Agnieszka Holland

Découverte. Agnieszka Holland est apparemment une réalisatrice polonaise importante.

En l’écoutant parler de sa vie, j’ai pensé que l’empire soviétique avait été un berceau idéal pour l’artiste. Il l’aimait et lui donnait une excellente éducation, classique, internationale, mais aussi en faisait un polyglotte, et surtout le plongeait dans le drame du totalitarisme, magnifique source d’inspiration.

Ainsi formé, une fois passé à l’Ouest, le dit artiste s’y trouvait comme un poisson dans l’eau. Allant de nation en nation, au gré de ses intérêts. Mais peut-être n’étant bien nulle part.

Pour une raison que je n’ai pas bien saisie, Agnieska Holland s’est établie en France. Elle n’a d’ailleurs pas été bien accueillie par les intellectuels de gauche, son bord, lorsqu’elle est arrivée dans les années 80. En fait, la France ne paraît plus avoir grand chose en commun avec la nation des droits de l’homme qui attirait les combattants de la liberté de tous les pays. Elle semble petite et provinciale.

Emmanuel Krivine

Musicien malheureux ? Il était exceptionnellement doué pour le violon, mais ne voulait pas être violoniste. Un accident de voiture l’a heureusement forcé à abandonner cette carrière. Il se lamente de l’évolution de la musique qui n’est plus que performance, à l’image du sport. Certes il demeure des musiciens authentiques, pas, d’ailleurs, les stars usuelles, mais il se sent écrasé par leur talent !

Peut-être finalement a-t-il trouvé son bonheur dans une communauté de musiciens qui semble inspirée de quelque utopie du 19ème siècle ?

(France culture.)

Interprétation

Wikipedia me montre un étrange tableau.

On est en Hollande, au 17ème siècle. Un bourgeois tout de noir vêtu, curieusement assis sur le pas de sa porte regarde une mendiante famélique, qui tend la main. Elle paraît très âgée, mais ne doit pas l’être, vu qu’un petit enfant l’accompagne.

De la maison sort une jeune fille richement habillée, à l’air malsain.

Qu’en penser ?

Eh bien, il semblerait que l’homme en noir ait commandé le tableau. Il se montre donc probablement fier de sa réussite, bon père, et homme charitable.

Méfions-nous des interprétations hâtives ?

Negro spiritual

Le Negro spiritual. Il semble que ce fut un langage, qui permettait à l’esclave d’exprimer ses souffrances, mais aussi un espoir : il s’identifiait au peuple élu, déporté à Babylone. Le Negro spiritual aurait aussi été inspiré par les cultures des dits esclaves.

Ce qui est surprenant est que les noirs américains ont de multiples origines et qu’ils sont le fruit de multiples mélanges. Ce n’est pas la génétique qui fait les cultures ?

(France culture : Les vivants et les dieux – Symboles et religions « Le negro spiritual ».)

Horizon chinois

Le Chinois n’aurait pas d’horizon.

Son art n’est pas le même que le nôtre. Alors que ce dernier semble avoir cherché longtemps à être une photographie, l’art chinois paraît plutôt être un langage. L’histoire d’une expérience.

Ce qui, au fond, est peut-être la règle générale. A la fois la photo, supposée exacte, et l’art abstrait, que personne ne comprend de la même façon, sont des exceptions.

Inspiration

Je me suis intéressé à l’artiste sur le tard. Comme souvent, j’avais tort. L’artiste moderne n’est plus un artisan qui a appris son métier d’un long compagnonnage. Depuis le 19ème siècle, au moins, c’est un intellectuel. C’est un « bourgeois bohème », il vient d’une famille aisée qui lui a payé des études. Sa vie est oisive. Au fond, toute son oeuvre consiste à se rebeller contre sa classe, à « épater le bourgeois ».

Son art est refus de la société et de la réalité. Il cherche l’inspiration dans la drogue et la destruction des traditions, de versification ou autre. Et cela débouche sur une impasse. L’artiste moderne est un être absurde ? En dehors d’un extraordinaire sentiment de supériorité, il n’a rien à dire ? Il n’a pas appris l’humilité, c’est son drame ?

Vers mystérieux

Jules Supervielle est interrogé sur la prose et la poésie (émission) :

Presque toute poésie a un coefficient de prose sous peine d’être incompréhensible. Ainsi un auteur comme Victor Hugo a un coefficient de prose très fort. […] Mallarmé est à l’autre extrême, chez lui le coefficient de prose dans ses meilleurs poèmes est très faible, il est presque nul. On manque un peu de concept pour guider le lecteur. Chez les surréalistes le coefficient de prose est aussi très faible.

Phénomène mystérieux. Le sens a plusieurs façons de s’exprimer. Dans le fonds, mais aussi dans la forme. Et, paradoxalement, trahir l’orthodoxie de la forme, ce qu’est la poésie, permet de dire à l’interlocuteur ce qu’il était impossible de signifier autrement.

En revanche, plus on s’éloigne de l’orthodoxie, moins on a de chances d’être compris.

Avec mon mauvais esprit usuel, je me demande s’il n’existe pas une sorte d’optimum. Un moment où beaucoup pensent avoir compris, alors qu’ils n’ont rien saisi, et peut-être même que rien n’était dit. Le secret du succès de « box office » ?

Diplôme

J’écoute les anciennes émissions de Radio France. On y entend parler les hommes célèbres de l’époque.

L’idée m’est venue, qu’en ces temps, le diplôme avait peu d’importance. Certes, très peu de gens faisaient des études. Mais, parmi ceux qui en faisaient, le talent, seul, comptait. On était capable de le reconnaître.

Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Paradoxalement, le diplômé, si fier de ses diplômes, est considéré avec suspicion par ses congénères.

Fin d’une mode ?

André Chastel

Découverte d’un illustre historien de l’art.

Il me semble avoir cherché, par une recherche rigoureuse, à comprendre les facteurs qui influencent l’art à une période et un endroit donnés. Par exemple, l’esprit d’une cité, qui peut-être, par exemple, platonicien au aristotélicien. Comme souvent le hasard joue aussi un rôle immense.

Voilà une démarche intellectuelle pour laquelle j’ai de la sympathie.

(Le bon plaisir – André Chastel.)

Ada de Nabokov

Une étude radiophonique d’un roman de Nabokov, Ada. C’est un chef d’oeuvre, et il est érotique, est-il affirmé.

Publicité mensongère ? Un numéro de virtuose prouve que l’oeuvre est construite sur une multitude de références culturelles. Après cela, qui aurait envie de lire Ada ?

Toute explication de texte tue l’intérêt du texte ? Surtout lorsqu’elle révèle qu’il est une construction savante ?