Transformation numérique des assureurs

Les assureurs auraient-ils trouvé une parade à ma chronique du JDN ? The Economist le pense. L’assureur va repérer, quitte à ausculter notre génome, les individus à risque. Et il va mettre des capteurs partout. En premier lieu pour nous dicter notre comportement. L’assureur se transforme en société high tech !
Attention : fragile
Illustration des théories de Nassim Taleb. Ce qui rend l’entreprise fragile, c’est le bon sens. Ce qui fait qu’une entreprise est « antifragile » (résiliente), c’est la sélection naturelle. Elle apprend de l’épreuve. « Ce qui ne tue pas renforce » dit Nietzsche. Application à un assureur.
  • Bon sens : le risque est individuel ; le métier de l’assureur est d’offrir à l’individu les assurances les mieux adaptées au risque qu’il présente ; et, donc, logiquement, de liquider l’individu à risque. 
  • Sélection naturelle : l’assureur ne vit pas des primes, mais de ses rentes. Entre le paiement de la prime et le sinistre, votre argent est placé. Ensuite, depuis la nuit des temps, l’homme se regroupe en société pour « mutualiser » ses risques. Car le risque est imprévisible et extérieur à l’individu (cf. les catastrophes naturelles). Par ailleurs ce que le client veut, en premier, c’est de « l’aide humanitaire ». Il n’est pas capable d’évaluer un prix. Finalement, la caractéristique dominante de l’assureur est d’être « ennuyeux ». Les Grecs auraient dit « prudent ». Pour eux, c’était la plus haute qualité de l’homme.
L’assureur s’auto « disrupte »
Comment se fait-il que les assureurs aient choisi de passer de la résilience à la fragilité ?
Peut-être que, comme nous tous, ils ne veulent plus être ennuyeux ? Le remède contre l’ennui est dans les livres de finance. Plus vous prenez de risques, plus vous gagnez. Le gain est la rémunération du risque. Mais, si l’on n’est pas là quand ça claque, on a le gain, sans le risque. Exemples ? Transférer le risque (donc son métier) à un réassureur, faire porter le risque à l’assuré, etc. 
(Remarques :
L’évolution de l’assurance est en partie la raison d’être d’Obamacare. Les assureurs américains assuraient de moins en moins de gens et cherchaient de plus en plus à ne pas les dédommager. D’où cercle vicieux : augmentation des primes (la base assurable se réduit), difficulté des PME à recruter, faute de pouvoir offrir à leurs employés des assurances correctes, etc.
Par ailleurs, les assureurs cherchent à augmenter leur rentabilité avec des placements de plus en plus exotiques.)

Puissante Asie, faible Occident ?

L’Asie, en tant que Région, a acquis une réelle compétence industrielle. Chaque pays y joue un rôle. La Chine, en particulier, possède un puissant tissu économique, avec une riche sous-traitance. Par ailleurs, elle a été gagnée par la mode des aéroports. Ou, plus exactement, des villes construites autour d’un aéroport. Ces aéroports ont immédiatement la taille d’Heathrow… M.Netanyahou va-t-il être réélu ? Pas totalement sûr. Curieuse personnalité : « ni ses alliés, ni ses ennemis ne croient tout à fait ce qu’il dit ». Mais « nous avons besoin d’un premier ministre qui soit un salaud » pense un conducteur de taxi. Marine Le Pen devient une rock star. Raison de son succès ? « « Quand ils se battent contre le FN » dit Mme Le Pen, avec jubilation, « nous nous battons pour les Français ». » En Russie le KGB et les Tchétchènes, les hommes de main de M.Poutine, s’affrontent. En Europe, il y a deux poids deux mesures. Pour la France, d’une part, et pour les petits pays, de l’autre. En Angleterre, la main d’œuvre est extraordinairement pauvre (et peu productive) : « des 15 membres initiaux de l’UE, seulement la Grèce et le Portugal ont des coûts horaires plus faibles (que l’Angleterre) ». Cela semble en partie dû à l’immigration : « un demi million d’immigrants de plus qu’en 2010 sont employés en Angleterre, ce qui représente à peu près un tiers de la croissance de l’emploi du pays ». Le président égyptien se bat contre les Islamistes et semble vouloir, et avoir le talent pour, s’impliquer dans les affaires africaines. Dans certaines villes américaines, le rôle de la police est de rançonner la population (noire ?) pour combler les trous budgétaires. Dans 30 ans, plus d’un quart de la population des USA sera hispanique. The Economist se réjouit de cet afflux de sang neuf. Cependant, il semble que la transition n’aille pas de soi. Ils sont considérés comme « non blancs » (du coup, les « blancs » seront bientôt en minorité) ; non seulement l’ascenseur social ne semble pas marcher, mais ce serait le contraire qui se passerait : il y a un risque de « sous-classe hispanique » ; et il y a un risque « d’affrontement avec les blancs âgés », car, demain les vieux seront blancs, mais pas les jeunes…
L’esclavage se porte toujours bien. Particulièrement en Inde. Les « supply chains » lui seraient favorables.
MOOCS. On leur trouve d’utiles usages, en appui des cours traditionnels, et aux mêmes prix qu’eux. Notamment pour aider les élèves en difficulté. Mais aussi, c’était prévisible, pour la formation continue, et, à distance. The Economist ne croit pas aux montres d’Apple. D’une manière générale, à moins d’une « killer app », ce type de gadget portable ne devrait avoir un intérêt que pour les entreprises. En revanche, les troubles internationaux poussent les nations à s’armer. C’est bon pour l’industrie de la défense. La carte de visite n’a pas été disruptée par Internet. Pour contrer les menaces de Google, les assureurs vont nous équiper, nous et nos maisons, de capteurs. Et nous surveiller de près. « Les assureurs sont occupés à se transformer en entreprises technologiques. »
La politique monétariste de la BCE fait s’envoler la bourse et s’effondrer l’euro. Les Américains commencent à souffrir. Les inégalités de salaire viendraient du nombre et de la taille grandissants des entreprises. 

Le monde stagne

Les Américains sont de retour en Iraq. Il y a eu changement de premier ministre. Le précédent étant plus ou moins à l’origine des événements actuels. Puisqu’il a mécontenté sa minorité sunnite, qui s’est alliée avec « l’Etat Islamique », défaisant ainsi ce qu’avaient fait les Américains. L’issue de l’affaire ne semble pas claire.
Les troubles en Libye et au Moyen-Orient produisent une vague d’émigrants qui submergent les pays du Sud de l’Europe, et demandent l’asile au nord, en France notamment.
En Angleterre un tiers de la population blanche a été incapable de s’adapter aux changements de l’économie nationale. Concurrencée par les Polonais et les Africains, elle est inculte et dans la mouise. Quant aux indépendantistes écossais, ils vont probablement perdre les prochaines élections, mais ils sont là pour rester. On espérait un miracle économique au Japon, mais il semble avoir fait flop. (Le Japon sombre dans la déprime ?) Crise ukrainienne, le convoi humanitaire russe serait réellement humanitaire. Relations publiques de M.Poutine. Et la Russie s’adapte aux sanctions. 
En Turquie, M.Erdoggan est président. Incertitude sur son premier ministre et sur sa capacité à avoir une majorité nécessaire pour changer la constitution. En Espagne, les grands partis politiques sont affaiblis par la corruption. Il va falloir « former des coalitions pour gouverner ». La zone euro stagne, rien en vue. L’aide au pays en développement serait efficace, à défaut d’être efficiente.
Linkedin « disrupte » la chasse de têtes (des petites plutôt que des grosses). Entre le grand Linkedin et le petit Xing, Viadeo a choisi une option originale (et très française) : ne pas être rentable. On applique à la géothermie la même technique qu’au gaz de schiste. (Décidément on veut brutaliser la nature.)

Et si l’on remplaçait les conseils d’administration, incompétents, par des consultants, compétents ? Les PME ne trouvent plus d’argent auprès des banques. Les Assureurs sont prêts à leur prêter mais ne savent pas comment les évaluer. Et la titrisation de leurs dettes inquiète le régulateur. Les entreprises rachètent massivement leurs actions. Ce qui permet aux bourses de ne pas trop baisser. 2007 est la dernière fois que l’on a vu ce phénomène…

Google, force du totalitarisme ?

Le projet de Google glass est d’enregistrer notre vie. Pas uniquement ce que nous voyons, mais aussi l’information qui va avec (dont nos sentiments). Puis de faire de cela un bien commun, accessible à tous. En outre, nous serons désormais connectés en permanence à Internet. Or, pour que les effets de cette innovation se fassent sentir, il suffit qu’une minorité y trouve des bénéfices, secondaires, et l’adopte. The Economist suggère de s’émouvoir de la question.
L’irresponsabilité serait-elle une caractéristique génétique de l’entreprise ? Les assureurs se réassurent, pourquoi ? Du fait d’un biais de la loi. Elle demande des garanties plus faibles aux réassureurs qu’aux assureurs. En se réassurant, les assureurs augmentent leurs risques (et, surtout, les nôtres) ! De même, on s’est rendu compte que les entreprises faisaient appel au leasing parce qu’il n’était pas comptabilisé de la même façon que les dettes.
Nouveau succès économique pour l’Allemagne. Elle a libéralisé la prostitution. L’industrie emploie maintenant 400.000 personnes, avec 1m de visiteur unique jour. En Chine, Xi Jinping se saisit des leviers du pouvoir. Pour le reste, il annonce qu’il va libérer un peu plus les forces du marché. Mais les voies de la Chine sont impénétrables. En Inde, le parti du Congrès serait sur le point de se faire balayer par un démagogue. L’Amérique ne veut plus entendre parler d’intervention extérieure. Israël ne parvient plus à influencer ses vues sur l’Iran. La guerre en Afghanistan a soudé les forces de l’OTAN. Comment les conserver en état de marche, maintenant ?
On commence à dire que le gaz de schiste serait une mauvaise affaire. Mais The Economist pense que ses bénéfices peuvent provoquer un renouveau notable de l’économie américaine, à défaut d’une révolution. Notamment en ramenant sur son territoire des entreprises fortement consommatrices d’énergie. Et en favorisant l’activité économique qui va avec (construction d’usines, de routes, etc.).
L’Angleterre est en croissance. Mais la population n’en profite pas. Ses revenus sont érodés par l’inflation. Le gouvernement anglais repousse les dossiers épineux à plus tard. Le corps politique se fragmente, ce qui n’est pas compatible avec le bipartisme, principe fondateur de la démocratie anglaise. Le gouvernement est paralysé.
Amérique éternelle. Les principes de la justice américaine n’auraient-ils pas évolué depuis le Moyen-âge ? Par exemple, les pauvres peuvent être condamnés à perpétuité pour des peccadilles. Il semble que la vie du pauvre n’ait aucune valeur. Armstrong, personnification de l’esprit américain ? Il optimisait son corps, comme il optimisait tout ce qu’il utilisait, pour aller au delà des limites. Quant aux origines de la presse américaine elles se trouvent dans la lutte contre les barons du capitalisme des années 1900. Le parti républicain était son allié. Il voulait améliorer la vie de l’Américain. 
Les dirigeants d’entreprise découvrent les mérites de la méditation. Et les inconvénients des systèmes d’évaluation de leurs employés (ils visaient à les débarrasser des moins performants, et à stimuler les autres).
Qu’est-ce que la beauté ? Le signe que nous sommes apprivoisés. Chez l’homme comme chez l’animal, comportement et apparence sont liés. Et l’évolution de notre apparence marque la prise de pouvoir croissante des impératifs sociaux. Pourquoi les enfants n’aiment-ils pas les légumes ? Probablement parce que, jadis, ils étaient dangereux pour la santé.

Obama s'excuse

M.Obama s’excuse. Il avait dit aux Américains assurés qu’ils n’auraient pas à changer d’assurance. Les compagnies la leur résilient. Conséquence de ses lois. Et en plus le système qui permet d’acquérir une assurance ne fonctionne pas.

Et voilà ce que donne un changement mal préparé. Combien de temps encore nos gouvernants, dirigeants et consultants penseront-ils qu’il suffit d’une idée pour changer le monde ?

Globalisation acte 2 : la fin

Pays émergents : la fin du miracle. Ils ont profité d’un moment favorable. L’élite occidentale les a vus croître sans inquiétude. Et les chaînes d’approvisionnement ont rendu possible un développement explosif. On n’en connaît pas encore toutes les conséquences (écologiques, en particulier). Mais cet épisode a produit des effets pervers. Les émergents ont accumulé des dollars, ce qui a abaissé le prix de leurs exportations, et encouragé les émergés à vivre à crédit. Tout se termine avec un monde en déséquilibre, et en crise. Chacun se replie sur soi. Et les prochains pays émergents n’apportent pas assez de personnes pour alimenter un nouveau boom. The Economist aimerait que, cette fois, on évite un conflit.
La crise et ses remous :
La Belgique change de roi. Est-elle l’image de la zone euro ? « piégés dans un mariage royal arrangé. Ils continuent ensemble parce qu’ils n’osent pas y mettre un terme. » Le Moyen-Orient se transforme. « Le toujours puissant Etat égyptien avec l’appui nouveau de l’opinion publique et l’argent des pays du Golf, ennemis des frères musulmans, vont vraisemblablement contenir les islamistes, bien que, probablement, au prix d’une violence modérée. » « La Syrie en tant que pays a cessé d’exister. Différentes parties appliquent différentes lois, allant des anciennes lois nationales à la sharia ou à aucune loi. Les économies sont locales et dépendent de nouvelles affaires liées à la guerre. Différents drapeaux flottent sur les bâtiments administratifs – quand ils existent encore. » Détroit fait faillite. Symptôme d’un problème national. Les villes et les Etats ont promis des retraites et des régimes sociaux à leurs employés, dont ils n’ont jamais eu les moyens. Prévenir est trop compliqué. Seule la crise, une série de faillites, peut permettre de résoudre le problème. (L’ajustement porterait sur 2700md$ : quel va être l’impact de cet appauvrissement massif sur les USA ?) Les Républicains estiment que M.Obama a employé des moyens déloyaux pour se faire élire (n’auraient-ils pas fait de même ?), ce qui justifie qu’ils bloquent le fonctionnement du pays.

Imminente crise boursière ? Apparemment les bourses croient à une croissance qui ne va pas arriver. Elles sont surévaluées. Comme tout le monde, l’Australie a trouvé de nouvelles sources de gaz. Ce pourrait être une « bénédiction », mais le coût d’exploitation semble s’envoler… 

Presse. Les journaux anglais, malgré leurs énormes tirages, suivraient le chemin de ceux des autres nations. Baisse des ventes. Baisse des revenus publicitaires. Presse régionale en difficulté. Trop de titres nationaux. On tente de renforcer la place des abonnements et d’Internet. Mais, ce n’est pas assez.
Et tentatives pour réagir ?
Grande nouveauté. Fini l’obsession des coûts ? Les entreprises envisagent d’avoir une stratégie prix. Les fondateurs sont-ils de meilleurs dirigeants que les managers professionnels ? Pas toujours, mais généralement oui, surtout s’ils savent s’entourer. Et ils ont un avantage décisif lorsqu’il faut réussir des changements difficiles. 
Chasse aux paradis fiscaux. Tentative d’accord international. Les intérêts en jeu sont tellement importants qu’il y a peu de chances de succès immédiat. Mais The Economist est confiant sur le long terme. (La faiblesse de l’entreprise par rapport au gouvernement serait sont court-termisme ?) Les 9 plus grands assureurs attirent l’attention des régulateurs. Ils présenteraient, comme les banques, des risques systémiques. Non pour leur activité traditionnelle, mais pour leurs diversifications.

Science et culture (éternelles ?)
Notre sommeil serait affecté par la lune. Peut-être parce que nos ancêtres devaient avoir le sommeil léger lors des pleines lunes. Facile de nous implanter de faux souvenirs. Un des grands cataclysmes de notre histoire aurait été provoqué par une météorite volatilisant le pétrole et le gaz de l’écorce terrestre d’où nuage de méthane et effet de serre. Enfin, Kafka était « un individu névrosé, hypocondriaque, tatillon, complexe et sensible dans tous les domaines, et qui tournait toujours autour de lui-même, et faisait des problèmes d’absolument tout. (…) Kafka décrivait le monde comme il le voyait. Plein d’individus solitaires et persécutés, mais pas sans espoir. »

La transformation, permanente, de l’expert

Depuis quelques temps, je travaille avec les sociétés d’expertise françaises. Voici ce que j’ai compris :

Un métier complexe
Contrairement à ce que l’on pense, faire une expertise ce n’est pas mettre des croix dans une grille. C’est interpréter la loi et une nuée de contrats d’assurance, qui changent d’un assuré à l’autre, d’un assureur à l’autre, et d’un produit à un autre et d’une version de ce produit à une autre, chez un même assureur. C’est aussi pouvoir chiffrer vite et bien. Enfin, la partie technique de l’expertise s’est complexifiée. Un expert moderne doit combiner plusieurs spécialités anciennes. C’est compliqué, mais c’est une seconde nature. Car, il a droit à beaucoup de formations, et beaucoup d’experts font plus d’un millier d’expertises par an.
La relation humaine comme compétence clé
C’est pour cela que l’on ne me parle jamais de la complexité du métier. Ce qui préoccupe l’expert est la dimension humaine de l’expertise. Une expertise doit aller vite pour être rentable. Or, le premier besoin d’un assuré victime d’un sinistre est une sorte de soutien émotionnel. L’expert a le rôle d’un médecin pour un malade. En outre, l’expert ne peut rien faire s’il n’a pas obtenu la confiance de l’assuré et des parties prenantes d’un sinistre. Sans compter que l’assuré n’a aucune idée du contenu de sa police d’assurance… L’expert est un as de la relation humaine. Ce n’est pas l’ours que je croyais.
Une logistique de plus en plus sophistiquée
En fait, les difficultés ne font que commencer. Les assureurs ont découvert que la fidélité de leurs clients tenait à la rapidité d’intervention des experts. Ils leurs fixent donc des délais très courts, et des pénalités de non respect de ces délais. Pour tenir ces engagements le cabinet d’expertise, à partir d’un dossier généralement incomplet, doit parvenir à contacter l’assuré, à obtenir les informations manquantes, à lui fixer un rendez-vous avec un expert. Et tout ceci en optimisant la tournée de cet expert (qui passe son existence dans sa voiture) ! Car la rentabilité du cabinet tient au nombre de rendez-vous faits en une journée. Conséquence : développement de plates-formes et de dispositifs de planification de plus en plus sophistiqués.
Gain de productivité et amélioration continue
Bien entendu, les assureurs, qui traversent une mauvaise passe, utilisent des acheteurs pour réduire massivement les prix de l’expertise. Le gain de productivité est à l’ordre du jour.
Intéressant problème. Comment combiner une logistique hyper sophistiquée avec la dimension majeure du métier, un facteur humain extraordinairement aléatoire : prise de contact téléphonique pas simple, absence inopinée lors de l’expertise, besoin d’assistance émotionnelle… ? 

Les conséquences imprévues de Solvency II

Solvency II est un accord qui a pour but de renforcer la solidité des compagnies d’assurances européennes.

Comme tout changement, il semble devoir avoir des conséquences imprévues. Les assureurs sont de très gros investisseurs, et Solvency II va leur demander de changer leur mode d’allocation de leurs investissements. Visiblement vers des placements sans risque et à court terme.
Ça pourrait être mauvais pour la bourse, mais bon pour les emprunts de grandes entreprises. Mauvais aussi pour le financement privé de grands travaux d’intérêt général, mais probablement bon pour la dette d’État. Et attention au départ des compagnies d’assurance vers les pays qui les aiment dangereuses…
Compléments :

Le Pharmacien, l'agent d'assurance et l'avocat, quels points communs?

La semaine dernière a été riche d’échanges avec des représentants de ces trois professions lors de mes différentes expertises du moment :
Une pharmacienne – ancienne génération et de Province- est en litige avec son fournisseur historique de progiciel depuis plus d’un an. La pharmacienne évoque la transformation pernicieuse du métier soumis aux diktats des « grands laboratoires et des fournisseurs« .
Elle évoque la perte d’autonomie et la relation client, perdue.
Lorsque je l’interroge sur la capacité de la profession à s’organiser, elle fait état de « l’histoire de ce métier et de son statut de libéral » qui le rend très individualiste et aveugle.
Elle craint la transformation des officines en simples agences commerciales aux mains des laboratoires…
Un agent d’assurance de la même génération, et d’un province plus méridionale, s’inquiète également du devenir de son métier.
Le sinistre constitue le vrai service après vente d’un assureur, il révèle la qualité du contrat conclu et du service promis.
Aujourd’hui l’assureur a centralisé l’achat des prestataires qui contribuent à ce SAV, et déshabillé ses agents. Ces derniers peuvent bien choisir un prestataire, mais référencé, et n’ont aucune action possible sur la qualité de la prestation.
Ainsi, et tout particulièrement pour la Responsabilité Civile, l’agent a les plus grandes difficultés pour obtenir une prestation sur mesure, et donc sortant des standards qu’imposent les prix négociés, pour traiter des cas particuliers où la situation est sensible malgré des enjeux faciaux faibles.
Il en résulte des perte de bons clients sur des petits sinistres insignifiants.
L’agent est malheureux car il voit ce qu’il faut faire pour garder le client et ne peut que constater les dégâts.
Personne n’est à blâmer, l’acheteur a acheté à très bon prix, le prestataire a répondu aux standards de la mission, l’agent a râlé pour défendre son client. Le client insatisfait est parti.
A nouveau une profession libérale – c’est le statut de l’agent- qui est sous le joug de la puissance d’un grand groupe…
Enfin, l’avocat, profession libérale par essence, souffre également, en particulier celui qui est soumis aux assureurs qui lui apportent une grande partie de son business.
Aujourd’hui, les assureurs souhaitent acheter l’avocat au forfait. Comment va s’organiser l’avocat qui dans un dossier va recevoir une série de documents qui va produire un taux horaire indigne d’une femme de ménage? Tous les coups sont envisageables!
Voilà donc trois métiers libéraux qui vont subir des transformations radicales de leur profession respective.
Il semble que ces transformations sont dictées par un seul impératif : faire des économies.
Elles semblent prisonnières des grands groupes, puissants, mais aveugles.
Toutes trois, sont victimes de leur culture individuelle et sont en passe de perdre leur statut, l’amour du métier, leur savoir faire.
La RSE n’est elle pas leur planche de salut, pour :
  1. retrouver leur identité ou la redéfinir en tenant compte de l’évolution de la société,
  2. identifier leurs atouts sociétaux
  3. développer une communication efficace vis à vis de leurs parties prenantes pour se développer durablement?
La fédération des experts (FSE) le fait alors pourquoi pas d’autres?
Idée supplémentaire : Seul ce qui parait mesurable est identifiable et donc appréciable.
Comment développer une mesure du service rendu par de telles professions? C’est le même problème pour la biodiversité. Quel est l’impact de la perte d’une espèce?
Pour l’anecdote :
Un dossier contentieux est attribué à une équipe constituée d’un avocat et d’un expert.
Les enjeux du dossier sont évalués à 10 millions d’euros. Le travail, conséquent, de ladite équipe aboutit à un règlement par l’assureur de 250.000 euros.
Le coût avocat expert est de l’ordre de 80.000 euros.
Paradoxalement l’assureur ne sait pas mesurer que le gain est de 9.750.000 euros et va donc simplement mesurer la performance de l’équipe par le rapport 80 000/250 000 soit 32% ce qui est beaucoup plus insupportable que 80.000/9.750.000 soit 0,8%!

Quand le développement durable "ringardise" des principes indiscutables!

Les assureurs ont un principe : « la remise en état à l’identique » lors d’un sinistre. Le principe est d’éviter un enrichissement après un dommage subi. C’est interdit par l’article L 121 du code des assurances. Ce principe n’est il pas aujourd’hui totalement inadapté à notre société et ses besoins d’évolution?

Ce principe valait pour la seule dimension économique des choses mais le développement durable est passé par là. La société a changé. Pourquoi les assureurs ne pourraient ils pas réfléchir et proposer une remise en état meilleure à coût constant, mais socialement supérieure. N’est ce pas de leur responsabilité sociétale?
Pour cela, il faut se reposer sur des hommes qui ont l’expérience du traitement du sinistre et de la relation entre les parties prenantes à un sinistre, ou un litige: les experts. Paradoxalement, les assureurs semblent faire le choix de l’abandon de l’expert pour des raisons économiques (merci SOLVENCY II). L’expert serait donc en voie de disparition tout simplement parce qu’il n’existe pas d’indicateur autre que son coût pour mesurer son utilité?

Il est à l’image de l’abeille. On reconnaît le bon miel de celles qui sont élevées en ruche, dont on évite la piqûre douloureuse parfois mortelle. On oublie les sauvages qui pollinisent beaucoup d’espèces végétales (plus de 80 % des espèces végétales sauvages et cultivées). Imaginez un monde sans abeille, sans fleur et sans expert!


Abeilles et experts unissez vous ! pour montrer que vous êtes, au quotidien, les champions du développement durable!