Les satellites militaires américains dépendent de fusées russes

Problème aux USA. On n’a plus le droit d’y acheter des fusées russes. Elles sont fabriquées par un ami de M.Poutine. Il est sanctionné. Or, les satellites militaires américains en dépendent. (L’article du New York Times.) Apparemment, un lobbying efficace devrait permettre de lever l’interdiction. 
The Pentagon’s position, however, has powerful support from the nation’s intelligence chief and two of the most influential defense contractors, Boeing and Lockheed Martin. And it appears to be prevailing, even as the United States has imposed a raft of financial and travel sanctions against Russian officials, including those overseeing that country’s defense industry, in order to deter further aggression by Mr. Putin in Ukraine.
Exemple de la folie gestionnaire qui s’est emparée de l’entreprise ? Pour réduire ses coûts (et augmenter les dividendes de ses actionnaires), elle est prête à pactiser avec le diable ? Et peut-être bien, aussi, à perdre un savoir-faire critique ? 

La politique guerrière de la France

J’entendais dire que les guerres de la France lui coûtent 1md par an. Aurait-on pu en faire l’économie ?
  • Doctrine Obama. Tout mais pas la guerre. Efficace ? M.Obama pourrait être en train de rééquilibrer les forces au Moyen-Orient, d’un côté les Chiites de l’autre les Sunnites. Les USA en arbitre. Pas très brillant pour le moment. Mais il part de loin. 
  • Doctrine Merkel. Solidarité européenne. Si l’on réduit les salaires, on doit aussi contribuer aux dépenses européennes collectives. L’Europe finance nos soldats. 
En tout cas, cela montre probablement que M.Hollande a des valeurs. La grandeur de la France ? Et peut-être aussi des hiérarchies de craintes : le terroriste est moins redoutable que l’Allemand ?

L'armée marque contre Bercy

Apparemment, Bercy voulait saigner le budget de la défense. Cela a produit une révolte dit la Tribune. Tous unis. Généraux, industrie de l’armement, députés de tous bords, ministre. Le gouvernement a dû reculer.

Un classique du changement en France ? La réforme : l’attaque par coup bas ? Et la réaction : « la communauté délinquante », tous unis contre l’injustice ? Notre mode particulier de résistance au changement ?

François Mitterrand, le guerrier

Je découvre, dans un texte de Louis Gautier, que François Mitterrand fut un guerrier. Des présidents de la 5ème République, « il est celui qui a le plus livré bataille« . Il semble surtout avoir été l’auteur d’un changement majeur. Il a transformé l’identité et la mission de notre armée.

Les guerres mitterrandiennes ont été de deux types, opposés. L’un consistait, en quelque sorte, à défendre la grandeur de la France, en Afrique, « continuité et conservatisme« . « La France ne serait plus tout à fait elle-même aux yeux du monde si elle refusait d’être présente en Afrique« , dit Mitterrand. L’autre commence avec la Guerre du Golfe. Le pays va s’engager désormais dans le règlement des crises internationales. Le rôle et la mission de l’armée changent. On parle maintenant de « projection« . Il faut changer les principes constitutifs de l’armée française. La France n’intervient plus seule. La conscription n’est plus de saison.

Mais il y a un fil commun entre les deux : la grandeur de la France (et sa place de président dans l’Histoire ?). François Mitterrand a pensé que la guerre et les forces armées étaient un facteur déterminant « pour la stature internationale de notre pays« . Mais que leur mission était amenée à évoluer.

A cette vision peut-être discutable, François Mitterrand semble avoir apporté le talent d’un stratège avisé.

Mitterrand est tellement préoccupé par la dimension historique de ses actes, surtout quand il s’agit de l’usage de la force, qu’il se laisse parfois exagérément influencer par des impressions du passé ou l’écho futur espéré de ses décisions. Cela a parfois nuit à la lisibilité voire à l’efficacité immédiate de son action militaire. Mais cela a évité aussi de plus grands maux. Comme chef des armées, Mitterrand est tout sauf timoré mais il est le contraire d’un impulsif.

De l'usage du sophisme pour réduire le budget de la défense ?

Article sur le livre blanc de la Défense. Si je comprends bien, le gouvernement a trouvé une façon élégante de faire des gains de productivité permettant de réduire le budget de la défense. Il a fait l’hypothèse de collaborations européennes.
Or, elles n’ont jamais fonctionné et ne fonctionneront probablement pas avant longtemps, si elles fonctionnent un jour. Et il le sait parfaitement bien. 
Pourquoi, alors, ne pas regarder la réalité en face ? Et demander aux gens compétents d’être intelligents. C’est-à-dire de concevoir une défense avec les moyens du pays, si possible en évitant de suivre les modes venues des USA, qui ont d’autres ressources que les nôtres. Après tout, les Talibans afghans arrivent bien à leur tenir tête, avec un armement modeste… Et il y a un précédent. Marcel Dassault a conçu de très bons avions avec très peu de moyens… 

Pourquoi achetons-nous des drones ?

L’armée achète ses drones aux USA alors que nous sommes particulièrement gâtés en termes d’industrie de la défense. Qu’est-ce qui a pêché ? La Tribune montreune grande confusion. L’Etat hésite beaucoup ; il cherche à faire travailler ensemble des gens qui ne s’entendent pas ; on veut faire des programmes européens, alors que les armées européennes n’ont pas les mêmes besoins…

Je n’y connais rien, mais plusieurs choses me frappent dans cette histoire.
  • Les drones sont des sortes de maquettes évoluées : un des architectes du programme américain a conçu  dans son garage des équipements à la fois efficaces et peu coûteux . Pourquoi personne n’a-t-il développé un programme sur fonds propres ?
  • Pour cette même raison, quelle était la logique de chercher à fusionner les projets de Dassault et d’EADS ? Pourquoi n’avoir pas fait jouer la concurrence ?
Et si nous étions victimes d’une sorte de ritualisme ? L’Etat, techniquement incompétent, ne rêve que de fusions industrielles glorieuses et de projets européens ; les industriels, techniquement compétents, ne savent qu’attendre les ordres de l’Etat pour mieux l’essorer ? 

Guerre du Mali et stratégie française

Article sur la guerre du Mali. On y voit beaucoup de choses curieuses.

  • Tout d’abord que le problème du Mali résulte probablement d’une lutte d’intérêts au plus haut niveau. Et qu’il y a collusion entre les prétendus rebelles et certains prétendants au pouvoir.
  • Ensuite que la France, craignant que la zone ne devienne une poudrière, avait depuis longtemps décidé d’intervenir ; qu’elle était bien préparée ; et qu’elle a une connaissance remarquable de ce qui se passe sur le terrain. L’Amérique ne semble pas lui avoir facilité la tâche. Certainement parce qu’elle ne percevait pas une menace à ses propres intérêts. Peut-être aussi que sa stratégie de la soft power hypocrite est incompatible avec un type d’attaque frontal, qui désigne un « ennemi » et le frappe ? (Une démarche qui rappelle étrangement la France des colonies.)
  • Enfin, François Hollande paraît étonnamment déterminé dans cette affaire. (Infiniment plus que son prédécesseur.) Derrière son apparente nonchalance, croirait-il fermement à quelques principes ?

Clowns italiens et autres histoires

The Economist traite MM.Grillo et Berlusconi de « clowns ». Sans pour autant se montrer inquiet outre mesure, me semble-t-il. La BCE peut maintenir l’Europe à flots. Et M.Grillo n’est pas sans intérêts. Justement ceux qui l’ont fait élire. Il a capté un besoin de la nation (de toutes les nations ?). Un ras le bol des politiciens de carrière, qui ne suivent que leur intérêt. Ses députés devraient voter les lois au coup par coup, et non selon une stratégie prédéfinie. Il faut surtout relâcher l’austérité, pense The Economist. Reste à convaincre l’Allemagne.

L’Angleterre est dans la mélasse. Elle ne sait qu’importer. Sa devise n’a pas fini de sombrer. Le prix de sa dette va-t-il augmenter ? Non, ça va mal partout. En tout cas, peut-être son gouvernement devrait-il faire quelques investissements en infrastructures pour relancer ses affaires ? Dans la série « l’Angleterre aime l’Europe », The Economist est allé à la rencontre des fermiers anglais. Celui qui est interviewé révèle que sans la PAC, « il aurait gagné sa vie seulement durant 5 de ses 21 années de ferme ». On tolère que la France laisse aller son déficit un peu plus longtemps.

Aux USA l’impact du séquestre n’est pas encore clair. The Economist encourage le pays à exporter du gaz, pour se faire de l’argent. Mesure que bloquent les industriels, qui ont peur d’une augmentation des prix de l’énergie, et les écologistes anti-gaz de schiste.

Décidément, The Economist aime l’Afrique. Tout y va beaucoup mieux. Mais sa fortune est essentiellement une question de ressources naturelles. Elle sera durable si elle réussit un changement. Elle doit mettre à profit l’exode rural et une démographie galopante, et éviter qu’ils ne se transforment en une pauvreté explosive. The Economist encourage le continent à créer un marché commun.

La situation iraquienne est extrêmement confuse. Tensions dans tous les sens. Mais le pays semble résister. Quant au Hezbollah, la guerre civile syrienne le met dans une situation délicate. Comment soutenir son dictateur d’allié sans perdre sa légitimité de défenseur du faible ? Que va devenir l’Asie centrale après le départ américain ? Outre l’Afghanistan et le Pakistan, 5 ex républiques soviétiques sont fragiles. « La guerre, elle-même, est une partie du problème, la violence, l’extrémisme religieux et le trafic de drogue conduit par des seigneurs de guerre qui en ont résulté ne respectent pas les frontières ». La Chine pourrait être amenée à calmer une instabilité qui menace ses intérêts économiques.
Entreprises. Hypocrites ? Yahoo veut rapatrier ses employés à distance. Les réseaux sociaux, c’est très bien pour les autres ? En tout cas, il paraît que des études montrent que travailler à la maison améliore la productivité de l’entreprise. Les fonds d’investissement sont partis pour une bulle spéculative. Ils ont 1000 milliards à placer. Et, en plus, à un moment où les entreprises sont chères. L’industrie de la défense européenne devrait fusionner. Cela ferait énormément baisser le coût de sa production. D’autant que le budget européen est réduit de 200 à 170md. Mais, politiquement, c’est compliqué. Les projets communs vont donc se multiplier.
Comment faire qu’une entreprise soit gérée dans son intérêt ?Un actionnariat dilué n’est pas bon pour sa santé. L’actionnaire se vendant au plus offrant. Il n’y aurait peut-être pas de panacée, de structure éternelle. « Différentes sortes d’entreprises sont bonnes pour différentes choses. Les entreprises anglo-saxonnes sont bonnes pour prendre des décisions difficiles. Les entreprises continentales pour faire des investissements à long terme. Les partenariats sont bons pour susciter la loyauté (…) Il serait mieux que (les politiciens) encouragent la diversité, puisque des écosystèmes divers sont bien plus robustes. »
Éternelle question. La machine va-t-elle mettre l’homme au chômage ? On en parle beaucoup aux USA. Apparemment, la question serait mal posée. Un des principaux moteurs de la modification de l’emploi occidental, l’élimination des qualifications intermédiaires, était dû aux délocalisations. La main d’œuvre émergente ayant perdu ses bas salaires, les entreprises occidentales vont recommencer à employer leurs concitoyens et à investir pour les faire gagner en productivité.

Pourquoi les Américains ont-ils défait les Allemands. Ces derniers étaient supérieurs dans leur art de la guerre, en particulier dans leur « capacité de se relever d’un revers et de contre-attaquer ». C’est le complexe militaro industriel américain qui a gagné, et en particulier ses ingénieurs du BTP de marine. Ils ont bétonné sa marche vers la victoire. 

Mali : guerre système D ?

Apparemment, les Américains semblent dire que l’arrivée de l’Armée française au Mali était mal organisée.

Nouvelle manifestation de notre système D national ? On intervient dans l’urgence, et ensuite on improvise. Ça ne rate pas toujours. Et ça a l’avantage d’être rapide. Effet de surprise assuré. D’ailleurs, en ce qui concerne l’expérience de notre armée, elle se compte probablement en millénaire. Ce qui importe avant tout, il me semble, c’est sa motivation. 

Outsourcing et systèmes éducatifs

Une mode de management de plus ? Les entreprises américaines rapatrient leurs emplois « low cost ». Les prix ont augmenté en Orient et baissé en Occident, et la main d’œuvre y est devenue flexible. Et il y a aussi les coûts de transport, et le fait que l’on redécouvre qu’il est utile que recherche et développement et production collaborent. Sans compter qu’en externalisant son savoir-faire, on l’apporte à ses concurrents. Finalement, tout bien calculé, il n’est pas certain que c’ait jamais été rentable. Mais, voilà, les entreprises bougent en troupeau. La nouvelle tendance est d’être proche des gros marchés. Les facteurs de succès pour une nation sont maintenant : « des compétences et un système de formation au meilleur niveau, ainsi qu’une main d’œuvre flexible et motivée, des groupements importants de sous-traitants et une réglementation intelligente ».
The Economist s’intéresse aussi (en conséquence ?) aux systèmes éducatifs. Facteurs de réussite ? La culture du pays, plus que le système éducatif lui-même ; l’importance que « l’histoire de la nation » donne à l’éducation ; chez les enfants, développer des qualités telles que « la capacité à rester concentré et à contrôler ses impulsions » ou « obstination et curiosité » plutôt que l’intelligence pure ; un environnement familial qui ne connaît ni maltraitance, ni dysfonctionnement ;  et enfin la qualité (et la motivation) des enseignants. (Des idées pour la France ?)
Décès de James Buchanan, un économiste qui s’était intéressé à la façon dont les Etats prennent des décisions. Et qui avait montré que les théories Keynésiennes les emmenaient sur la pente dangereuse de la dépense incontrôlée. Apparemment, il pensait qu’un pays pouvait résister à toutes les turpitudes politiques, pour autant que tout le monde croie aux principes de sa constitution. (Ce qui me semble avoir été aussi vu par Aristote.)
Pourquoi l’Angleterre a-t-elle adhéré à l’Europe ? Pour des raisons d’influence géopolitique, pas dans l’espoir de gains économiques. Les Eurosceptiques l’ont oublié.
En tout cas, la France s’est engagée au Mali dans une bien délicate aventure. Car le pays est un « chaos politique ». Cette guerre souligne aussi la faiblesse militaire européenne, à un moment où la rigueur frappe les budgets militaires et où les USA se retirent du monde.
(The Economist donne aussi des conseils à Barack Obama, mais je n’ai pas été convaincu de leur utilité.)