Chaîne logistique et changement

Bill Belt dit que la passion des entreprises pour les « chaînes logistiques » fut une brève folie. Il semblerait effectivement qu’elles soient en passe d’être démantelées.
Un article analyse celle de l’iPod. La part du lion dans la valeur de l’iPod est prise par Apple, ensuite, quelques fournisseurs de composants occidentaux, plus ou moins habiles, font probablement de beaux bénéfices. Tout en bas, de gigantesques entreprises (800.000 employés) assemblent. Elles vivent d’infimes marges et se déplacent continument vers les confins de la pauvreté au fur et à mesure que le salaire de leurs employés est gagné par une inflation galopante (dans certains cas, augmentation de 20 à 30% cette année).
Le changement est de plusieurs ordres.
  • La montée des salaires va attaquer les revenus des électroniciens qui vivent de petites marges (notamment les fabricants de PC).
  • La Chine, elle, ne veut plus être l’atelier du monde, la terre des exploités, et va donc attaquer le marché des électroniciens à grosse marge.
Bref, si c’est partout pareil, il s’annonce difficile. Beaucoup d’entreprises occidentales vont-elles traverser un gros trou d’air ? Faudra-t-il réinstaller chez nous ce que ne voudront plus faire les Chinois ?…

Retour à la raison

Degré 0 du marketing, et de l’intelligence. Depuis des années je vitupère nos entreprises, qui semblent croire que plus un produit à de fonctionnalités meilleur il est. D’où complexité effroyable. Degré 0 de l’envie d’acheter.
Eh bien, il semblerait que le marché m’ait entendu et qu’Apple, mon champion, soit de plus en plus imité.  
Il est aussi possible que « l’innovation frugale » des industries émergentes fasse des émules. 

iPad

J’ai eu en main il y a quelques temps un iPad. J’ai été un peu déçu. En tout cas, il semble bien se vendre. Usages possibles ? vidéo interactive et magazines (ce que j’envisageais, effectivement).
Il a suscité une foule de produits concurrents. 0 innovation chez eux, me semble-t-il. L’objectif des concurrents d’Apple serait simplement d’être présents sur le marché. (Not written in stone.) C’est ce que j’appelle dans mes cours la « stratégie de l’option ».
C’est triste. J’ai l’impression que l’entreprise, à l’exception d’Apple, ne cherche plus à inventer ce que nous aurions envie d’acheter. Elle ne parle plus que de prix et de coûts. A la réflexion, et contrairement à ce que j’ai dit dans un précédent billet, il y a peut-être là une des raisons de la crise actuelle. La demande n’est tirée par rien.

Lamentable Microsoft ?

Il y a 3 ans, le patron de Microsoft déclarait que l’iPhone n’aurait « aucune part de marché significative » et qu’il préférait à celle d’Apple la stratégie de Microsoft, qui était d’équiper 60 à 80% des mobiles. Résultat actuel ? 6,8% de part de marché, en net recul. (Why Does Steve Ballmer Still Have a Job?)
Je ne peux m’empêcher de penser que la seule force de Microsoft est d’exploiter un monopole qui lui permet de vendre très cher des logiciels pour PC qu’il n’a jamais appris à programmer correctement, et que tous ses autres investissements n’ont été que gaspillages.
Je dis souvent aux créateurs d’entreprise que plus leurs débuts seront difficiles, plus leur entreprise sera durable : ils auront appris beaucoup. Microsoft, quant à lui, a réussi à s’imposer par beaucoup de bluff et un logiciel « ni fait ni à faire ». Quelles sont les compétences acquises pendant son histoire qu’il puisse utiliser aujourd’hui pour se transformer ?
Compléments :

iPad

Steve Jobs est un génie du marketing. Va-t-il réussir de nouveau ?

J’ai trouvé une vidéo sur l’iPad. Est-ce convaincant ? En tout cas, j’aime beaucoup la façon qu’a cette machine de tourner les pages des livres.

Cela me rappelle une lointaine conclusion de mes travaux d’intelligence artificielle, début 80 : intelligence artificielle, non, réalité virtuelle, oui.

Cloud computing (suite)

Un article s’intéresse aux applications grand public du cloud. S’y affronte, Google, Microsoft et Apple. Qui va gagner ? Pas clair. D’ailleurs il ne semble pas que le cloud se prête à des cercles vertueux ou vicieux. C’est une question de data centres et de gamme de terminaux, de logiciels et de services. Tous ont tout. Plus ou moins fiables, chers ou beaux.

Je découvre au passage la bonne santé d’Apple qui vaut 170md$, plus qu’IBM ou Google, mais un peu moins que Microsoft (230 md). C’est étrange comme cette société est revenue d’entre les morts. Sa compétence clé est toujours son mix matériel logiciel génial, comme à l’époque du Mac. La nouveauté c’est que le nouvel Apple se renouvelle rapidement, trouve vite de nouveaux domaines / segments où appliquer ses talents, avant que ses concurrents bas de gamme et de masse n’arrivent à les tirer vers le bas.

Apple préparerait une nouvelle innovation : une tablette-ordinateur sur laquelle il serait possible d’écrire. J’imagine que ça pourrait faire beaucoup de mal à beaucoup d’entreprises (notamment le Kindle d’Amazon, et le marché du PC).

Compléments :

L’avenir est au service ?

Les fabricants de matériels informatiques (Xerox, Dell, sur les pas de HP) achètent des entreprises de service, seul moyen de protéger leur rentabilité. Le matériel est en voie de banalisation, à commencer par les « smartphones ».

  • Que va-t-il arriver à Apple ? Répétition du scénario Mac : un début tonitruant puis niche rentable ? Le gros du marché étant occupé par des dumbphones équivalents du PC ?
  • Pourquoi en arriver à une stratégie de service ? D’ordinaire les avantages industriels sont indestructibles et peuvent se maintenir des décennies (jusqu’à une innovation majeure). Comment se fait-il que les terminaux aient échappé à cette règle ? Stratégie financière exclusive qui ne comprend rien au marché et ne sait que copier en moins cher et en moins fiable ? Pas seulement : il suffit qu’un fabricant s’acoquine à une entreprise de service pour que les autres soient obligés de l’imiter : il réduit mécaniquement le marché ouvert à concurrence (HP aurait vendu 4md$ de matériel avec son service, son partenaire, EDS, recommandant jusque-là des produits concurrents).
  • Les entreprises ont-elles quelque chose à y gagner ? Dorénavant lorsqu’elles choisiront un cabinet de conseil, il arrivera avec ses équipements. Pas sûr que ce soit une bonne affaire : l’offre matérielle étant ainsi protégée de la concurrence risque aussi d’être oubliée de l’innovation.
  • L’affrontement ne portant plus que sur le service, va-t-il être soumis à une guerre des coûts ? Indiens ou salaires indiens partout ?

Compléments :

Qooq et l’avenir du contenu

Qooq est une intéressante innovation : c’est une « tablette tactile WIFI », un livre de cuisine électronique (textes, vidéos, photos…) réalisé avec de très grands chefs et qui propose un renouvellement de recettes par abonnement.

Ça me semble une « killer app » pour Noël et toutes les fêtes de parents, grands parents, etc. Et le marché international d’un (le ?) livre électronique de cuisine française ne peut être qu’énorme.

Réflexions et questions :

  • J’ai l’impression qu’il y a ici quelque chose que j’entrapercevais, et qui est manifeste dans le succès d’Apple : l’avenir du contenu c’est le contenant. La révolution du gratuit a vidé l’industrie du contenu de ses ressources, au profit du contenant, c’est à ce dernier de rétablir l’équilibre et non à je ne sais quelle taxe imposée au consommateur (il n’en peut plus).
  • Va-t-on vers un modèle hypersegmenté de contenant / contenu hyperspécialisé ? Menace d’un avenir peu démocratique : les riches auront accès à l’information, et le reste de la population, qui a besoin d’un vernis général pour faire (au moins) son travail d’électeur, se trouvera coupé de tout ?

Compléments :

  • Les effets d’un début de segmentation sur la mission de service public des télécoms aux USA : USA : plus de téléphone.
  • Dernier billet, en date, de ma série sur l’avenir du contenu : La fin du gratuit.
  • Par ailleurs, propulsé par Amazon, le marché de l’e-book semble s’emballer : Screen test. Apple, pour une fois suiveur, devrait le rejoindre sous peu.