BCE de dernier ressort

Il se confirme que la BCE est devenue un prêteur de dernier ressort.
Elle a prêté 489md€ (!), à 1% sur trois ans, aux banques européennes, en espérant qu’elles investiraient dans la dette européenne, et éventuellement dans l’économie. Pour le moment ça ne marche pas, mais ça a au moins évité au système financier de jouer les dominos. (Hose and dry)
Quant à l’Allemagne, cette attitude ne semble pas heurter sa rigoureuse morale. 

Le banquier est un psychopathe

Le psychopathe est un homme qui n’a pas d’empathie. Il est indifférent au mal qu’il cause à autrui.

N’est-ce pas le cas des banquiers ? Être à l’origine d’une crise effrayante ne trouble par leur conscience.

En un sens, ce sont des psychopathes sociaux. Parce qu’ils sont isolés de la société, le regard de leur prochain ne pèse pas sur eux. Ils ne souffrent pas des erreurs qu’ils commettent.

La solution à la crise n’est peut-être pas de jeter le bankster en prison, avec les autres psychopathes, mais de le faire vivre en société.

Crise bancaire

Actuellement, ce qui est mis à mal, ce ne sont pas les États, mais le système financier.

L’argent n’y circule plus. En parti parce qu’il doit reconstituer ses réserves, en partie parce que la peur est de mise, et qu’on ne se prête plus. (The dash for cash)

S’il s’effondre, c’est toute l’économie qui le suit. Comment le sauver ?

Difficile de voir une autre solution que des prêts des banques centrales. Création monétaire.

Curieusement, ceci ne semble pas devoir créer d’inflation. Parce qu’il y beaucoup de ressources oisives, et qu’une injection d’argent ne peut que les remettre en marche ?

Europe réparée ?

Que faut-il penser des négociations en cours au sommet de l’Europe ?

  • Personne ne semble avoir une opinion très scientifique sur le sujet. Ça semble vaguement rassurant, mais c’est incroyablement compliqué.
  • Cette complexité est-elle voulue ? On a essayé de faire ce que l’on dit ne pas vouloir faire, sans le dire ?
Compléments :

C’est une tragédie, qu’en Europe comme au Japon il y a 20 ans, le lobby bancaire ait pris en otage les gouvernements. Lors de la crise des subprimes il a réussi à éviter toute réforme sérieuse, et à cacher ses pertes. Au démarrage de la crise souveraine, il a convaincu les gouvernements de donner de l’argent aux pays défaillants, dans des conditions effroyables, afin d’éviter une faillite. Quand cette stratégie a échoué, comme prévu, il a négocié l’arrangement PSI qui lui a permis de réduire sérieusement ses pertes, sans pour autant fournir aux pays le moyen d’avoir à nouveau accès aux marchés financiers. Il pousse les eurobligations pour protéger une grosse partie de ses actifs au détriment du contribuable. Maintenant, il menace les gouvernements d’une grève du crédit, en expliquant que la diminution de l’effet de levier bancaire va amener une diminution du crédit. Il est temps que les gouvernements disent qu’ils ne sont pas dupes, et conçoivent des plans de nationalisation, si les banques ne sont pas capables de fonctionner comme des banques.

Crise et asymétrie d’information

La finance et l’industrie de la santé ont pris une place disproportionnée dans notre société. D’où crise. Manœuvre ? Une complexification de leur discours qui a rendu inopérant le marché. Du coup, l’appétit du lucre a pu s’exprimer sans qu’il soit contrebalancé par la concurrence.

Il faut faire revenir la lumière par la loi.

Crédit Foncier recapitalisé

Le Figaro du 23 m’apprend que le Crédit Foncier va être recapitalisé par sa maison mère. Il a été victime d’un peu plus d’un milliard de dettes grecques.

Désormais sa stratégie est de « se rencentrer sur l’immobilier en France ».

Depuis sa privatisations le Crédit Foncier paraît dans un curieux mouvement cyclique : il se diversifie, connaît un crash, et se recentre sur son métier.

Et si il avait évité de s’en éloigner ? Pas assez glorieux pour ses dirigeants ? 

Cercle vicieux bancaire

Pour réduire leurs risques et se conformer à ce que leur demandent les pouvoirs politiques, les banques européennes vendent les dettes européennes, et ne prêtent plus à l’économie et au particulier. Ce faisant elles précipitent la crise, et augmentent leurs risques de faillite. (Les banques européennes attaquent la zone euro – Coulisses de Bruxelles, UE)

Mais peuvent-elles faire autrement ? Classique dilemme du prisonnier.

Dans ces conditions, y a-t-il une autre solution qu’une nationalisation ? 

BCE de dernier ressort

L’expérience montre que les marchés ont besoin d’un prêteur de dernier ressort pour leur éviter de connaître des crises de folie. C’est le rôle traditionnel d’une banque centrale. Il est étrange que la BCE n’ait pas encore compris cette évidence. Voici ce que dit, en substance, l’économiste anglo-saxon admiré. (Exemple : The ECB’s Battle against Central Banking – J. Bradford DeLong – Project Syndicate.)

Nos gouvernants sont-ils idiots ? Poussés par un complexe de supériorité (Allemands) ou la lâcheté (France) ? Ou doivent-ils louvoyer avec leur opinion ?…
En tout cas, ils semblent, crise après crise, tenter un bricolage (le fonds de solidarité) qui ressemble de plus en plus à la fonction, qui ne dit pas son nom, de prêteur de dernier ressort d’une banque centrale.