L’industrie de l’armement peut-elle être globale ?

De l’armement lourd à la photocopieuse (!), la mode serait à les équiper de dispositifs qui puissent être utilisés en cas de conflit (soit pour détruire le matériel soit pour qu’il serve d’espion). Something wrong with our **** chips today.
Dans ces conditions, le commerce international est-il possible ? Est-il judicieux de se débarrasser de notre industrie de l’armement ? Ou de confier nos télécoms aux Chinois ?…

Lybie et armée européenne

Curieux comme les crises révèlent les valeurs éternelles des peuples.
  • L’Allemagne retrouverait son pacifisme instinctif. La France et l’Angleterre rejoueraient Suez, 1956. Mais la première n’aurait pas voulu de l’OTAN proposé par la seconde, et la seconde aurait refusé le leadership de l’UE que voulait la première.
  • L’affaire révèle qu’en termes de défense européenne, il n’y a que la France et l’Angleterre qui vaillent. Si elles vainquent en Libye, le rapprochement de leurs armées pourrait s’affirmer. Sinon c’est reparti comme en 56 ? (A force for good)

Jumelles et radio analogique

Discussion un peu ancienne. Thalès aurait reçu de grosses commandes de l’armée américaine pour des jumelles nocturnes et des radios analogiques.
Ses concurrents auraient procédé à des réductions de coûts systématiques en utilisant des technologies de masse. Résultat : leur matériel est bon marché, mais pas adapté aux besoins de l’armée. En particulier les radios numériques ne fonctionnent pas en environnement de guérilla urbaine (Irak). Seul l’analogique est adapté, mais ils ont perdu le savoir-faire nécessaire.
Phénomène unique où systématique ? Pourrait-on découvrir que nous avons avons oublié ce qui nous est essentiel, pour cause de gestion financière myope ?

Brainwashing

Le cerveau des sénateurs américains a été lavé par leur armée. Elle a étudié les techniques utilisées par ses ennemis lors des guerres du Vietnam et de Corée, et en fait maintenant un emploi systématique. D’abord sur ses prisonniers, ensuite sur ses élus.
Trait culturel américain ? Le juste a Dieu pour lui et la fin justifie les moyens ? (Sur ce sujet, voir la fin de ce billet.)

On redécouvre l’hélice

Pour une armée, l’avion à hélices est infiniment moins cher que le jet (de l’ordre de 2m$ contre 80m$), il est particulièrement résistant, bien armé il est redoutable. Et il n’a pas l’inconvénient de la télécommande du drone. Et il aurait de multiples avantages sur l’hélicoptère.
Même les sulfateuses volantes ont des vertus militaires. (Air power on the cheap.)
Voilà qui va bouleverser l’industrie aéronautique ?

Fusion Angleterre-France

Il semblerait que la France et l’Angleterre envisagent de fusionner, au moins en partie, leurs forces armées. Histoire de réaliser des économies. (Entente or bust.)
Curieux point final à mille ans d’hostilités, de projets démesurés et de conquêtes de tous les continents.
Curieux aussi à quel point la logique économique domine tout, désormais. Transformer un pays en entreprise le rendra-t-il plus durable que le Royaume de France ?

Le diplôme ne prédit pas la performance

Étude américaine : aucun lien entre le prestige, ou le type, du diplôme du P-DG et la performance de son entreprise.
En fait, le diplôme aurait pour intérêt de simplifier la vie du recruteur : il réduit le nombre de candidats.
Un appui à ma thèse selon laquelle le diplôme est un système de discrimination, qui permet aux classes dirigeantes de se reproduire ?
Compléments :
  • Les sociologues ont montré que le principal critère entrant dans un recrutement n’était pas la performance, mais une culture partagée. Le diplôme serait-il une marque qui indique que le candidat a la bonne culture (celle des ses pairs), qu’il est de bonne compagnie ?
  • L’armée a une façon intéressante de sélectionner ses généraux : ses officiers qui démontrent le plus grand potentiel sont envoyés à l’école de guerre. Traditionnellement c’était aussi le principe du MBA américain, qui apportait un complément de formation nécessaire au manager que son talent faisait accéder à une direction générale. Le diplôme reconnaissait une compétence, il n’était pas supposé la créer. 

Dépenses militaires

Les faux pas technologiques freinent le développement ; les retards augmentent les coûts ; le gouvernement recule un peu plus les travaux de façon à ne pas faire éclater les budgets annuels, entraînant une augmentation des coûts à long terme. Avec le temps, la technologie se démode, si bien que l’armement doit être reconçu, donnant à l’État-major la possibilité de bricoler sans fin avec leurs spécifications. À la fin, le gouvernement réduit la taille de la commande, ce qui fait croître un peu plus les coûts unitaires. Il devait y avoir 132 bombardiers furtifs B2 mais seulement 20 ont été construits. Ils coûtent 2md$ l’unité.

Illustration d’un grand principe de gestion de projet (et de conduite du changement) : interdit de toucher au budget et aux délais d’un projet. Si une dérive apparaît (ce qui est imparable), il faut le reconcevoir, de façon à ce que l’essentiel soit conservé, mais les contraintes respectées. Analyse de la valeur. 

Gendarme du monde

L’Amérique dépense près de la moitié du budget militaire mondial. J’ai l’impression que l’Europe et le Japon jouent un tant soit peu les parasites, vis-à-vis d’elle, lui laissant policer le monde.
Du coup, on doit avoir le phénomène décrit par Mancur Olson : l’Amérique nous apporte le « bien commun » qu’est la paix mondiale ; à coût faible pour nous ; mais elle le fait d’une manière un peu bancale, qui n’est pas optimale pour la planète. (De même qu’une société pourrait construire une route pour les besoins d’une de ses usines : elle ne serait pas idéale pour les besoins du reste de la communauté.)