Germanwings : le terrorisme fait 150 morts

Un pilote se trouve fermé hors de son cockpit. C’est la faute de la législation anti-terroriste. Autrement dit, les terroriste du 11 septembre ont fait 150 nouvelles victimes. Mais c’est aussi probablement grâce à eux que la NSA écoute nos communications et que les USA ont mis l’Iraq en pièces. Ce qui a favorisé probablement le chaos du Moyen-orient. Auquel contribue d’ailleurs une autre création des USA : Al Qaïda et ses diverses variantes. 
Le monde est un équilibre entre forces. Il suffit d’en éliminer une pour que celles qu’elle contenait se déchaînent. (Par exemple les militaires américains.) Tout l’art du terroriste est là. De l’importance de garder la tête froide dans les crises ?

Le monopole c’est bien !

On nous a changé The Economist ? Alors qu’il veut toujours plus de « compétitivité » pour les Etats, quand il s’agit de Google, il se rappelle les paroles des grands auteurs classiques : ils ont dit que la concurrence tuait l’innovation. « La concurrence (dit Peter Thiel) explique l’échec, pas le succès ; le succès vient de la fourniture d’un produit sans équivalent, et tend donc naturellement à créer un monopole ». Certes Google, Amazon et les autres affirment ouvertement qu’ils veulent conquérir le monde. Mais ce n’est pas grave, parce que la nature d’Internet est le monopole, que le désirer rend créatif, et qu’aucun monopole ne tient, surtout chez Internet. (La conclusion de l’article semble, toutefois, émettre un doute et rappelle que la démocratie c’est, par nature, le refus des rois, une autre forme de mmonopole.)
L’armée française est devenue la meilleure amie de l’américaine. Sauf en Europe, où la France ne compte pas. La Russie divise l’Allemagnequi retrouve ses divisions de la guerre froide. La droite est pro occidentale, la gauche pour l’Ostpolitik. Souk ukrainien. Les oligarques se disputent le pouvoir. La volonté de l’Ouest de faire entrer l’Ukraine dans l’OTAN ne fait qu’envenimer ses relations avec la Russie. En Angleterre, la croissance est repartie, mais elle crée des salariés pauvres, qui ne paient pas d’impôts. La situation financière de l’Etat n’est pas meilleure que celle de la France. L’Angleterre ne veut plus que sa sécurité sociale profite aux immigrés. Ce qui pourrait se retourner contre elle : elle a expédié deux millions de vieux dans des pays tels que l’Espagne et la France, où ils profitent de la sécurité sociale locale. Ils sont aussi nombreux, mais ils coûtent beaucoup plus cher aux Etats que les jeunes immigrés.
Comment 21md€ deviennent 315. M.Junker annonce un plan de relance, tour de passe-passe.
USA. Ferguson ou le drame des bas fonds de l’Amérique ? Une police blanche, mal formée et mal payée, affronte une population noire déclassée, dans un monde surarmé. Et cette abjecte pauvreté est rançonnée ! « Un rapport (…) a trouvé que la cour municipale de Ferguson – une ville de 21.135 personnes – a produit 32.975 mandats d’arrêt l’année dernière, principalement pour infraction au code de la route. Ces amendes étaient la seconde plus importante source de revenus d’une ville dont le budget est de 20m$. » L’économie américaine est en plein boom : « le commerce représente une petite part de l’économie américaine, et les autres malheurs du monde, en fait, aident le pays, en faisant baisser les taux d’intérêt et le prix du pétrole ».
Aviation. Le low cost s’en prend au marché des longs courriers. C’est une histoire de moteurs. Ils consomment de moins en moins, ce qui permet de baisser les prix et réduit l’avantage des transporteurs traditionnels. Ce qui leur donnerait encore un peu de répit serait l’incapacité de Boeing et Airbus de livrer assez vite de nouveaux appareils. La politique de subvention aux énergies propres a eu le même effet désastreux au Japon qu’en Allemagne. Et les fabricants de médicaments manipulent les chiffres pour montrer que leur mise au point leur coûte cher. Les producteurs de spiritueux investissent l’argent qu’ils gagnent à l’Ouest dans le trou sans fond des marchés émergents.
La mission principale des conseils d’administration est de s’assurer que le top management de l’entreprise est compétent. Pour cela, il faut, surtout, repérer et faire grandir des talents en leur confiant des projets et des responsabilités où ils vont s’affirmer.
Le fonds Franklin Templeton gère 190md$ de dettes d’Etat. C’est extrêmement rentable, car les lois de l’économie ne s’appliquent pas à ce type de dettes. Paie des banquiers. On essaie de trouver une formule de bonus qui les rende vertueux. Dernière idée : des obligations à très long terme. L’Europe, elle, a limité la proportion du bonus dans la paie. Ce qui a forcé les banques à augmenter les salaires fixes des banquiers. Ce qui est coûteux, et pourrait les amener à réduire les dits salaires…
Cryptage de données. Les données Internet sont plus cryptées qu’on ne le croit. Ce que regrettent les services d’espionnage. Cela pourrait protéger, mieux qu’aujourd’hui, le commun des mortels, mais pas ceux qui font l’objet d’une surveillance particulière. 

Industrie aéronautique française : la fin ?

Ai-je raison ? Des bruits que j’entends, j’aperçois un scénario pour l’industrie aéronautique française : la fin. Airbus s’étant établi aux USA va utiliser les sous-traitants de Boeing. Ceux-ci sont très gros, et la sous-traitance française ne pourra pas s’aligner. Fidèle à sa tradition, l’administration française chercherait à concentrer la dite sous-traitance (un champion national ?). Vu le taux de succès de ce genre de manœuvre, on peut estimer qu’elle conduira à un désastre qui coûtera cher au contribuable.

Question : M.Enders aurait-il réussi un extraordinaire tour de passe-passe ? Il se débarrasse de ses actionnaires étatiques allemands et français, et il exporte plus d’un siècle de savoir-faire européen aux USA ? En laissant un désert derrière lui ? Il se trouve que, si j’en crois The Economist, la demande d’avions passerait du long au moyen courrier. En conséquence, à une période d’innovation (A380…) succéderait une période de modification de l’existant : plus de passagers, mais moins d’essence, et des moteurs moins puissants. Une période plus favorable aux acheteurs qu’aux ingénieurs ? La chance sourirait-elle au gestionnaire à courte vue ?

Quant à la sous-traitance française que devrait-elle faire ? D’après ce que j’ai vu de l’équipement automobile, elle aurait tout intérêt à ne pas se laisser entraîner dans une stratégie de volume et de prix bas. Elle devrait faire comme Bosch et Valéo : rechercher des innovations dont les constructeurs ne peuvent se passer. Ce faisant, demain elle travaillera avec les concurrents d’Airbus et de Boeing. (Et l’on peut être très rentable sans être gros !)

Afrique en développement, France en déroute, voitures sans pilote, et avions électriques

Quelques nouvelles d’un Economist que je n’ai pas eu beaucoup de temps pour lire :
L’Afrique est l’eldorado. C’est la seule zone économique qui ne se soit pas repliée sur elle-même. Elle n’a ni argent, ni personnels qualifiés. Qu’à cela ne tienne, nous lui envoyons les nôtres. L’Afrique du Sud, par contre, devient un Etat de non droit. Apparemment c’est le terrain de chasse de l’ANC, qui vit sur la bête. Quandau Nigeria, ça ne semble pas mieux, une compagnie pétrolière exploite les ressources du pays au profit d’une clique et pollue les pauvres.
La France admire le Mittelstand allemand, mais rien ne lui est favorable. L’histoire, qui n’a pas voulu la reconstruction des grandes entreprises compromises par la guerre, alors que l’économie française était tirée par l’Etat et ses champions. Les marchés, l’Allemagne choisissant les bien d’équipement, la France, les biens de consommation. Les principes fondateurs des entreprises, les entreprises allemandes sont dirigées par des techniciens, ont peu de niveaux hiérarchiques et sont des joueuses d’équipe, avec leurs partenaires et leur région. Elles se développent par une croissance interne patiente, fondée sur l’innovation. Tout le contraire de la France.
Apparemment, la croissance chinoise se serait réduite, sans s’effondrer.
Retour sur le lundi noir de 1987. Le monde s’est engagé dans un cercle vicieux de décisions stupides, stimulant l’inconscience des investisseurs, qui ne couraient plus de risques. Les banques centrales ont laissé faire les bulles et les ont regonflées lorsqu’elles crevaient. Les gouvernements ont encouragé le développement de la banque d’investissement, et ont cru que le marché pouvait s’auto-assurer. La crise est inhérente au capitalisme, la retarder ne la rend que plus dangereuse.
La voiture sans conducteur aurait le vent en poupe. Le monde pourrait en être bouleversé. Et les avions pourraient être lancés par des rampes électriques. Ce qui économiserait l’essence. Et si vous êtes riche, avec de gros muscles, il y a de bonnes chances que vous vouliez laisser crever les pauvres. Les femmes n’ont pas besoin de muscles pour cela. 

France désemparée, Inde libérale, Chine belliqueuse, calotte fondante…

The Economist félicite la France. Finies les fanfaronnades, son gouvernement embrasse la raison économique. Encore faut-il qu’il passe à l’action immédiatement. Mais peut-être avec un peu moins de brutalité qu’au Portugal, qui se révolte contre la rigueur. L’Inde, aussi, se libéralise. Moins de subventions pour le diesel, les investissements étrangers sont autorisés, la grande distribution internationale va rationaliser le marché indien. Des myriades de petits boutiquiers inefficaces vont mordre la poussière. (On ne fait pas d’omelettes sans casser d’œufs ?)

Les banques centrales ont fait ce qu’attendait d’elles le marché, à savoir exprimer clairement leurs intentions. La FED attaque le chômage, et la BCE défend l’euro. Mais le journal n’est pas satisfait des gouvernants européens. Ils se sont embarqués dans la construction d’une Europe utopique, alors qu’ils devraient se préoccuper des besoins immédiats de l’économie. Et ce n’est pas mieux aux USA. On s’insulte entre prétendants à la présidence, ce qui ne présage rien de bon quand au désamorçage de la bombe budgétaire de fin d’année. Et Romney fait gaffe sur gaffe. Mais cela affecte moins l’électorat que la santé de l’économie. (Je m’interroge : ne serait-il pas utile de chercher une explication à ses gaffes : travestit-il la réalité pour faire plaisir à son public du moment ? Est-il idiot, ou incapable de préparer un dossier ? Demain, prendra-t-il des décisions sans comprendre ce qu’il fait ?…)

La Chine et le Japon vont-ils entrer en guerre pour des îlots inhabités ? Parallèle avec l’Allemagne d’avant guerres, puissance montante et revancharde ?

Grand chambardement dans l’industrie du transport. Internet a remplacé la voiture dans la culture occidentale. Ce n’est plus la bagnole qui fait l’homme. Les émergents continueront à s’équiper, certes, mais vont vite suffoquer sous les embouteillages d’un monde hyperurbanisé. Bref, l’avenir serait à la voiture sans chauffeur, au partage, au vélib et au transport en commun.

EADS va-t-il s’unir à BAE ? Cela dépend des gouvernements européens. Pour ma part, je me demande si ce n’est pas un marché de dupes. Et si le patron d’EADS voulait surtout devenir gros ? Et si, pour cela, il absorbait un BAE vacillant et survalorisé ? D’ailleurs, qu’un si gros morceau de l’industrie aéronautique européenne soit entre les mains d’une seule entreprise n’est-il pas dangereux ? Et si elle faisait faillite ?… Ici, comme pour sa politique économique, notre gouvernement semble désemparé. Se fait-il rouler dans la farine ? En est-il réduit à adopter les idées de ceux qui en ont ? Patrons ici, économistes libéraux, là ?

Pour finir, la calotte glacière bat tous les records de fonte estivale. Le climat mondial pourrait en être bouleversé. Mais rien ne s’est encore passé. L’économie va-t-elle profiter du dégel ? Le comportement des éléments est trop incertain pour cela.  

Charles Edelstenne, dirigeant de Dassault

Articlede Challenges sur Charles Edelstenne, patron du groupe Dassault, que j’ai croisé, il y a fort longtemps.

Ce qui m’a frappé chez lui était son solide bon sens. Mais aussi le fait que c’était un comptable au milieu d’ingénieurs. Qui aurait pu imaginer qu’il puisse diriger un constructeur d’avions, et, mieux, détecter le potentiel de Dassault Système, que n’avait pas perçu le visionnaire Marcel Dassault ? (Si j’en crois ce que l’on m’a dit.)
Je lui dois aussi une de mes citations favorites : « méfiez vous des ingénieurs », une phrase qu’il devait à son « maître » Marcel Dassault.
Secret du bon dirigeant : habilement tirer parti de la nature humaine ?

la forme la plus élevée de l’action se fonde (…) sur une observation à ce point fine et efficace qu’elle ne demande pratiquement aucun effort, son idéal étant de parvenir au plus près du non agir (wuwei). (Kamenarovic, Ivan, La Chine classique, Les Belles Lettres.)

Rafale : aventures en Inde

Contrairement à ce que j’avais cru comprendre des premières informations sur le sujet, Rafale n’a pas gagné le contrat indien. Eurofighter va procéder à une surenchère. Question de prix, mais aussi de transfert de savoir-faire. (Les deux ont-ils été correctement chiffrés ?)
Plus curieux : Eurofighter est construit par un consortium dirigé par EADS, qui possède 46% de Dassault… (Source : Fighter jets: Bomb bays to Delhi | The Economist)
Bienfaits d’une concurrence fratricide ? 

Vol Rio-Paris

L’accident du vol Rio-Paris illustre peut-être un des grands théorèmes de la systémique : le problème est dans la solution.

Les pilotes de l’appareil l’ont cabré, alors qu’il aurait dû piquer du nez.

Il est souvent une bonne idée de faire le contraire de ce que l’on pense bien.

Cet enseignement s’applique-t-il à notre crise ?

Compléments :