Dynamisme africain

Dynamique Afrique. C’est nouveau, elle développe une industrie pour ses propres besoins. Tout lui est favorable : éducation, gouvernements et infrastructures qui s’améliorent ; main d’œuvre qualifiée chinoise qui reste sur place ; « migration des emplois de fabrication asiatiques ». Israël va-t-elle connaître le sort de l’Afrique du sud pré Apartheid ? Il devient mal vu d’y investir. La Pologne ne sait pas quelle politique énergétique adopter. Gaz de schiste ou nucléaire ? Gros investissements. En attendant 80% de son énergie vient du charbon. M.Hollande va en Amérique. Il veut afficher son nouvel amour du marché. Mais peut-on le croire ? L’Allemagne va-t-elle sortir de sa politique de non intervention militaire ? Elle l’envisage sérieusement. Aujourd’hui ses intérêts la poussent à appuyer la Chine et la Russie… En Ukraine, l’Europe revient dans le débat. Elle pourrait chercher à ramener le pays vers l’Ouest, grâce à des mesures économiques, à une promesse d’adhésion à l’UE, et en menaçant les intérêts financiers des meneurs de l’autre camp.

Aux USA, B.Obama a déporté deux millions d’immigrés plus ou moins illégaux. Pour cela une impressionnante logistique a été mise en place, faisant mentir ceux qui accusent d’incompétence le service public. Le pays est aussi un champion toutes catégories de la politique agricole. Il subventionne massivement ses (riches) producteurs. Il les assure même contre ce qui peut faire baisser les prix. (Ce qui est aussi bon pour les assureurs, payés par le contribuable.) Et il offre un très généreux programme d’alimentation gratuite au nécessiteux. Quant aux négociations de libre échange, M.Obama les présente comme devant « protéger nos travailleurs, protéger notre environnement et ouvrir de nouveaux marchés aux produits américains », mais les Républicains ne sont pas convaincus. Par ailleurs, les riches se marient entre eux. Ce qui amplifie les inégalités. Et l’Américain semble penser que les Républicains roulent pour le « riche au cœur froid », alors que les Démocrates ne voient que par le « pauvre indigne ». Un pipeline doit apporter le gaz de schiste canadien aux USA. Les Américains semblent ne pas en vouloir. Au motif qu’ils ont suffisamment de leur propre production. Donc que le gaz de schiste canadien est polluant. Aung San Suu Kyi présidente ? On ne semble pas pressé de faire l’évolution constitutionnelle nécessaire. Champ de mines en Thaïlande. La dernière élection n’a rien changé. Un Raminagrobis local pourrait-il mettre d’accord les plaideurs ? Le Japon part de plus en plus à droite, et encadre la liberté de parole de sa presse. En Chine, l’élu apprend à parler à la démocratie, et le gouvernement veut forcer les entreprises à mettre en œuvre sa politique environnementale par la pression populaire.

La mode est maintenant à l’échange de services publics d’une nation à une autre.

BP s’est rétréciet s’est affaibli. Il est très dépendant de la Russie. Risque-t-il une OPA ? Raison ? Deepwater Horizon. Mais surtout un management qui n’a pas été « excellent »… Google a un différend avec l’UE. Sa plate-forme de recherche favorise un peu trop ses intérêts. Apparemment, l’UE et Google sont las de l’affaire. Et veulent y mettre un terme, même si la solution trouvée n’est pas dans l’intérêt collectif. Microsoft, toujours gros, mais qui n’arrive pas à être mobile, aurait choisi le bon PDG. Le canal du panama est en cours d’élargissement. Ceux qui participent aux travaux se disputent. L’économie mondiale découvre d’autres routes.

Fin de la bulle des business schools. C’est « une des rares professions où ne pas obéir à ses propres règles est quasiment une condition de recrutement ». Capturées par un corps enseignant indéboulonnable, plombées par des coups salariaux colossaux, leur « esprit moutonnier » leur garantit l’abattoir.

Finance mondiale. Pas de crise en vue. La politique monétaire européenne et japonaise prend le relais de l’américaine, ce qui garantit que les capitaux continuent à aller vers les émergents. La baisse des cours des actions correspond à une prise de bénéfice. Une étude montre que la motivation par bonus tend à pousser le dirigeant à sous-investir. Contrairement à ce que l’on pensait, les bidonvilles (« un tiers de la population des pays en développement ») ne serait pas un meilleur ascenseur social que la campagne. Causes ? Prix de l’immobilier et épidémies, en particulier.

Allons-nous tous être des OGM ? En tout cas, les biotechnologies commenceraient à fonctionner. De nombreuses manipulations génétiques sont tentées. Utiliser des virus (dont le HIV) pour modifier un gène, recoder le système immunitaire pour qu’il détruise les mauvaises cellules ou les gènes qui les produisent. Respirer du xénon améliorerait les performances sportives russes. 

Jean du Lac : redresser une entreprise africaine

Dans ce billet Jean du Lac parle d’une de ses missions. Occasion pour le lecteur d’en apprendre un peu sur l’Afrique, ses entreprises et leurs besoins ?

Une situation compliquée
L’entreprise est un concessionnaire automobile, garage et atelier. 200 personnes, regroupées, en fait, en 3 entreprises (une par marque distribuée). Chacune avait son dirigeant, son directeur financier, ses comptables, ses équipes.
Elles appartiennent à un groupe international, qui veut la vendre. Car sa présence dans le groupe n’a pas de logique économique, sinon d’être la « danseuse » de son fondateur.
Seulement, l’entreprise est dans une situation difficile. Elle perd beaucoup d’argent. Un plan de licenciement a été décidé, mais pas appliqué. « Ses personnels ne travaillent quasiment plus ou mal« . Une partie du personnel est en grève depuis plusieurs mois. Le comportement des représentants du personnel est suicidaire. Ils font courir les bruits les plus désagréables sur l’entreprise à la fois à l’intérieur, et à l’extérieur de celle-ci. Ce qui n’est pas bon pour ses affaires…

Redonner du sens

Le dirigeant de l’entreprise démissionne. Jean doit assurer un intérim et réussir la vente de la société. Au premier coup d’œil, il est clair qu’il faut restaurer la réputation de l’entreprise. C’est elle qui fait sa valeur. Et elle dépend beaucoup de la qualité du travail de ses ateliers. Mais aussi du climat interne. Il faut éradiquer le défaitisme qui le pourrit.
Alors, Jean est en permanence sur le terrain. Il prend une série rapide de « petites » mesures qui frappent les esprits. Par exemple, il fait rénover l’accueil de l’entreprise. Il remplace le réceptionniste endormi, par une jolie femme dynamique. Il rationalise l’entreprise et ses ateliers. Il renvoie la plupart des expatriés chez eux, met à la retraite les personnels qui peuvent en profiter, promeut des cadres (dont deux femmes) jusque-là muselés. Il annonce un plan de départ négocié. Les représentants du personnel s’y opposent. La direction n’aura pas le courage de le mettre en œuvre, disent-ils. A la date annoncée, le plan est appliqué. Mais, Jean laisse deux jours à ceux qui voudraient profiter de sa précédente offre pour se manifester. Cette fois, les volontaires arrivent. Finalement, « ils représentent 100% des personnes concernées« . Les représentants du personnel suivent.
En cinq mois, l’entreprise est transformée. Elle est redevenue rentable. On y travaille bien. L’ambiance est bonne. Les employés ont retrouvé un sens à leur vie professionnelle.
L’humain, pas la technique
Les employés de l’entreprise ont avoué à Jean qu’ils le trouvaient curieux. Il ne s’était pas comporté comme un Blanc. C’est-à-dire comme si son ethnie lui donnait une quelconque supériorité sur eux.

Jean du Lac croit que ce qui manque encore à l’Afrique, c’est la pratique du management. Pour le reste, techniquement, « ses cadres et ses employés sont souvent très bien formés« . Ce sont de bons professionnels. L’entreprise africaine doit prendre confiance en elle. Et c’est là que nous pouvons l’aider. « En lui apportant notre expérience et en écoutant et intégrant nos différences« . 

Jean, l’Africain

Jean du Lac. Jean consacre aujourd’hui son temps à l’Afrique et à ses entreprises. A l’occasion d’un passage à Paris, je l’ai interrogé sur l’Afrique. Les journaux anglo-saxons ont-ils raison de dire qu’elle est la dernière « frontière » ? Comment participer à son développement ? Voici le premier de deux billets.

Un aventurier
Carrière paradoxale. Jean semble refuser le confort. Il démarre chez Ford. Immédiatement, il est remarqué. On lui promet une carrière météoritique. On lui propose un poste au siège de la société, Detroit. Son avenir est assuré. Mais il refuse. Il se lance dans l’entrepreneuriat. Pendant 30 ans, il va passer de projet en projet. Aujourd’hui, ses enfants ayant quitté son foyer, il vit une passion : l’Afrique. Il la connaît bien, pour y avoir passé beaucoup de temps. Il a surtout la particularité, pour un Français, d’être familier de toutes les Afrique. Aussi bien anglophones (il a rencontré Mandela !) et lusophones que francophones. Il y exerce trois types d’activité. Il est administrateur de société, il conseille des entreprises dans leurs opérations financières (levées de fonds, fusions acquisitions, etc.), et, pour une grande partie de son temps, il dirige le redressement d’entreprises. Le prochain billet sera consacré à ce sujet.

Quand l’Afrique s’éveillera ?
Pourquoi, soudainement, l’Afrique, homme malade du monde, est-elle l’endroit où il faut être ? Jean a toujours douté des idées reçues sur l’Afrique. Et si c’étaient elles qui avaient fait le malheur des Africains ? Pour lui, ni la richesse du continent, ni sa formidable croissance démographique ne sont les facteurs premiers du renouveau. Ceux-ci sont, d’une part, le retrait de l’influence extérieure (anciens coloniaux, USA et URSS, FMI et Banque mondiale) – elle fut désastreuse -, et le retour chez eux de cadres formés à l’Ouest et qui y ont réussi. Ils veulent transformer leur pays. Ce qui fait réussir l’Afrique, c’est que le changement, pour parler comme ce blog, est voulu par elle. Il ne lui est plus imposé (ou parfois moins) par les intérêts ou la bien pensance étrangers.
Cependant, parler de succès est prématuré. D’ailleurs, « l’Afrique » n’existe pas. Chacun de ses pays a une histoire propre. Le déclencheur du renouveau, c’est la rationalisation de l’Etat. Partout où l’Etat est dysfonctionnel, le chaos demeure. C’est, majoritairement, le cas en Afrique francophone. Elle ne parvient pas à se relever de la politique de De Gaulle et de ses successeurs. Ils ont joué des gouvernements comme de marionnettes.

Utilité d’un Français pour les Africains

Intérêt d’un Français pour les Africains ? Diriger et développer une entreprise est un art. L’Occident a des siècles d’expérience. Bien qu’il y ait de remarquables dirigeants africains c’est elle qui manque à l’Afrique. Cette expérience est plus humaine que technique. Car l’Afrique a des cadres et techniciens excellents. L’Occidental peut être utile à l’Africain s’il renonce à être missionnaire. S’il est un donneur d’aide, un catalyseur du changement. D’ailleurs, c’est moins les recettes du succès qu’on attend de lui, que le souvenir de ses échecs.

C’est ce que nous verrons dans un prochain billet. 

Colonialisme de gauche ?

France Culture disait ce matin que M.Hollande avait souhaité le remplacement du président centrafricain. Aurait-il joint l’acte à la parole ? Ce qui me frappe dans cette affaire est que la gauche, dont le principe absolu est l’anticolonialisme, fait une politique colonialiste. Certes elle a peut-être de bonnes intentions, mais n’y aurait-il pas, pour les mettre en œuvre, des moyens plus conformes à ses convictions que ceux qu’elle emploie ? 

Cela illustre une fois de plus que les pouvoirs de gauche font des politiques de droite. Une raison en étant qu’alors elles n’ont pas de contre-pouvoir. Cela illustre aussi probablement ce que disent les Anglais : « le pouvoir absolu corrompt absolument ». L’homme a bien des difficultés à penser par lui-même. S’il ne fait pas plus de bêtises, c’est parce qu’il en est empêché par la pression de la société. Une pression qui n’existe plus pour celui qui la préside. 

Chine : colonisateur de l’Afrique ?

Xi Jinping Sept. 19, 2012Intéressant article. Comme tous les colonisateurs, la Chine achète des matières premières et vend sa production. Mais, elle a surtout pris la place d’un Occident qui avait laissé crever l’Afrique, pour des marchés plus juteux. Et la Chine aide l’Afrique à construire des infrastructures de transport. D’ailleurs, les rapports de force ne semblent pas en sa faveur.

Je me suis demandé si l’Occident n’interprétait pas le comportement de la Chine à la lumière de ses propres obsessions, qui, au fond, ont pour principe la haine.

Clowns italiens et autres histoires

The Economist traite MM.Grillo et Berlusconi de « clowns ». Sans pour autant se montrer inquiet outre mesure, me semble-t-il. La BCE peut maintenir l’Europe à flots. Et M.Grillo n’est pas sans intérêts. Justement ceux qui l’ont fait élire. Il a capté un besoin de la nation (de toutes les nations ?). Un ras le bol des politiciens de carrière, qui ne suivent que leur intérêt. Ses députés devraient voter les lois au coup par coup, et non selon une stratégie prédéfinie. Il faut surtout relâcher l’austérité, pense The Economist. Reste à convaincre l’Allemagne.

L’Angleterre est dans la mélasse. Elle ne sait qu’importer. Sa devise n’a pas fini de sombrer. Le prix de sa dette va-t-il augmenter ? Non, ça va mal partout. En tout cas, peut-être son gouvernement devrait-il faire quelques investissements en infrastructures pour relancer ses affaires ? Dans la série « l’Angleterre aime l’Europe », The Economist est allé à la rencontre des fermiers anglais. Celui qui est interviewé révèle que sans la PAC, « il aurait gagné sa vie seulement durant 5 de ses 21 années de ferme ». On tolère que la France laisse aller son déficit un peu plus longtemps.

Aux USA l’impact du séquestre n’est pas encore clair. The Economist encourage le pays à exporter du gaz, pour se faire de l’argent. Mesure que bloquent les industriels, qui ont peur d’une augmentation des prix de l’énergie, et les écologistes anti-gaz de schiste.

Décidément, The Economist aime l’Afrique. Tout y va beaucoup mieux. Mais sa fortune est essentiellement une question de ressources naturelles. Elle sera durable si elle réussit un changement. Elle doit mettre à profit l’exode rural et une démographie galopante, et éviter qu’ils ne se transforment en une pauvreté explosive. The Economist encourage le continent à créer un marché commun.

La situation iraquienne est extrêmement confuse. Tensions dans tous les sens. Mais le pays semble résister. Quant au Hezbollah, la guerre civile syrienne le met dans une situation délicate. Comment soutenir son dictateur d’allié sans perdre sa légitimité de défenseur du faible ? Que va devenir l’Asie centrale après le départ américain ? Outre l’Afghanistan et le Pakistan, 5 ex républiques soviétiques sont fragiles. « La guerre, elle-même, est une partie du problème, la violence, l’extrémisme religieux et le trafic de drogue conduit par des seigneurs de guerre qui en ont résulté ne respectent pas les frontières ». La Chine pourrait être amenée à calmer une instabilité qui menace ses intérêts économiques.
Entreprises. Hypocrites ? Yahoo veut rapatrier ses employés à distance. Les réseaux sociaux, c’est très bien pour les autres ? En tout cas, il paraît que des études montrent que travailler à la maison améliore la productivité de l’entreprise. Les fonds d’investissement sont partis pour une bulle spéculative. Ils ont 1000 milliards à placer. Et, en plus, à un moment où les entreprises sont chères. L’industrie de la défense européenne devrait fusionner. Cela ferait énormément baisser le coût de sa production. D’autant que le budget européen est réduit de 200 à 170md. Mais, politiquement, c’est compliqué. Les projets communs vont donc se multiplier.
Comment faire qu’une entreprise soit gérée dans son intérêt ?Un actionnariat dilué n’est pas bon pour sa santé. L’actionnaire se vendant au plus offrant. Il n’y aurait peut-être pas de panacée, de structure éternelle. « Différentes sortes d’entreprises sont bonnes pour différentes choses. Les entreprises anglo-saxonnes sont bonnes pour prendre des décisions difficiles. Les entreprises continentales pour faire des investissements à long terme. Les partenariats sont bons pour susciter la loyauté (…) Il serait mieux que (les politiciens) encouragent la diversité, puisque des écosystèmes divers sont bien plus robustes. »
Éternelle question. La machine va-t-elle mettre l’homme au chômage ? On en parle beaucoup aux USA. Apparemment, la question serait mal posée. Un des principaux moteurs de la modification de l’emploi occidental, l’élimination des qualifications intermédiaires, était dû aux délocalisations. La main d’œuvre émergente ayant perdu ses bas salaires, les entreprises occidentales vont recommencer à employer leurs concitoyens et à investir pour les faire gagner en productivité.

Pourquoi les Américains ont-ils défait les Allemands. Ces derniers étaient supérieurs dans leur art de la guerre, en particulier dans leur « capacité de se relever d’un revers et de contre-attaquer ». C’est le complexe militaro industriel américain qui a gagné, et en particulier ses ingénieurs du BTP de marine. Ils ont bétonné sa marche vers la victoire. 

L'Europe patauge, l'Afrique se développe, le monde se transforme

Communauté européenne. L’Italie à nouveau en difficulté. Et donc l’Europe aussi. Prochaines élections incertaines, notamment parce que les électeurs n’ont plus confiance en leurs politiques. Le PIB de l’Italie serait en recul depuis son entrée en euro. L’euro aurait bloqué son fonctionnement ordinaire. C’était alors « l’une des économies qui se développaient le plus vite en Europe, fondant son dynamisme en partie sur une succession d’accès de forte inflation et de dévaluations de sa monnaie ». Lorsque sa croissance a baissé elle « s’est reposée sur une accroissement des dépenses publiques et de sa dette ». Il reste « un épais maquis de régulations et des intérêts spéciaux protégés » et une population divisée entre des « initiés protégés » en CDI et les autres, en CDD. C’est tout ceci qu’il faut réformer. On se croirait en France. Décidément, nos gouvernements n’avaient pas pris la mesure du changement que constituait l’adoption de l’euro… The Economist s’interroge aussi sur les plans de M.Hollande. Il semble plus modéré que prévu. Mais ne va-t-il pas s’arrêter au milieu du gué ? Ne faire que le juste nécessaire pour éviter un naufrage ?

Le budget européen suscite des chamailleries. Mais pourquoi les 40% qui vont à l’agriculture, 2% de son PIB, ne sont pas reroutés, vers la recherche, l’éducation et des infrastructures communes ?
Le marché du carbone européen, qui devait nous sauver de l’effet de serre, est en déroute. La crise a fait chuter les émissions de carbone. Si rien n’est fait l’Europe va s’équiper en centrales à charbon. En outre, le reste du monde avait décidé de suivre notre exemple, si nous échouons, il n’y aura plus de régulation des émissions… L’Amérique propose à l’Europe d’étendre leurs accords de libre échange. Ce serait le bon moment. « Quelques-uns des lobbies les plus bruyants ont cédé du terrain ». L’Europe, par exemple, laisse entrer les OGM.
Viande de cheval et Supply chain. Classique effet pervers de la réglementation : une réglementation européenne a amené les producteurs à remplacer une cochonnerie par une autre (la seconde à base de cheval).
Il n’y aurait pas de guerre du taux de change. Les Etats impriment des billets pour relancer leur économie, ce qui fait choir leur monnaie. Il n’y a qu’à faire comme eux.
Russie. M. Poutine ne veut plus entendre parler de l’Ouest. La Russie est un pays à part. (Ce qui me semble avoir été un thème récurrent dans l’histoire russe.)
Afrique. L’Afrique est le prochain eldorado. En grande partie pour les TIC, qui permettent d’éviter en partie les défauts d’infrastructure. On s’y bouscule. Mais apparemment on y est moins colonialistes qu’à l’ordinaire. On associe les locaux aux affaires, et on essaie de créer une offre adaptée aux spécificités locales. La dernière mode serait l’informatique cognitive : déverser des tonnes de données dans un ordinateur, en vrac, et il vous en sort des idées utiles.
Changement d’époque. The Economist se demande comment récupérer les impôts des fonds qui les évitent (de l’ordre de 20.000 milliards). Les plaques tournantes de l’évasion seraient aussi bien les Iles Cayman, que la Cité de Londres, le Delaware, Miami, Le Luxembourg, l’Ireland ou les Pays Bas. Solution : plus de transparence, meilleure réglementation des systèmes de prix de transfert et imposer ce qui est facile à contrôler (« possesseur de capital, employé ou consommateur »). Le nouveau dirigeant de Carrefour serait en passe de redresser l’entreprise. En faisant l’exact envers de ses prédécesseurs (systémique !). En particulier, il pense qu’il est important de comprendre les besoins du consommateur. Mais il doit toujours compter avec les fonds d’investissement qui ont cherché à dépecer la société. Le pape part. Il aurait été « épuisé par les conflits et les machinations qui ont affecté sont règne ». Le Vatican ressemblerait-il à une multinationale ?
Après une période où l’individu était roi, on redécouvre que c’est sa culture qui fait la fortune d’une entreprise. Et que l’armée à quelques trucs à lui enseigner. Par exemple que « un officier ne doit jamais donner un ordre qui ne sera pas obéi, donc il doit apprendre à évaluer l’humeur de ses hommes ». On découvre aussi le « microbiome ». L’homme est un écosystème de microbes. Dernière observation : des bactéries auraient la capacité d’agir sur notre pression sanguine. 

Angleterre, Europe, Jihadisme…

Quoi de neuf dans The Economist ?
En dehors des règlements de compte de Barack Obama, dont je parle ailleurs, on y voit David Cameron annoncer un referendum à son peuple sur l’appartenance de son pays à l’Europe. C’est pour 2017. Entre temps, il se fait fort d’obtenir des concessions des autres Européens. Apparemment, il aurait tort de se priver, l’Allemagne et la France n’auraient rien à lui refuser. L’Angleterre subit un curieux phénomène. On y travaille de plus en plus, mais on y produit de moins en moins. Parce que le système bancaire ne laisse pas faire les faillites, et n’a donc pas de cash pour les secteurs qui se développent ? Préoccupant ? Serait-ce pour cela que son gouvernement parle autant d’Europe, alors qu’elle ne préoccuperait pas outre mesure les indigènes ?
On parle aussi du jihadisme en Afrique. Il aurait « saisi des doléances légitimes nourries par la pauvreté, la discrimination, et la mauvaise gestion de gouvernements corrompus ». Qu’arriverait-il s’il parvenait à « contrôler les ressources d’un pays entier » ? Un message en direction des USA, qui ne veulent plus entendre parler d’autre part que chez eux ?
Partout, le monde semble partir à gauche. En Israël, d’abord. Mais peut-être aussi en Allemagne. Les prochaines élections pourraient poser plus de difficultés à la chancelière que prévu. Ce qui devrait lui rendre difficile la réforme de l’Europe. Toujours est-il que le système bancaire européen va subir un contrôle allemand. Ce ne serait pas une bonne idée. Les bulles sont locales, et demandent une gestion locale. Quant aux 50 ans franco-allemands ? Vieux couple.
Sinon ? The Economist pense (comme ce blog), que l’avenir d’Apple est derrière lui. Il est maintenant incapable de bouleverser de nouveaux marchés. Dans un univers devenu concurrentiel, il ne fait pas le poids face à Samsung. Il en serait de même du « leader global » que veut former l’Insead. Donner ce titre à une personne lui tournerait la tête. « Si le leadership a une sauce secrète, c’est peut-être l’humilité. Un patron humble comprend qu’il y a des choses qu’il ne connaît pas. Il n’écoute pas seulement les autres grands pontes de Davos, mais aussi le type de gens qui n’est pas invité, ses clients, par exemple. » Décidément le monde bascule à gauche… (Et The Economist rejoint curieusement ce qu’un de mes commentaires disait de polytechnique.)
On a trouvé le moyen de stocker de l’information dans l’ADN. Toute l’information du monde tiendrait dans un camion. Mais le procédé est coûteux, et ne permet pas une lecture / écriture rapide. Approprié pour le stockage à long terme. 

Avenir de l’Afrique

L’Afrique est l’avenir de la croissance mondiale ditMcKinsey. Malheureusement, sa croissance propre génère peu d’emplois stables et correctement payés. Aujourd’hui, deux tiers des emplois sont de subsistance, et, eu égard à une démographie prise de folie, cette proportion ne fait qu’augmenter. Autre chiffre inquiétant : 1/3 de sa croissance vient des ressources naturelles, dont l’exploitation utilise un pourcent de sa population !

McKinsey recommande aux gouvernements de bâtir des infrastructures et de favoriser le développement d’industries pour lesquelles ils ont un avantage concurrentiel. Parmi ses propositions : construire des grandes surfaces. Cela emploiera des « millions de personnes ». Mais cela n’implique-t-il pas la liquidation du commerce de proximité, qui fait vivre bien plus de monde ? Les conseils de McKinsey sont-ils adaptés à la nature de la société africaine ? De même McKinsey veut cultiver l’Afrique. Mais est-ce une bonne idée de transformer la savane et la forêt africaines en champs ?

Depuis un moment, je me demande si l’histoire du monde n’est pas celle d’un grand changement : l’adoption de tout ou partie de la culture occidentale. N’avons-nous pas défini notre modèle comme le progrès, et les autres formes d’organisation humaine comme « l’abjecte pauvreté » ? Je ne suis pas sûr que l’on puisse faire grand-chose pour arrêter ce mouvement. Par contre, on peut l’orienter. La marche du changement sembleavoir été identique partout. Le développement européen, et aujourd’hui asiatique, s’est déroulé en deux phases. Une phase de développement économique tiré par l’intérêt individuel, puis, fortune faite, solidarité nationale avec repli sur soi. Deux conditions nécessaires de succès, apparemment : moteur individualiste et nationalisme.
Alors, quels scénarios pour l’Afrique ? Faute de ces conditions nécessaires, va-t-elle éternellement être une terre de chaos et d’exploitation pour pays développés ? Une gigantesque Somalie ? Constatant son incapacité culturelle au changement, le monde va-t-il la transformer en une réserve pour Indiens d’Amérique ? Autre ? 

Crises mondiales : Malthus avait-il raison ?

SEVERINO, Jean-Michel, RAY, Olivier, Le Grand Basculement, Odile Jacob, 2011.

Le capitalisme procède toujours de la même façon. La croissance démographique crée une forme de disette. Les plus avantagés en tirent parti pour accumuler capitaux et innovations. C’est le progrès. Mais la misère conduit à la crise. Elle force à installer des systèmes de solidarité sociale. En créant une classe moyenne, ils relancent la croissance.

Au 19ème siècle ce mécanisme conduit à une première globalisation, à plusieurs bains de sang mondiaux et à une crise sans précédent.
Aujourd’hui, le surplus de main d’œuvre amené par l’émergence de l’Asie a produit une seconde globalisation, et une explosion des inégalités (au sein des nations). Puis une crise. De nouveau, il faut recréer un minimum de solidarité, avant que l’affaire ne tourne vraiment mal.
Mais, cette fois-ci, les capacités de la planète sont à leurs limites. Nous ne risquons pas une simple guerre mondiale, mais l’extinction de notre espèce
Solution ? Faire le contraire de ce que l’on a fait. Dans notre comptabilité, l’homme est cher et la nature bon marché, sa consommation étant même subventionnée. Il faut inverser les taxes pour donner envie d’employer l’homme et de protéger la nature. Notamment, il faut mettre un terme à une paupérisation volontariste, en réinvestissant dans l’homme, en particulier en le formant. Il faut stopper la globalisation à outrance, en redécouvrant le marché intérieur. La clé de cette réorientation : les services de proximité. Pas de concurrence internationale possible, ainsi, et, par combinaison de qualifiés et pas qualifiés, remise au travail de ces derniers. Exemple : « décarbonisation » de la nation.

Je note que tout ceci nous maintient dans le même système, un peu vicieux. Ne serait-il pas prudent d’en démonter le moteur ? La croissance démographique ? Malthus aurait-il vu juste ?
A moins qu’une répartition équitable des ressources nous enlève l’envie d’une excessive natalité ? Mais quid de l’Afrique, qui n’est pas passée par le même cycle que l’Occident et l’Orient ?