On est toujours puni…

Une bactérie du porc traité aux antibiotiques résiste aux antibiotiques et peut contaminer l’homme. (Article.) 

Comme quoi, nous ne pouvons pas « laisser faire ». Si nous voulons avoir des chances de rester en vie, on ne peut pas se désintéresser de ce qui se passe ailleurs sur la planète, car un comportement irresponsable peut vite nous retomber sur le nez. 

C’est ce que les Grecs appelaient « la politique » : la gestion du navire par l’ensemble des rameurs. 

Pain blanc

Le Financial Times rappelle que les antibiotiques ne fonctionnent plus. 
Le retour des grandes épidémies ? Se souviendrons-nous de l’après-guerre comme de l’âge de l’innocence ?

FT Health : l’avenir des antibiotiques 

Le FT examine les causes et les effets d’une résistance mondiale croissante aux antibiotiques : des pressions exercées sur les médecins pour les prescrire, même pour les infections virales, aux nouveaux traitements actuellement en cours de mise au point, ainsi que le rôle que le consommateur peut jouer dans la réduction de l’utilisation d’antibiotiques dans la chaîne alimentaire.

La grande peur des antibiotiques

Et si le réchauffement climatique était moins à craindre que la résistance aux antibiotiques ? Ramanan Laxminarayan, un des spécialistes de la question, l’analyse pour la Vie des idées.

Le plus important est, peut-être, de comprendre les fondamentaux du problème. Les usages des antibiotiques vont très au delà de ce que nous croyons.

  • Bien des maladies ont été éradiquées, par les pays développés, grâce à des mesures que l’on pourrait qualifier « d’hygiène ». Ailleurs, les antibiotiques sont utilisés comme substitut. 
  • On a découvert que, à faible dose, l’usage d’antibiotiques permettait d’augmenter énormément la production de viande. 
  • Sans les antibiotiques, beaucoup d’opérations, comme les greffes, seraient impossibles. 

Leur perte d’efficacité vient, principalement, d’un usage excessif, qui résulte en une sélection naturelle (ou artificielle ?) de germes résistants. Par exemple : « Les stations d’épuration des usines de fabrication d’antibiotiques sont en partie responsables du transfert de gènes de résistance dans le microbiote humain ; elles constituent une menace sérieuse pour l’efficacité des antibiotiques étant donnée l’importance du secteur pharmaceutique en Inde. Dans de nombreux pays, dont l’Inde et la Chine, il n’existe pas de réglementation pour le rejet de déchets antimicrobiens dans l’environnement, or une telle réglementation est indispensable. » Notre environnement est « pollué par les antibiotiques« .

Que faire ? Nous nous trouvons dans un « dilemme du prisonnier ». Le gain individuel prime l’intérêt de humanité. Le médecin, par exemple, satisfait son client en lui prescrivant des antibiotiques, même lorsque ceux-ci sont inutiles. Or, il suffit que quelqu’un se comporte mal pour que la population mondiale soit affectée. Sans prise de conscience collective, il est interdit d’espérer.