Le monde se tient par la barbichette, et ça pourrait faire boom ?

Cette semaine, monde en équilibre instable entre jeux de forces particulièrement dangereux. La Grèce, pour commencer. Le premier ministre grec est pris entre et des marchés et une BCE qui ne lui laissent quasiment aucune marge de manœuvre, Mme Merkel qui ne veut pas lui faire de concessions pour ne pas faire de cadeau à la France et à l’Italie, et une coalition d’idéologues extraordinairement peu expérimentée, qui va exploser s’il revient sur ses promesses. Il reste l’Europe qui aimerait bien trouver une autre voie que la rigueur… En tout cas, ce qui semble se jouer c’est une attaque contre les partis de gouvernement traditionnels. The Economist pense que cette offensive va discréditer les assaillants. Mais qu’il faudrait tout de même que les dits partis traditionnels se remettent en cause. Ce qu’ils ne semblent pas prêts à faire… Plus dangereuse, peut-être est la situation russe. En Ukraine, M. Poutine s’est mis dans un guêpier, que ne fait qu’aggraver la baisse des prix du pétrole, dont il tente de se tirer par une course en avant insensée. « Tout ceci rend la situation même plus périlleuse que durant la guerre froide. » « La probabilité de conséquences imprévues, y compris l’usage des armes nucléaires devient de plus en plus possible. »
La monarchie saoudienne est en équilibre précaire. Une partie de la population occidentalisée, voulant une plus grande liberté, une autre, fondamentaliste bornée, des revenus pétroliers en baisse et une politique d’achat de la paix sociale non durable. (Curieusement, le pays est géré comme une entreprise familiale à la Antoine Roullier.)
Politique d’aide à l’accession à la propriété, mal du capitalisme ? Elle pousserait l’argent des banques vers les particuliers, créant ainsi des risques de crises systémiques, et en priverait les entreprises en développement, plombant l’économie.
Les entreprises du numérique ne touchent plus terre. Elles veulent changer le monde. Les entreprises traditionnelles, elles, dépriment. La révolution technologique crée le chômage et détruit la société, pensent-elles. « L’agilité a remplacé la puissance comme qualité la plus prisée. » Du coup, elles n’investissent plus. L’économie n’a plus de moteur.
La politique de la BCE est-elle bonne pour l’économie européenne ? Plutôt non (et même plutôt mauvaise ?). Elle stimule les exportations, mais les multinationales sont installées partout et n’en profitent pas. Et la demande mondiale est faible. Les entreprises cherchent plutôt à se refaire qu’à investir. Idem pour les banques européennes. Elles sont plus affectées par la baisse des taux à long terme que par la perspective de nouvelles affaires.
Aux USA, on se suicide de plus en plus. En cause, la crise, les armes et les guerres (les anciens combattants ont du mal à revenir à une vie normale). Clint Eastwood fait un film à la gloire d’un tueur d’élite. Un vrai Américain. La politique américaine est le terrain d’une corruption exemplaire. Le FMI a besoin de plus d’argent, mais les USA ne veulent pas le lui donner, et ne veulent pas non plus être dilués. Pendant ce temps, les émergents fondent un FMI Bis. Le Canada, qui se croyait un émirat arabe, revient de son amour du pétrole. En Europe, la France ayant renoncé à défendre ses banques, la possibilité d’une taxe financière refait surface.
On a cru que la fonte des glaces ferait de l’Arctique un Eldorado. C’est raté, il demeure difficile d’y naviguer, ou de l’exploiter. Nouvelle victime de la baisse du prix du pétrole.
Apple ne sait plus quoi faire de son argent (178md$ d’économies). Il vend de plus en plus d’iPhone, ses nouveaux gadgets devraient faire un malheur, ainsi que le logiciel et les services qui viennent s’ajouter à son offre. Quand à McDo, il passerait un mauvais moment. Un Américain, qui avait fait fortune en Russie, et qui s’en est fait sortir, s’est attaqué seul à l’Etat russe. Jusqu’ici, il a eu le dessus. Comme dans les films. Etonnants Américains. 

Lutte (désespérée) entre M.Poutine et les forces du marché ?

La Russie serait dans une mauvaise passe. Ses capitaux la fuient. Libérez les forces du marché ! dit The Economist à M.Poutine. Mais, il semble vouloir empêcher l’aliénation de son pays par le dit marché. Pour le contrôler il utilise une clique de copains. Ils sont inefficaces et corrompus. On ne peut rien contre le marché ? Rendez-vous, vous êtes cerné ?
Les sénateurs américains voudraient priver la Russie de SWIFT, le système d’échange interbancaire. Arme extrêmement efficace. Mais The Economist craint qu’en montrant trop ouvertement qu’il est aux mains des forces du bien, celles du mal, Chine et autres émergents ainsi que mafieux et terroristes, n’utilisent d’autres voies. Elles deviendraient alors incontrôlables et inespionnables.
Au sujet de la corruption. Elle toucherait le Portugal. Comme beaucoup d’autres pays en difficulté, il vendrait sa citoyenneté en échange d’investissement dans l’économie locale. Cela conduirait naturellement à la malversation. Vous voulez une augmentation de salaire ? Offrez-vous un consultant spécialisé dans la paie. Uber est un digne représentant des nouvelles sociétés technologiques : tous les coups sont permis pour réussir. Maintenant, il cherche à intimider les journalistes qui ne disent pas de bien de lui. (Demain, il placera un contrat sur leur tête ?) Mais le marché vote avec son argent. L’esprit Silicon Valley a de beaux jours devant lui.
« Plus d’un tiers des sociétés minières et d’exploration sont canadiennes ». Mais leur comportement à l’étranger suscite des mécontentements, ternissant l’image du pays. Son gouvernement est leur ami, parviendra-t-il à les ramener à la vertu ?
En Allemagne, l’heure n’est toujours pas à la dépense. En France, M.Sarkozy refait surface. Mais il a perdu beaucoup de supporters. Mme Mogherini, remplaçante de Mme Ashton, se révèle une femme à poigne. L’Etat Islamique se ferait plus d’ennemis que d’amis. Aux USA, la dépendance à l’héroïnese répandrait. Ce serait les traitements médicaux qui créeraient l’habitude. Le fléau ne touchant plus uniquement les pauvres, le gouvernement va réagir. Après de multiples revers, les transports en communs s’implanteraient au sud des USA. Cela permettrait aux pauvres d’avoir accès à l’emploi. Les institutions tendent à avoir des couleurs politiques. Goldman Sachs est massivement républicain et Harvard massivement démocrate. M.Obama lance un défi aux Républicains, qui le haïssent. Il décide de légaliser 5m d’immigrés illégaux. (Démocratie bloquée = pouvoir dictatorial ?)
L’avenir de l’Amérique latine est sombre. Elle aurait dû profiter de son boom économique pour investir et construire une capacité de production propre. Elle ne l’a pas fait. Maintenant, il est peut-être trop tard. Mais sa population s’est habituée à une vie facile… M.Abe procède à une élection anticipée. Apparemment pour reprendre en main son propre parti, qui résiste au changement, et avoir les moyens de réformer le pays. La Chine a du mal avec ses étudiants. Elle les expédie à l’étranger, mais ils ne reviennent pas. Ou vieux, leur capacité productive derrière eux. Par ailleurs, sa banque centrale imprime beaucoup d’argent, pour relancer l’économie. Mais sans le dire. Les banques centrales, devenues toutes puissantes, ne sont pas plus clairvoyantes que le reste de la population. Comment éviter le panurgisme ?
Les Entreprises polonaises s’étendent à l’étranger. Mais elles sont petites et manquent de recherche et développement pour pouvoir encore avoir beaucoup d’ambitions. Les grandes entreprises montent des fonds d’investissement. Ce qui leur permet d’absorber leurs concurrents potentiels. Les banques devant être prudentes, elles ne prêtent plus. De nouveaux acteurs apparaissent, les fonds mutuels, qui pourraient prendre la partie risquée des emprunts d’entreprise.
La fin de la carte SIM ? C’est ce qu’envisage Apple, depuis quelques temps. Cela permettrait de choisir son opérateur en temps réel. Cela permettrait à Apple de les écrémer et de les remplacer par son monopole. (Décidément, nous vivons à l’heure des trusts ?) Le paiement par terminal mobile semble avoir le vent en poupe. Tout le monde s’y met. La rentabilité de la chose ne paraît pas encore évidente. Les fournisseurs de services aux compagnies pétrolières se concentrent. La baisse du prix du pétrole devrait les affecter. Mais, à long terme, la complexité croissante de l’exploitation pétrolière pourrait leur être favorable. (Sans compter que moins on est nombreux, mieux on peut s’entendre pour rançonner son marché.)
Et si la stagnation mondiale venait du manque de jeunes ? « L’effort simultané de tant de pays de constituer des réserves pour les retraites, combiné à un faible investissement, une baisse de la croissance potentielle, l’austérité fiscale, l’accumulation de cash par les entreprises et l’inégalité (qui laisse une part croissante du revenu national entre les mains des riches, gros épargnants) déprime le taux d’intérêt  qui permet l’équilibre entre investissement et épargne. » Il faudrait mettre les retraités au travail. Il se trouve aussi qu’il arrive un moment où le retraité brûle la chandelle par les deux bouts. Ce qui est bon pour l’économie.
Médecine. On cherche à utiliser les anticorps, en appui aux antibiotiques défaillants, dans la lutte contre les bactéries. 

Déflation et politique du pire

Risque de politique du pire. Cela pourrait être le message de la semaine. L’Allemagne est bloquée, bloque l’Europe et le monde. Mme Merkel en est en grande partie responsable. Elle a développé une technique redoutable pour conserver indéfiniment le pouvoir. Elle dit aux Allemands ce qu’ils ont envie d’entendre. En leur faisant croire que cela vient d’elle. Or, les Allemands ne veulent pas bouger. C’est pour cela qu’ils désirent imposer des réformes au reste de l’Europe. Idem aux USA. Les Républicains vont prendre le pouvoir aux prochaines élections et réduire M.Obama à l’impuissance. Il y aurait de quoi s’entendre, mais ce n’est pas dans l’intérêt des extrémistes de chaque bord. D’autant qu’il est possible de réutiliser les techniques mises au point par le subtil B.Obama pour démolir ce qu’il a construit. Idem en Angleterre. Il serait simple de satisfaire les aspirations, modestes, de la population. Elles n’ont rien à voir avec les thèses de Ukip. Partout en Europe, c’est la même chose. « Les populistes ne vont pas prendre le pouvoir (…) Cela laisse le gouvernement entre les mains des partis traditionnels (…) Puisque la zone euro poursuit une intégration de plus en plus étroite pour survivre, cela signifie demander aux électeurs de faire confiance à des institutions qu’ils en sont venus à mépriser. »
La déflation saisit le monde. « La crainte des investisseurs semble être que le monde développé glisse dans la spirale de la déflation (…) La récente faiblesse de l’euro et du yen pourrait être un signe que ces régions exportent la déflation au reste du monde, leurs exportateurs baissant leurs prix pour prendre des parts de marché ». Parmi les conséquences : prix du pétrole en baisse accélérée. Economie mondiale faible donc demande faible et offre en hausse, de tous côtés. Au Japon, les réformes économiques dont on attendait tant de bien plongeraient le pays dans la récession.
Ailleurs, autres crises ordinaires. Les Serbes basculent dans l’autoritarisme. Mais ils organisent des défilés d’homosexuels pour donner le change à l’UE. Renversement d’alliances en Turquie. Le gouvernement lâcherait les Kurdes, devenus alliés des USA, et se rabibocherait avec les généraux, et jouerait les comparses de l’Etat Islamique. Ce dernier réinvente l’esclavage. Le pouvoir syrien est faible. Mais il ne veut pas abandonner, même pour une solution qui lui sauverait la face. Résultat : chaos probable.
L’Irlande élimine une mesure qui permettait aux entreprises (étrangères) de ne pas payer d’impôts. Mais la compense par une contre-mesure. En Inde, M.Modi voudrait rendre fiable son administration avant, éventuellement ?, de libéraliser son économie. (Ce qui me semble sage.)
Ebola. Croissance exponentielle du nombre de victimes. Il devrait atteindre 10.000 par semaine. Compliqué et coûteux (une capacité de traitement de 100.000 lits coûterait de 1 à 2md$ par mois) d’enrayer l’épidémie. D’autant qu’elle attaque en premier les systèmes immunitaires sociaux, c’est-à-dire les personnels médicaux. Il faut des centres de traitement, changer les comportements  des populations et que les vaccins dont on dispose se révèlent efficaces. Puis relever les pays touchés des dévastations subies.
L’électronique européenne relèverait (modestement) la tête « grâce à sa force dans des technologies qui conviennent bien au nouveau monde des objets interconnectés et de consommation ultra basse puissance ». Apple offre un nouveau système de paiement sans contact. Les bénéfices n’en sont pas évidents pour le marché occidental. Mais les normes pourraient être utiles aux pays en développement, où la téléphonie mobile se substitue déjà aux réseaux financiers.
Toutes les prévisions faites au sujet d’Internet étaient fausses. L’univers d’hier n’a rien de différent de celui d’aujourd’hui. « Il y a un monde entre « disruption » et destruction ». Les économistes se sont trompés. Baisser les taux d’intérêt ne stimule pas l’économie ! Ce qui le fait, c’est la perception que les choses vont bien…

Spécial indépendance écossaise

Indépendance écossaise. La classe politique anglaise veut refaire le coup du Québec, en 1995 : on promet à l’Ecosse que, si elle reste, elle aura plus d’autonomie que si elle part. Mais les Ecossais semblent amalgamer les Anglais de tous bords à des Conservateurs, qu’ils exècrent. On n’est plus dans le domaine de la rationalité. Curieusement, étant un réservoir de votes pour les Travaillistes, l’indépendance de l’Ecosse signifierait que l’Angleterre deviendrait durablement conservatrice. Par ailleurs, même si l’Ecosse ne fait pas sécession aujourd’hui, elle pourra la faire demain. Cette perspective affaiblira considérablement l’Angleterre. Quant à dire ce que serait une Ecosse indépendante… Beaucoup de dettes, une population vieillissante, un poids économique démesuré de grandes banques qui pourraient être tentées de partir… Et probablement la nécessité d’inventer une nouvelle monnaie. Une union monétaire avec l’Angleterre étant presque plus compliquée que l’équilibre périlleux de la zone euro. En fait, l’Angleterre va vraiment très mal. Après les eurosceptiques de droite, voici les écologistes de gauche. Le pays semble se disloquer…
L’UE est aux mains de Mme Merkel, comme le prouve la composition de Commission. En Suède, le centre droit, libéral, devrait perdre les élections. Croissance, mais inégalités et chômage. Le nouveau gouvernement devrait être fragile. Mais moins belliqueux à l’endroit de la Russie que son prédécesseur. Ukraine : trêve. Visiblement les efforts de M.Abe pour sortir l’économie japonaise de sa torpeur sont en train d’échouer.
M.Obama forme une coalition hétéroclite pour lutter contre l’Etat Islamique. Son opinion publique est à nouveau favorable à une guerre. Problème : la dite coalition ne tiendra pas plus longtemps que le dit Etat Islamique. Si l’on veut éviter des troubles continuels dans la région, il faudrait veiller à ce que des Etats s’y installent qui satisfassent toutes les communautés locales. M.Obama ne semble pas intéressé par ce travail. En Afrique du sud, les services d’espionnage sont à la solde du gouvernement.
On disait que les pays émergents allaient rapidement rattraper les pays riches. Ce n’est plus le cas. Leur croissance accélérée venait de la facilité moderne de construire des chaînes d’approvisionnement qui exploitaient leur main d’œuvre et leurs matières premières. Mais ils n’ont pas su se créer une capacité de production autonome. A l’exception de la Chine. Chine qui aurait acquis un savoir-faire remarquable pour accélérer le cycle de développement des produits. En copiant le plus rapidement possible les innovations des autres nations.
Apple le « world leading gadget maker » change d’identité. D’une entreprise refermée sur elle-même, il devient un écosystème. Publicité et Internet. Tout ce que l’on fait sur Internet est enregistré. Qu’on le veuille ou non. Puis on est mis dans des catégories de comportements pathologiques. Vide juridique total. Solution ? Un Internet payant qui serait non policier. Ou un mouvement populaire qui forcerait le législateur à intervenir. Netflix attaque le marché français. Mais ne compte pas y payer ses impôts. The Economist lui promet le succès de McDo. 
Les entreprises achètent leurs actions pour en augmenter le prix, quitte à s’endetter (en outre, la dette réduit l’impôt). Du coup, elles n’investissent plus. Mais, il semblerait que, sous la pression des fonds de pension, la mode change. Les banques émettent un nouveau type d’obligations. Leur particularité est de perdre toute leur valeur dès que la banque a des ennuis. Ce qui pourrait produire quelques effets pervers.

Qu’est-ce qui fait une éducation nationale efficace ? Ni le salaire, ni la taille des classes. La compétence de l’enseignement, et le dispositif qui le soutient. 

Vieille Amérique

« Même si la croissance potentielle repart un peu, l’Amérique va de plus en plus ressembler aux économies vieillissantes, à faible croissance, qu’elle méprisait ». Le chômage est faible, mais l’Amérique ne croît pas. Le moteur de son développement est grippé.
La France est enlisée au Mali. M.Hollande a voulu faire comme M.Mitterrand. Mais il n’avait pas les mêmes atouts. En Ukraine, « La colère sur le terrain peut-être en train de créer ce que Alexender Golts (…) appelle « une longue guerre partisane » ». Elle aurait échappé au contrôle de la Russie. Justice italienne. Cauchemar de l’économie. Cause culturelle, peut-être : ce qui compte n’est pas l’efficacité mais l’élégance intellectuelle du jugement… La Suisse, une confédération, pourrait-elle donner des leçons à l’UE ? Elle semble avoir tiré le meilleur des cultures qui la composent. Mais, « l’union monétaire suisse est arrivée après des siècles d’unité politique ». Remaniement ministériel en Angleterre. M.Cameron a constitué un gouvernement en vue des prochaines élections. Il a de bonnes chances de gagner, vue la médiocrité d’Ed Milliband. Gouvernement faible, et qui n’améliore pas les chances de l’Angleterre de rester dans l’UE. Israël et les Palestiniens. Pas une guerre mais recherche du retour au statu quo ante. Le Hamas est dans l’intérêt d’Israël, qui craint qu’il ne soit remplacé par Al Qaeda. Les frappes visent essentiellement ses membres, et leur famille. Aux USA, le monde politique se solidifie en deux camps, qui ne veulent pas se parler. Démocratie paralysée.
Venezuela. A la suite d’une grève, M.Chavez a licencié une grande partie des employés de son industrie pétrolière. Ils avaient une compétence rare. Ils sont partis faire la fortune des pays voisins. Les BRICS (ou la Chine, surtout ?) ont décidé de remplacer le FMI. Ambition : aider les pays en développement à investir dans des infrastructures de transport. Au Japon, la côte de popularité de M. Abe choit. « M. Abe est perçu comme ayant fait passer en force, contre la volonté de la plupart de la population, un changement historique de la politique de sécurité japonaise ». Les capitaux, les oligarques et les mafieux de la Chine continentale sont en passe de museler la presse de Hong Kong. Chine continentale dans laquelle les victimes de la nouvelle révolution culturelle, anti corruption, sont de plus en plus nombreuses. Nouveau gouvernement égyptien. Paternaliste et paralysé par sa dépendance aux intérêts spéciaux nationaux.
Qu’est-ce qui tire l’industrie pharmaceutique ? La recherche des failles de la législation. L’industrie pétrolière, elle, parie que le pétrole restera cher et  que les gouvernements seront incapables de combattre le réchauffement climatique. Après des années douloureuses, les affaires de l’industrie de l’armement repartent. Mais le marché est fragmenté et difficile. L’industrie de l’armement doit devenir efficace. Apple et IBM s’allient. Les forces d’IBM vont se mettre à vendre les produits d’IBM à l’entreprise. Leurs concurrents sont pris par surprise. Qu’attendre de Big data ? Pas de rupture, une optimisation à la marge, mais sur de gros volumes.  

Une nouvelle semaine de surplace mondial

Rien ne semble pouvoir sauver le pauvre Hollande. Collé à 18% d’opinions favorables. Dommage, il fait une bonne politique. L’Espagne change de roi. Le précédent n’avait pas su comprendre les évolutions de la société. Miracle allemand sans lendemain ? Déficit démographique, que le pays ne cherche pas à compenser par le gain de productivité. Investissements en baisse, éducation peu performante… La croisade anti Juncker de M.Cameron serait-elle allée trop loin ? L’omnipotente Mme Merkel partage ses vues sur l’avenir libéral de l’Europe, mais est agacée. Il est bien que l’Angleterre veuille faire triompher ses intérêts au détriment de l’intérêt général. Mais pas qu’elle le fasse au détriment des apparences d’entente cordiale. En réalité, pour Cameron, la menace n’est pas l’Europe, on l’aime trop, mais l’Angleterre. Il y fait monter un espoir qu’il est incapable de satisfaire. Dans leur lutte contre les Russes, les Polonais, déçus par la tiédeur européenne, se tournent vers les Américains. L’Europe est-elle antisémite ?A moins de vouloir fuir les taxes françaises, The Economist estime qu’Israël demeure moins sûr que l’UE. La Chine stimule une croissance qui faiblit. Le Brésil est parvenu à stopper la déforestation par la contrainte. La contrainte marche, finalement. Fin de règne de M.Obama. Il soigne sa place dans l’histoire. Il a relâché 5 Talibans de Guantanamo, contre un Américain, passé à l’ennemi de son plein gré. La seconde partie de l’affaire n’était pas prévue. La première si. Malin. Les Talibans étaient des prisonniers de guerre. Ils auraient été relâchés quoi qu’il arrive. En outre, l’Amérique va devoir négocier avec les Talibans. M.Obama s’intéresse maintenant au changement climatique. Il promulgue des lois néfastes à la production de charbon. Réaction hostile des Etats producteurs, et des hommes politiques, y compris de son camps (ils risquent de perdre de ce fait les prochaines élections). En fait, manœuvre pour forcer les Indiens et les Chinois à suivre son exemple. D’autant que le gaz de schiste, guère plus cher que le charbon et moins polluant, est en passe d’inonder le marché américain. La croissance chinoise faiblit. Le gouvernement procède à une relance.
Et si les services secrets américains avaient infiltré la communauté Internet ? Toujours est-il qu’il n’y a pas encore de marché pour la protection des données. Comment faire du business en France ?Mettez un énarque dans votre équipe. Ses copains du gouvernement n’ont rien à lui refuser. Voilà l’histoire de Clara Gaymard et de GE, dans l’affaire Alstom. La force d’Apple ? Son écosystème de produits. Il en renforce l’interopérabilité. Les producteurs d’énergie allemands relèvent la tête. Torpillés par des surinvestissements, l’arrêt du programme nucléaire national, les subventions aux énergies renouvelables, les tribunaux pourraient leur accorder de grosses compensations. Malheureusement, ils sont en panne de stratégie. Automobile, haut de gamme japonais. Dans les années 90, on disait qu’il allait balayer le monde. Or, il a été ridiculisé par les Allemands, et même par les Anglais (aux mains des Indiens). Les Japonais n’y croient plus. Seul Lexus en a encore un peu sous la pédale.
Où il est démontré que le marché a pris le relai du public en termes d’innovation. La nanoparticule contre la bactérie ? Mieux que les antibiotiques en perte d’efficacité ? Peut-être, pour certaines applications. Mais il demeure des dangers. Le micro satellite, bâti sur la technologie smartphone est en passe de transformer l’industrie spatiale, y compris du propulseur. On fabrique des microscopes en papier, pour les pauvres. La montre mécanique innove. Comme elle se vend très cher, elle a de l’argent à investir dans la recherche.
Football. Coupe du monde au Qatar. Le Qatar aurait acheté quelques pays africains ainsi que Platini et Sarkozy. (Voilà un type de manœuvre qui serait inconcevable en Angleterre, ou aux USA.)

La rigueur scientifique, dernière victime en date des théories libérales

Pourquoi la science déraille-t-elle ? se demande The Economist. La plupart des publications scientifiques ne résistent pas au réexamen. Apparemment, c’est le résultat de la culture du management par objectif, et de son corollaire : la publication à tout prix. (Nouvelle conséquence imprévue des théories libérales ?)

La popularité de M.Hollandesombre. Mais l’estime nationale lui est indifférente. Il croit aux « cycles historiques ». Pas besoin d’agir, les choses s’arrangeront d’elles-mêmes. L’Irlande rembourse ses dettes mais se retrouve fauchée. L’Italie masque ses subventions à Alitalia. L’Allemagne se détourne de l’Eglise Catholique. (Qui est une sorte de service public avec ses propres sources de revenus.) En Russie, M.Navalny, candidat de The Economist, se révèle plus nationaliste que M.Poutine. En Inde, les milieux d’affaires s’enflamment pour un nationaliste qui sent le soufre. (Il n’y a pas que le peuple qui aime les extrêmes ?) L’Angleterre tend les bras aux banques chinoises. Elle leur permet d’ouvrir chez elles des succursales plutôt que des filiales. Histoire de leur éviter la réglementation anglaise (et européenne ?). L’Europe cherche à stopper le flot de subventions qui partent vers les petits aéroports. Et qui sont reversées aux compagnies à bas coût. Beaucoup de ces aéroports pourraient fermer. 
Rien de nouveau en Iran, toujours aussi amical vis-à-vis des USA, et en Egypte, toujours décidée à retourner à l’ancien régime. Les rebelles syriens s’en prennent aux journalistes. Ce qui est bien pour l’image de M.Assad. Mexique sans foi ni loi ? Plus de 100.000 enlèvements. L’Etat ne fait rien. Le président du Venezuela se comporte de plus en plus en dictateur (fou ?). Aux USA, guerre de tranchée entre Républicains et Démocrates. Ces derniers ont repoussé l’offensive des premiers. Mais le front n’a pas bougé. Cependant, les élus républicains ne sont pas tous des demeurés. The Economist a déniché deux exceptions à la règle. Le gouvernement japonais veut durcir ses lois concernant la divulgation de secrets d’Etat. Mais cela va contre la culture nationale. Le Vietnam ressemble à la Chine, en plus glauque. Va-t-il réformer son capitalisme d’Etat ? En Birmanie, le parti de Mme Suu Kyi pourrait prendre le pouvoir, mais y est totalement impréparé. Au Brésille gouvernement semble avoir vécu de la planche à billet. « La dette publique croit. Les banques prennent une part grandissante du marché du crédit. Et le gouvernement tord les règles comptables pour cacher tout ceci. » Comment cela va-t-il se terminer ?
Décidément, il n’y a pas de limite à la spéculation. Ce coup ci, elle porte sur les dettes d’entreprise. Les marchés sont ils imprévisibles ? M.Fama dit oui, M.Shiller, non. On leur donne le Nobel.
Les taxis, dernier secteur en date à être attaqué par Internet. Applications mobiles permettant de les appeler. Qu’est-ce que ça va donner ? Le câble USB deviendrait un système d’alimentation universel. Ce qui remettrait en piste le courant continu, en ce qui concerne l’alimentation de la maison et du bureau. L’avantage viendrait de ce que le câble transporte aussi des données. Cela en fait l’allié naturel des « smart grids ». Avec tout ce que cela signifie d’économie.

Afin d’essayer de retrouver un peu du talent de M.Jobs, Apple recrute des gens qui ont du goût.

Comment résoudre les problèmes du monde ? L’Oxford Martin Commission en appelle, en quelque sorte, aux organisations de bonne volonté. L’idée est de sortir de la paralysie des Etats pour constituer des coalitions d’institutions privées et publiques. Et d’attaquer sans attendre les questions importantes. 
Science. Il se pourrait qu’il n’y ait pas eu plusieurs types d’humains primitifs. Mais un seul, hautement variable. Une technique pour combattre le sida. Faire éclater le virus, dont le principe serait d’être sous pression. 

Apple : le meurtre du père ?

Mais que c’est laid ! J’installe la dernière version du système d’exploitation d’Apple. Apple copierait-il le bas de gamme ? Y a-t-il un lien ? En contrepartie de ce désastre esthétique, tout est beaucoup plus rapide.

C’est Jobs qu’on assassine ? Demain, une guerre des prix ?

Et si l’identité d’Apple était le luxe ? Et si ce qui avait fait sa fortune avait été la touche du designer de génie ? Et si tout le reste n’était que secondaire ?

The Economist contre Internet

Qu’arrive-t-il à The Economist ? La semaine dernière il reconnaissait qu’avoir donné le pouvoir aux hommes d’affaires était une erreur. Cette semaine, trois articles s’en prennent à Internet.
On y lit que l’usage de Facebook cause la déprime chez les adolescents : chacun n’y parlant que de ses triomphes cela renvoie le lecteur à sa médiocrité. (« L’émotion la plus fréquemment suscitée par l’usage de Facebook est l’envie. ») La relation directe, au moins, nous met en face des hommes tels qu’ils sont. On y lit aussi qu’Internet produit stress et désorganisation, avec pour premières victimes les créatifs. Tout d’abord parce que le traitement des mails prendrait un quart de la journée, en moyenne. Mais surtout parce que l’homme vit en permanence son travail. Bref, on pensait utiliser Internet au service de l’homme, et c’est le contraire qui s’est produit. « Il y a certainement des raisons d’en faire beaucoup moins – de rationner les emails, de réduire le nombre de réunions, de se débarrasser de quelques dirigeants excessivement zélés. Depuis quelques temps s’impliquer dans son travail a un retour sur investissement négatif. Il est temps d’essayer une stratégie bien plus radicale : prendre du recul. » Mais ce serait surtout en dehors de l’entreprise que la perte de productivité produite par Internet serait la plus violente. Internet a remplacé l’emploi fixe traditionnel, par un emploi précaire, peu productif. « Les auto-entrepreneurs (40% de la création d’emploi en Angleterre) travaillent plus longtemps – 6 % de plus que les employés – mais leurs revenus horaires moyens sont moins de la moitié de ceux des employés. » Internet a aussi « transformé certaines branches de l’économie – la vente de détail, la musique et l’édition, par exemple -, en grande partie en détruisant des modèles économiques existants. » « Internet, par opposition (à l’usine), semble atomiser la force de travail. En donnant un plus grand contrôle au possesseur de capital, il pourrait expliquer pourquoi les profits aux USA sont au plus haut depuis l’après guerre. »
Pour le reste, pas grand-chose de neuf. L’Egypte semble partie pour un scénario algérien. Que ce soit du côté des frères musulmans ou de celui de l’armée, l’affrontement stimule, en quelque sorte, les forces du mal. Des composants extrêmement dangereux, masqués jusque-là, s’affirment et s’affrontent. Inde / Pakistan. L’économie pousse les deux pays à s’entendre. Mais c’est tout. L’avenir ? Peut-être des « décennies de troubles – « une série de crises ponctuées par l’apathie » ». En attendant, l’Inde construit une marine de guerre moderne avec porte-avion, et sous-marins nucléaires. Israëlmodifierait sa politique d’implantation. De la Cisjordanie, elle irait vers le Néguev. Mais, une fois de plus, c’est au détriment des populations locales (Bédouins). Israël, par ailleurs, relâche une poignée de prisonniers, en signe de bonne volonté. Ce qui n’est pas suffisant pour les Palestiniens, pour qui les prisons israéliennes ont quelque-chose d’un rite de passage (« 750.000 Palestiniens sont passés par les prisons israéliennes (depuis 1967) » « 5071 Palestiniens seraient derrière les barreaux, pour des actes de violence ou de subversion à motivation politique. »). Pour sa part, l’Amérique, est le premier incarcérateur mondial, loin devant la Chine. « Un Américain sur 107 était derrière les barreaux, en 2011 – le taux le plus élevé au monde – et un sur 34 était sous « surveillance correctionnelle » (soit sous les verrous, soit sous probation, soit en liberté conditionnelle). Un noir a 3,6 fois plus de chances d’aller en prison en Amérique qu’en Afrique du Sud, en 1993, juste avant la fin de l’Apartheid. » Mais le pays a décidé de se réformer. « Le coût élevé de la prison a attiré l’attention à la fois de la gauche et de la droite. » La vertueuse Suède pourrait passer à gauche. Le parti au gouvernement est pris entre une montée du chômage (8%) et un mouvement anti immigration.
L’industrie des médias commencerait à profiter d’Internet. Les revenus passeraient de « produits physiques » au numérique, téléchargement et streaming, de la vente à la location. (Remarque : aux USA, les livres électroniques représenteraient 30% des ventes totales.) Aussi, l’industrie sortirait de ses activités traditionnelles. « Les journaux entrent dans de nouveaux métiers tels que le marketing et les conférences. » Quant aux fonds activistes ils en ont après les entreprises de haute technologie, comme Apple. Pourquoi ? Parce qu’elles sont remplies d’un argent qu’elles ne savent pas utiliser. Et qu’elles ont du mal à changer assez rapidement (cf. Microsoft). Qui a tué par le glaive… ? L’Europe cherche à développer le fret ferroviaire. Pour cela, il s’agit d’aménager des « corridors » aux travers de l’Europe. Mais cela coûte cher, demande des collaborations entre Etats, et, de toute manière, le rail est moins flexible que la route. En tout cas, il semblerait que ce marché doive-t-être dominé par les chemins de fer allemands. Pour sa part, un entrepreneur américain envisagerait de construire des trains sous vides.
Et les groupes d’oiseaux n’entreraient pas en collision en se posant, parce que, grâce à leur capacité à repérer le champ magnétique, ils adoptent tous le même angle d’atterrissage. 

Apple et IOS7 : la chute s'accélère ?

IOS7. Jean-Bapiste Paccoud assassine Apple : un système d’exploitation de suiveur, bourré de bugs !

Apple serait-il dans cet état avec Steve Jobs ? J’en doute. Pour commencer, il n’aurait jamais accepté de remplacer Google Maps par une application de la plus haute merdicité. Et il n’aurait jamais consenti à reverser 100md$ à ses actionnaires. Car c’est l’aveu que le moteur de la société, l’innovation de rupture, est mort.

Cela justifie une théorie anglo-saxonne. Un homme seul peut faire des miracles. Et il peut rendre géniaux des médiocres. Les gens qui, aujourd’hui, sont aux commandes d’Apple. Mais cela va à l’encontre de ceux qui ont utilisé cette théorie pour justifier leurs bonus. Car cet homme ne leur ressemblait en rien. Il était une sorte de fou-furieux sous-diplômé guidé par une intuition apparemment sans aucune rationalité.