Budget de la défense

Parmi les divergences du moment voilà les budgets militaires. Les USA augmentent le leur, pour des raisons de relance. Les Européens le réduisent, pour des raisons de dettes (dont le niveau est inférieur à celui des USA).
Certes dépenser de l’argent en armées semble un gaspillage. Mais le monde est-il réellement sûr ? D’ailleurs l’économie obéit-elle à ce type de logique ? Quel est l’impact de l’industrie de l’armement sur l’économie ? Ne disait-on pas que c’était son moteur ?
La manière dont le changement est mené est curieuse :

Le risque est donc de disposer d’armes nouvelles et sophistiquées sans avoir les moyens de les gérer, comme c’est déjà le cas en Italie, où l’argent manque pour réparer les équipements endommagés en Afghanistan, mais aussi pour acheter le carburant des avions et des navires.

N’est-ce pas le procédé qu’utilise l’entrepreneur peu scrupuleux avant de vendre une entreprise : liquidation des investissements à long terme pour améliorer sa rentabilité apparente ? Nos gouvernants céderaient-ils à la panique ?
Compléments :
  • Souvenir d’une histoire que l’on se racontait dans la cours de l’école. Un petit Corse échange son revolver contre une montre. Son père : quand on te traitera d’imbécile, tu donneras l’heure ? L’État serait-il en passe de disparaître, nous laissant entre les mains du marché ?

Pourquoi le soldat combat-il ?

Il ne se battrait pas pour sa patrie, des idéaux, le goût du risque… mais par « amour » pour son groupe. C’est ce qui lui ferait commettre des actes héroïques et suicidaires. (What is it good for?)
L’individualisme et la peur de la mort seraient-ils solubles dans l’équipe ?

La France arme l’URSS

Pourquoi la France vend-elle des bateaux à la Russie ? se demandent les Anglo-saxons avec consternation. Il y a toujours quelque chose de honteux à être français.

Et pourtant nos actes ont peut-être une explication simple : la France ne peut vendre à personne d’autre que la Russie, simplement parce que sur les marchés honorables, elle est écrasée par l’influence politique américaine. Or, il se trouve qu’à un moment où l’Amérique nous déverse sa crise, en dévaluant sa monnaie, notre économie a plus que jamais besoin de débouchés.

Les Anglo-saxons sont les champions absolus du bien, tout ce que nous pouvons faire ne peut qu’être mal. Ils devraient en prendre conscience et aussi comprendre que nous pourrions un jour leur être utiles, et nous laisser un peu de leur « bien » pour survivre…

Compléments :

  • Comment l’Anglo-saxon a su mettre le bien à son service : Perfide Albion.

L’Angleterre découvre l’Europe

L’Angleterre est dans une bien mauvaise passe économique, et si elle réduisait les coûts de son armée en effectuant des synergies avec l’armée française, devenue amicale depuis qu’elle appartient à l’OTAN ?

L’idée suivante semble faire son chemin en Angleterre : elle n’a plus les moyens de son destin, le seul véhicule approprié à son rayonnement, nécessairement planétaire, est l’Europe. Une Europe qui n’est pas un chaos régulé par le marché, mais une puissance respectée, qui parle d’une seule voix.

Compléments :

Olympien général

Interview du général commandant les forces françaises en Afghanistan.

Surprenant. Je lis d’ordinaire la situation afghane dans les journaux américains, et je n’y vois que bruit et fureur, généraux qui critiquent le pouvoir politique et leur armée, signes avant coureurs d’un nouveau Vietnam…

Là, on a un homme modeste, calme, qui fait son travail, pas facile certes, mais qui avance, finalement comme prévu. Et qui ne demande rien à personne. Et qui essaie de comprendre la très compliquée culture afghane.

La réussite de ce processus passe par l’amélioration des conditions de vie. Encore faut-il pouvoir s’ouvrir les portes de la société afghane. Les clés se trouvent d’abord dans la multiplicité des liens entre les personnes et la constitution de réseaux qui interagissent en permanence. Elles résident ensuite au sein de l’autorité coutumière, fondée sur le pouvoir de la parole et la sagesse des anciens. En Afghanistan, tout commence et tout finit par des shuras, assemblées locales où les uns exposent leurs doléances et les autres expliquent leurs intentions. Le relais des sages, appelés « anciens » ou « barbes blanches » transmet les décisions qui se répercutent jusqu’au cœur de la population par les innombrables connexions qui unissent individus et communautés.

Mais ce sont des propos de spécialiste du changement !? L’armée française en « donneuse d’aide » ?

Compléments :

Renseignement militaire

Le renseignement militaire en Irak fonctionne mal. Selon un haut responsable, il lui faut des ethnologues :

« the vast intelligence apparatus is unable to answer fundamental questions about the environment in which US and allied forces operate and the people they seek to persuade. Ignorant of local economics and landowners, hazy about who the powerbrokers are and how they might be influenced, incurious about the correlations between various development projects and the levels of cooperation among villagers, and disengaged from people in the best position to find answers » (…) He urges them to get out of headquarters, work with soldiers on the ground, talk to people and act more like journalists, as well as historian and librarians. Interestingly he says that 90% of intelligence work these days is what he calls « open source », and quotes a former head of intelligence saying that the job should be more Sherlock Holmes than James Bond.

A damning view of US intelligence in Afghanistan

La guerre, c’est une conduite du changement par d’autres moyens : comprendre la logique de la culture adverse permet de prévoir ses actions et d’en tirer parti.

A400M

Le projet A400M ne semble pas très glorieux, retards, surcoûts… L’A400M a décollé, ce matin, à 10 h 16 n’est pas d’accord :

La conception d’un avion ne se passe jamais comme prévu, à commencer par celle des Airbus et des Boeing. Dans ce cas, les spécifications étaient faites par plusieurs clients en même temps ce qui augmente immensément la difficulté de l’exercice.

À quoi il faut probablement ajouter de difficiles négociations pour savoir comment se répartir la fabrication des composants de l’appareil entre pays, et des délais qui étaient initialement irréalistes, selon Wikipédia.

Alors l’A400M doit-il être vu plus comme la mise au point d’un très compliqué processus de collaboration entre nations, un apprentissage organisationnel, que comme la seule invention d’un nouvel avion ?

Défilé chinois

Le 60ème anniversaire de la Révolution Populaire s’est résumé à un défilé militaire (Party like it’s ’49). Mais à un défilé qui mérite une réflexion. Car tout l’armement qui parade est chinois, et il est au top mondial.

C’est étrange, me suis-je dit, mais la Chine n’est qu’au début de son ascension et déjà son armement est bien meilleur que le nôtre. Et en plus elle paraît remarquablement innovante dans des industries stratégiques, mais qui ont disparu ou disparaissent de nos territoires (cf. l’électronique).

C’est probablement ce qu’a compris le Président brésilien : à quoi lui serviraient nos Rafales, même si on lui fait cadeau du savoir-faire de notre industrie aéronautique, comme le veut notre Président ?

Décomposition de l’Etat américain

Jeffrey Sachs (The Crisis of Public Management, Scientific American, octobre 2009) observe que, loin d’avoir amélioré les services de l’Etat américain, les avoir confiés au privé a eu un effet désastreux :
  1. Le privé a pris en main la réglementation du secteur financier, avec les conséquences que l’on sait. La puissance des assurances privées et des fournisseurs de l’armée a produit une inflation massive des coûts de santé et militaires.
  2. Plus de capacité de planification. « La planification a été remplacée par le lobbying et des arrangements entre membres du Congrès qui sont opaques pour le public ».
  3. Pénurie de fonctionnaires compétents.
  4. Incapacité à mettre en œuvre les politiques à long terme de transformation de pans entiers de la société (santé, énergie), politiques qui font intervenir un grand nombre d’acteurs, à la fois publics et privés, que seul l’état peut coordonner, et pour lesquelles il joue aussi un rôle clé (recherche et développement, réglementation, accès des pauvres).
Autrement dit la société américaine est en face d’énormes changements. Or, comme pour les guerres, trouver la direction dans laquelle aller et mettre en oeuvre le plan qui en résulte, demande une infrastructure qui ne peut être que l’Etat.
Mais après des décennies de lavage de cerveau anti-état, sa reconstruction s’annonce un changement vraiment délicat. (Barack Obama paralysé ?)