Harmonie

Our findings suggest that if you use different instruments, you can unlock a whole new harmonic language that people intuitively appreciate, they don’t need to study it to appreciate it. A lot of experimental music in the last 100 years of Western classical music has been quite hard for listeners because it involves highly abstract structures that are hard to enjoy. In contrast, psychological findings like ours can help stimulate new music that listeners intuitively enjoy.

Article de l’Université de Cambridge

Curieux qu’on ne l’ait pas fait plus tôt. On s’est demandé ce que l’homme trouvait harmonieux. Curieusement, ce n’est pas ce que disaient nos théories, quelles remontent à Pythagore, ou qu’elles soient le fait des « musiciens » modernes.

Décidément, l’art ne fait pas bon ménage avec la raison ?

Intelligence artistique

On est toujours puni par là où l’on a pêché.

J’ai voulu utiliser l’intelligence artificielle pour créer la couverture de mon prochain livre. J’ai donc utilisé deux sites conseillés pour cet usage.

Damnation ! L’exercice ne fait que confirmer une de mes idées reçues. L’IA révèle les préjugés de ses créateurs. C’est à la fois l’esthétique de la « boule à neige » et de l’esbroufe à deux balles, autrement dit toute la culture américaine.

Impossible de lui demander de créer un sauteur à la perche qui soit autre chose qu’un conquérant des étoiles. Et, pour lui, le « style Gauguin », c’est Tahiti ! Quant à van Gogh, c’est une caricature de nuit étoilée. J’ai alors tenté « France : potentiel ignoré ». Il m’a dessiné un personnage en béret basque portant une baguette !

Tristan et Iseult

Tristan et Iseult aurait été inventé par un Anglais, qui parlait français, comme tout le monde, à l’époque. C’aurait été un best seller, immédiatement traduit en France et en Europe du nord.

Tristan porte la fatalité dans son nom, « triste » : sa naissance commence par un drame, et sa vie en est un.

En écoutant In our time, qui lui était consacré, je me suis demandé si la fatalité n’avait pas était la source d’inspiration première des littérateurs. Le courant moralisateur, qui a actuellement le haut du pavé, serait une invention récente.

Au fond, son ressort dramatique est faible. Il suppose que le monde est déterminé, que l’on sait le bien et le mal. Tout cela est médiocre et gris. Plus triste que Tristan ? Alors que l’homme affrontant la fatalité est glorieux. Certes, comme dans la vie de Napoléon ou d’Alexandre, cela finit mal, mais avant, il y a eu des exploits incroyables, ou, comme pour Tristan et Iseult, des moments de félicité que personne ne connaitra dans sa vie.

La fatalité aurait-elle du bon ?

Génial Shakespeare

C’est fatal. Quand on écoute la BBC, on ne peut qu’entendre parler de Shakespeare.

Etait-il génial ? Ce qui est frappant, c’est qu’il utilise le même procédé que Molière ou Corneille. Il doit produire, produire, produire. Alors, il cherche un thème, une histoire ancienne, et il la met au goût du toujours. Et, comme on le disait au temps où je programmais, il « pisse du code ». Il lui arrive, comme ce fut le cas pour Molière, de demander un coup de main d’un collègue.

Le génie est donc celui du temps. Selon les thèmes à la mode, l’oeuvre a de la profondeur, ou non. Quant à l’auteur, c’est un artisan. Tout son talent est d’exploiter au mieux les vents dominants. Ce qui est déjà beaucoup. Mais, sans ces vents, il n’est rien. Shakespeare n’est pas de notre temps.

Le fond et la forme

Je me souviens d’une remarque de Tocqueville, qui exprimait la satisfaction qu’il y avait à formuler une idée. Brassens ne disait pas autre chose, me semble-t-il. Le bonheur de l’artiste est celui de l’artisan ? Trouver, avec ses outils, un moyen particulièrement habile, de résoudre un problème pratique ? Le contentement du travail bien fait ?

Quand on la juge une oeuvre, ne tend-on pas à accorder trop d’importance au fond ?

(Ecrire un blog, ou le plaisir de raconter des histoires ?)

Sinéad O’Connor

L’autre jour, j’ai appris le décès de Sinéad O’Connor. J’en avais vaguement entendu parler, il y a longtemps. En lisant sa vie, j’ai constaté que j’avais dû entendre une ou deux de ses chansons.

Elles ont eu du succès, parce qu’elles accrochaient l’oreille. Mais, pour autant, faut-il parler de génie ?

Constatation, qui me ramène immanquablement aux Beatles. Je suis contemporain de leurs premiers succès. Etrangement, depuis ma toute première enfance, et leur « sous-marin vert » (leur chanson traduite en français), leur musique me semble de la guimauve.

Je crois que nous avons hérité des Américains la tendance à confondre fortune et talent.

De l’art

Une vie sans art. C’est la mienne. Il n’y a que récemment que je me suis intéressé à la question.

Curieusement, je découvre que j’ai des idées à son sujet.

Paul Léautaud considérait Rimbaud comme un escroc. Je ne suis pas loin de me demander, aussi : quel est l’art légitime, et celui qui abuse de notre naïveté, ou de notre âme de mouton ?

Il me semble que l’art s’étonne et s’émerveille, peut-être deux sens d’une même idée. En cela, il est utile, parce qu’il amène l’homme à progresser. Comme cette poésie absurde qui nous rappelle que l’essentiel n’est peut-être pas la raison. Mais qu’est-ce que cela signifie ? En quoi cela devrait-il changer notre vie ?

Le mauvais art est celui qui, au contraire, nous encourage dans notre médiocrité, comme celui qui provoque une émotion gratuite. Ou celui qui fait passer de la technique pour de la pensée, comme chez Hemingway. Ou encore celui du jeune intellectuel, façon Bob Dylan, qui constate qu’il existe des formulations qui masquent sa superficialité. Ou encore, qui confond progrès et provocation gratuite, « épater le bourgeois ».

Peut-être y a-t-il l’art du délire, de l’envolée lyrique que rien ne retient. Salambô de Flaubert, par exemple. Et, à l’envers, son pastiche, l’héroïque fantaisie, minable. Dont le sommet est Le seigneur des anneaux.

La forme et le fond

Ce qui m’a toujours surpris, ce sont les quatuors de Beethoven, et, encore plus, ceux de Mozart. Ils ne semblent rien avoir avec le reste de leur production. 

La forme joue un rôle fondamental dans l’oeuvre. 

Il en est de même pour le siècle de Louis XIV : Molière, Racine, Corneille, Mme de Sévigné… obéissent avant tout à une « mécanique ». A une quantité de conventions. En particulier, leur vocabulaire est extraordinairement limité. 

Le simple fait de parvenir à maîtriser ces conventions, c’est le « chef d’oeuvre » ? Le génie, consiste, peut-être comme Molière, à les pervertir ? Seule la société peut aller encore plus loin, en les inventant ? 

Mais elle peut aussi les détruire, comme elle l’a fait récemment. Et, alors, le génie devient impossible ? 

Chanteur totalitaire

Ecoutez un chanteur de musique classique reprendre un chant populaire. De quel droit peut-il ainsi le massacrer ? 

C’est ce que j’ai pensé, il y a quelques temps, en entendant José Van Dam interpréter une chanson de Jean Ferrat. 

L’homme de culture a quelque-chose de totalitaire ? Il n’a pas compris qu’il y a différentes cultures, et qu’aucune ne peut s’arroger le droit de mépriser l’autre, en lui imposant ses règles ?

La voix de la France

Deux interprétations d’Hercule Poirot. Dans l’une c’est un petit bonhomme fat, arrogant et horripilant. Dans l’autre, c’est toute la gentillesse, la douceur, l’humanité, de la voix française.

Même si Hercule est belge, je me demande si ces deux interprétations ne correspondent pas à deux façons qu’ont les Anglais de nous voir. 

En tous cas, c’est un exemple de ce que, contrairement à ce que dit le GAFA, les données sont bien peu de choses. L’interprétation peut les transformer du tout au tout.