L’Angleterre rit de son malheur ?

La crise européenne produit une forme d’orgasme de l’Angleterre thatchérienne.
A-t-elle raison de se réjouir ? Peut-être. Elle pourrait ne pas en avoir de nouvelle occasion avant longtemps.
La moitié de ses exportations va vers la zone euro ; la City, qui apporterait 2,5% de PIB d’excédent commercial à l’île, est promise à la décadence, si elle est distraite par l’incertitude européenne ; et que feront les multinationales qui considèrent l’Angleterre comme une plate-forme d’attaque du marché européen ?
Compléments :

Italie et changement

Les promesses de M.Berlusconi seront-elles plus qu’un écran de fumée ?
  • En Italie, le changement est toujours venu de l’extérieur.
  • M.Berlusconi est apparu après l’opération « Mains propres », qui a dévasté la classe politique italienne. Il demeure sans alternative.
  • Dans ce monde d’assistés (?) seul rayon de soleil : la banque d’Italie. Elle produirait une sorte de corps d’élite. Le nouveau président de la BCE en étant issu, peut-on espérer un miracle ?

(A tale of two Italians)

Banque malade

La Tribune titrait hier :

Crise financière : le lobby bancaire français se défend

C’est la santé des finances publiques de certains États de la zone euro qui est à l’origine de la crise, pas la santé des banques, a déclaré ce lundi la Fédération bancaire française (FBF).

Curieux. Je ne m’attendrais pas à ce qu’un marin qui s’est engagé avec une barque sur un océan mette en cause la tempête pour justifier son naufrage.

Les crises sont le propre du capitalisme, et les banques ne se sont pas armées contre. Cette réaction laisse même entendre qu’elles ne se sentent pas concernées par ce qui pourrait leur arriver.

Nos banques nous prennent-elles pour des idiots, ou, si elles croient à ce qu’elles disent, ont-elles les capitaines qu’elles méritent ? 

Recapitaliser les banques ?

Faut-il recapitaliser nos banques ?

Certainement. Le système financier semble avoir saisi une place hors de proportion avec son utilité. Il l’a fait, en prenant des risques exagérés. Le remettre dans son état antérieur est donc probablement essentiel.

Cependant, le faire pendant une crise est particulièrement périlleux. Bref, dans le changement, tout est une question de mise en œuvre…

Compléments :

  • Un tel mouvement peut-il encourager les entreprises à se diriger vers plus d’autofinancement ? (D’ailleurs, on dit qu’elles n’ont jamais eu autant d’argent.)

Économie anglo-saxonne

J’ai dû récuser tous mes jugements d’élève. Mon expérience « d’algorithmicien » de Dassault Systèmes m’a montré que les mathématiques étaient en déroute au moindre contact avec la réalité. Mon travail sur le changement m’a converti aux sciences humaines et à la philosophie, que j’avais catégoriquement refusé d’étudier quand j’étais jeune. Et ce blog m’a fait me plonger dans l’économie, science digne des médecins de Molière.

J’en tire le curieux sentiment que notre capitalisme est tellement lié à la culture anglo-saxonne que même s’il ravage de temps à autres Angleterre et Amérique, il ne peut faire que des dégâts effroyables entre des mains moins expertes. Et que l’on n’est jamais autant en danger que lorsque l’on croit l’avoir maîtrisé (cf. le Japon de la fin des années 80).
Compléments :
  • Une raison pour conserver des Anglo-saxons dans l’UE ?
  • The Economist pense effectivement que la réforme par la Grande Bretagne de ses banques mérite d’être imitée, ce pays ayant une expérience sans équivalent dans ce secteur. (Good fences)

5000 milliards de $

Les banques américaines vont distribuer 5000md$ à leurs employés dans les dix prochaines années. Voilà un montant qui ridiculise celui de la dette des USA.

Ces sommes seraient tirées des garanties qu’elles n’ont pas constituées pour se protéger des risques. Ce qui force le gouvernement à les soutenir, d’où cercle vertueux. (The Great Bank Robbery)
Autrement dit, elles le parasitent.
Qu’aurait-on dit s’il s’était agi de la Grèce ?
Compléments :
  • Les auteurs du billet se demandent pourquoi le marché n’élimine pas ce scandale. Et si la réponse était que, à leur manière, ces banques sont redoutablement efficaces ? 

Que reproche-ton à nos banques ?

On reproche à nos banques de ne pas être « mark to market ». Leurs comptes ne reflètent pas la valeur de bourse de la dette grecque. Du coup, les réserves qu’elles possèdent pour parer à une crise sont insuffisantes.

Pourquoi les actifs d’une société devraient-ils avoir la valeur que leur donne le marché, alors qu’ils pourraient en avoir une autre lorsqu’on les vend ? Il faut, donc, peut-être, manier cette idée avec prudence. À moins d’être convaincu de la rationalité des marchés ?

Et l’argument sur le niveau de garantie est douteux : face à la crise que semblent prévoir les marchés, les niveaux de garantie jugés sûrs seraient insuffisants, probablement. En effet, ils étaient beaucoup plus élevés à l’époque où les banques devaient se défendre seules.

En fait, on reproche à nos banques d’avoir des comptes opaques, mais surtout de dépendre de la bonne volonté des gouvernements à transformer l’Europe en une fédération. Or, depuis des mois les journaux économiques anglo-saxons dénoncent les atermoiements des politiques de tout poil. Sans comprendre que ce qui se joue en Grèce, par exemple, est un cataclysme social, et que cela ne peut pas réussir par miracle.
Les marchés, qui ne connaissent que l’action immédiate, sont affolés par l’incertitude ? Et quant ils ont peur, ils vacillent ?

Compléments :

Faire payer les banques

La justice américaine veut faire payer les banques internationales pour le drame des subprimes. (U.S. Said to Be Ready to Sue Banks Over Mortgages – NYTimes.com)
Faut-il s’en réjouir ? Depuis ses origines (La finance mondiale mord la poussière), ce blog a remarqué qu’il y avait eu un curieux déséquilibre : en quelques décennies le système financier a acquis une part énorme des bénéfices réalisés par les entreprises. Ces sanctions vont peut être permettre de ramener un équilibre plus sain.
D’un autre côté, la fragilité des banques semble angoisser les marchés financiers. Il se trouve d’ailleurs que parmi les accusés, il y a la Société Générale, qui semble une sorte de maillon faible européen. Ces poursuites pourraient-elles déclencher un « Armageddon » financier ? 
Une efficace conduite du changement ne se fait pas par décrets ?

Fragiles banques ?

Inquiétée par les rumeurs qui courent sur la Société Générale, une amie veut transférer son compte.
Mais, si la Société Générale faisait faillite n’entraînerait-elle pas tout le système bancaire, au moins européen, avec elle ? Le gouvernement ne viendrait-il pas à son secours, selon le scénario irlandais ?
D’ailleurs que reproche-t-on aux banques françaises ?
Elles dépendraient par trop de financements à court terme qui se bloquent lors des crises, et elles sont particulièrement exposées aux pays endettés de la zone euro. (Panic in Paris)
Mais si l’on examinait l’ensemble des banques mondiales, ne pourrait-on pas leur trouver aussi quelques vices effrayants ?

Compléments :

  • La Tribune publie un classement qui semble montrer que les banques françaises sont plutôt solides…