Bonus = impôt ?

L’économiste américain s’interroge sur les facteurs explicatifs du bonus bancaire. « Ces bonus sont en fait des transferts des contribuables mais aussi des épargnants, en majorité âgés, qui ne peuvent pas trouver de placements sûrs alternatifs pour leurs fonds de pension ».
Le mécanisme : « La banque fédérale fournit aux banques des réserves à un taux presque nul. Peu résulte en des prêts à l’entreprise, mais les banques peuvent acheter des bons du trésor à 3 ou 4%. »
Cette manœuvre, choisie parce qu’elle « échappait au radar de l’opinion publique », n’aurait pas restitué sa solidité à l’édifice financier. Une fois privé de la subvention public, il devrait s’effondrer. Elle pose aussi une intéressante question : « la doctrine de la banque centrale indépendante devient impossible à défendre dans une société démocratique ».

Retour de 29 ?

Discussion avec un dirigeant de cabinet d’expertise. Curieuse transformation du monde. L’État se déchargerait de ses responsabilités sur les assurances. Son nouveau rôle ? La garantie des contrats. Mais c’est la doctrine libérale même ! Aurions-nous vécu un changement libéral sans avoir été consulté ? Le plus curieux n’est pas là.
  • L’assurance est devenue un moyen de se décharger de ses responsabilités. Les assureurs sont « réassurés ». Du coup, non seulement ils ne se préoccupent plus des dommages qu’ils versent (les réassureurs commenceraient à s’en émouvoir), mais ils n’ont plus besoin de faire leur métier, ils peuvent se débarrasser de leurs personnels expérimentés, et chers.
  • Plus généralement, un vent d’irresponsabilité aurait gagné la planète. Exemple. Pour réduire le coût de pièces, elles sont fabriquées en Chine. Le Chinois refait le coup du lait frelaté : par facilité d’usinage il n’utilise pas le mélange de métaux prévu. La pièce casse au bout d’un mois. Mais le donneur d’ordre est assuré !
  • Chaque profession serait dans le même bain. Liquidation des coûteuses procédures liées au métier, et des personnels compétents, assurance de procédés devenus hyper risqués, et non durables. 
  • Dans l’entreprise même la règle du jeu serait de prendre des risques démesurés pour en tirer des bénéfices maximaux, et d’en faire payer les conséquences à ses collègues.  
Jamais il n’y a eu autant d’accidents, et jamais les experts ne se sont aussi bien portés !
Comment tout ceci va-t-il se terminer ? Vague de défaillances de compagnies d’assurance ? Les entreprises, qui n’entretiennent plus leurs atouts, vont-elles être balayées par leurs concurrents étrangers ? L’État étant déjà surendetté ne peut plus être assureur : crise radicale nettoyant l’ardoise ? 1929 ?
Compléments :
  • Ce mécanisme est celui qui est à l’origine de la crise. Les organismes financiers ont inventé des mécanismes « à la Enron » pour masquer leurs risques, développer leurs chiffre d’affaires et leurs bonus. Cet entretien laisse penser qu’ils ne seraient pas propres à la banque, mais caractéristiques de toute l’économie…  

L’économie dupe l’homme

Les économistes du billet précédent disaient que les financiers avaient dupé le marché, en concevant des produits exotiques qui lui faisaient prendre des vessies pour des lanternes.
Mais sont-ils les seuls à nous duper ?
Les coupe-faims sont des coupe-vies. L’agro-alimentaire vend de l’obésité. Les assureurs américains n’assurent que le bien-portant. Depuis ses origines l’industrie de la communication s’est spécialisée dans la manipulation
Et si le fonds de commerce de l’industrie était devenu la duperie ?

Chine économique

L’évolution économique de la Chine se ferait par phases. À partir de 79, capitalisme financier avec acquisition de tous les composants nécessaires (bourses, banques, etc.) Reflux dès 2006. Le système financier chinois se referme sur lui-même.
Par ailleurs, « Le gouvernement chinois est en train de retirer les subventions à l’industrie et d’assouplir le contrôle du prix de l’énergie. Les employés demandent des hausses de salaire. Les normes environnementales, aussi, sont renforcées. Toutes ces tendances affectent les profits, mais le gouvernement est heureux de les laisser se développer ». (Where are the profits?)
Ferait-il meilleur vivre en Chine ? A-t-il fallu, pour cela, se protéger de l’irrationalité du « marché » ? Avec la disparition de ceux qui avaient voulu le capitalisme financier chinois s’est enfui « le désir de la direction du pays de supporter la brutale volatilité des systèmes basés sur le marché ».

Eric Cantona

Eric Cantona appuyé par la presse et les réseaux sociaux va-t-il créer une panique bancaire ? L’effondrement de l’économie mondiale ? Peu probable. Mais pas déraisonnable.
Les banquiers ont détourné des sommes colossales. Ils ont fait faillite. Pour les sauver les États se sont massivement endettés, à tel point qu’ils doivent maintenant être démontés. Adieu la société d’opulence de nos parents, bonjour Dickens. Mais le banquier continue à s’enrichir. Et en plus il paralyse l’économie ou menace l’euro, parce qu’il a peur. Or aucun parti politique ne proteste. Pas même aux extrêmes !
Théorie et pratique disent pareil : on ne peut négocier de manière crédible que si l’on est prêt au sacrifice ultime. Le kamikaze, lui, est crédible.
Compléments :
  • Application des idées ci-dessus, et aperçu théorique : Efficacité de la grève.
  • Le garde-fou des extrémismes ayant disparu, va-t-on vers une vague d’attentats suicides ?

Capture pharmaceutique

Les économistes ont expliqué l’inefficacité des organismes de contrôle américains lors de notre dernière crise par le fait qu’ils avaient été « capturés » par les banques.
En France, ce serait les laboratoires pharmaceutiques qui auraient capturé leur organisme de contrôle. Comme semble le montrer l’affaire d’un coupe-faim fatal, interdit partout sauf chez nous, et remboursé par l’euphémistiquement nommée « assurance maladie ».
Compléments :
  • Le contrôleur a des circonstances atténuantes : il est extrêmement « coûteux » de penser différemment de ses collègues. 

Sure BNP ?

La BNP aurait-elle une culture plus saine que la Société Générale ?
Elle a su conserver un portefeuille d’activités « équilibré ». La banque, « qui est dirigée par un groupe soudé de vétérans de la fusion originale » a résisté aux tentations qui se sont révélées fatales ailleurs. « L’histoire récente de BNP-Paribas (…) est l’histoire d’une expansion et d’une prise de risque consistante, et étroitement contrôlée. » Stop. Think. Act.

Quantitative easing

Informations de la BBC. Les banques centrales anglo-saxonnes craignent la déflation, nouveau « quantitative easing ». L’interviewé, lui, pense que les obligations connaissent une bulle spéculative.
La méthode du quantitative easing marche à l’envers du lancement d’une dépression : en mettant de l’argent en circulation (variante de la « planche à billets »), on augmente les prix. La mise en œuvre de ce changement semble la suivante : la banque centrale achète des obligations aux autres banques. Pleines de cash, elles accélèrent leur financement à l’économie. Intervient alors un mystérieux « multiplicateur », qui fait qu’elle reçoit plus que ce que la banque centrale a dépensé.
Mais, encore faut-il que les banques n’amassent pas ce qu’elles reçoivent !
Le paramètre humain ne serait-il pas prévu par le modèle économique ? Ou, au contraire, le banquier central nous dit-il : ayez peur, je vais augmenter les prix, demandez des augmentations ? Bluff ?
Bienvenue dans le monde des apprentis-sorciers ! Un monde où il ne viendrait à l’idée de personne qu’il existe quelque chose qui s’appelle la société humaine, et qu’elle ne change pas par miracle. 
Compléments :
  • En tout cas l’expérience récente semble montrer que lorsque l’on injecte des masses d’argent quelque part, on fait des bulles. (L’opinion de l’interviewé de la BBC semble donc justifiée.) Et ce pour la raison que, justement, la société s’adapte lentement au changement. 
  • Ou même pas du tout. Les banquiers américains se sentent insultés par les paroles de B.Obama, et ils ont décidé de faire grève. Ils vont garder pour eux l’argent de la banque centrale et le distribuer au parti républicain ?

Contrôle de la finance

Comment éviter aux banques de créer une faillite mondiale ? L’exercice consiste à chercher un moyen pour que la faillite d’une banque ruine ses actionnaires, mais pas le contribuable.
  • Première mesure : augmenter les réserves des banques. 
  • Mais des réserves qui élimineraient tout risque ne sont pas compatibles avec le fonctionnement de l’économie. Il faut donc pouvoir s’occuper des faillites résiduelles. Les USA ont monté une autorité qui prendra le contrôle d’une banque en difficulté et répartira ses pertes conformément à la logique économique. 
  • Mais, nouveau problème : les banques sont endettées les unes par rapport aux autres. Si certaines semblent fragiles (et les santés bancaires sont corrélées), et donc menacées d’un redressement musclé, elles ne seront plus alimentées. Nouvelle solution : pour éviter une panique, l’action du régulateur est réduite seulement à une partie (critique) du bilan de la banque administrée.
Voilà, à mon avis, comment devrait fonctionner un monde en bonne santé : une mise au point de solution à ses problèmes par échange entre les beaux esprits expérimentés de la planète. Loin des utopies qui l’ont ravagée. 

Stress tests

Grande opération de communication à l’endroit des marchés. Il s’agissait de les convaincre que les banques européennes étaient raisonnablement solides.
On pensait que le test serait concluant s’il dénonçait 10 ou 12 tocards. Mais l’Europe n’en a retenu que 7, dont des coupables évidents. Les marchés semblent hésiter : doivent-ils s’affoler ou non ? Jusqu’ici c’est calme. Ce qui pourrait montrer que l’Europe a pris des risques payants : elle a fait le stricte nécessaire. Commencerait-elle à comprendre la rationalité des marchés et à savoir la manipuler ?
Compléments :