Pourquoi nous appauvrissons-nous ?

Depuis maintenant longtemps, la productivité de l’entreprise et les revenus du capital progressent beaucoup plus vite que le salaire de l’employé. Explications avancées :
  • L’économie basculerait de la consommation à l’exportation (capital plutôt que salaire).
  • L’élite sait profiter de la globalisation, alors que la masse est scotchée à sa nation.
  • Le progrès favorise les hautement qualifiés.
  • Pour stimuler l’économie, les banques centrales ont subventionné le secteur financier, ce qui a permis à ses membres de s’enrichir considérablement, au détriment de leur prochain.

Le nucléaire a-t-il un avenir ?

Nous avons besoin du nucléaire, il est peu dangereux (il tue moins que les mines de charbon), mais seuls les régimes non démocratiques vont continuer à y investir, alors que seule la démocratie présente la transparence qu’exige la gestion d’une centrale nucléaire. Voici ce que, en substance, dit The Economist.
Bref, quitte à sauter avec les Chinois, autant profiter du nucléaire en attendant.
En fait, je ne crois pas que notre démocratie soit aussi transparente que nous le pensons. Article après article les économistes ne se lamentent-ils pas de ce que leur science a été kidnappée par la finance, et a produit 30 ans de débilités sans nom ? Ne nous dit-on pas que c’est l’industrie pharmaceutique qui contrôle l’État ? Le néoconservatisme, le mouvement qui a le plus marqué l’Occident ces dernières décennies, ne prône-t-il pas le lavage de cerveau ?… 

Du danger des employés de talent

Les errements de M.Galliano et de quelques autres font s’interroger certains sur la gestion du talent.
On découvrir, que contrairement à ce que l’on pensait ces derniers temps, nul n’est irremplaçable. Et surtout « que la célébrité peut être une drogue aussi puissante que la cocaïne ».
En ces temps où l’on parle de plus en plus d’inégalité, commencerions-nous à vouloir raboter les ailes, et les bonus, de nos élites ?
Compléments :
  • Le succès irait-il de pair avec une forme d’euphorie ? Inside job affirme que les top banquiers se vautrent dans la drogue (et la prostitution). Les hauteurs sociales seraient-elles mauvaises pour la santé mentale ? 

Hedge funds menacés par le scandale ?

L’enquête qui est menée sur les malversations du fonds américain Galleon, depuis 2009, révèle qu’un certain nombre de fonds du même type profitaient de délits d’initiés. Et les dits initiés appartiennent à l’élite américaine. L’affaire pourrait faire beaucoup de dégâts à la réputation d’une profession pour laquelle la réputation est tout.
Question récurrente de ce blog. Le législateur veut réglementer ce type de fonds, mais le passage en force est-il efficace ? Ne faut-il pas, au contraire, exploiter la conséquence prévisible des vices de fabrique des entreprises que l’on veut réguler ? Car, « qui a vécu par le glaive, périra par le glaive » ?
Compléments :
  • Je n’ai pas trouvé de traduction satisfaisante à « hedge fund » (Wikipédia parle de « gestion alternative »…)

Rôle des banques centrales

Les banques centrales ne devraient pas intervenir uniquement quand le prix des actifs s’effondre, mais aussi lorsqu’il grimpe excessivement. Voici ce qu’ont découvert deux éminents économistes, en faisant appel à des théories sophistiquées. (Killing off the monster.)
Notre élite vivrait-elle dans un monde d’abstraction, dans lequel le bon sens ne peut entrer que s’il prend l’aspect de théories mathématiques complexes ?

Banquier menacé

Jusqu’ici le banquier d’affaires a défendu son salaire avec un remarquable succès. Mais voilà la conjoncture est difficile et le poids de son salaire sur le résultat des banques se voit comme le nez au milieu de la figure.
En fait, ce qui plombe leurs comptes est l’augmentation de leurs garanties, imposée par les régulations internationales anti risque systémique. (The big squeeze.)
Alors était-ce ce risque excessif qui, en créant une prospérité artificielle, permettait de masquer la démesure du salaire des banquiers ? Doit-on en déduire que la défense de leurs avantages acquis va conduire les banquiers à un baroud d’honneur de coups tordus ?

Banquiers de mieux en mieux payés

Les banques d’investissement européennes augmentent leurs salaires pour compenser la réduction des bonus qui leur est imposée (+2,4md£ pour 4 d’entre elles, tout de même).
Illustration d’un grand théorème du changement ? Confrontées à un changement passé en force, les organisations maintiennent le statu quo.
Les banquiers seraient-ils condamnés à s’enrichir ? Pas forcément, car leurs résultats se dégradent. Alors, pour s’accorder la rémunération due à leur mérite certains d’entre eux vont-ils être amenés à se défaire de leurs collègues ?

Inside job

Film de Charles H. Ferguson, 2010.
Un documentaire dans lequel on retrouve de mêmes sources et thèmes que dans ce blog.
On y voit la capture par les financiers de l’État américain et de tout ce qui aurait dû les contrôler (y compris les économistes). Conclusion : ils sont coupables de la crise. Pourquoi sont-ils toujours en liberté ?
Je ne suis pas sûr d’être d’accord. Il est extrêmement difficile pour un individu pris dans un mouvement aussi général de s’en dégager, ou même de pouvoir avoir la liberté de pensée nécessaire pour envisager une rébellion. Les cadres supérieurs d’une entreprise passent beaucoup de temps ensemble, et leur vie privée se déroule loin du monde, dans un luxe difficilement imaginable, ou chez les prostituées (frais professionnel si l’on en croit le film). Ils habitent un univers à part.
La capture de l’État par les financiers me semble s’expliquer par un effondrement des contre-pouvoirs qui s’opposaient à leur poussée. Inside Job participe à la reconstitution de ces contre-pouvoirs.

Fragile Angleterre ?

File on Four de BBC4, hier soir. La rigueur anglaise pourrait-elle déclencher une crise immobilière ?
Les banques semblent faire des profits exceptionnels (3% contre nettement moins de 1% en temps normal) sur leurs prêts à l’accession à la propriété – histoire de reconstituer leurs réserves. Du coup, les maisons ne se vendent plus. Il est aussi étonnant à quel point ceux qui rencontrent un pépin (maladie, chômage…) peuvent se retrouver, instantanément, dans une situation désespérée  par la moindre réduction du budget de l’État. Qu’arrivera-t-il lorsque les premières vagues de licenciements surviendront ?
L’émission remarque aussi que la partie supérieure de la population est totalement isolée du phénomène.