Conséquences de la loi Amazon

La loi Amazon… Quelques réflexions sur l’évolution de mes comportements d’achat : 
  • Tout d’abord, il faut savoir que j’achète des livres liés aux sciences humaines (voir commentaires que fait ce blog) et que j’étais un gros client Amazon. 
  • Première constatation : on peut commander à la FNAC et avoir une réduction de 5% sur les livres, si l’on va les chercher dans un magasin FNAC (il y en a un à côté de chez moi). Mais la FNAC distribue en direct assez peu de livres qui m’intéressent. Avantage Amazon. 
  • Deuxième constatation : j’achetais des livres en anglais, alors qu’il existe parfois des traductions françaises moins chères que l’original… 
  • Troisième constatation : redécouverte d’une librairie de sciences humaines du Quartier Latin. Intérêt : propose des livres qui m’amènent sur de nouvelles pistes. Et plaisir de se promener dans une librairie.
Enseignements. Je ne crois pas que l’homme calcule en permanence ce qui est le mieux dans son intérêt. Il acquiert des habitudes. J’avais l’habitude Amazon, je suis en train d’acquérir l’habitude librairie du Quartier Latin. Cela a eu pour conséquence une modification de ce que je lis (et donc du cours de mes réflexions). Avant, c’était plutôt un approfondissement de mes recherches existantes, par des sources de langue anglaise, maintenant c’est surtout des publications nouvelles, en français. 
Comme quoi un petit changement peut avoir des conséquences sur nos comportements sans rapport avec la nature du changement. 

La zone euro au bord de l’explosion

The Economist estime que les risques de fracture politique de la zone euro sont extrêmement élevés. La situation n’est plus soutenable par les populations. Il faut réformer, mais, avant tout, il faut relancer. Même si The Economist approuve le nouveau gouvernement français, c’est surtout parce qu’en donnant de la crédibilité à la France, cela rend vraisemblable qu’on l’autorisera à de nouvelles entorses à la rigueur. Au fond il est d’accord avec M.Montebourg. Et est d’ailleurs bien plus méchant que lui vis-à-vis de l’Allemagne. Les réformes dont elle est si fière n’ont été qu’une forme de « dévaluation interne » dont il faudrait amoindrir les effets aujourd’hui.
La guerre en Ukraine paralyse une zone économique essentielle au pays. Il est devenu dysfonctionnel. (Inquiétante zone de non droit aux portes de l’Europe ?)
La justice américaine rançonne l’entreprise ! Elle multiplie les lois – se maintenir en conformité coûterait 40m$/an à la grande entreprise. Mais surtout, la justice se rémunère avec les pénalités qu’elle impose ! Et il n’y a plus de procès, donc plus de justice au sens premier du terme. En effet, il semble préférable à l’entreprise de chercher un arrangement. Sans compter les juges s’immiscent dans la gestion de l’entreprise. Bref, la justice, qui est le principe de la démocratie américaine, semble avoir sombré dans l’arbitraire ! La justice parasité par l’intérêt personnel ? En revanche, de grandes entreprises semblent s’engager dans une vision de leur responsabilité sociétale qui est à long terme. Problème : à court terme, cela fait augmenter leurs coûts.
En Chine, rien ne résiste au pouvoir central. On pensait les entreprises d’Etat trop fortes pour craindre quoi que ce soit. Mais elles sont mises au pas. Purges sauvages et privatisations, au moins partielles, de ce qui n’est pas stratégique, ou manque d’efficacité.
Israël : l’économie, qui dépend à 40% des exportations, est touchée par la hausse de la devise.
Le cloud computing a le vent en poupe ? Une concurrence féroce fait s’effondrer les prix. Les données sont de mieux en mieux protégées de l’espionnage de la NSA. A moyen terme, une version « hybride » gagne du terrain : seule une partie des données part sur le cloud. Mais, à terme, le marché devrait se développer. 
Amazon achète Twitch une plate-forme de streaming de vidéos de jeux vidéo. La stratégie d’entreprise comme course après l’illusoire ?
Flexibilité de l’emploi. En Europe et au Japon, il y a l’emploi à vie, ce qui force une partie de la population à la précarité à vie. Le travail aux USA devient, lui aussi, de moins en moins flexible. Les classes défavorisées ne trouvent plus à se placer. 

Bulle Amazon ?

Amazon ferait-il peur ? Il perd de l’argent, et cela commence à inquiéter les investisseurs. Dans un précédent billet, je disais que l’économie de marché ressemblait fort à l’art de la spéculation. Et je citais Amazon. Car le rapport entre le prix de son action et ses revenus est de l’ordre de 20 fois celui de la moyenne des entreprises cotées (qui est exceptionnellement élevée). 
S’il y a perte, c’est parce qu’il y a investissements. Amazon se lance régulièrement dans des projets futuristes exceptionnellement consommateurs de capital (cloud, smartphone, entrepôts…). Et si c’était pour faire rêver les investisseurs ? Leur faire oublier que ses activités ne gagneront jamais suffisamment d’argent pour justifier la valorisation actuelle ? Et si Amazon était, effectivement, l’équivalent du cœlacanthe pour la bulle Internet, un fossile qui aurait survécu à ses congénères ? 

Je m'inquiète pour La Poste

Une commande à Amazon. Mail : l’on ne m’a pas trouvé et l’on a laissé un message. Mais le gardien de l’immeuble et moi étions là et nous n’avons trouvé aucun message. Jeu de piste. Où est le colis ? Recherche sur le site d’Amazon. Comment marche ce machin ? Je finis par identifier le transporteur : La Poste colissimo. Il faut lui laisser un message, en lui demandant où je dois aller récupérer mon livre. Sur ces entrefaites, je reçois un SMS triomphal d’Amazon me disant que le livre est arrivé « au point relais« . Mais quel point relais ??? Nouveau message, de la Poste : c’est mon bureau de Poste. Si je n’y viens pas rapidement, avec ma carte d’identité, le livre reviendra chez Amazon. J’y passe. Et je reçois un nouveau mail triomphal : le livre est arrivé à destination !

Pas fini. Quelques jours après, je reçois une lettre me disant qu’il y a grève du recommandé. Elle me demande de venir prendre à la Poste, ce que je crois, donc, être un recommandé. En fait, il s’agit du livre. Pour le coup, l’attention était louable (m’envoyer une lettre), mais elle a produit un nouveau raté.

Je m’inquiète pour La Poste. Il y a peu, j’ai voulu envoyer mon dernier livre à plusieurs personnes. Au moins 3 d’entre-eux ont été volés (sur 10). Si bien que je n’envoie plus rien par La Poste. Que lui est-il arrivé ? Bateau ivre ? Sur réaction à la menace numérique, qui lui fait perdre son âme ?…

Quant à Amazon, une fois de plus, je constate à quel point il est dépendant des transporteurs.

L’économie de marché, ou l’art de coincer la bulle

Amazon ou la bulle permanente. Amazon vaut 500 fois son bénéfice (grande leçon pour Alstom !). Amazon, c’est la course en avant dans l’hétéroclite. Réel potentiel ou art de faire durer la spéculation ? Les groupes américains cherchent à changer de nationalité, de façon à pouvoir mettre la main sur les fonds qui sont planqués à l’étranger par peur du fisc. Les génériques n’ont pas produit les baisses de prix escomptés. Les grands laboratoires graissent la patte de leurs concurrents, jouent sur la publicité ou sur des modifications d’apparence, pour maintenir leurs monopoles au-delà de l’expiration de leurs brevets. Le poids du secteur financier n’a pas cessé de croître ces derniers temps. Curieusement, il n’y a pas eu effet d’échelle. L’augmentation de son train de vie a excédé celle de ses revenus. Et cela « s’est accompagné d’un ralentissement de la croissance économique ». Les ventes en ligne dominent le marché du voyage. Il arrive à maturité. L’évolution technologique est la principale force sur laquelle jouer.
Et si l’Angleterre était l’hirondelle qui annonce la fin de cette ère spéculative ? L’Angleterre se racornit. Sa puissance politique et économique disparaît. Elle était liée à son secteur financier et à ses partenariats avec les USA et l’UE. Mais l’influence internationale de ses derniers est désormais faible. Et la réglementation financière et le repli national des banques ont réduit à peu de choses les banques anglaises et enlèvent leur intérêt aux atouts de la City. Parallèlement, le capitalisme d’Etat s’est réinventé. Au lieu de diriger les entreprises, il devient une sorte de minorité de blocage. (Ce qui me semble être le modèle allemand.) Les Chinois bloquent le rapprochement des 3 principaux armateurs mondiaux.
Les crises en cours modifient les équilibres internationaux. En ce qui concerne l’Ukraine, tout est une question de gaz. Les pipelines russes veulent contourner l’Ukraine. Les USA et l’UE refusent, ce qui fait tomber le gouvernement bulgare. Quant aux Suédois et aux Finlandais ils se rapprochent de l’OTAN. Les Kazakhs nouent une alliance inconfortable avec les Russes. La crise irakienne rapproche l’Amérique de l’Iran, et les Kurdes d’une nation. Pétrole. Les crises irakienne, syrienne et libyenne vont réduire l’offre, d’où augmentation de prix. Ailleurs, la justice américaine veut faire payer l’Argentine pour des dettes acquises par des fonds spéculatifs. Comment contourner cette décision ? En Inde, le parti du congrès est réduit à néant, et sans leader. Sa stratégie consiste à attendre les erreurs du gouvernement. Les Chinois submergent le Tibet. Et l’Indonésie est un curieux pays. Le quatrième plus peuplé au monde, il est fait de « 14466 îles, avec plus de 360 groupes ethniques parlant 719 langues ». Une forme de régionalisme prendrait le pas sur le centralisme des dernières décennies. Mais il tiendrait ensemble grâce à des liens interpersonnels forts. Qui sont aussi vecteurs de corruption. 
Les fougères auraient produit un refroidissement climatique. Elles ont piégé du carbone et sont devenues pétrole. (Où l’on apprend aussi que la science s’en remet au « crowdfounding ».) Newton fut « le dernier des magiciens ». Il rêvait d’alchimie. 

Nous sommes tous des libraires ?

Les députés ont voté à l’unanimité. Amazon (seulement ? Et la Fnac ?) devra faire payer les frais de port des livres qu’il vend. C’est curieux. Hier M.Montebourg se félicitait de la création d’un millier d’emplois par un entrepôt d’Amazon. Et la loi est un sérieux frein à l’accès à la connaissance. Le Français se moque-t-il de la connaissance et de l’emploi ? Pourquoi n’a-t-on pas entendu ce type de propos, même minoritaire ? Les députés sont-ils représentatifs de quelque-chose ? Sinon des ordres du gouvernement (mais pas de M.Montebourg) ou de la dernière idée qui semble flotter ? Et pourquoi faire autant de cas des libraires, alors qu’on laisse crever des PME un peu partout ? Et que dire des SDF ? Serions-nous tous des libraires ?
Tout semble beaucoup plus compliqué qu’on ne le dit
Amazon est-il un danger pour les libraires ?
Les libraires affirmeraient qu’Amazon vend à perte. Mais on lui reproche aussi de ne pas payer ses impôts ! Quant à la concurrence (huffingtonpost) :

« Nous réalisons 70% de nos ventes sur des livres de fond de catalogue qui ont plus d’un an. Au contraire, les libraires se concentrent sur les nouveautés et ne peuvent pas servir les clients qui demandent des ouvrages plus anciens, car ils ne les conservent pas en stock. Nous sommes donc parfaitement complémentaires », rappelle Romain Voog (dirigeant d’Amazon).
Le marché du livre est aujourd’hui très cloisonné, tout comme son type de ventes. Les grandes surfaces alimentaires (Leclerc, Auchan) captent environ 20% du total mais se réduisent strictement aux « best sellers ». Les grandes surfaces consacrées à la culture (Fnac, Cultura) 25%, tandis que les librairies indépendantes touchent 20%. La vente en ligne ne s’arroge que 10% du marché. Et Amazon n’est pas seul…

(En outre, les libraires seraient victime du prix de l’immobilier, et des éditeurs qui publient à tort et à travers.)

Le libraire, comme missionnaire ?
L’étonnante unanimité de nos représentants a peut-être une autre explication. Voilà ce que dit le ministère de la culture :

Compte tenu de leur rôle culturel (en effet, grâce à leurs conseils et leurs sélections, celles-ci jouent un rôle prépondérant dans la diffusion du livre, la mise en avant de la diversité éditoriale ainsi que dans l’aménagement du territoire et l’animation culturelle), le maintien et le développement des librairies constitue une des priorités de la politique du livre. Compte tenu des difficultés conjoncturelles et structurelles que rencontrent les libraires, l’action du Ministère de la Culture et de la Communication en faveur des librairies est aujourd’hui renforcée.

Voilà un texte bien surprenant. Le gouvernement nous prendrait-il pour des crétins, qui ont besoin d’être civilisés par des missionnaires ? Et ces missionnaires, ce sont les libraires ?
Voilà pourquoi nos députés votent comme un seul homme ? Ils ne sont pas là pour nous écouter. Mais pour nous dire ce qui est bon pour nous ?
Pour un libraire commerçant ?
Mais, avons-nous besoin de gens qui nous éduquent ? Et, si oui, y a-t-il beaucoup de libraires qui en soient capables ? Et, s’ils sont aussi utiles que le dit le ministère pourquoi ont-ils besoin d’être protégés ?

Et si le problème était là ? Si les libraires sont en voie d’extinction, c’est parce que ce ne sont pas des commerçants, mais des missionnaires ? 

Amazon, le hors la loi moralisateur ?

Le Monde infiltre une journaliste dans un entrepôt d’Amazon. Elle en dit le pire « Les travailleurs chez Amazon ont des conditions de travail dignes du XIXe siècle ». J’étais convaincu d’avance. Mais, avais-je raison ? Elle parle de taylorisme et de fordisme. (En oubliant que leur principe était de donner des rémunérations relativement très élevées aux ouvriers.) Mais n’y a-t-il pas d’endroits où la vie est plus dure ? Qu’en est-il, par exemple, des entrepôts des concurrents d’Amazon ? D’autant qu’il s’agit de travaux saisonniers. Et une journaliste est-elle la personne la mieux placée pour juger des conditions du travail ouvrier ? Qu’aurait-elle dit si elle avait dû travailler dans une aciérie, sur un chantier, ou, simplement, vider les poubelles de la ville de Paris ? Ce qui demeure de l’enquête est surtout un sentiment de ridicule. Amazon se croit obligé d’asséner une morale risible à ses employés. Mais pourquoi devraient-ils l’écouter ? Ce que cela semble dire, c’est surtout que l’on ne fait pas carrière chez Amazon. Mais pourquoi devrait-on y rester ? Un petit boulot à un moment de gros chômage ne me semble pas un mal. Ce qui est plus désagréable, cependant, est qu’Amazon ne paie pas ses impôts. Paradoxe du hors la loi moralisateur ?

(Une question que me pose cet article : n’y a-t-il pas création d’emplois ? Je suis étonné du nombre de personnes dans l’entrepôt. D’après l’article, la force du modèle Amazon serait une question d’immobilier. Amazon a des entrepôts à des endroits où le prix du m2 est faible, alors que la librairie est en pleine ville. Cette économie serait-elle transformée en emplois ? D’autant qu’il faut compter ceux des transporteurs. Peut-être aussi la vente en ligne a-t-elle fait croître le marché du livre ? Un peu tiré par les cheveux ? En outre, Amazon ne serait-il pas un bouc émissaire commode ? Une des causes de malaise de la librairie paraît aussi être la grande surface, et, pire ?, l’éditeur qui publie de plus en plus de livres…)

Jeff Bezos sauveur de la presse ?

Curieusement, un article de Slate semble partager mon point de vue sur Jeff Bezos. Il pourrait non seulement sauver le Washington Post, mais aussi la presse dans son ensemble.

Le problème de la presse ? C’était un mélange « d’informations » et de « nouvelles« . Les informations (annonces…) coûtaient peu et rapportaient beaucoup. C’était le contraire pour les nouvelles (enquêtes de fond). Internet a attaqué les premières, comment financer les secondes ?

La force de Jeff Bezos, c’est qu’il sait réinventer un modèle économique, comme il l’a fait pour le livre. C’est aussi quelqu’un qui a une vision à très long terme.

En creux, une critique de la presse : elle a abandonné le contenu, elle vit à court terme, et elle est incapable d’aucune vision.

Jeff Bezos achète le Washington Post, que penser ?

L’autre soir, annonce du Financial Times: Jeff Bezos achète le Washington Post. Qu’en penser ? me suis-je dit. J’ai interrogé un journaliste spécialisé. Malheureusement, il n’a pas pu me renseigner. Il était pris par surprise. Je vais donc devoir penser seul…

  • Le Washington Post est un symbole. C’est lui qui a fait tomber Nixon. 
  • Amazon a de plus en plus mauvaise presse. Mauvais citoyen, il ne paie pas ses impôts et fait travailler ses personnels dans de mauvaises conditions. Qu’est-ce que cela pourrait-il signifier pour un journal ?
  • Syndrome Citizen Kane, ou Dassault ? Journal, danseuse du magna ?

Finalement, j’ai choisi d’être optimiste. La presse ne sait plus où donner de la tête, me disait le journaliste. (C’était curieux, d’ailleurs, il semblait tout savoir sur tout, à commencer par le changement.) Ce à quoi je lui ai répondu qu’elle le saura le jour où elle aura retrouvé un combat. Et que j’aurai envie de la lire. Et si, Jeff Bezos apportait à la presse américaine la folie qu’elle a perdue ? Et s’il combinait leurs moyens pour abattre les gouvernements qui violent les principes de la démocratie américaine ? On peut toujours rêver.

Rêve en Chine et déprime ailleurs

Le nouveau gouvernement chinois parle de « rêve chinois ». Pas moyen de savoir ce qu’il sous entend par là. (Mais peut-être est-ce un reflet du « rêve américain » ? Celui de la Chine étant de redonner la place qu’elle mérite à sa culture, plutôt qu’une bagnole à chaque citoyen, comme aux USA.) Mme Merkel et M.Hollande ne s’aiment pas trop. Mais ça ne change rien, ils sont condamnés à s’entendre. L’Islande change de gouvernement. Ce n’est apparemment pas une question de programme. Juste un usage de crise. L’humeur de l’UE n’est plus à la rigueur. The Economist l’encourage à continuer son effort de libéralisation, cependant. Et la zone euro est de nouveau menacée. Ce coup-ci ce sont les banques espagnoles et italiennes qui ne prêtent pas à leurs PME. Scénario habituel : elles pourraient entraîner leurs pays et la zone euro dans leur chute. La Grèce, après avoir réduit de 20% son PIB, pourrait repartir. Mais son moral est si bas que l’on peut en douter (60% des jeunes sont au chômage). En France, M.Hollande se montre amical vis-à-vis de l’entrepreneur : baisse des taxes sur les plus-values de cession. L’Angleterre est soulagée : le gouvernement français demande des économies à son armée, mais ne renonce pas à son rôle mondial. D’autant qu’il faudra faire sans les USA. Et, effectivement, M.Obama n’intervient pas en Syrie, alors qu’il le devrait. (Curieusement, l’article n’envisage pas les conséquences d’une telle intervention.) D’ailleurs, la Syrie, facilement accessible, est devenue la destination préférée du tourisme terroriste, actuellement en plein boom. L’Angleterre est inquiète : que feront ceux de ses nationaux qui font la guerre en Syrie, lorsqu’ils reviendront à la maison ?

Djibouti semble béni des dieux. Le trafic de son port ne fait qu’augmenter. C’est le point de passage obligé de l’approvisionnement de l’Ethiopie, arrêt pratique pour les cargos naviguant entre l’Europe et l’Asie et toutes les grandes armées mondiales y sont installées. Mais sa population n’a pas accès à ces revenus. Elle est la « plus pauvre d’Afrique ». À Ho Chi Minh Ville, menacée par la montée des eaux, les autorités locales préfèrent un projet hasardeux de digues à 2,6md$ plutôt qu’un, plus efficace, à 1,4m$ ! Question d’intérêt. Au Bangladesh, un immeuble s’est effondré sur des ouvriers du textile. Ce qui obéit à une logique certaine. Main d’œuvre excessivement bon marché, pas de droit de l’environnement, et boom de la demande suscitée par une ouverture des marchés de l’UE. Dans ces conditions, il faut produire à tous prix.
Défaillance du marché. Les compagnies pétrolières sont évaluées en fonction de leurs réserves. Or, si l’on veut limiter le réchauffement climatique, une partie de ces réserves ne pourra pas être exploitée. Le gouvernement américain demande au commerce en ligne de collecter la TVA. Ce qui pourrait être bénéfique pour Amazon qui, jusque-là, plaçait ses entrepôts dans les zones hors taxes. La société va optimiser sa logistique, multiplier ses dépôts et acquérir une flotte de camions. Avantage concurrentiel important : apparemment pouvoir disposer immédiatement de ses acquisitions compte beaucoup pour le consommateur américain. (Ce qui explique pourquoi Amazon France insiste autant sur la livraison dans la journée ?) Pourquoi les banquiers anglo-saxons ne sont pas en prison ? Parce que l’incompétence n’est pas un crime. En Allemagne, en revanche, on ne transige pas avec la confiance.
On est parvenu à faire voler des robots-insectes. Mais il leur manque encore une alimentation autonome. La pollinisation pourrait être un de leurs emplois ! L’Amérique veut replanter ses forêts de châtaigniers génétiquement modifiés. Les anciennes populations de ces arbres ont été victimes de maladies.