Sites payants

Fin de l’accès gratuit aux sites des journaux américains. Ou, du moins, forte tendance.

Raisons : la technologie pour ce faire est facile à utiliser ; Apple a réussi à faire payer ce contenu, il n’y a pas de raison qu’ils demeurent gratuits quelque part ; les revenus publicitaires sont en baisse rapide.

De ce (dernier) fait, les éditions papier devraient aussi voir leur prix augmenter, d’autant que leur lectorat restant est relativement captif. (Another brick in the wall)

Paradoxe ? Au lieu de donner la victoire à la gratuité, Internet aura augmenté la difficulté d’accès à l’information ? 

L’intuition de Steve Jobs

Le succès de Steve Jobs est le fait de choix « irrationnels ». Par exemple, il avait une obsession de la beauté.

On ne peut pas imaginer plus parfait contraste avec l’optimisation financière permanente qui a actuellement le haut du pavé, et son obsession de la maximisation de la fortune de l’actionnaire.

Trop de rationalité tue ? Le génie a des raisons que la raison ne comprend pas ?

Compléments :

Pauvre Jobs

Steve Jobs disparaît. Triste nouvelle.

Je garde de mon début de carrière, dans le logiciel, le souvenir d’une course à la prise de marché et à la promotion personnelle qui ne laissait pas le temps d’apprendre, et encore moins de faire correctement, son métier. Bill Gates est l’image même de cette escroquerie intellectuelle.
Puis il y a eu la bulle Internet, un moment où les beaux discours vides récoltaient des milliards.
Et alors vinrent les Google et autres Facebook, qui ont exploité leur position de goulot d’étranglement pour rançonner la planète.
Et surtout, il y a eu les oligarques. Tous ces gens, gonflés d’eux-mêmes, parvenus à la tête des entreprises sans en connaître quoi que ce soit, et qui ont criblé la société de dettes et de bonus. Une de leurs innovations décisives aura été de découvrir qu’il y avait des masses d’individus oubliés des droits de l’homme. Non seulement on n’avait pas à les payer, mais surtout ils n’avaient pas besoin de nos coûteux dispositifs d’hygiène et de sécurité, d’assurance sociale… Dès lors bien faire son métier n’était plus nécessaire, il fallait au contraire détricoter le savoir faire technique de l’entreprise et réinventer la procédure taylorienne qui permette d’exploiter ce peuple de miséreux.
Steve Jobs fut un bel innovateur qui a créé une belle société, qui a fait de beaux produits, et qui respectait ses clients. J’espère qu’il sera un modèle pour notre avenir. En attendant, il va falloir faire avec un désert. 
Compléments :
  • Ce blog s’est longtemps demandé si Apple survivrait à Steve Jobs. iPhone 4S (et non 5) = réponse ?

iPod et surdité

« Nous sommes assis sur une bombe à retardement de l’audition. » La mode de l’iPhone nous promet une vague de malentendants précoces. (BBC News – Has the iPod made us anti-social?)

Bonne nouvelle pour l’économie, et pour Apple, qui pourra proposer une variante de son appareil qui permette d’amplifier les sons extérieurs ? Plus besoin de se séparer de son iPod ? Bientôt il nous dictera même notre comportement ?

Au fait, quelle est la fonction réelle de l’iPod (ou équivalent) ? nous isoler du monde ? permettre une socialisation choisie ? comme le dit le billet ?

Ou encore éliminer de notre vie ce qui est une perte de temps, c’est-à-dire tout ce qui n’est pas distraction – selon ma théorie ?

iPhone

Il y a quelques temps je me suis converti à l’iPhone. Lorsque je donnais des cours de marketing, je me serais traité de « late adopter ».

Et, effectivement, je ne suis pas doué pour la nouveauté. L’iPhone n’a vraiment pas été aussi simple à maîtriser que je m’y attendais.
  • J’ai été surpris de voir que sa logique était différente de celles auxquelles j’étais habitué. La manipulation de l’écran avec les doigts demande aussi un apprentissage et la taille du clavier m’a fait comprendre que j’avais tort de penser que j’avais une main distinguée. Mais je m’y suis fait.
  • Reste une apparente incompatibilité d’humeur entre SFR (mon opérateur mobile) et Orange (ma messagerie), un accès à Internet sur lequel on ne peut pas compter, et une perte de contrôle d’Outlook à laquelle j’ai remédié en modifiant des options apparemment sans rapport (par contre l’intégration de gmail est épatante). Et aussi une sensibilité à fleur de peau qui déclenche des appels téléphoniques involontaires.
L’exploit d’Apple, à mon avis, est d’avoir réussi à mettre au point un système d’exploitation qui se lance en un clin d’œil. Il serait bien que les fabricants de PC s’en inspirent. 

HP vend son âme

HP se débarrasse de ses PC, parce que le marché de la technologie ne donne que de petites marges et elle achète (très cher) une société anglaise parce qu’elle estime que ses logiciels d’aide à la décision sont essentiels pour la bonne gestion des entreprises. En fait, HP « singe IBM ». (Aping IBM)
A-t-on ici une illustration de la différence entre un leader et un manager (selon John Kotter) ? Le leader (Steve Jobs) a une vision, et il transforme l’univers, le manager (M.Apothecker, le dirigeant de HP) ne sait que copier ?
Compléments :
  • KOTTER, John P., Leading change, Harvard Business School Press, 1996.

Que vaut Apple sans Steve Jobs ?

Steve Jobs renonce à une partie de ses fonctions. Apple peut-il vivre sans lui ?

  • Si l’on en croit Edgar Schein, tout dépend de la culture d’entreprise qu’il a créée. Celle-ci matérialise son héritage.
  • Pour ma part, il me semble, de surcroît, qu’une position un peu distante peut permettre à Steve Jobs de jouer les « donneurs d’aide » : d’observer sa création et de lui apporter les quelques compléments dont elle a éventuellement besoin pour être durable.
Compléments :

Google contre Apple

Suite de l’analyse de l’acquisition de Motorola Mobility par Google (Patently different)
Apple aurait deux avantages sur Google : des brevets et un logiciel optimisé pour ses terminaux.

Google, avec Motorola, referait son retard.
Acheter un fabricant de mobiles (outre les brevets) ne me semble toujours pas judicieux : il y a risque d’intégration verticale. (Il semblerait d’ailleurs qu’Amazon veuille entrer sur le marché.) Alors, pourquoi chaque fournisseur ne proposerait-il pas son service de recherche et la publicité qui va avec ? Mauvais pour Google ?
Le marché va-t-il ressembler à celui de l’automobile, avec différents types de marque (Apple en Mercedes ?). Ou pas tout à fait : les plates-formes de service fidélisent le client : gros avantage pour Apple, Amazon a des atouts, les autres feraient bien de s’inquiéter ?