde a franchi un cap. » En tout cas, la politique actuelle des banques centrale pousse les investisseurs vers les « frontières », des pays qui ne sont ni développés ni émergents. Pas bon pour la santé de ces derniers ? Et les pays émergents à emprunter à l’étranger, ce qui leur a été fatal lors de la crise de 97.
Aux USA, certains diplômes sont de mauvais investissements. Entre 15% (université sans but lucratif) et 22% (à but lucratif) des étudiants sont incapables de repayer leurs emprunts dans les 3 ans qui suivent le début des remboursements. Heureusement, les cours en ligne arrivent. En outre, l’Amérique, pays des libertés, donne l’asile éducatif à une famille allemande. Elle ne voulait pas d’une éducation publique pour ses enfants.
Petrobas, compagnie pétrolière brésilienne. Où l’on voit, une fois de plus, politique et économie ne font pas bon ménage. GM doit rappeler un grand nombre de voitures, après quelques morts. Quelque chose a cloché dans ses dispositifs de suivi après vente. Aux USA, des investisseurs veulent utiliser les technologies de l’information pour réinventer l’assurance, et la médecine. Arrivée du smartphone bon marché. Samsung serait menacé. D’où la recherche de nouveaux marchés (montres, bracelets électroniques, voitures). Les entreprises chinoises achètent des PME allemandes. Pas pour les démanteler, mais pour acquérir prestige et expérience. Les Allemands sont enchantés : « les Chinois pourraient être la solution aux problèmes de succession que rencontrent beaucoup d’entreprises du Mittelstand ». Les cultivateurs de roses du Kenya font face à des pressions contradictoires. Leurs clients occidentaux veulent à la fois des baisses de prix et la RSE. « En concentrant plus de pouvoir entre les mains de géants de l’agroalimentaire, la demande de l’Ouest que les entreprises soient de bons citoyens a des résultats que n’attendait pas la gauche. En même temps, elle surprend beaucoup de gens de droite : loin de tuer les entreprises, elle les encourage à devenir plus productives et innovantes. »

Réchauffement climatique, changement des scientifiques. « Le nouveau rapport (…) voit le climat comme un problème parmi beaucoup d’autres, dont les conséquences sont souvent conditionnées par les interactions avec ces autres problèmes. Et la bonne politique tente de réduire la charge, de s’adapter au changement, plutôt que de chercher à l’arrêter. »