Malhonnêteté du banquier : nature ou culture ?

La question du moment est de trouver les causes de la malhonnêteté du banquier.
The Atlantic et The Economist citent la même étude. On place différents échantillons de la population dans une situation dans laquelle les participants peuvent tricher. Les banquiers le font effectivement, mais particulièrement après qu’on les ait fait parler de leur métier. Ce qui semble dire que la culture de la banque est propice à la malversation. D’un autre côté, qui se ressemble s’assemble. Il faut être à l’aise avec cette culture pour y entrer, et jouer selon ses règles. 

L'irrésistible soft power de la globalisation

Iran. Khomeini c’est fini. Plus de fièvre révolutionnaire. Pays occidental comme les autres. « La globalisation a le dessus sur le puritanisme, même là. » Idem en Chine, contaminée par le protestantisme (qui aura bientôt plus d’adhérents que la PC) et qui se convertit au droit. Idem en France. Les questions que pose le changement de patrons à la tête de nos entreprises trahissent la « tension entre la globalisation croissante de l’industrie française et le principe centenaire selon lequel l’entreprise doit servir les intérêts nationaux étroits. Les grandes entreprises françaises sont sorties dans le monde en partie pour échapper aux taxes élevées, à la réglementation du travail contraignante et à la faible croissance domestique. » Quant au Brésil, ce sera pour la prochaine fois. Pour celle-ci, l’ennemie de The Economist a gagné. Mais le pays est plus divisé que jamais. Riches et pauvres, d’un côté, et 28 partis politiques de l’autre… Un peu la même chose en Ukraine. Un pays qui a voté à l’Ouest, mais des gouvernants préoccupants. 
A vrai dire, la France est incorrigible. Elle s’est arrangée avec l’Europe pour lui faire accepter son absence de réflormes. Quelques manœuvres habiles leur ont permis un sauvetage de face. En Allemagne, die Linke prend le pouvoir en Thuringe. Le SPD, qui perd beaucoup dans son alliance avec le CDU, pourrait être tenté par une stratégie post Merkel de gauche. L’Europe essaie de donner des leçons d’écologie. Mais qui l’écoute encore ? En Tunisie, les laïcs gagnent. Comme en Egypte, retour à l’avant printemps arabe ? Elections de mi mandat aux USA. Elles expriment, avant tout, le ras le bol d’Obama.
Test bancaire en Europe. Jusque-là, on pensait que c’était la faiblesse des banques qui empêchait la reprise de l’économie. Maintenant, les Etats n’ont plus d’excuses pour ne pas agir. Les USA mettent un terme à la stimulation monétaire de leur économie. C’est dommage, cela avait plus d’avantages que d’inconvénients.
Imitons Hollywood pour qui chaque nouveau film est une nouvelle entreprise. L’entreprise familiale est plus efficace que l’entreprise commune. (Pour de nombreuses raisons, mais aussi parce que la famille a un vrai rôle d’investisseur : elle joue les assureurs de dernier ressort ?, me suis-je demandé.) Seule difficulté : faire fonctionner la famille de manière rationnelle. 
Une fusée américaine privée explose. Peut-être parce que son constructeur utilise des moteurs russes. On essaie, à nouveau, d’employer l’effet de sol dans le transport maritime.
Les cellules souches permettent de créer des organoïdes. Grâce à eux on peut faire des expériences in vitro, et réparer les organes en bonne et due forme. Gène de la violence ? Plutôt combinaison : notre équipement génétique fait que nous vivons plus ou moins bien certaines conditions (drogue, par exemple). 

Chaos, principe du capitalisme de marché ?

Irak. L’intervention américaine a donné l’Irak à des intérêts particuliers. D’où révolte du peuple. D’où terreau pour Al Qaeda. Europe. Mme Merkel a besoin de l’Angleterre pour faire pièce à la France et bâtir une Europe libérale. L’irresponsabilité de M.Cameron ne lui facilite pas la tâche. Alors, elle temporise. Avec le temps, on peut faire avaler n’importe quoi aux uns et aux autres. D’ailleurs, tout va bien en Allemagne. Le marché européen redevient porteur, la baisse de l’euro favorise les exportations, le marché domestique consomme. Le capitalisme de marché a vaincu l’Italie ? Mediobanca avait des participations dans les très grandes entreprises. Mission de reconstruction donnée en 46. Aujourd’hui, elle se retire. C’est le marché financier qui la remplace. Il en est de même dans la PME. Là, c’est un capitalisme familial qui disparaît. Ukraine. Le peuple veut nettoyer la corruption oligarchique. Mais les mêmes sont à la tête du pays. Les USA désertent Israël. Reste l’Europe. Mais l’Europe est un chaos confus. Aux USA, les Républicains vont reprendre le pouvoir. Cependant, le peuple s’en méfie. La faute à Bush. Il a fait l’envers de ce qu’il avait promis.
Le régulateur américain mène une croisade contre le financement par les banques internationales des ennemis des USA. Pour cela, il va au-delà de l’esprit des lois et inflige des peines terrifiantes. Résultat : les banques, par prudence, ne font plus d’affaires avec les pays qui auraient le plus besoin de leurs services. Le petit investisseur est bien meilleur que le grand analyste. Et cela parce qu’il a moins de pression à la conformité. Innovation chez les fonds d’investissement. Plutôt que d’acheter des entreprises, ils les reconstruisent de zéro. Les vieilles industries innovent. La destruction créatrice ne les liquide pas (cf. montres, stylos, voiliers, vêtements traditionnels, livres…). Elle en fait des niches hyper rentables et innovantes. Destruction créatrice de HP ? HP cherche de nouvelles idées pour renouveler des affaires qui vont mal. Pour l’instant, la seule certitude, c’est que 50.000 personnes ont été licenciées. Bataille de la batterie. Par l’effet d’échelle on veut abaisser massivement son coût. Destruction créatrice de l’automobile. Cependant, une grosse partie de ce coût est de la matière…
Football. La nature d’une société influe sur le succès du penalty. L’anxiété de l’échec est insoutenable pour l’individualiste. 

Comment éviter une répétition de la crise de l'euro ?

Qui a causé la crise de l’euro ? Article de Vox

Si je comprends bien, la création de l’euro a créé des conditions qui ont donné un avantage unique aux banques de l’Ouest (notamment France). Elles avaient intérêt à prêter à l’Est. Résultat : bulle spéculative. Bref, tout le monde est coupable, sans vraiment l’être. Une fois le mouvement enclenché, il devait être quasiment impossible de l’arrêter. Enseignements que j’en tire ?

  1. Notre cure d’austérité était une mauvaise idée, il aurait mieux valu répartir la réparation de la crise entre débiteurs et créditeurs. Cela aurait été, probablement, dans l’intérêt de tous. En particulier, nos banques doivent aujourd’hui être saturées de comptes douteux, ce qui les empêche de prêter. (Mais elles ne le disent pas.)
  2. Nous aurions surtout besoin de systèmes qui permettent de détecter le risque de tels phénomènes, de façon à agir tant que nous le pouvons encore.

Ce second point me rappelle une mission que j’ai menée dans l’équipement automobile. Il s’agissait d’éviter que certains programmes ne « dérapent » (les conséquences pouvant être désastreuses pour l’entreprise). Problème, elle gère des centaines de programmes. La solution trouvée est contre-intuitive :

  1. Mesurer (empiriquement) la « complexité » du programme. Étalonner l’échelle de mesure par rapport à des programmes connus. 
  2. Pour les programmes complexes, mettre en place un système de suivi par le top management. En effet, ce qui produisait les dérapages était à la fois la non consolidation de « signaux faibles » en un signal d’alarme clair et fort, mais aussi l’incapacité d’agir des responsables du programme, faute de pouvoir. Curieusement, c’est une mesure qui ne coûte rien.  

Cette philosophie ne pourrait-elle pas être reprise lors des changements de l’UE, pour les préparer ?

Secteur bancaire informel : bombe à retardement ?

Le secteur financiers’étant montré irresponsable, il est réglementé. Résultat. Il se contracte, avec des conséquences déplaisantes. Les entreprises, en particulier, son asséchées. A sa place apparaît un secteur bancaire informel. Tout un tas d’acteurs économiques ayant de l’argent à placer. Ce pourrait être une bonne chose si cela avait pour conséquence qu’une faillite n’ait pas de conséquence systémique. Malheureusement, le secteur financier (à risque systémique) n’est pas indépendant de ce nouveau monde. En outre, personne n’aime perdre son argent. Et le gouvernement est toujours prêt à secourir le nécessiteux. (Aurait-on crée un secteur financier plus dangereux que le précédent, mais totalement incontrôlé ?)

Et si l’Europe se disloquait ? Moment Tocquevillien. Le danger d’une crise s’éloigne, mais sa population continue à souffrir. Terreau pour populisme, qui paralyse l’action politique. Cercle infernal ? Ukraine. Qu’en dire ? Sauf que la menace de sanctions occidentales aurait amené M.Poutine à un peu de raison. Cela montrerait que l’opinion russe est sensible à son intérêt économique. Plus préoccupant, pour The Economist. L’Allemagne « comprendrait » les raisons de M.Poutine, et s’éloignerait de l’Ouest. OGM. Ils pourraient permettre une nouvelle révolution verte. Bien des pays en développement en ont un besoin urgent. Malheureusement, aux USA, les OGM sont menacés : il pourrait y avoir étiquetage. Et, curieusement, le consommateur américain préférerait les produits sans OGM. La France (hypocrite) s’est convertie au marché. On y trouve partout des galeries marchandes, et quasiment plus rien de ce qu’elle consomme n’est fabriqué chez elle. En Asie, la justice est du côté de l’establishment. Modèle Singapour. Dernier exemple Thaïlande.

La Grande Bretagne s’inquiète. Et si Pfizer achetait AstraZeneca ? La recherche médicale anglaise ne risque-t-elle pas d’être décapitée, et délocalisée ? La domination du monde des affaires internationales par leur droit, fait gagner à l’Angleterre et aux USA une fortune. Mais de plus en plus les entreprises passent par des processus locaux de médiation. Alibaba entre en bourse, aux USA. Après une vie sans nuages, il doit s’adapter au mobile et à la concurrence. Mais l’évolution de l’économie chinoise lui est favorable. Quant à Huawei, c’est un mystère. Les sautes de la demande en énergie créent un nouveau métier. Intermédiaire entre ceux qui en ont trop, et ceux qui en manquent. (Moyen de réduire le besoin de nouvelles centrales ?) Eurotunnelse relève d’années noires. Il est encore à moitié-capacité. Mais ses voies devraient être ouvertes à la concurrence. Ce qui devrait stimuler le trafic.

On aurait trouvé un traitement qui améliore l’intelligence… L’Occidental serait individualiste parce qu’il a cultivé le blé, alors que l’Oriental a cultivé le riz, qui exige l’entraide. Les universités d’élite ne font pas la recherche d’élite. Plus l’homme a de la chance, plus il tend à être prudent et à gagner. Plus il perd, plus il prend de risques, et perd… 

Liberté de l'information

Pas d’Europe de la Défense, navrant. Union bancaire européenne, bien. Le contribuable ne va pas avoir à renflouer les banques. Voilà ce que j’ai retenu des informations de France Culture ce matin.

Surprenant. N’y avait-il pas matière à un peu plus de discussion ?

  • L’Europe de la Défense semble une idée française. Notre gouvernement est probablement las de devoir financer seul ses expéditions africaines. Mais si nous suivons sa pente, l’Europe de la Défense ne va-t-elle pas devenir une Europe de l’attaque ? Ne serait-il pas bien de se demander s’il n’y a pas d’autres moyens d’intervention que l’armée ? 
  • Quant à l’Union bancaire, elle permet aux banques de gérer leurs affaires sans contrôle démocratique. Elle déresponsabilise les citoyens. Et si tout le système bancaire européen s’effondrait ? Le « contribuable » serait-il épargné ?

N’y aurait-il pas nécessité de débat sur ces sujets ? Peut-il y avoir démocratie sans débat ?

(Curieux. L’apparemment de gauche France Culture reprend le vocabulaire libéral de « contribuable », plutôt que celui de « citoyen ». Paresse intellectuelle ? Le journaliste est devenu incapable de faire une enquête ? Il se nourrit de l’opinion internationale ? A moins que cela ne reflète ses opinions ?…)

Calme avant la tempête syrienne ?

Nouvelles du monde.The Economist est favorable à une frappe de représailles en Syrie. Il remarque que, curieusement ?, les armes chimiques sont les seules à être uniformément bannies. Même Hitler n’a pas voulu les utiliser. Aux USA, les deux camps politiques semblent se satisfaire d’une guérilla fratricide. « M.Poutine a rempli le vide idéologique russe de nationalisme et d’anti-américanisme. » Et il essaie de se rapprocher de la Chine. Le Portugal croît, mais n’est pas tiré d’affaires. En Norvège, tout va bien, mais le pays est las de son gouvernement, de gauche. En France, M.Hollande travaille pendant les vacances. Fâcheux précédent ? Les banques chinoises sont gigantesques. Ce sont des bras armés de l’Etat. Mais, sous la pression des événements, concurrence et prêts douteux, elles devraient se transformer en banques normales. The Economist encourage, comme d’habitude, l’Europe à, enfin, se réformer, et à ne pas céder à ses vieux démons (particulièrement français). La politique monétaire américaine déstabilise les monnaies des pays émergents. Un peu de contrôle des capitaux ne peut pas faire de mal. Enfin, comment contrer la montée du fondamentalisme ? En encourageant un Islam équilibré.

L’entreprise en changement. Le traitement du cancer serait la prochaine vache à lait de l’industrie pharmaceutique. Les grands groupes achètent les petits laboratoires, chez qui se fait la recherche. Les entreprises qui ont fait leur fortune sur le PC ont raté le coche du mobile. Microsoft aurait peut-être réussi à prendre celui du cloud computing. Mais trop tard pour sauver son dirigeant. La France affronte Mercedes et l’Allemagne dans une guerre du liquide de refroidissement. L’Allemagne, militante écologiste par ailleurs, cherche à affaiblir les normes environnementales, qui sont défavorables à ses constructeurs. La France ne veut pas se laisser faire. Enfin, on redécouvre les vertus de l’Etat comme innovateur en première instance. Les accidents informatiques boursiers se multiplient. Les régulateurs américains cherchent à faire dévoiler par les banques les incidents qu’ont connus leurs systèmes d’information.

La Science. On a réussi à créer une forme de cerveau à partir de cellules souches. A l’usage de la recherche. Et la rareté (d’argent, de temps…) rendrait idiot. 

Chronique de l’instabilité mondiale

Nouvelles du monde. Faute d’opposition, le premier ministre turcest en position de force. Plus despote que démocrate ? Ukraine. Le pays est pris entre la Russie, qui le tient en otage énergétique, et l’UE, qui lui offre sa collaboration. « à long terme (cela pourrait forcer) ses producteurs à s’améliorer pour être compétitifs internationalement. »  Italie. Les lois de la mafia et du pays sont toujours aussi divergentes. Hollande. L’immigration des pays de l’est (conséquence de l’élargissement de l’UE) bouleverse l’équilibre du pays. « L’UE a ouvert un canal entre ce monde ordonné et choyé et une offre de main d’œuvre habituée à des salaires et des conditions de travail bien plus difficiles. » Angleterre. Le pays est à la fois xénophobe et fasciné par les étrangers. Surtout, quand ils lui sont utiles. Syrie. M.Assad aurait utilisé des armes chimiques contre sa population. Histoire de reprendre l’avantage sur la rébellion. Il estimerait que l’Ouest ne réagira pas. Effectivement, M.Obama n’est pas chaud pour intervenir au Moyen-Orient. En Egypte : retour à l’hiver arabe ? « La force de la propagande gouvernementale, la dureté de ses méthodes, et la réapparitions de visages du régime d’Hosni Mubarak, tout cela laisse un goût amer à beaucoup d’Egyptiens. » Et l’Iraq est de nouveau à feu et à sang. La Chine veut-elle faire fuir les entreprises étrangères ? « Le modèle de développement économique chinois dépend (…) de faire venir les meilleures entreprises mondiales, et de, légalement ou non, bénéficier de leur propriété intellectuelle. » L’Indeva mal. Victime de la fin de la politique monétaire américaine. Les investisseurs se retirent. Sa devise s’effondre. « La solution à long terme au problème de balance des paiements pourrait être d’accélérer le développement du secteur manufacturier. » Amérique. Et le rêve de Martin Luther King ? Il y a toujours de la discrimination, mais on tue moins de noirs et ils sont plus nombreux parmi les élus. Parmi ses autres curiosités. « En 2009, 3,47md$ ont été dépensés dans le lobbying du gouvernement. » « 50% des sénateurs et 42% des députés » deviennent lobbyistes lorsqu’ils prennent leur retraite politique. « Washington a maintenant un revenu par personne plus élevé que celui que la Silicon Valley. »  D’ailleurs, les grands patrons de l’industrie de la haute technologie ont décidé de s’attaquer à l’incompétence du politique. Première application : faire voter une loi favorable à l’immigration. Pour cela ils financent la publicité électorale des Républicains à qui ils font tourner casaque.
Nouvelles de l’entreprise. Adidas a une méthode révolutionnaire pour concevoir ses produits : il se demande à quoi ils servent. M.Marchione a bien des difficultés avec Fiat et Chrysler. De deux entreprises en dépôt de bilan, il a fait un canard boiteux. Ce faisant empêchant l’industrie automobile de se débarrasser de ses surcapacités. Dans la série, les victimes du changement : les grands cabinets de chasse de tête. Ils seraient victimes d’Internet et des entreprises qui auraient monté leurs propres cabinets internes. Ils cherchent à se diversifier, et à se spécialiser. Et dans celle des évolutions : l’augmentation des capacités de stockage informatique pourrait faire revenir la haute fidélité, au détriment des formats compressés (MP3). Et maintenant, les victimes de la crise. Les petites banques de la « périphérie européenne », privées de crédit, vont disparaître. Mauvais temps pour les PME auxquelles elles prêtaient. (Et aussi pour le risque bancaire, de plus en plus systémique !)

Science. Parmi les coûts indirects d’une crise : la santé. Un surcroît d’obésité, par exemple. Intéressante mise en cause de notre capacité de jugement. Compétitions de piano : comment les vainqueurs sont-ils choisis ? « les juges de ces compétitions, pourraient, une fois qu’ils ont filtrés les tocards, tout aussi bien jouer à pile ou face le classement. L’autre leçon (…) est que les concurrents feraient bien de travailler autant leur jeu théâtral que musical. » Et si l’univers n’était pas en expansion ? Et si les atomes prenaient du poids ?

Derniers changements de l'économie

L’économie en changement
Les grandes compagnies pétrolières vont devenir de moyens producteurs de gaz. Pour diverses raisons. Notamment parce que les nations ont décidé d’exploiter elles-mêmes leurs réserves, et que les « grandes compagnies ont jugé sage de sous-traiter le forage et d’autres aspects de la production » à des entreprises qui ont apporté leur savoir-faire aux dites compagnies nationales. George Mitchell est l’entrepreneur qui a le plus fait pour le gaz de schiste. Il semble avoir eu une détermination increvable : c’est à près de 80 ans qu’il a trouvé l’idée qui a fini par rendre le processus d’extraction rentable. C’était aussi un défenseur de la nature. Et un homme de contradictions.
Fusion Publicis Omnicom. Publicité bouleversée par Internet. Plus besoin d’intermédiaires, annonceurs et médias traitent en direct. Les agences elles mêmes construiraient des plates-formes d’achat d’espace. Et se regrouperaient pour ce faire. Leur avenir semble sombre. « Fintech ». Les start up s’attaquent au métier des banques. En Europe, les banques « continuent à réparer leur bilan ». Ce qui les rend fort peu rentables. En outre, la BCE va les inspecter. Mais que faire si elle trouve qu’elles ont besoin de capitalisation, sachant que beaucoup d’Etats sont trop endettés pour les aider, et que l’Allemagne a bloqué toute possibilité d’aide mutualisée ?
Siemens semble avoir des difficultés à gérer une multitude d’activités. Par ailleurs, le modèle allemand de coopération syndicats – employeurs serait sur le déclin. Il aurait fait les frais des réformes Schröder.
Curieux calcul de PIB. Il dépend des hypothèses choisies. En tout cas, il semblerait que l’on cherche à évaluer la production non marchande (production et consommation de la famille), qui pourrait l’être. Où va-t-on s’arrêter ?
Le monde en changement
Prochaine coalition gouvernementale allemande ? Toujours aussi incertaine. Mais Mme Merkel est prête à toutes les cohabitations. En Egypte, l’armée serait tentée de prendre le pouvoir. Mais elle contrôle une grande partie de l’économie. Comment faire le bien collectif sans nuire à ses intérêts ? En Iran, le nouveau président tiendrait ses engagements de réforme. Comment va-t-il résoudre la crise économique causée par les sanctions internationales ? Au Mali, les élections se sont à peu près bien passées. Reste à régler la question de l’indépendantisme touarègue. Aux USA, on se demande si, après tout, la collecte de données privées dénoncée par M.Snowden n’est pas illégale. Un des étudiants de MIT a piraté un système informatique. Contrairement à sa devise, le MIT l’a laissé condamner. Et il s’est suicidé. Le grand bond en avant chinois serait mû par le désir de « venger l’histoire honteuse du pays ». Que va-t-il arriver quand la Chine sera puissante ? Vengeance ou repos du guerrier ?
Science ?
On essaie de construire des ordinateurs sur le modèle du cerveau. 3 avantages : ça consomme peu, c’est robuste, et ça se programme tout seul. 

Crime en régression et retour du politique ?

« La vague criminelle des années 50 aux années 80 paraît de plus en plus comme une anomalie historique. » Pays développés : pourquoi le crime faiblit-il en temps de crise ? Curieuse question que se pose The Economist. Beaucoup de phénomènes seraient à l’œuvre. Quelques-uns technologiques : la société est mieux armée pour détecter le criminel et pour défendre des biens qui deviennent aussi moins tentants (les voitures ne sont plus des raretés). D’autres sociétaux : épidémie de drogue en recul, repopulation des centres-villes. (Pour ma part, je me demande s’il ne faut pas aussi chercher du côté de la protection sociale. Et interrogation : pourquoi nous parle-t-on autant d’insécurité ?) Preuve de ce phénomène ? Aux USA, un jeune noir est abattu sans que cela suscite de révolte violente.
Autre tendance sociétale : l’emploi deviendrait favorable aux vieux. Les gouvernements ne croient plus qu’ils doivent laisser la place au jeune. Et ils sont mieux formés et en meilleure santé que jadis.

L’Europe légifère sur Internet. Essaierait-elle de défendre les intérêts de ses industries numériques contre ceux des Américains en cherchant à protéger les données individuelles ? Phrase de Jean-Louis Bruguière : « Pour les Américains, la protection des données est une question de droit de la consommation, pour les Européens, c’est un droit fondamental. » Peut-être aussi essait-elle de corriger un biais du marché européen, extrêmement concurrentiel, qui comprime les revenus et empêche les investissements (l’Europe serait-elle allé un peu loin dans l’idéologie de la liberté des marchés ?). Toujours est-il que les banques devraient se débarrasser de leurs services informatiques et passer au cloud computing. Pour raison d’économie. Les petites y sont déjà, les grosses y vont lentement. Ce n’est pas sans risques.
Tendance à la réforme politique, plutôt qu’économique (libérale) ? Enrico Letta voudrait s’en prendre à un système d’équilibre Sénat / chambre des députés qui conduit à une instabilité permanente. La victoire électorale de M.Abé pourrait préfigurer une modification de la constitution japonaise. Quant à la Grèce et au Portugal, ils paraissent, toujours, victimes du cercle vicieux de la rigueur. Scandale en Espagne. Apparemment lié au fait que la crise y est due à une spéculation immobilière dans laquelle baignait le politique. Une intéressante remarque sur Mme Merkel : ses origines orientales font qu’elle se sent plus proche de la Pologne que de la France.
Chine. Elle ferait payer aux étrangers sa lutte contre la corruption (Glaxo SmithKline). Et la bourse ferait payer aux entreprises un trop fort engagement en Chine. L’économie chinoise freinerait, ses exportations pénalisées par le prix de sa monnaie. Elle se redéploierait, vers le service et la consommation interne. Sainement ? Elle semblerait surtout tirée par les investissements et l’emprunt. 
MOOCS. Comme souvent avec Internet, on est incapable de savoir si cela sera bon, ou aura des effets pervers. Ou encore ce que l’on doit en faire (former les enfants ou les adultes ?). Une fois de plus cela secoue les acteurs en place. Car les barbares (par exemple les éditeurs de presse) voient là un bon moyen d’étendre leur territoire.
Banques américaines. Bons résultats trimestriels, mais ambiance maussade. La réglementation a le haut du pavé. Elles font le gros dos.
Energie renouvelable. Ça n’arrête pas d’aller mal. L’Espagne doit revenir sur un programme d’aide à l’énergie solaire, qui a été ruineux (les subventions auraient atteint 8,1md€ en 2012). (Cela ne va-t-il pas aggraver la crise économique ? « les prêts à l’énergie renouvelable sont estimés valoir 30md€ ».) Et le climat ne serait pas favorable. La hausse de température liée à l’émission de CO2 serait moindre que prévu.

L’homme a-t-il la guerre dans le sang ? Une relecture de statistiques semble dire que non. La guerre serait une cause minoritaire de décès de la main de l’homme chez les chasseurs cueilleurs. Pourquoi l’athlète se drogue-t-il ? Parce que les régulateurs sont sous la pression du marché. Et le marché ne veut pas qu’une application trop stricte de la loi tue le sport.