Protection de l’enfance

L’Angleterre s’indigne, ai-je entendu à la BBC il y a quelques jours. WhatsApp veut abaisser l’âge d’utilisation de son application à 13 ans. Or l’enfant y est soumis aux pires horreurs.

Tant qu’on y est, ne ferions-nous pas bien de nous demander à quoi l’enfant est soumis par la société ? Toute ce qui se déverse d’injonctions sur lui est-il bon pour sa santé mentale ?

Etat de la France

Je me demande si la France n’est pas une exception mondiale. C’est un montage abstrait.

La France a été constituée par le haut, par le pouvoir royal. Puis la République a repris le même procédé. Depuis les origines le bon roi est celui qui a une bonne bureaucratie, avec de bons grands commis, qu’ils s’appellent Sully, Richelieu ou Colbert. Allant de pair, se produit un phénomène de nettoyage ethnique : les nations absorbées sont fondues dans le moule d’une culture commune.

Sous cet angle, l’Angleterre est très différente de nous : tout ce qu’elle absorbe est supposé conserver son identité initiale, Jersey, l’Ecosse, le pays de Galle, l’Irlande. Ce sont des « nations ».

De ce fait, il n’y a pas de conscience nationale. Les nations anglaises rêvent d’indépendance, et il en est de même des individus français ? Ce qui nous manque est ce qui fait la force des USA : un projet commun qui nous transforme en Schtroumpfs ?

Mauvais genre

L’Angleterre s’interroge sur le traitement que subissent les enfants qui ne sont pas certains de leur sexe.

Dans un rapport sur ce sujet, on parle de l’usage de « puberty blockers », dont on ne connaît pas les conséquences, et de ce que la question du genre cache peut-être d’autres maux, qu’il serait bon de soigner avant d’envisager un changement de sexe.

Le « genre » est une notion qui est apparue récemment. Jusqu’à peu, elle était inconcevable. Cela a été une sorte d’innovation sociale. Elle montre peut-être comment évolue notre pensée collective, et pourquoi il est si difficile de comprendre nos ancêtres.

Révolution précoce

Britain industrialised over a century earlier than history books claim
A wheelwright.
Millions of historical employment records show the British workforce turned sharply towards manufacturing jobs during the 1600s – suggesting the birth of the industrial age has much deeper roots, say Cambridge historians.

Article

L’Angleterre a été très tôt industrielle, mais sans machines. Par la suite, l’emploi des hommes et femmes est surtout caractérisé par ses fluctuations. Apparition d’activités de service, retour à l’agriculture de zones dont l’activité industrielle n’était plus concurrentielle, exploitation du charbon…

L’histoire n’est pas celle des livres d’histoire ? Elle n’est pas déterminisme, elle est aléa ?

AJ Cronin

Dans la bibliothèque de mes parents, il y avait des livres d’AJ.Cronin. Un préjugé avait fait que je ne les avais pas lus. Je me méfie des célébrités. Elles vieillissent mal.

Or, miracles de la BBC, j’ai entendu un feuilleton tiré d’un de ses livres. Une histoire assez plaisante d’un médecin (Dr Finlay) exerçant en Ecosse entre les deux guerres. Un temps où le médecin était encore un être estimable. Un missionnaire de la science désintéressé au milieu d’un peuple d’incultes.

Miracle de wikipedia : j’ai pu me renseigner sur AJ Cronin, qui fut aussi une personne estimable. Son expérience de médecin et ses livres auraient été à l’origine du NHS…

Agences et changement

Pourquoi notre Etat compte-t-il autant d’agences ?

L’idée vient, quasi certainement, de Margaret Thatcher. Elle les a utilisées pour réformer son pays. L’agence a un objectif précis. Elle ne se préoccupe pas de systémique. Résultat : en poursuivant son objectif, elle fait exploser le système. Ce qui était l’objet de Margaret Thatcher.

La technique n’est pas neuve. Aristote en parle déjà.

Et les ONG sont construites sur le même principe.

La RSE est l’exact envers de cette idée. Il s’agit de prendre en compte l’intérêt général, dans toute sa complexité.

L’histoire n’est qu’oscillations ?

Respect

Ce qui me surprend est le respect de l’Angleterre pour nos philosophes. On y étudie encore les Sartre, Foucault et autres Derrida.

Chez nous, un philosophe en remplace un autre, chez les Anglais, celui qui a connu une heure de gloire est éternel ?

Différence de culture ? Nous sommes ivres d’absolu ? Nous croyons à la « solution finale » ? Une illusion en remplace une autre ? L’Anglais est pragmatique. Il apprécie l’apport que l’un ou l’autre a fait à la culture générale ?

Débat et vérité

Les Grecs pensaient que c’était en débattant que l’on parvenait à la vérité, disait une émission de la BBC.

Ecouter parler de procès fameux me fait douter de cette affirmation. La vérité est souvent masquée à tous. En outre le débat produit des effets pervers. Nous sommes victimes de biais.

En tous cas, nous nous y prenons certainement mal. Si le débat peut être efficace, c’est lorsqu’il est une coopération pour résoudre un problème, non un affrontement. Ce qui signifie qu’il doit partir du doute. Exactement l’envers de ce qui est pratiqué actuellement.

A ce sujet, l’émission interviewait une jeune militante de je ne sais quelle cause socialement avancée. Il en ressortait qu’elle était convaincue que le peuple était incapable de comprendre, et qu’il fallait lui inculquer la vérité par la force de l’argument répété.

Quant au fameux « populisme », faut-il incriminer les talents d’illusionniste de Donald Trump ou les réseaux sociaux ? Et si sa cause était plus simple et plus rationnelle ? La situation du peuple s’est dégradée, il est furieux. Et il vote pour ceux qui, comme lui, sont furieux. Le contenu de leur propos ne compte pas. Le peuple obéit à la logique de la vengeance.

Finalement, je pense, avec l’émission, qu’il faut apprendre à parler. J’ai toujours été frustré de ne pas pouvoir exprimer mes idées. C’est un grave handicap. Il tient à mon éducation. La France croit ou a cru à la panacée de l’équation. Si bien qu’elle produit des autistes, que l’on nomme parfois « ingénieurs ». Ce sont des êtres paradoxaux, à la pensée fruste, mais plein de leur supériorité. Au moins, cela fait l’étonnement des étrangers.

(Librement inspiré de The long history of argument, par Rory Stewart, de la BBC.)

Death of despair

People living in the North of England and in coastal areas are more likely to die from ‘death of despair’, according to new University of Manchester led research.

Article

« Death of despair » c’est se suicider ou détruire sa vie par l’alcool ou la drogue.

The analysis also looked at associated factors that predict the risk of these kinds of deaths; living in the North was the strongest predictor. Local authorities with higher proportions of unemployment, white British ethnicity, people living alone, economic inactivity, employment in elementary occupations, and people living in urban areas had higher rates of Deaths of Despair.

On meurt de désespoir quand on est un natif perdu sur un territoire qui a été abandonné par l’économie. Faut-il aller chercher plus loin les raisons du vote dit « populiste » ?