GM et Chrysler

GM et Chrysler ne sont plus viables telles que. Dans les deux cas, le gouvernement américain leur a imposé un plan :

  • qui « réinvente » leur fonctionnement.
  • qui restructure leurs dettes : les créditeurs reçoivent une part de l’entreprise. L’état et le fonds de sécurité sociale interne, les plus gros morceaux, les débiteurs financiers le reste. Dans le cas de Chrysler, Fiat aurait 20% de la société en échange de compétences et savoir-faire.

Dans les deux cas, les débiteurs privés risquent de préférer une faillite à ce qui leur est proposé (c’est le cas pour Chrysler). La dépouille de l’entreprise vaut plus pour eux que l’entreprise vivante.

Intéressant problème de conduite du changement :

  • Les banques s’offusquent de voir leurs intérêts moins bien servis que ceux des employés des entreprises. On peut en être choqué : ces intérêts ne sont pas du même ordre ; du côté des banques c’est un profit plus ou moins élevé, du côté des employés c’est leur seule source de revenus (qui devient d’ailleurs à fort risque).
  • Surtout, le comportement bancaire peut avoir un coût social, et économique, colossal : non seulement les deux entreprises peuvent disparaître, mais aussi leur sous-traitance, et un savoir-faire complexe et diffus qui a mis plus d’un siècle à se construire. Combien de temps faudra-t-il pour qu’il soit remplacé par autre chose ? Qu’est-ce qui peut le remplacer ? La perte peut-elle être irréparable ?
  • Mais les investisseurs ne peuvent pas être autres qu’ils sont. Qu’ils maximisent leurs profits à court terme est exactement ce que leur enjoint de faire le professeur d’économie et l’école de management. C’est leur nature. Ce qui rend inefficace la politique du gouvernement américain, ce n’est pas la mauvaise volonté des banques, mais sa propre hypocrisie. Car, que fait-il ? Il veut imposer sa volonté au marché. Ça s’appelle une nationalisation. Quand il aura le courage de se l’avouer, il saura mettre en œuvre efficacement sa stratégie.

Crise et changement de culture

La presse anglo-saxonne découvre le rôle de la culture dans le changement.

  1. Il penserait que son salaire lui est dû quel que soit l’état des affaires de son entreprise. Justification ? Son diplôme, il possède une licence d’une université prestigieuse. J’observe un glissement de l’idéal américain, de l’entrepreneur au bureaucrate (dont le succès dépend plus de sa fortune que de son talent ?).
  2. La dernière flambée des résultats des banques (comptabilité créative, selon moi) aurait été motivée par le nécessaire maintien des bonus = motivations. Ce qui confirmerait mon intuition qu’il s’agit d’une amélioration sans lendemain.

he has internalized a worldview in which Wall Street is the central pillar of the American economy, the health of the economy depends on the health of a few major Wall Street banks, the importance of those banks justifies virtually any measures to protect them in their current form, large taxpayer subsidies to banks (and to bankers) are a necessary cost of those measures – and anyone who doesn’t understand these principles is a simple populist who just doesn’t understand the way the world really works.

Notre culture est ultralibérale

Il est de bon ton de dénoncer les méfaits de « l’ultralibéralisme ». Mais il y a peu de chances que rien de neuf n’émerge avant longtemps, tout simplement parce que l’ultralibéralisme a semblé avoir fait la démonstration de son efficacité pendant trois décennies, et que les dirigeants mondiaux sont donc issus d’une école ultralibérale. Ainsi Avoir soutenu la guerre en Irak, une voie d’avenir en Europe explique que les postes principaux de l’Europe de demain seront occupés par des pro-Bush (Blair, pour la présidence, Barroso, présidence de la commission, Rasmussen, OTAN) ; L’Etat français, dernier refuge de la « culture du résultat », par Michel Feher, rappelle que si le discours de Nicolas Sarkozy parle du « retour à l’Etat », ses actes sont classiques des convictions ultralibérales. C’est comme cela qu’il faut interpréter l’étonnant silence idéologique des partis d’opposition : ils ne sont pas « d’opposition » ?

Difficulté du changement : renoncer à ce à quoi l’on croit

Et maintenant cours de changement.

  • Problème qui se pose à toute conduite du changement : si le changement est aussi difficile, partout, c’est que ce qui doit changer est au plus profond de ce à quoi croient gouvernants et dirigeants. Plus la culture a vécu un long succès, plus elle demande de temps pour se transformer. Il a fallu plusieurs siècles à la Chine pour secouer ses certitudes, et elle n’est pas au bout du chemin (Chine et Occident : dialogue de sourds).
  • Les paroles, qui sont dirigées par une sorte d’adhésion à « l’opinion publique », contredisent les actes, qui sont dirigés par l’inconscient (un aperçu de la théorie d’Edgar Schein : Changement en Amérique (suite) et Nous sommes tous des hypocrites !).
  • Paradoxe : le dirigeant, dont l’incapacité à changer cause les difficultés de son organisation, les explique par la « résistance au changement » de celle-ci.

Voici une raison pour laquelle la crise pourrait durer longtemps : nos dirigeants (et la société dans son ensemble, probablement aussi) s’accrochent à un mode de pensée obsolète. C’est ainsi que le gouvernement américain déploie des trésors d’ingéniosité pour ne rien changer à son système financier (Chronique d’une crise annoncée).

Le renouvellement de ce socle de pensées prendra sûrement des années. Une génération ?

Les certitudes du gouvernement Obama

Lawrence Summers est un grand homme. Conseiller économique le plus influent de Barak Obama, c’est le dernier ministre des finances de Bill Clinton (il a aussi travaillé dans l’administration Reagan). Il a été un des plus jeunes professeurs de Harvard, qu’il a dirigé, il est le neveu de deux prix Nobel d’économie. Lui-même a reçu tous les prix qui annoncent l’arrivée du prix Nobel. Larry Summers’ New Model résume les idées qu’il développe lors d’une conférence faite à des collègues économistes (j’ai extrait 2 de ses 5 points) :

1 – All crises must end. The “self-equilibrating” nature of the economy will ultimately prevail, although that may take massive one-off government actions. Such a crisis happens only ”three or four times” per century, so taking on huge amounts of government debt is fine; implicitly, we will grow out of that debt burden.
2 – We will get out of the crisis by encouraging exactly the kind of behaviors that “previously we wanted to discourage” two years ago. It is “this insight, this view” particularly with regard to leverage (overborrowing, to you and me) that “undergirds the policy program in the United States.”

Menace au changement : certitude

Intéressant ! Non seulement on entrevoit ici les « hypothèses fondamentales » qui guident le gouvernement américain, mais, aussi, voilà l’exemple typique de ce qui fait s’effondrer le changement : une pensée qui est incapable d’envisager son propre changement, de se remettre en question, qui est tellement sûre d’elle-même qu’elle pense commander à la nature.

Qu’est-ce qui nous dit que « toutes les crises doivent finir », que la « nature de l’économie » est d’être « auto adaptable » ? Que l’Amérique peut empiler des dettes démesurées qui seront effacées par une croissance inévitable ? Qu’est-ce qui a remis l’économie mondiale en place, lors de la crise de 29 : la nature de l’économie, ou une guerre et un interventionnisme forcené de tous les états mondiaux ?

La politique américaine est guidée par la foi. Pas tant une foi en l’économie, qu’en une confiance aveugle en son intelligence. Retour à la croyance néoconservatrice de l’ère Bush : il existe un bien et l’homme supérieur le connaît.

L’homme commande rarement aux éléments

The Economist (glimmer of hope?), lui, doute que l’économie mondiale reparte, autrement qu’en titubant. Il y a beaucoup de raisons pour cela :

  1. L’Amérique est extrêmement fragile : « un chômage élevé et une augmentation des faillites de banques pourraient facilement causer une nouvelle vicieuse dégringolade. »
  2. Et la demande mondiale ne va pas renaître : les banques européennes sont à la veille de révéler leurs pertes (1100md$), le Japon est surendetté et n’a plus de latitude pour stimuler son économie, et le chômage va faire de tels dégâts qu’il va empêcher la reprise de la consommation interne.

En fait, la crise pourrait causer l’impensable (pour Larry Summers) : attaquer le muscle de l’économie, sa capacité à produire : « Un chômage continu, des années de sous-investissement et de dettes publiques excessives (…) vont ébranler le potentiel sous-jacent de l’économie ».

Bienvenu dans une ère d’espérances réduites et de dangers permanents ; un monde où les responsables politiques doivent naviguer sous la menace imminente de la déflation tout en contrant les (raisonnables) peurs des investisseurs que des dettes publiques croissantes et un relâchement monétaire massif puissent finalement conduire à une forte inflation ; un monde inconnu où les emprunts du gouvernement atteignent un niveau jamais vu depuis la seconde guerre mondiale

Compléments :

Changement en Amérique (suite)

Les événements semblent confirmer ce que disait Changement : apprendre avec Obama.

Le gouvernement américain a sauvé ses grandes banques, maintenant elles utilisent leur formidable pouvoir pour bloquer ses réformes.

Ce qui est peut-être paradoxal, c’est qu’alors qu’il semble tout faire pour contourner les lois de la démocratie, en évitant toute confrontation avec le congrès, ce qui pourrait signifier des tendances dictatoriales, il semble aussi tout faire pour ne pas prendre le pouvoir sur les banques, ses aides n’étant pas assorties de contreparties qui lui permettent de leur imposer ses volontés. Occasion d’appliquer une technique importante en conduite du changement ?

  • Il y a contradiction entre les proclamations de foi en la démocratie et les actes (court-circuitage du congrès). La démocratie est une « valeur officielle », on se réclame d’elle, mais, au fond, elle ne signifie rien. C’est un rite.
  • Les actes suivent en fait des « hypothèses fondamentales » inconscients. Le refus de prendre le pouvoir dans les banques indique peut-être que ce dont le gouvernement américain est convaincu c’est de l’efficacité du marché, et de l’inefficacité de l’action d’un état dirigiste.

La technique en détails : SCHEIN, Edgar H., The Corporate Culture Survival Guide, Jossey-Bass publishers, 1999.

Comptabilité créative

La solution que les Américains ont trouvée à la crise ?

La moisson de résultats bancaires inattendus devient de plus en plus une question de manipulation des conventions comptables. Ça l’était déjà pas mal pour Goldman Sachs, ça l’est colossalement pour Citigroup (New Day, New Bank, Worse Story) : 3,5 milliards de création pour 1,6 de bénéfices annoncés ?

La comptabilité créative est une maladie endémique de l’entreprise américaine. Ce qu’il y a de nouveau est qu’elle gagne l’État. Il vient d’annoncer qu’en changeant le nom des actions qu’il détenait dans l’industrie financière, il lui apportait 100 md$ supplémentaires (More Accounting Games).

Soit ces Américains sont stupides et pensent qu’exploiter l’irrationalité des règles comptables trompe les lois de la nature, soit ils essaient d’embrouiller leur opinion publique en espérant qu’ainsi ils susciteront un miracle sans en payer le prix. Ce qui revient au même ?

La créature du dr Geithner.

Changement : apprendre avec Obama

Depuis quelques semaines je commente des sources d’informations américaines, qui paraissent inquiètes quant à l’avenir des USA. J’étais curieux de savoir ce qu’en pensait The Economist.

Il y a accord. Oui, le gouvernement américain imprime de l’argent, oui les récents résultats « exceptionnels » des grandes banques sont conjoncturels et non récurrents ; oui, elles sont shootées au bonus et veulent rembourser l’aide de l’état pour pouvoir les toucher à nouveau ; Non, ce serait une mauvaise idée de le faire : elles ne sont pas guéries, et croire en leur bonne santé pousserait dans la tombe leur concurrentes. Mais on n’en tire aucune conséquence, seulement que la reprise sera longue et douloureuse.

À quelque chose malheur est bon. Je dis souvent qu’apprendre la conduite du changement c’est principalement apprendre à connaître les erreurs qui tuent le changement. Le gouvernement Obama nous donne une leçon :

La réforme des banques : l’exemple type du changement

Le problème qui se pose aujourd’hui au gouvernement américain (et au monde), c’est que l’économie des USA est aux mains de grandes banques qui sont en faillite inavouée, qui ont un comportement extrêmement dangereux (il est à l’origine de la crise), et qui ne cessent de grossir, rendant leur faillite inacceptable.

Le gouvernement doit donc réformer cette culture. Il pouvait le faire par la force, par nationalisation, et en remplaçant leur personnel (« nettoyage ethnique »), ou en les aidant à trouver un nouveau comportement qui ne compromette pas l’avenir de la planète. Ce comportement, évidemment, ne peut être imposé. C’est cela que l’on appelle un « changement ».

Bush et Paulson : l’erreur du débutant

Devant l’ampleur des dégâts qui s’annoncent, le précédent gouvernement décide de sauver son système financier. Avant qu’il le lui demande. Erreur : sauver quelqu’un contre son gré fait de lui un ennemi mortel. Leçon que la vie nous apprend.

Mais l’erreur est plus grave. Il a raté la possibilité de changer les banques. Une culture ne peut changer que si elle est soumise à une « anxiété de survie », et si on l’aide à combattre son « anxiété d’apprentissage ». Autrement dit sans crise, il n’y a pas de changement, c’est une leçon essentielle. Dès que la culture à réformer perçoit une crise, elle est ouverte à l’aide extérieure et prête à suivre ses recommandations pour peu qu’elles sachent le faire, et qu’elles ne lui soient pas inacceptables.

Obama et Geithner : on persévère

Le gouvernement Obama hérite de banques dangereusement fragiles, mais sur lesquelles il n’a plus aucun pouvoir. Nouvelle erreur de débutant : le passage en force. Pour satisfaire l’opinion, il s’en prend aux bonus des banquiers. Or, le bonus est, comme le rappelle The Economist, le principe même sur lequel une société comme Goldman Sachs s’est construite. C’est comme si on privait l’homme d’air. Et alors se passe ce qu’il se passe toujours dans ce cas : Goldman fait dire à la loi l’exact opposé de son esprit.

Quand on est face à plus fort que soi, on n’a qu’une solution : le judo. Entrer dans sa logique (celle du bonus), pour l’amener à réaliser le bien collectif. Ce qui n’est pas facile, je le concède.

Obama, Geithner et Bernanke : on s’enfonce

Que faire lorsque l’on n’a pas ce talent ? « Innover » selon la définition de Robert K.Merton. Tricher avec ce en quoi on croît le plus. Dans ce cas la victime est la démocratie. Sachant que sauver les banques est impopulaire, le patron de la Réserve fédérale et le ministre des finances font appel aux ressources de leur génie pour trouver de l’argent qui ne demande pas l’approbation du congrès.

Cela peut bien signifier violer quelques principes économiques. Généralement les économistes préfèrent les subventions publiques aux subventions cachées. M. Swagel dit que le Trésor en est venu à réaliser que sous-évaluer l’assurance des actifs bancaires soulevait moins d’opposition politique que surpayer ces actifs, justement parce que l’assurance est moins transparente. Le trésor se repose aussi sur la Réserve fédérale pour financer les actifs non liquides en imprimant de l’argent, parce que cela ne demande pas l’approbation du congrès (même si cela compromet l’indépendance de la Réserve fédérale).

Ils font ce que l’on reproche aux banques et à Enron : ils détournent l’esprit des règles de la démocratie pour faire ce qu’ils croient bon. Plus exactement, ils ne savent pas si c’est bon, mais ils ne voient pas comment faire autrement. C’est exactement pour cela qu’il n’est pas intelligent d’avoir débranché les mécanismes démocratiques : l’homme seul est idiot, le groupe est intelligent.

En tout cas, je me perds en conjectures quant à la probité intellectuelle d’un Obama, qui n’a que « démocratie » à la bouche et qui la trompe à la première occasion.

Et nous là dedans ?

Jean-Noël Cassan avait exhumé les travaux d’un « think tank » qui estimait que l’on allait vers des émeutes armées (ce qui avait été repris par le Monde). J’en doutais. Une fois de plus il est possible que j’aie eu tort. Dominique Moïsi, de Harvard, fait un parallèle entre la France de 89, et les USA d’aujourd’hui. La situation n’est peut-être pas aussi explosive, mais les paysans français n’étaient pas équipés de fusils d’assaut…

Si je suis cohérent avec moi-même, je crois que la seule option que nous ayons est de laisser l’Amérique apprendre de ses erreurs. Le jour où elle y sera disposée nous pourrons peut-être lui donner quelques conseils. En attendant, il faut les chercher, et, surtout, réfléchir à comment ne pas être entraîné par elle. (à suivre)

Compléments :

Métamorphose du dirigeant ?

Il y a quelques mois je m’interrogeais sur les caractéristiques des dirigeants des grandes entreprises (Qui sont nos dirigeants ?). Celles-ci évolueraient-elles ?

C’est ce que dit Flight of the locusts. Les fonds « activistes » qui, par une analyse financière, « créaient de la valeur » en mettant en pièces des entreprises, sont en déroute. Résultats : les entreprises redécouvrent les vertus du long terme ; les financiers perdent leur influence ; connaître le métier de l’entreprise devient un atout dans une carrière de manager.

Compléments :

Le plan Geithner

Trou noir expliquait que le plan de sauvetage des banques du ministre des finances américain permettait de sortir d’une faillite non annoncée le système financier tout en l’enrichissant aux dépends des Américains. Fouad Sassine a trouvé un article qui explique son mécanisme.

Les banques possèdent des actifs à risque qu’elles ne veulent pas évaluer, sous peine de se déclarer en faillite. Le plan propose la chose suivante : ces actifs vont être mis aux enchères, le gouvernement va fournir 85% des fonds nécessaires.

L’article donne l’exemple suivant (légérement aménagé) : soit une banque ayant 10m$ d’actifs à risque, valant en fait 2m$. Si une autre banque fait une enchère de 5m$ pour eux, elle paiera 750.000$ de sa poche. La première pourra mettre dans ses comptes 5m$, et la seconde aura fait un bénéfice de 1,25m$. Bien sûr le service lui sera rendu, par sa consœur, pour ses propres actifs à risque.

Suppose a bank is sitting on a $10 million package of collateralized debt obligations (CDOs) that was put together by, say, Countrywide out of junk mortgages. (…) this package may be worth at most only $2 million (…).

The bank now offers $3 million to buy back this mortgage. What the hell, the more they bid, the more they get from the government. So why not bid $5 million. (In practice, friendly banks may bid for each other’s junk CDOs.) The government – that is, the hapless FDIC – puts up 85 per cent of $5 million to buy this – namely, $4,250,000. The bank only needs to put up 15 per cent – namely, $750,000.

Here’s the rip-off as I see it. For an outlay of $750,000, the bank rids its books of a mortgage worth $2 million, for which it receives $4,250,000. It gets twice as much as the junk is worth.

Complément :

  • Une analyse qui semble montrer qu’il y aurait des effets beaucoup plus pervers.

Style d’Obama (2)

À peine écrit le précédent billet, je tombe sur un compte-rendu d’une rencontre entre le Président Obama et des dirigeants de banques.

Quote of the day où j’ai trouvé la référence à cette rencontre le cite :

(Les dirigeants viennent de justifier leurs salaires et bonus) « Faites attention à la façon dont vous faites ces déclarations, Messieurs, le public n’est pas convaincu ». « Mon administration est la seule chose entre vous et les fourches ».

Science et sophisme

Gestion des banques m’a rappelé les aventures de Platon…

François Châtelet (voir Platon pour les nuls) raconte que l’arrivée de la démocratie à Athènes fait que le débat règle dorénavant la vie de la cité ; du coup, on comprend que si l’on arrive à le manipuler (sophistes) on gagne le pouvoir. Dans Gestion des banques je pensais que la science économique avait été manipulée pour permettre l’enrichissement de certains.

Explication commune ? La vie d’Athènes est réglée par la parole, la nôtre par la science, il est naturel que celui qui désire le pouvoir soit tenté de manipuler l’un et l’autre. D’ailleurs, il peut aussi avoir été tellement persuadé d’avoir raison que les entorses qu’il a fait subir à la rigueur peuvent lui sembler sans conséquences. Parole et science sont alors des moyens de nous convaincre de son point de vue.