- Tout d’abord, il faut savoir que j’achète des livres liés aux sciences humaines (voir commentaires que fait ce blog) et que j’étais un gros client Amazon.
- Première constatation : on peut commander à la FNAC et avoir une réduction de 5% sur les livres, si l’on va les chercher dans un magasin FNAC (il y en a un à côté de chez moi). Mais la FNAC distribue en direct assez peu de livres qui m’intéressent. Avantage Amazon.
- Deuxième constatation : j’achetais des livres en anglais, alors qu’il existe parfois des traductions françaises moins chères que l’original…
- Troisième constatation : redécouverte d’une librairie de sciences humaines du Quartier Latin. Intérêt : propose des livres qui m’amènent sur de nouvelles pistes. Et plaisir de se promener dans une librairie.
Étiquette : Amazon
La zone euro au bord de l’explosion
Bulle Amazon ?
Je m'inquiète pour La Poste
Une commande à Amazon. Mail : l’on ne m’a pas trouvé et l’on a laissé un message. Mais le gardien de l’immeuble et moi étions là et nous n’avons trouvé aucun message. Jeu de piste. Où est le colis ? Recherche sur le site d’Amazon. Comment marche ce machin ? Je finis par identifier le transporteur : La Poste colissimo. Il faut lui laisser un message, en lui demandant où je dois aller récupérer mon livre. Sur ces entrefaites, je reçois un SMS triomphal d’Amazon me disant que le livre est arrivé « au point relais« . Mais quel point relais ??? Nouveau message, de la Poste : c’est mon bureau de Poste. Si je n’y viens pas rapidement, avec ma carte d’identité, le livre reviendra chez Amazon. J’y passe. Et je reçois un nouveau mail triomphal : le livre est arrivé à destination !
Pas fini. Quelques jours après, je reçois une lettre me disant qu’il y a grève du recommandé. Elle me demande de venir prendre à la Poste, ce que je crois, donc, être un recommandé. En fait, il s’agit du livre. Pour le coup, l’attention était louable (m’envoyer une lettre), mais elle a produit un nouveau raté.
Je m’inquiète pour La Poste. Il y a peu, j’ai voulu envoyer mon dernier livre à plusieurs personnes. Au moins 3 d’entre-eux ont été volés (sur 10). Si bien que je n’envoie plus rien par La Poste. Que lui est-il arrivé ? Bateau ivre ? Sur réaction à la menace numérique, qui lui fait perdre son âme ?…
Quant à Amazon, une fois de plus, je constate à quel point il est dépendant des transporteurs.
L’économie de marché, ou l’art de coincer la bulle
Nous sommes tous des libraires ?
« Nous réalisons 70% de nos ventes sur des livres de fond de catalogue qui ont plus d’un an. Au contraire, les libraires se concentrent sur les nouveautés et ne peuvent pas servir les clients qui demandent des ouvrages plus anciens, car ils ne les conservent pas en stock. Nous sommes donc parfaitement complémentaires », rappelle Romain Voog (dirigeant d’Amazon).
Le marché du livre est aujourd’hui très cloisonné, tout comme son type de ventes. Les grandes surfaces alimentaires (Leclerc, Auchan) captent environ 20% du total mais se réduisent strictement aux « best sellers ». Les grandes surfaces consacrées à la culture (Fnac, Cultura) 25%, tandis que les librairies indépendantes touchent 20%. La vente en ligne ne s’arroge que 10% du marché. Et Amazon n’est pas seul…
(En outre, les libraires seraient victime du prix de l’immobilier, et des éditeurs qui publient à tort et à travers.)
Compte tenu de leur rôle culturel (en effet, grâce à leurs conseils et leurs sélections, celles-ci jouent un rôle prépondérant dans la diffusion du livre, la mise en avant de la diversité éditoriale ainsi que dans l’aménagement du territoire et l’animation culturelle), le maintien et le développement des librairies constitue une des priorités de la politique du livre. Compte tenu des difficultés conjoncturelles et structurelles que rencontrent les libraires, l’action du Ministère de la Culture et de la Communication en faveur des librairies est aujourd’hui renforcée.
Amazon, le hors la loi moralisateur ?
Le Monde infiltre une journaliste dans un entrepôt d’Amazon. Elle en dit le pire « Les travailleurs chez Amazon ont des conditions de travail dignes du XIXe siècle ». J’étais convaincu d’avance. Mais, avais-je raison ? Elle parle de taylorisme et de fordisme. (En oubliant que leur principe était de donner des rémunérations relativement très élevées aux ouvriers.) Mais n’y a-t-il pas d’endroits où la vie est plus dure ? Qu’en est-il, par exemple, des entrepôts des concurrents d’Amazon ? D’autant qu’il s’agit de travaux saisonniers. Et une journaliste est-elle la personne la mieux placée pour juger des conditions du travail ouvrier ? Qu’aurait-elle dit si elle avait dû travailler dans une aciérie, sur un chantier, ou, simplement, vider les poubelles de la ville de Paris ? Ce qui demeure de l’enquête est surtout un sentiment de ridicule. Amazon se croit obligé d’asséner une morale risible à ses employés. Mais pourquoi devraient-ils l’écouter ? Ce que cela semble dire, c’est surtout que l’on ne fait pas carrière chez Amazon. Mais pourquoi devrait-on y rester ? Un petit boulot à un moment de gros chômage ne me semble pas un mal. Ce qui est plus désagréable, cependant, est qu’Amazon ne paie pas ses impôts. Paradoxe du hors la loi moralisateur ?
(Une question que me pose cet article : n’y a-t-il pas création d’emplois ? Je suis étonné du nombre de personnes dans l’entrepôt. D’après l’article, la force du modèle Amazon serait une question d’immobilier. Amazon a des entrepôts à des endroits où le prix du m2 est faible, alors que la librairie est en pleine ville. Cette économie serait-elle transformée en emplois ? D’autant qu’il faut compter ceux des transporteurs. Peut-être aussi la vente en ligne a-t-elle fait croître le marché du livre ? Un peu tiré par les cheveux ? En outre, Amazon ne serait-il pas un bouc émissaire commode ? Une des causes de malaise de la librairie paraît aussi être la grande surface, et, pire ?, l’éditeur qui publie de plus en plus de livres…)
Jeff Bezos sauveur de la presse ?
Curieusement, un article de Slate semble partager mon point de vue sur Jeff Bezos. Il pourrait non seulement sauver le Washington Post, mais aussi la presse dans son ensemble.
Le problème de la presse ? C’était un mélange « d’informations » et de « nouvelles« . Les informations (annonces…) coûtaient peu et rapportaient beaucoup. C’était le contraire pour les nouvelles (enquêtes de fond). Internet a attaqué les premières, comment financer les secondes ?
La force de Jeff Bezos, c’est qu’il sait réinventer un modèle économique, comme il l’a fait pour le livre. C’est aussi quelqu’un qui a une vision à très long terme.
En creux, une critique de la presse : elle a abandonné le contenu, elle vit à court terme, et elle est incapable d’aucune vision.
Jeff Bezos achète le Washington Post, que penser ?
L’autre soir, annonce du Financial Times: Jeff Bezos achète le Washington Post. Qu’en penser ? me suis-je dit. J’ai interrogé un journaliste spécialisé. Malheureusement, il n’a pas pu me renseigner. Il était pris par surprise. Je vais donc devoir penser seul…
- Le Washington Post est un symbole. C’est lui qui a fait tomber Nixon.
- Amazon a de plus en plus mauvaise presse. Mauvais citoyen, il ne paie pas ses impôts et fait travailler ses personnels dans de mauvaises conditions. Qu’est-ce que cela pourrait-il signifier pour un journal ?
- Syndrome Citizen Kane, ou Dassault ? Journal, danseuse du magna ?
Finalement, j’ai choisi d’être optimiste. La presse ne sait plus où donner de la tête, me disait le journaliste. (C’était curieux, d’ailleurs, il semblait tout savoir sur tout, à commencer par le changement.) Ce à quoi je lui ai répondu qu’elle le saura le jour où elle aura retrouvé un combat. Et que j’aurai envie de la lire. Et si, Jeff Bezos apportait à la presse américaine la folie qu’elle a perdue ? Et s’il combinait leurs moyens pour abattre les gouvernements qui violent les principes de la démocratie américaine ? On peut toujours rêver.
Rêve en Chine et déprime ailleurs
Le nouveau gouvernement chinois parle de « rêve chinois ». Pas moyen de savoir ce qu’il sous entend par là. (Mais peut-être est-ce un reflet du « rêve américain » ? Celui de la Chine étant de redonner la place qu’elle mérite à sa culture, plutôt qu’une bagnole à chaque citoyen, comme aux USA.) Mme Merkel et M.Hollande ne s’aiment pas trop. Mais ça ne change rien, ils sont condamnés à s’entendre. L’Islande change de gouvernement. Ce n’est apparemment pas une question de programme. Juste un usage de crise. L’humeur de l’UE n’est plus à la rigueur. The Economist l’encourage à continuer son effort de libéralisation, cependant. Et la zone euro est de nouveau menacée. Ce coup-ci ce sont les banques espagnoles et italiennes qui ne prêtent pas à leurs PME. Scénario habituel : elles pourraient entraîner leurs pays et la zone euro dans leur chute. La Grèce, après avoir réduit de 20% son PIB, pourrait repartir. Mais son moral est si bas que l’on peut en douter (60% des jeunes sont au chômage). En France, M.Hollande se montre amical vis-à-vis de l’entrepreneur : baisse des taxes sur les plus-values de cession. L’Angleterre est soulagée : le gouvernement français demande des économies à son armée, mais ne renonce pas à son rôle mondial. D’autant qu’il faudra faire sans les USA. Et, effectivement, M.Obama n’intervient pas en Syrie, alors qu’il le devrait. (Curieusement, l’article n’envisage pas les conséquences d’une telle intervention.) D’ailleurs, la Syrie, facilement accessible, est devenue la destination préférée du tourisme terroriste, actuellement en plein boom. L’Angleterre est inquiète : que feront ceux de ses nationaux qui font la guerre en Syrie, lorsqu’ils reviendront à la maison ?


