Déséquilibre social et crise de l’Occident

La crise viendrait-elle des divisions de la société ? Entre ceux qui s’accrochent à leur travail, et ceux qui n’en ont pas ; entre les syndicats et le reste du monde ; entre les vieux et les jeunes ? (Turning Japanese)

Faut-il aussi ajouter à cette liste ceux qui se sont massivement enrichis, comme certaines classes de la population, certains pays, et certains secteurs économiques (les banques, la santé…) ? Cela peut-il expliquer pourquoi les gouvernants mondiaux ont tant de mal à remettre l’économie en marche ?

Taxe pour la fortune

Harald Hau, un économiste, remarque que le plan de secours de l’Europe à la Grèce est l’équivalent d’une subvention de 200md€ des contribuables pauvres, aux banques et aux riches qui les possèdent.

Selon lui il fallait laisser les banques périr de leurs erreurs. L’Etat y aurait alors investi. Cela aurait moins coûté, et aurait permis au contribuable d’entrer en partie dans ses fonds lors de la remise sur le marché après assainissement.

Pourquoi nos gouvernants n’ont-ils pas mieux défendu nos intérêts, ils étaient pourtant en position de force ?

Peur de faire le lit de Mme Le Pen ; pas les compétences de reprendre une banque ; le lobbying bancaire est irrésistible et fait la politique des États ; la BCE a été kidnappée par les banques.

Bientôt, une révolte des contribuables ? (Eurozone bailout: Taxpayer transfer to the wealthy?)

Spéculation ?

L’Europe est-elle attaquée par un gang de spéculateurs ? « Une bande organisée de spéculateurs cherche à faire tomber les pays de la zone euro » dit un professeur d’HEC.

Pourquoi s’en étonner ? La spéculation est le métier même du banquier. Par définition les marchés financiers cherchent à gagner de l’argent par quelque moyen que ce soit. Si l’explosion de la zone euro est possible, un financier ne mériterait pas ce nom s’il ne voulait pas profiter de l’occasion. Son rôle est de maximiser les revenus de l’établissement qui l’emploie.
D’ailleurs les financiers qui ont une morale affirment que la « main invisible » du marché fait le bien.
Compléments :

Amérique et UE, deux faces d’une même crise ?

Un article du Financial Times observe que, contrairement à ce qu’ils croient, les Américains et les Européens souffrent d’une même crise.
Endettement des ménages pauvres dans un cas, des nations pauvres dans l’autre. Dérèglement des flux financiers à chaque fois. Et le gouvernement fédéral n’est pas plus habile que l’UE à trouver des solutions au problème. 

Confuse Grèce

Il y a quelques jours j’entendais un syndicaliste grec interviewé par la BBC dire que l’Europe n’avait pas d’autre choix que de sauver la Grèce. Alors à quoi bon la rigueur, il y aura toujours quelqu’un pour payer ses dettes.
Quant à The Economist, il se demande s’il y a un Grec pour racheter l’autre. Tous des assistés ?
Et la proposition d’assistance proposée par les banques françaises ? Une « machination ». Elle est dans leur intérêt, pas dans celui de la Grèce. (A bank bail-out by another name?)
Compléments :

Répression financière

En phase d’inflation, empêcher les capitaux de partir à l’étranger et ne leur offrir que la dette d’État comme issue. Moyen de dégonfler la dette des nations, plus efficace que les impôts :
Ce serait plus ou moins ce qui se passe aujourd’hui : l’inflation est supérieure au rendement des placements, et les banques devant reconstituer leurs garanties doivent conserver leurs fonds à la maison. Mais l’effet serait limité. (The great repression)

Du danger des dettes externes

Les pays en danger sont ceux qui ne maîtrisent pas leur monnaie et dont la dette est possédée par des étrangers. Ils font peur aux financiers.
Pourquoi ? Parce que, sinon, soit vous dévaluez votre monnaie, soit vous imposez massivement vos créanciers nationaux, et l’affaire est dans le sac. (External versus domestic debt in the euro crisis | vox)
Il y a quelque chose qui m’échappe dans cet argument. La dette d’un pays qui peut dévaluer sa monnaie (USA, Angleterre, par exemple) peut rapidement ne rien valoir. Pourquoi devrait-elle paraître plus sûre que celle de la zone euro ? 

Criquets et investisseurs

Il semblerait que l’on soit capable de prévoir le mouvement de nuées d’animaux ou d’insectes par des règles très simples. Par exemple, pour les criquets, avec l’hypothèse que l’individu tend à imiter ses voisins. (Self propelled particles)
Curieusement ces modèles seraient aussi efficaces pour expliquer les marchés financiers.
La finance donnerait-elle à l’homme le QI du criquet ?

Trop de banques est mauvais pour la santé

D’après des économistes, si un secteur financier pèse plus de 110% du PIB national, le dit pays est en danger.
Ça semble ressortir de modélisations compliquées, et ne pas être contredit par les faits…
Compléments :
  • L’article dit aussi que « durant les trois dernières décennies, le secteur bancaire américain a crû 6 fois plus vite que le PIB ». Si le secteur bancaire a pour but de servir le reste de l’économie, son développement devrait induire un enrichissement collectif. Si ça n’a pas été le cas est-ce parce que le phénomène a fonctionné à l’envers ?