Étiquette : Arendt
Walter Benjamin
La pensée d’Hannah Arendt est celle d’Heidegger ? Elle n’a fait que mettre en pratique les idées d’Heidegger ? Idées qui, d’ailleurs, ne sont pas aussi originales que je l’aurais cru ? Elles viennent de la révolte romantique contre le désenchantement que la rationalité des Lumières a fait subir au monde. Mais, aussi, elles s’inscrivent dans une sorte de mode. Celle du pouvoir de la langue. Wittgenstein, Saussure et son influence sur le structuralisme, les postmodernistes… tous partagent cette idée. Une sorte de retour au temps des Grecs où le logos-parole aurait pris la place du logos-raison ?
Hannah Arendt : juger
- Le jugement serait rétrospectif. C’est le jugement de l’historien. Ce jugement ne permet pas d’agir, mais de supporter la vie. Car la vie est tragique. Et ce n’est qu’en regardant vers l’arrière que l’on peut constater qu’elle peut avoir eu du bon. Et espérer que ce qui aurait dû réussir, pour le bien de l’humanité, mais a échoué, finisse par triompher. (Pour Kant, il doit y avoir progrès, sinon la vie serait absurde.)
- Ce même jugement rétrospectif peut permettre d’identifier des exemples édifiants. Exemples qui peuvent servir de guide à l’action.
L'erreur d'Hannah Arendt ?
Hannah Arendt me semble dire qu’il n’y a de réalité que « politique ». C’est-à-dire définie par un groupe humain. Tout le reste, la science en particulier, n’est qu’illusion, qui ramène à l’homme. N’est-ce pas d’ailleurs la signification du principe d’incertitude d’Heisenberg ?
Paul Watzlawick et mon billet précédent contredisent cette idée. Si le groupe humain s’en tient à une réalité qui lui est relative, il se trouve rapidement pris dans des dysfonctionnements qui ne sont pas de son fait. Il doit tenir compte de quelque-chose d’autre que lui. Quelque-chose que l’on peut peut-être appeler la « nature », faute de mieux. Je me demande aussi si la découverte de cette nature ne s’appelle pas le « travail ». Quelque chose qu’Hannah Arendt (avec les Grecs classiques) semble réserver aux animaux.
On ne naît pas intelligent, on le devient
Qui suis-je ?
Du rêve et des hommes
Qu’est-ce que l’autorité ?
Sommes-nous murés dans nos certitudes ?
- Comment se fait-il que mes missions ou mes conférences ne rencontrent aucune difficulté alors que mes livres ne sont pas compris, sauf d’universitaires ?
- C’est aussi le problème, fondamental du jugement. C’est ce problème sur lequel travaillait Hannah Arendt quand elle est morte. Elle avait conclu de ses études sur le totalitarisme qu’il ne pouvait s’installer que parce que les leaders de la cité, les intellectuels, compromettaient leurs idéaux selon la logique du « moindre mal », c’est-à-dire en absorbant progressivement l’idéologie totalitaire au nom du pragmatisme. Le contre poison ? La démocratie. Un débat entre égaux. Mais des égaux qui sont devenus des hommes parce qu’ils se sont dégagés des contingences matérielles. En particulier, ils ont appris à juger par eux-mêmes (i.e. à se dégager du diktat des exigences physiologiques).
Et si elle avait vu juste ? Et si le problème de notre époque était d’apprendre à juger ? Mais comment y parvenir ?
Il semblerait qu’une partie au moins de la solution ait été trouvée par les Grecs.
- La première étape est « l’absurde ». L’absurde est ce qui arrive lorsque l’on se rend compte que ce à quoi l’on croyait est faux. (Par exemple les syndicalistes ne sont pas des démons, l’entreprise n’est pas le mal…)
- On parvient alors à la « vérité » par le dialogue (la dialectique).
- En outre, on sait que l’on est arrivé à quelque chose de solide, lorsque l’on en est si convaincu que l’on pourrait, figurativement ?, mourir pour lui. Socrate semble avoir dit qu’il était un « accoucheur » parce que, à son époque, l’accoucheur mettait l’enfant dans l’eau froide pour tester sa résistance. (D’ailleurs, lui-même a accouché de Xénophon, Aristote et Platon, qui avaient des théories diamétralement opposées. Ce qui me laisse penser qu’il cherchait plus à construire des hommes qu’ à imposer son idéologie.)


