Assurance sur la vie

Aux USA, l’histoire du moment est l’assassinat du dirigeant d’une compagnie d’assurance. L’assassin est reparti sur une bicyclette de location, on le cherche toujours. (Article de la BBC.)

La victime n’a pas eu droit à beaucoup de sympathie. La pratique de l’assureur américain consiste à refuser de rembourser la prescription médicale. Pour cela, il utiliserait l’intelligence artificielle. (Qui disait qu’elle ne servait à rien ?) Cela lui vaut peu d’amis.

Lorsque le citoyen se fait justice, c’est qu’elle est défaillante ?

(En attendant, cela fait la fortune des professionnels de la sécurité : aux USA, le métier de PDG est à haut risque.)

Intelligence trop assurée

L’intelligence artificielle n’a pas été à la hauteur de ses promesses, dans l’assurance, disait, en substance, le Financial Times, hier.

Effectivement, on avait annoncé que, grâce à elle, il n’y aurait plus d’assureurs. Le raisonnement d’alors était que le GAFA avait accès à nos données, contrairement aux assureurs. Et, donc, qu’avec la miraculeuse intelligence artificielle, il serait capable de concevoir des produits d’assurance, bien meilleurs que ceux qui existaient.

A cette époque, j’avais fait intervenir un ancien directeur scientifique d’IBM, dans une conférence d’experts auprès des assurances. Il avait présenté un petit livre. Voici ce que l’on écrivait, il y a vingt ans (ou plus ?), nous a-t-il dit. Rien n’a changé, sauf la puissance des ordinateurs. Or, ce n’est pas un problème de puissance que pose l’assurance.

Il nous avait aussi appris, qu’à l’époque, IBM avait lancé un programme pour éliminer toutes les maladies, identique à celui dont on entendait parler au moment de la conférence, et que cela avait échoué. Au lieu de trouver trois ou quatre règles pour diagnostiquer un cancer, la machine en produisait des milliers.

Nous avons vécu un temps « d’irrational exhuberance », comme on disait au temps de la bulle internet. La fiction du marketing a dépassé la réalité des possibilités techniques.

T'as pas cent milliards ?

En Angleterre, on évalue à l’équivalent du plan de relance covid, les aides nécessaires pour éviter une vague de décès du froid de citoyens n’ayant pas les moyens de payer leur facture énergétique. 

C’est quasiment ce qu’il a fallu, pour renflouer France Télécom, victime de l’hybris de ses dirigeants. Que nous coûtera EdF, qui fut, lui aussi, fort bien géré ? 

Le monde subit crise après crise. Le gouvernement devra-t-il, à chaque fois, trouver 100md€ pour éviter à la société un drame ? 

Les agriculteurs, depuis des années, subissent calamité sur calamité. Ils ont mis en place des systèmes d’assurance, de façon à pouvoir maintenir un niveau de revenu minimal. Modèle d’avenir.

Problème : il faut que les années sans crises la nation génère suffisamment de ressources pour en disposer lors des crises. Or, jusqu’ici, crise ou pas crise, notre pays creuse son déficit.  

Fonds souverain

Création d’un « fonds souverain » en Auvergne – Rhône Alpes. La Région abonde, mais les citoyens peuvent aussi y placer leurs économies. La mission de ce fonds est de financer l’économie locale. C’est un moyen de s’assurer qu’elle ne sera pas délocalisée. AuRA nouveau Land ? 

Ambition : à terme : un milliard d’euros. (Article.)

Réindustrialisation. Economie circulaire. C’est dans l’air du temps. 

Bon placement ? Apparemment, il s’agirait d’une assurance vie. Une assurance vie a pour objet d’être repayée. Que se passera-t-il si les entreprises dans lesquels le fonds est investi sont encore en phase de développement, ou n’ont pas tenu leurs promesses, au moment où l’on demandera une retraite ? Peut-être faut-il espérer un effet Ponzi : les premiers souscripteurs seront peu nombreux et pourront compter sur l’argent des derniers arrivés ? De toute manière, la région n’abandonnera pas son fonds, et fera donner ses contribuables ? Eux, risquent de perdre à tous les coups ? Voilà la meilleure des incitations pour investir ? 

Solidarité faiblesse

Le principal facteur explicatif des décès causés par le coronavirus est le grand âge. Pourquoi s’imposer tant de contraintes pour une génération qui a eu une belle vie, sans chômage, connaît une longue retraite oisive et bien rémunérée, a refusé toutes les contraintes, génération Tartuffe, qui nous laisse un héritage inquiétant ? Pourquoi la protéger d’un déluge qu’elle croyait survenir après elle, et qui a fini par la rattraper ? Voilà ce que l’on entend. 

Plusieurs observations. 

  • Nos statistiques sont fausses. Que se serait-il passé s’il n’y avait pas eu de mesures de confinement ? Nous n’en savons rien. Et si les formes graves, mais non mortelles, de la maladie s’étaient multipliées ? 
  • Nous apprenons en marchant. Nous avons suivi les Chinois qui eux-mêmes ont appliqué des mesures inspirées d’autres crises sanitaires. 
  • Demain, nous serons vieux. D’ailleurs, qu’est-ce qui ne nous dit pas que le prochain virus ne va pas attaquer les jeunes ? Longtemps la mortalité infantile a été extrêmement élevée. Nous ne protégeons pas les soixante-huitard, mais ceux qui sont en difficultés. Une société est une assurance. La résilience, c’est cela. 
  • La génération 68 est le résultat de ce qui l’a précédée, et elle a des mérites : elle avait certainement de nobles valeurs, et elle nous a montré les erreurs à ne pas commettre. Au moins. 

Et si l'on vivait de troc ?

La nature vit de troc, dit un article. Pourquoi pas nous ? En ces périodes de pénuries de trésorerie, les petites entreprises s’organiseraient en réseaux d’échange.

Le troc entre entreprises ressemble à ce que voulait faire Proudhon : une économie sans argent ou on échange du travail contre du travail, sans l’intermédiaire de la monnaie. Car la monnaie a des effets pervers. C’est un jeu auquel certains semblent meilleurs que d’autres. Apple vaut probablement plus de deux fois la valeur de toutes les PME françaises. Quant au monde de la finance, il crée de la monnaie, à partir de la monnaie.

Mais l’article, à mon avis, passe à côté de l’effet subtile du don et du contre don (Mauss), qu’il cite. L’idée vient de B. Malinowski, un anthropologue qui l’avait observé chez des peuplades du pacifique. Je ne donne pas pour recevoir ! Mais, comme dit La Fontaine, dans l’article, « j’oblige ».

Ce qui se joue dans don et contre don n’est pas calcul à court terme, troc, c’est le mécanisme de l’assurance, comme chez La Fontaine (Le lion et le rat). Il est fort probable que l’on ne me rendra jamais rien. Sauf que si j’ai un pépin, on me donnera beaucoup plus que ce que j’ai apporté : la vie, parfois.

Paradoxalement, l’amour désintéressé est un bon calcul !

Macif augmentation

Par hasard, je regarde le montant de mon assurance Macif (habitation). Je suis surpris de la rapidité de son augmentation, sur les 5 dernières années : 6,8%, 4,5%, 4,0%, 6,0%. Depuis 2003, cela fait 4,8% par an. En revanche, « mobilier et contenus garantis » est rigoureusement constant…

Je suis de plus en plus à risques ? La Macif assure des gens de plus en plus à risques ? Mauvaise gestion ?…

Monde sans pilote ?

Qui se préoccupe des conséquences qu’a le développement technologique actuel ? D’où tire-t-il son mandat ? me suis-je demandé en lisant la chronique technologique de The Economist. On y voit une chercheuse qui manipule des virus pour créer des microprocesseurs ; des tissus conducteurs qui peuvent rendre intelligents les vêtements, et légers et flexibles les conducteurs ; l’impression de tissus organiques (des équivalents organes nous sont promis pour demain). Plus généralement, la mode est à la copie du vivant : on veut faire gagner en vitesse les ordinateurs, en utilisant toutes les idées possibles, dont le câblage du cerveau ; on conçoit des objets volants sur le modèle de la méduse ; on cherche à communiquer par des processus chimiques (cf. les odeurs). Plus conventionnellement, les énergies renouvelables posent le problème de leur imprévisibilité. On aurait trouvé un moyen de les stocker en masse et bon marché (« batterie de flux ») ; et à faire transporter des quantités supplémentaires d’électricité par les lignes existantes (en passant de l’alternatif au continu). Finalement, le transport maritime se fera sans équipage. Un nouveau fléau apparaît : le pirate informatique.  Les catapultes électriques vont lancer les avions, civils et militaires.
Illusions perdues ?Pays émergents, bulle spéculative éclatée ? Les entreprises occidentales y ont investi des sommes colossales (3000md$ en 15 ans). Le retour sur investissement est faible. Le repli se fait plus ou moins en bon ordre. Fin du miracle africain ? On découvre que la croissance démographique africaine est beaucoup plus élevée que prévu (2,7md de personnes en 2050). Ce qui l’empêcherait de sortir de la pauvreté. Bulle de la prostate. On s’était enthousiasmé un peu vite pour les vertus du dépistage.
Rien ne change. Contrairement à ce que l’on aurait pu penser, l’emploi et la masse salariale de l’administration augmente, en particulier en Allemagne et en France. Scandales bancaires. A chaque fois qu’un truquage est découvert, un autre est inventé. Après le Libor, on parle des taux de change et du cours de l’or. « La force du dollar vient de ce qu’il maintient sa valeur vis-à-vis d’une dette en dollars ». Le monde a besoin du dollar, ce dont l’Amérique continuera à profiter honteusement.
Ukraine. Enchevêtrement invraisemblable. Pays en faillite, lutte entre puissances nauséabondes. Occidentaux divisés. L’Est de l’Europe a peur, M.Obama en veut à ces ringards d’Européens de le détourner de ses véritables intérêts. Le FMI à la rescousse ? Avec la perspective que « l’argent du contribuable occidental serve à rembourser M.Poutine ou les fonds d’investissement qui ont acheté la dette à haut rendement ukrainienne ». M.Poutine ne chercherait pas à annexer la Crimée, mais à donner un nouveau souffle à sa présidence, en montrant sa force. Mais, à long terme, mauvaise affaire pour la Russie. L’UE va chercher à s’affranchir de sa dépendance à l’énergie russe, arme de M.Poutine ; les pays de l’est de l’UE sont effrayés et reconstituent l’OTAN ; l’Ukraine se tourne de plus en plus vers l’Ouest. Une fois de plus, Mme Merkel détient les clés du problème ? Elle ne veut pas d’une crise avec la Russie. C’est un partenaire de l’Allemagne et elle croit aux vertus de la patience et de la démocratie.
M.Hollande veut restructurer son gouvernement. Tout est possible. En Allemagne, on diminue l’âge de la retraite. Les Anglais ont confiance en leurs espions. Les Japonais relancent leurs centrales nucléaires. Le programme économique de leur gouvernement en a besoin. En Thaïlande, l’opposition s’est découragée, mais la justice pourrait être fatale à la présidente. Chypre aurait mieux pris le choc consécutif à son sauvetage financier que prévu. Son économie est résiliente du fait du tourisme des riches Russes et de ce qu’elle a pris la place du Liban comme « centre d’affaire de l’est de la Méditerranée ». Mais ce n’est pas brillant.
Aux USA, l’énergie solaire deviendrait rentable sans subventions. Aidée par des batteries révolutionnaires, un nouveau mode de production « distribuée » verrait le jour : chez l’utilisateur. Ce qui menacerait le modèle de production centralisé actuel (et les services qu’il rend). « Deux tiers des sinistres supplémentaires seront dus aux incitations à la construction dans des zones dangereuses. » C’est parce que l’on est assuré que l’on s’installe dans des zones à risque et que l’on est victime de catastrophes naturelles. (Variante, chez les assureurs des subprimes ?)

Le secret du renouveau de Lego ? Il est vu par les parents comme le contrepoison à l’abrutissement par Internet.

Les économistes inventent « l’homme concurrentiel ». Sa volonté d’ascension créerait la croissance et irriguerait l’économie. Hier, il était bloqué par la monarchie, aujourd’hui, il l’est par la dette.

Réchauffement climatique. Il aurait connu une pause momentanée. Mais les mécanismes qui le sous-tendent sont puissants. Grâce à lui on découvre de nouveaux méga virus, jusque-là congelés. 

Quelle est l'utilité d'un expert ?

Voici ce que m’a raconté un expert.

Une personne voit les racines d’un arbre de son voisin entrer sur son terrain et faire quelques dégâts à sa propriété. L’expert est appelé. Mais comment travailler ? Les voisins ne se parlent plus depuis 30 ans ! Après palabres, ils acceptent de discuter au travers d’un grillage. Mais de quel côté du grillage va se placer l’expert ? Puis la conversation commence, par expert interposé. Sans y prendre garde, l’un des voisins s’adresse à l’autre, qui lui répond, sans animosité particulière. Petit à petit une solution au différend apparaît. Comment écrire un procès verbal sur un grillage ? Il faut une table. On se retrouve au café. Après que l’on a signé le procès verbal, on boit un verre. 30 ans de querelles sont oubliés.

Pourquoi l’expert m’a-t-il raconté cette histoire plutôt que celle d’expertises à plusieurs millions d’euros ? Parce que toute l’expertise s’y trouve. Le succès d’une expertise est dans la mise en relation d’êtres humains. Tout le reste (analyse économique, droit, qui a raison qui a tort ?, contrat d’assurance…), qui est pourtant très compliqué et demande des années d’apprentissage, doit être immédiat. Il m’en a aussi parlé parce que les compagnies d’assurance cherchent à ramener l’expertise à une question exclusivement technique, soluble par un ordinateur. Et que les experts sont incapables d’expliquer à quoi ils servent.

Sont-ils les seuls dans ce cas ?