Bug

Lorsque l’on est un ancien « développeur », voici une nouvelle qui frappe : des milliers d’A320 sont victimes d’un « bug ».

Dans ma jeunesse, une loi de la nature était que la qualité d’un « code » se comptait en nombre de bugs par millier de lignes. Or, les systèmes modernes comptent des millions de lignes de code… Comment se fait-il qu’il n’y ait pas plus d’accidents ?

Dans ces temps, j’avais noté que, s’il y avait le bug « qui tuait instantanément », la plupart étaient vus comme un comportement du système par l’opérateur, qui le compensait. D’une manière générale, ce n’est pas le bug qui compte, mais le comportement d’ensemble. Et c’est par essai / erreur qu’on le met au point, avec, paradoxalement, beaucoup d’empirisme. Ce qui ne tue pas renforce.

Airline travellers face disruption after Airbus warns A320 jets need software fix

Financial Times du 29 novembre

Poids vert

l’IATA a annoncé que le trafic mondial atteindra 5,2 milliards de passagers et 1.000 milliards de dollars de revenus l’an prochain.

La Tribune du 10 décembre

Visiblement les guerriers du climat ne sont guère efficaces.

A moins qu’il y ait deux poids et deux mesures ? Ceux qui subissent les lois et les autres ?

Avion électrique

Je découvre l’avion électrique. Beaucoup de start up se sont lancées. Et certaines ont déjà réussi de grosses levées de fonds.

L’avion électrique a de grands intérêts. Paradoxalement, il pourrait être moins cher que le TGV, pour les lignes intérieures – actuellement il aurait environ 500km d’autonomie. Avec l’avantage de pouvoir se poser sur n’importe quel aérodrome près de chez vous, y compris en tout terrain, et en hydravion. Ce qui, même si on se limite au conventionnel, multiplierait par 10 le nombre d’aérodromes utilisables par ce type d’appareils aux USA.

Il y aurait plusieurs segments. L’aviation d’affaire et les lignes intérieures, donc, et le taxi aérien. Peut-être aussi y a-t-il des applications militaires. Et on est proche des drones. D’ailleurs, il semble plus facile de mettre au point un avion autonome qu’une voiture.

Intelligemment, à mon avis, Stellantis a investi dans une de ces start-up taxis. Stellantis fabriquera le taxi, et la société le fera voler.

L’aviation électrique est aussi un enfant de notre temps. Il faut beaucoup d’argent et d’années pour mettre au point un prototype, le faire certifier et le vendre. Mais ce n’est rien pour Airbus. Pourquoi Airbus ne travaille pas sur ce sujet ? Parce que ce n’est plus à la mode. Aujourd’hui innovation = start up.

Le monde a changé. Les USA, en particulier, on distribué beaucoup d’argent à certains de leurs citoyens, en leur donnant, implicitement, la mission de l’investir dans la nouveauté. La France doit apprendre à jouer à ce jeu. En se rappelant que ce sont les meilleurs canassons, qui ont les plus gros handicaps… L’espoir fait vivre.

(Détail amusant : on peut imaginer que ces start ups finiront par être achetées par les constructeurs. Ils auront payé des milliards, ce qu’ils auraient pu développer, chez eux, pour quelques dizaines de millions d’euros. Seulement, pour cela, il aurait fallu avoir des compétences qu’ils ont perdues ?)

L'avion de Proust

Proust avait offert un avion à un amant. Combien celui-ci coûtait-il ?

Apparemment, les avions coûtaient entre 7500F et 30000F, en ces temps. Mais à quoi correspondait un franc ? D’après l’INSEE à un peu plus de 3€. Mais si l’on prend le salaire moyen d’un ouvrier, qui est de l’ordre de 150F/mois, et qu’on le compare au SMIC, on arrive à plus de 6€.

Pas cher ? En fait, les avions de ce temps étaient très simples, et la main d’oeuvre était peu chère. Et ils n’étaient pas fiables : l’amant a péri dans un accident d’avion.

(Dans Albertine disparue, Proust dit qu’il a offert à Albertine, dont le dit amant est le modèle, une Rolls et un yacht…)

Boeing et le 737, ou les risques du changement ?

Boeing parle d’arrêter la production du 737 Max. Or, c’est son avion le plus vendu. Et il faut des années pour concevoir un nouvel avion.

Boeing a longtemps été un des sujets favoris de ce blog. Car Boeing a été le champion d’un changement mondial : la sous-traitance poussée à l’extrême et à l’absurde. Cela a beaucoup d’intérêt : vous sous-traitez ce qui est compliqué (gestion des hommes, innovation, conception des produits, etc.), vous échappez aux contraintes que vous impose votre Etat d’origine pour assurer la dignité de ses citoyens, tout en accroissant radicalement vos bénéfices, puisque vos sous-traitants sont prêts à tout pour gagner vos commandes.

Les entreprises sont dirigées par des financiers qui les transforment en holdings financières, en étais-je arrivé à penser. Bien sûr, Boeing a dû reculer. Plus rien ne marchait. Question : en quoi le 737 est-il un héritier de cette histoire, et de cette culture ?

Le low cost ou l'esprit de la culture anglo-saxonne ?

Avec un humour peut-être involontaire, un invité de France culture disait que les compagnies aériennes « low cost » ne faisaient qu’une promesse : la sécurité. Et elle était respectée : aucun avion n’était tombé.

Je me demande si le low cost ne reflète pas le modèle culturel anglo-saxon. En effet, d’un côté on a des gens qui voyagent entassés comme des animaux, et qui paient relativement cher pour cela (les compagnies low cost sont exceptionnellement rentables). De l’autre, une petite élite dépense beaucoup pour ce qui était jadis un service ordinaire. Et en plus, diraient les écologistes, l’augmentation de la fréquence des vols menace la planète. « Externalités négatives » des économistes.

Cela explique aussi, qui sait ?, la supériorité que ressent l’entrepreneur anglo-saxon, et son mépris du reste de l’humanité. Et aussi l’expression de « guerre » si fréquente dans le vocabulaire anglo-saxon. En effet, si l’on attaque les structures de la société avec des moyens démesurés, en prenant des risques fous, on peut parvenir à la faire aller contre ses intérêts, et à s’en réjouir, et à en tirer une immense fortune.

Bug de Boeing et fiabilité de l'aviation civile

L’accident des Boeing 737 Max pose deux questions : y a-t-il un problème « émergeant » de fiabilité des avions modernes et peut-on croire Boeing s’il dit qu’il a réparé son avion ?

Ce qu’on lit :

  • Le 737 Max serait une version à peine modifiée du 737, qui a 50 ans. Un avion parmi les plus vendus. Argument : pas besoin de former vos pilotes. Probablement aussi : un nouvel avion pour pas cher. 
  • Le changement tiendrait à un nouveau moteur. Ce moteur a conduit à une modification du comportement de l’avion, que l’on a cherché à corriger par un système informatique, en particulier pour que le pilote ne se rende compte de rien. 
  • Pour des raisons inconnues ce système ne serait pas pourvu des redondances habituelles. 
  • La validation du système n’aurait pas été faite par un organisme indépendant, mais par Boeing. 
  • Le développement de l’avion aurait pris du retard, les tests de vol ne se sont pas bien passés, et il y avait donc des raisons pour aller vite et ne pas prêter attention aux mauvaises nouvelles. 

Scénario habituel du bricolage qui a des conséquences imprévues ? Ou culture pervertie par la soif du gain, ou la gestion par les coûts ?

Quant à mes questions. Pour la première, il semble qu’il faille remettre en place les processus traditionnels de certification. Pour la seconde, il est possible que la phase de test et de mise au point du 737 Max ne soit pas finie… Avec une probabilité, faible mais non nulle ?, qu’il y ait une erreur de conception définitive.

(USA Today ; France Culture.)

Bug de Boeing ?

Les 737 ne volent plus. Les accidents de Boeing 737 sont-ils dûs à un bug ? Les véhicules modernes sont pilotés par logiciels, et le propre du logiciel, c’est le bug. Bien sûr, il y a des tests, mais est-on sûr qu’ils sont suffisants ?

On nous dit que les accidents d’avions sont de plus en plus rares. Certes. Mais si tous les 737 se mettent à tomber, pour la même raison, les statistiques pourraient changer. En tout cas, pour le moment, comme pour les retraits de voitures (pour cause de bug), le coût de l’immobilisation du 737 est considérable.

Ne serait-il pas judicieux de concevoir pour le bug ? D’optimiser un peu moins et d’introduire un peu plus de redondances ? De moins dépendre du logiciel ?

L'avion survole la banlieue

Trente ans après, je retrouve la vie en banlieue. Curieusement, les trains ne marchent plus, en revanche le ciel est plein d’avions ! Visiblement, le pouvoir politique ne représente plus les populations de banlieue.
J’ai interrogé un spécialiste de l’aviation civile sur le comportement curieux des avions.
Je constate qu’il y a maintenant beaucoup d’avions qui passent bas. Avant, il n’y en avait pas. Puis ils ont suivi une ligne de crête, maintenant ils semblent venir d’un peu partout. Et, ce qui me surprend, est qu’ils volent bas et « à plat », alors que je me serais attendu à ce qu’il descendent sur Roissy de plus haut. 
Le HUB de Roissy ne possède pas les capacités énormes de parkings avions pour qu’ils puissent se poser dès leur arrivée, en conséquence, il faut des zones d’attente en rond, et le nord ouest en est sûrement une. Zone moins dense que le sud ; habitants habitués aux misères, campagne dédiée aux oiseaux, migration des parisiens qui viennent chercher la nature sans se douter que… Mais ne t’inquiète pas, le kérosène se déverse sur Rambouillet et pas dans ta zone. Alors ne te plaint pas.
La politique de Hub, serait-elle un moyen habile d’externaliser les coûts de l’aviation civile ?